Law Business Research rachète l’éditeur Globe

Getting The Deal Through (GTDT) fusionne avec Lexology

Ou le syndrome Lexis PSL

Mercredi 16 octobre 2019, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

Sur la page d’accueil de Getting The Deal Throughon peut lire au mois d’avril 2019) :
« GTDT and Lexology Navigator have merged, adding GTDT’s unmatched breadth of content to Lexology’s unrivalled audience, platform and functionality.
Getting The Deal Through is being integrated with Lexology Navigator’s existing catalogue over the coming months. It can be viewed here, where users can access Lexology’s intuitive online research tool to drill down into the content, directly compare law and regulation between jurisdictions and create tailored reports in a matter of seconds. »

En fait, c’est le résultat du rachat début juillet 2018 de l’éditeur de Lexology, Globe Business Media Group, par Law Business Research (LBR) un autre éditeur juridique britannique spécialisé lui aussi dans le droit comparé/droits étrangers écrit par des avocats de cabinets internationaux (cf la liste de ses produits).

Les deux éditeurs fusionnés : LBR et Globe

Globe était un éditeur juridique en droit comparé/droits étrangers (ce qu’en anglais on appelle FCIL pour Foreign, Comparative and International Law). Il était, comme LBR, basé à Londres.

Avant de racheter Globe, LBR publiait déjà des "classiques" bien connus du FCIL, comme l’assez promotionnel annuaire Who’s Who’s Legal, le site de droit du travail International Law Office (ILO), la fameuse newsletter d’actualité en droit de l’arbitrage international Global Arbitration Review (GAR), Global Competition Review (GCR). A noter que LBR fait partie du portefeuille du fonds Levine Leichtman Capital Partners VI.

Lexology, lui, re-publie, en les mettant en valeur par une classification et surtout une centralisation, les actualités juridiques et les guides thématiques (droit de la concurrence de tel pays, droit des sociétés de tel autre) rédigés ou déjà publiés par un très grand nombre de cabinets d’avocats internationaux. Le site est gratuit. Pour accéder au texte intégral, il suffit de s’inscrire. Grâce aux catégories (domaine du droit, Etat), le moteur de recherche est pratique et efficace. Lexology offre également une alerte email finement paramétrable.

Comment s’est passé la fusion ?

Si on se fonde sur le compte Twitter de GTDT, la fusion des deux interfaces/bases date de mars 2019.

Lexology était gratuit, GTDT payant. Comment fonctionne la nouvelle tarification ? GTDT est resté payant. Le contenu habituel de Lexology est resté gratuit, comme avant, et son moteur de recherche avancé gratuit lui aussi, mais comme avant, sur inscription. Dans Lexology, toutefois, a été introduit en janvier 2019 l’offreLexology Pro.

Lexology Pro, c’est :

  • un nouveau moteur de recherche à base d’IA (en fait un assistant de recherche en langage naturel (NLP) intitulé Lexy) et une nouvelle fonctionnalité d’alerte. En ce qui concerne le moteur de recherche avancé classique de Lexology (par matière puis Etat etc.), et pour reprendre les mots de l’éditeur : « GTDT and Lexology Navigator have merged »
  • des fonctionnalités de partage et d’annotation collectifs en ligne
  • trois offres Pro (pas de tarifs publics). L’offre la plus complète comprend l’accès à GTDT, en plus des contenus de Lexology
  • mais aucun nouveau type de contenu par rapport à avant.

Pourquoi signaler ce rachat

Voici un rapprochement d’éditeurs qu’il m’a semblé important de signaler parce qu’ils produisent deux types de documents bien précis, très appréciés et très demandés par les juristes professionnels :

  • la FAQ pour GTDT
  • pour Lexology, l’article relativement bref, droit au but, pratico-pratique, et rédigé par un professionnel du droit. Ici, ces articles sont essentiellement rédigés par des avocats, et pour assurer leur publicité.

En un mot : non doctrinal. Ce qui ne veut pas dire que la doctrine n’a aucun intérêt mais que les juristes professionnels cherchent d’abord à gagner du temps quand ils s’informent.

Outre-Atlantique, ces ouvrages (en ligne uniquement) proches des FAQ et mélangeant ouvrage à mise à jour, actualisation et outils pratiques comme ckec-lists et modèles font désormais partie du paysage. LexisNexis leur a même consacré une sorte de collection : Lexis PSL. Il n’existe pas une base Lexis PSL pour chaque pays, mais quand Lexis s’implante dans un pays, il a tendance à publier un PSL. PSL signifie Professional Support Lawyer. C’est un terme venu du droit anglais et désignant un juriste non avocat assistant un avocat dans une matière donnée, particulièrement mais pas uniquement dans ses recherches et qui peut rédiger des notes — autrement dit un professionnel du droit qui ne plaide pas, n’est pas en relation avec le client et n’assume pas la responsabilité finale du travail effectué. En réalité, le public des bases Lexis PSL, ce sont d’abord les avocats.

La tendance a du mal à se faire jour en France. La raison principale n’est pas un refus des éditeurs juridiques. C’est simplement que ce format a pris en France une forme différente et a déjà envahi le marché : les "Mémentos pratiques" Francis Lefebvre, et leurs concurrents "Le Mémo de ..." de la Revue Fiduciaire ainsi que, chez LexisNexis France, les collections encore en développement Lexis Pratique et Les Guides.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur

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