RSS et réseaux sociaux : pourquoi pas les deux ?

Influencer n’est pas informer

Mercredi 13 octobre 2021, par Emmanuel Barthe // Logiciels, Internet, moteurs de recherche

A propos de la veille et de la documentation, lisez donc cet échange tenu en juin 2020 sur Twitter entre mon collègue Rémy Lérignier, l’auteur anonyme du compte 1001 RSS et votre serviteur.

Rémy ouvre le bal. Quand il lit : « Nous supprimons les flux RSS car ils sont aujourd’hui largement remplacés par les réseaux sociaux », selon lui, c’est comme s’il lisait : « Nous supprimons les couteaux car ils sont largement remplacés par les cuillères pour couper la viande ».

1001 RSS complète le propos : « les agrégateur en ligne volent le contenu » mais mettre sur les réseaux privés (Facebook, Twitter ...), ça c’est bien.

En effet, ce n’est pas comme si les réseaux sociaux n’étaient des silos informationnels et ce n’est pas comme si leurs CGU n’étaient pas limite question propriété intellectuelle/utilisation de votre contenu.

Par ailleurs, si on dit « pas besoin du RSS, les réseaux sociaux font ça très bien », on se trompe : les réseaux sociaux ne sont pas fait pour *informer* des utilisateurs (diffusion documentaire de l’information, DSI) mais pour *influencer* des consommateurs.

La nuance est importante, car si vous voulez diffuser/informer, sur les réseaux sociaux (RS), votre information sera noyée 99% du temps. Je m’en rends compte tous les jours quand je regarde le (peu de) de RT de mes tweets. Alors même que Twitter est, selon toute probabilité, le plus "info-friendly" des réseaux sociaux. Un post viral sur un réseau social, c’est une conversation (cf Loïc Le Meur), pas une veille. On peut parfaitement diffuser sa veille sur Twitter mais son impact sera fonction des règles des RS. Sur d’autres RS de type Instagram, elle peut très bien ne pas être présentée à quantité d’internautes.

Et, ajoute 1001 RSS, ne diffuser que sur les réseaux sociaux, c’est prendre le risque de voir sa page censurée sans raison ou au moins de voir l’algorithme brutalement ne plus vous mettre en avant. Exemple avec la colère de la Fédération française de naturisme dont la page Facebook avec 80.000 abonnés a été supprimée, Facebook confondant nudité et pornographie.

Moralité : si vous voulez voir votre contenu *diffusé* (et votre public informé), ne vous privez pas du mail et surtout du RSS. Vous pouvez parfaitement faire les trois. Comme le chantait Robert Palmer dans une publicité pour une bière : "Takes every kinda people to make the world go round" :-) [1].

Emmanuel Barthe
veilleur juridique

Notes de bas de page

[1Refrain qu’on pourrait traduire par : Il faut de tout pour faire un monde.

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