Ressources pour les étudiants en droit

Dernier ajout : 31 juillet 2020.

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Oudropo, l’Ouvroir de droit potentiel, lance son nouveau site

Jeu, théorie du droit, humour, mathématiques et audace

Mardi 5 septembre 2017

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Il y avait déjà l’Oulipo, l’Ouvroir de littérature potentielle, fondé notamment par Raymond Queneau et qui compta entre autres Italo Calvino et Marcel Duchamp parmi ses membres.

L’Oulipo est un club discret pratiquant des sortes d’exercices de style mêlant littérature, mathématiques et un humour involontaire. Involontaire car les membres de l’Oulipo pratiquent en fait des recherches très sérieuses, aussi ésotériques puissent-elles paraître au grand public.

Depuis 2013, il y a l’Oudropo, l’Ouvroir de droit potentiel créé sur les mêmes bases. Il vise à créer du droit (fictif) à l’aide de contraintes (notamment mathématiques) que les membres se fixent à eux-mêmes, ce qui mène au jeu, à l’humour mais aussi à un entraînement rigoureux à la réflexion juridique.

Fondé notamment par Emmanuel Jeuland, professeur de droit et auteur bien connu, et ayant pour membres le professeur Pierre-Yves Verkindt, Alicia Mâzouz, enseignante à la Faculté libre de droit d’Issy-les-Moulineaux et divers docteurs et doctorants, l’Oudropo est un lieu de créativité juridique et de théorie du droit. Cela vient de ses origines : né en 2013 dans un séminaire doctoral de théorie du droit de Paris I, l’Oudropo y a depuis pris ses quartiers.

Comme le disent Emmanuel Jeuland, Lisa Carayon et Viveca Mezey, l’Oudropo est une « legaltech à but non lucratif » :

« L’Ouvroir de droit potentiel crée du droit à partir de contraintes d’interprétation ou de composition. Un article de loi peut ainsi être réécrit avec des synonymes ou des antonymes ; un mot choisi au hasard dans le dictionnaire peut devenir un nouveau concept juridique (par exemple : fantôme, yaourt ou kangourou). On peut parler de Openpolaw en anglais (Opener of potential Law). » [1]

Autrement dit (voir le manifeste de l’Oudropo) :

« L’Oudropo, peut conduire assez souvent dans de vaines directions mais pour rester viable, comporte des contraintes de méthodes, d’organisation et de fonctionnement tout à fait précises (quoique toujours fondées sur une part d’humour !). »

Pour plus de détails, lisez L’Introduction à l’Oudropo,, par Emmanuel Jeuland et Pierre-Yves Verkindt, d’après une présentation de l’Oudropo,, totalement réécrite, faite au colloque sur l’Oulipo et les savoirs organisé par l’université Paris Diderot les 11-13 mai 2017.

Le nouveau site web de l’Oudropo a été lancé en juillet 2017 et même si on ne comprend pas tout, on s’y amuse beaucoup. Rien que la conception graphique de sa page d’accueil vaut le coup d’oeil (voir copie écran supra).

Une tranquille et audacieuse franchise est aussi dans les moeurs de l’Oudropo. Voir par exemple le chapitre 7 du roman Oudropo de l’été, "Les quiproquos du Cabazor de Jean Houget", qui dans un dialogue, explique la principale lacune de l’action de groupe en matière d’environnement, apparue depuis peu de temps en droit français.

On peut également en juger par ces extraits de l’Introduction précitée :

« la démarche oudropienne [...] permet une respiration et donne aux étudiants la possibilité de desserrer quelque peu le carcan positiviste (dont nul ne nie le caractère structurant mais qui poussé à l’extrême conduit à un certain dessèchement de la pensée). Bien plus, la démarche permet d’initier des méthodes permettant de sortir d’un blocage. [...]
Sur un plan plus politique, l’approche oudropienne permet de porter un discours sur la créativité en droit qui nous paraît pour l’heure outrageusement monopolisé par des praticiens de la discipline imprégnés, plus ou moins consciemment de "pensée" managériale. [...]
La méthode oudropienne est un instrument de résistance intellectuelle contre les formes nouvelles de servitude engendrées par le "prêt-à-penser" médiatico-politique. »

L’ancien site de l’Oudropo est ici, hébergé par le site du Département de recherche Justice et procès de l’Institut de recherche juridique de la Sorbonne (IRJS, Université Paris I Panthéon Sorbonne).

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, juriste de formation (Faculté de droit de Sceaux, Paris XI)


Blogs juridiques 2017 : les meilleurs annuaires de blogs juridiques français

Ou de l’utilité décroissante des listes de liens — mais pas toutes

Mercredi 22 mars 2017

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Récemment, on m’a demandé ce que vaut la liste de blogs d’avocats qui a la cote en ce moment, celle concoctée — un peu vite fait — par le site LegalPlace : Le Top des blogs d’avocats qui vont vous faire aimer le droit.

En un mot : pas mal, peut servir d’introduction aux blogs d’avocats.

Mais :

  • quelques choix contestables à mon avis et surtout ...
  • de nombreuses URL de ces blogs sont manquantes. Le lien envoie en fait souvent vers le compte Twitter ou LinkedIn de l’auteur et non vers le blog, il faut alors googler le titre du blog ou son auteur ou suivre les liens vers les billets tweetés
  • et des manques. Comme par exemple l’incontournable Kpratique

Si j’avais des recommandations à faire (déjà cités ici [2]), je citerais plutôt :

  • une sélection pas tout à fait à jour (sept. 2015) mais plus rigoureuse et plus complète (et non limitée aux avocats) est disponible : le classement des blogs en droit [3] de Teads Labs (ex-ebuzzing, ex-Wikio)
  • mis à jour en 2015 également et là aussi plus riche et plus rigoureux : l’annuaire de blogs juridiques de Juriconline d’Arnaud Dumourier
  • la meilleure liste de sites et blogs de juristes — notamment d’enseignants — est peut-être chez Eve Matringe (blog Jus et natura nihil operantur frustra). Elle appelle ça sa "confiture de liens" et elle date de 2016 [4].

Les annuaires de liens (dits aussi répertoires de sites) sont en perte de vitesse depuis longtemps. Même le survivant del.icio.us est mort de facto [5].

A mes yeux, sauf s’ils réussissent à être n° 1 sur des expressions clés dans Google (sans un travail de SEO acharné et continu, ça ne marche jamais longtemps), ils valent désormais uniquement comme support de formation. Dans ce cas, et s’ils sont bien faits (résumer l’avantage du site en une phrase ou deux), ils sont efficaces, car ils peuvent apprendre aux internautes novices et étudiants à distinguer très vite le bon grain de l’ivraie.

Quant aux blogs juridiques, pas mal ont survécu depuis la grande époque, à tel point que le terme "blog" a, dans le langage courant, remplacé l’expression "site personnel".

Pour autant, pour beaucoup de juristes, leur véritable blog au sens de de "lieu d’expression ou de communication personnelle et professionnelle", c’est leur compte Twitter, indéniablement. Il suffit de voir le peu de billets postés désormais par Me Eolas sur son blog Journal d’un avocat (deux ou trois en 2017) et inversement la fréquence de sa prose sur Twitter (155 000 tweets depuis juillet 2007, soit une moyenne de 41 par jour) pour s’en convaincre.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


En gratuit, beaucoup de sujets, mais peu de corrigés

Annales d’examens en droit disponibles gratuitement sur le Web et chez les éditeurs

N’oubliez pas les ouvrages des éditeurs

Mardi 10 janvier 2017

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Les étudiants en droit cherchent souvent les sujets d’examen des années précédentes (dites "annales"), de préférence accompagnés des corrigés.

La règle du payant pour avoir des corrigés ... et ses rares exceptions

- Pour avoir les corrigés — denrée rare en gratuit —, il faut choisir des ouvrages publiés par des éditeurs, essentiellement dans les collections suivantes :

L’autre avantage des annales payantes chez les éditeurs, c’est de commencer par une partie méthodologique, autrement dit de précieux conseils et recommandations pratiques pour analyser le sujet, y répondre, préparer son plan ou rédiger.

Evidemment, si votre bibliothèque universitaire (BU) a ces ouvrages en rayon, ce sera gratuit pour vous, étudiants en droit. Mais souvent, lors des révisions avant les examens, les annales sont toutes empruntées ... Il vous reste alors trois solutions :

  • acheter une édition d’occasion d’il y a un ou deux ans [7] (donc à prix cassé : elle ne doit pas dépasser 8 à 9 euros) en ligne [8] ou chez Gibert Jeune (place Saint-Michel à Paris)
  • acheter ou commander la dernière édition, neuve, aux mêmes endroits que ci-dessus, en ajoutant n’importe quelle librairie près de chez vous, Amazon ou Gibert Joseph [9]
  • ou utiliser les sites web gratuits ci-dessous.

Les deux seules exceptions que j’ai trouvées à la règle du payant pour avoir des corrigés, c’est la rubrique A vos copies ! sur Dalloz Etudiant et le site web de la prépa Centre de formation juridique (voir infra). Les corrigés y sont toutefois moins fouillés et non signés :

- Dalloz Etudiant : A vos Copies ! : des commentaires d’arrêts en droit civil, administratif et libertés publiques. En moyenne un par mois depuis 2012

- Centre de formation juridique (CFJ) [une prépa aux examens en droit] : Annales des facultés de droit
Très riche : de Licence 1 à L3, voire M1 ; entre 4 et 10 années de recul ; toutes les grandes facs de droit ; toutes les matières. Et surtout, avec corrigés. Sur inscription gratuite (il faut donner une adresse email et répondre à des questions sur sa scolarité).
Exemples :

Des annales gratuites sur le Web ... mais sans corrigés

Sinon, voici une liste de répertoires gratuits d’annales d’examens en droit disponibles sur le Web, mais sans corrigés.

- Nantes :

- Paris 2 :

- Poitiers [mise à jour, merci Rémy] :

  • Annales 2016 de la faculté de droit de Poitiers
    Toutes les années sont là : de la capacité en droit et du L1 à Master 2. Ils utilisent le site Calameo, ce qui suppose que Flash soit installé et fonctionne au sein du navigateur web. Ce qui n’est pas toujours le cas, notamment sous Firefox ...

- Strasbourg :

- Toulon :

- Toulouse :

- Versailles :

- Toutes facultés en vrac :

Pour compléter ou mettre à jour cette liste :

  • demandez aux bibliothécaires de votre BU (bibliothèque universitaire) ou tapez annales dans le catalogue en ligne de votre BU
  • tapez "annales OR corrigés OR sujets droit" dans Google ou "annales en droit" dans Bing ou les mêmes chaînes de caractère dans Startpage (ex-Ixquick). Attention : les annales trouvées peuvent ne pas être de la dernière session ou être des annales d’IEJ ou de CRFPA. Ne pas confondre non plus avec la revue en ligne Les Annales de droit
  • connectez vous à l’intranet (ENT) [10] de votre université et regardez s’il contient des annales.

J’ai oublié les annales de votre fac ? Ajoutez les dans les commentaires infra.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique en bibliothèque universitaire


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