Ressources pour les étudiants en droit

Dernier ajout : 31 juillet 2020.

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Logiciels anti-plagiat gratuits et payants : une sélection

Samedi 10 août 2019

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Le plagiat existe. Voir, pour preuves, celles amassées par le site de référence sur le plagiat — la contrefaçon peut-on dire aussi — dans le milieu universitaire (thèses notamment) : Archéologie du copier-coller est tenu par un enseignant, Jean-Noël Darde, maître de conférence à l’Université Paris 8. Il y a plus de 10 ans déjà, Le Monde et Le Figaro publiaient des articles sur le phénomène en France [1]. Plus récemment, en 2015, le doyen de l’Université de Reims a envoyé ce courrier à ses étudiants. En 2016 encore, deux affaires défraient la chronique aux Etats-Unis [2]. A l’été 2020, Arash Derambarsh, avocat et élu de Courbevoie, voit sa thèse de droit annulée pour plagiat [3]. Voir aussi cette excellente vidéo de Factu (Le Figaro) de vulgarisation sur le plagiat universitaire et la lutte contre lui.

MémoireOnline notamment, facile d’accès et gratuit, est une source classique de plagiats universitaires [4].

Réalisé avec keepcalm-o-matic.co.uk

Des outils anti-plagiat gratuits mais limités

Voici des outils gratuits recommandés (dans l’ordre décroissant de performance sur du français) suite à un test personnel sur un document que l’on m’a soumis pour vérification en 2017 :

  • PlagScan
  • plagium
  • Positeo
  • Google.fr : l’outil rapide de base, dès qu’on a un doute. Mais qui ne permet ni exhaustivité ni de vérifier de grosses masses de texte (32 mots maximum [5]).

Et vu l’avis de Fidel Navamuel, je pense qu’on peut ajouter à la liste supra Free Plagiarism Checker.

Je vous encourage à copier-coller vous-même de gros extraits d’un document dans ces outils pour vous faire votre propre idée [6].

Des outils anti-plagiat professionnels payants

D’autres outils recommandés et plus puissants existent mais sont payants (dans l’ordre décroissant de réputation d’efficacité sur des documents français) :

Pour aller plus loin

Comparatifs et listes de logiciels de détection de plagiat :

Pour comprendre comment ces logiciels détectent la fraude — oui, c’en est [8], passible de sanctions [9] —, regardez la page How Do We Detect Plagiarism ? de PlagiarimsCheck.org. Je ne pense pas que tous les petits secrets de détection de ces logiciels y soient donnés, mais au moins les règles de base.

Enfin, pour comprendre les raisons qui peuvent inciter au plagiat et le favoriser [10], voir l’excellent cours (PDF, 37 pages) et tutoriels vidéos de Rémi Bachelet (ingénieur et enseignant chercheur à Centrale Lille), disponibles en licence Creative Commons.

Le cours et les vidéos de R. Bachelet expliquent aussi comment éviter le plagiat aux étudiants qui peuvent parfois le commettre sans s’en rendre compte ou se mettre dans des situations qui les y conduisent, par exemple en se mettant au travail à la dernière minute. On peut aussi lire (plus court) le Petit guide sur le plagiat (PDF, 8 pages) publié par l’Université de Reims.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, qui eut autrefois une partie de son site contrefait ...


Lancement du prix Open Thèse

Histoire d’un prix

Mercredi 15 mai 2019

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Le fonds de dotation de l’association Open Law vient de lancer officiellement à la Bibliothèque Cujas ce 15 mai le prix Open Thèse.

Le prix sera attribué chaque année. Trois thèses seront primées. Les prix sont de 3000, 2000 et 1000 euros.

Les critères : « Les thèses sont évaluées prioritairement sur leur qualité scientifique, mais également sur leur référencement dans une archive ouverte, ainsi que sur la qualité de leur référencement interne, qui doit être effectué, autant que faire se peut, dans le respect des usages et normes reconnus par les milieux juridiques en matière de citation (Exemples : guide REFLEX, URFIST Bordeaux). »

Pour la première édition, les candidats doivent avoir soutenu leur thèse entre le 1er janvier 2016 et le 1er janvier 2019 et déposer leur dossier de candidature avant le 30 septembre 2019.

Pour consulter :

Il existait déjà plus de 100 prix de thèse en droit francophone [11], mais aucun jusqu’ici qui pousse explicitement l’open access. C’est ainsi qu’est venue l’idée de ce prix.

S’inscrivant dans le mouvement Science Ouverte et dans la lignée des recommandations de la Commission Européenne dans le cadre du programme H2020, le Prix Open Thèse récompense et promeut la mise en accès libre des thèses de droit, pratique qui reste trop rare dans les écoles doctorales françaises lorsqu’il s’agit de travaux d’ordre juridique.

Le prix est soutenu par les mécènes suivants (entre autres) :

A noter :

  • le discours de Gilles Dumont : il a notamment cité :
    • en introduction, le rêve de chaque docteur de voir sa thèse publiée "en papier" et le très faible nombre d’élus
    • la diffusion des thèses se fait beaucoup trop en circuit fermé, limite consanguin
    • surtout, absence de rayonnement de la doctrine à l’étranger
    • des actions conjointes et convergentes, dont le développement d’Univ-Droit et la volonté de la conférence des doyens d’obtenir une cartographie la plus précise possible de la science juridique française
  • le soutien affiché de la bibliothèque Cujas et le discours d’accueil engagé de sa directrice. C’était bien le lieu où il fallait organiser ce lancement
  • la présence d’un tiers des mécènes
  • et l’emballement de la twittosphère.

Le prix Open Thèse cherche désormais ses candidats.

Les concurrents seront des doctorants ayant récemment soutenu leurs thèses, et l’ayant déposée en accès libre dans une archive ouverte. Le jury est composé de membres issus du monde universitaire, promoteurs du mouvement Open Science, professeurs, maîtres de conférence ou documentalistes juridiques universitaires :

  • Gilles Dumont, professeur de droit public à l’Université de Nantes, directeur délégué de la Fondation Ius et Politia, directeur du GIP et président du conseil d’administration de l’Université Numérique Juridique Francophone (UNJF) et grand "publicateur" en open access sur HAL
  • Olivia Tambou, maître de conférences, spécialisée en droit du marché intérieur, Université Paris-Dauphine
  • le professeur Gilles Auzero, spécialiste de droit du travail, Université de Bordeaux
  • Philippe Dupichot, professeur de droit privé à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • le professeur Bruno Dondero, figure novatrice de l’enseignement du droit : il a proposé l’un des premiers MOOC en droit des sociétés, il a accompagné le programme Economie numérique du Droit d’Open Law en 2016 et est aussi le directeur du premier DU créé en France de Droit et Informatique [12]
  • Célia Zolynski, professeure de droit privé, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Lionel Maurel, directeur adjoint de l’INIST (CNRS) et auteur du blog Calimaq
  • Isabelle Gras, conservatrice de bibliothèque au SCD (service central de documentation) Aix-Marseille Université.


Ci-dessus une partie de l’équipe de travail lors du Village de la LegalTech 2018 (où le projet a été annoncé) : de gauche à droite : Gilles Dumont, Isabelle Gras, Olivia Tambou, Jean Gasnault, coordinateur du programme Open Doctrine d’Open Law


Isidore et son moteur

Lundi 2 juillet 2018

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[ mise à jour au 6 septembre 2019 : suite à nos suggestions, l’opérateur de proximité a été implémenté sur Isidore, ce qui est une grande amélioration. Je recommande désormais Isidore comme moteur de recherche en SHS ]

J’avais signalé sur mon blog le lancement d’Isidore et son importance.

Une des raisons pour lesquelles je n’ai que peu blogué sur Isidore depuis, c’est qu’interroger ce métamoteur moissonneur de l’open access ne vaut pas, dans mes recherches, l’interrogation séparée des portails français de revues libres en sciences humaines et sociales (SHS) [13] Cairn [14], OpenEditions Journals (ex-Revues.org) et Persée [15].

Mon expérience d’Isidore (en droit, sociologie et histoire) est la suivante : je ne retrouve pas ou pas aussi facilement des documents pertinents qu’en interrogeant les trois autres bases une par une, notamment (mais pas seulement) en utilisant la recherche avancée.

Tapez discrimination [ET] paternalisme sur la home page de Cairn puis d’Isidore et comparez. Les résultats de Cairn ne sont pas parfaits mais mieux que ceux d’Isidore.

Logique :

  • seule une petite partie — celle en open access — des revues présentes dans Cairn sont accessibles via Isidore [16]
  • une autre raison selon certain de mes interlocuteurs serait la qualité imparfaite des métadonnées fournies par Cairn. Si c’est le cas, il est vrai que GIGO [17].

Mais plus encore, selon mes recherches, le moteur d’Isidore ne facilite pas la consultation de l’exhaustivité. J’obtiens plus de pertinence en exploitant finement le moteur de chaque plateforme. En effet, la recherche avancée de Cairn offre des options comme la proximité, non disponibles sur Isidore. Idem chez Revues.org et Persée.

Comme l’index du moteur de recherche d’Isidore contient le texte intégral des documents indexés [18], il pourrait implémenter l’opérateur booléen de proximité (à tant de mots de). Une limite toutefois : ce type de recherche est très gourmand en ressources serveur — beaucoup plus que la recherche par l’opérateur ET.

On m’a dit dans un premier temps qu’une nouvelle version est à l’étude, mais que ces travaux porteront surtout sur l’interface et l’UX (user experience, notion proche de l’usabilité), pas sur le moteur.

Plus récemment, le compte Twitter d’Isidore confiait :

  • « suite à vos observations et pour information, nous sommes entrain d’ajouter le "proche de" (paramétrable) dans ISIDORE, rendez-vous dans quelques jours »
  • « L’indexation de Cairn est en effet limitée aux métadonnées et aux pages web des articles (quand ils sont en libre accès). L’article est enchâssé dans un environnement web qui ne permet pas une indexation précise de l’article (on récupère aussi les menus, etc). »
  • « On essaye en permanence d’améliorer l’indexation quand cela est possible (comme avec de la TEI @OpenEditionActu ou @PerseeFr ou encore le forma XML @eruditorg). »

Ma suggestion de voir également le moteur, conçu en 2010, et les métadonnées fournies par les autres portails, pourrait donc se faire. Merci Isidore !

Emmanuel Barthe
documentaliste/recherchiste, utilisateur assidu des ressources libres et gratuites/en open access


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