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Dernier ajout : 16 juillet.

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French law : a travel back in time through law journals

Gallica : revues juridiques, recueils de jurisprudence : les collections anciennes

Une mine jusqu’en 1948

Vendredi 3 septembre 2021

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Comme le dit mon collègue Jean Gasnault : « Le droit a une histoire, qui doit être prise en compte » [1].

Et ce, pas seulement comme histoire du droit, mais aussi comme droit tout court, dans le travail quasi-quotidien des juristes. Le droit d’avant est en effet utilisé dans les contentieux portant sur l’état du droit d’avant une réforme ou un revirement de jurisprudence. Il est également utilisé comme une interprétation divergente mais intéressante. Enfin, d’anciens écrits peuvent, selon la matière, garder toute leur valeur d’interprétation du droit [2]. On pense à des aspects du droit civil, du droit des sociétés (les fameuses sociétés en commandite par actions), du droit administratif ...

Une page portail Revues juridiques existe sur Gallica et présente 45 revues. Mais son classement est, disons, un peu spécial, et certains liens ne marchent pas (revues de droit administratif).

Voici donc les liens vers les collections anciennes de revues juridiques dans Gallica [3].

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle se focalise sur les titres les plus demandés ou les plus utiles en droit des affaires.

NB : les numérisations sont effectuées sur les documents libres de droits, c’est pourquoi les années postérieures à 1949 ne sont pas disponibles (règle des 70 ans [4]). Les compléments sont effectués au fur et à mesure du passage du temps [5].

Recueils de textes officiels et/ou de jurisprudence

Recueils de textes officiels et jurisprudence :

Recueils de textes officiels :

Débats parlementaires :

Recueils de jurisprudence :


Bulletin des contributions directes dit Bulletin Dupont ou Dupont tout court (du nom de son éditeur)

Débats parlementaires

Revues (doctrine, jurisprudence, législation)

Attention, la collection est souvent moins complète qu’annoncé

  • moins complète qu’annoncé dans la notice Gallica. Par exemple, la notice (cliquer sur Informations détaillées à gauche en haut de la page) de la collection de la Revue trimestrielle du droit des sociétés et du droit financier annonce 1932-1944, alors que seules les années 1932 à 1936 sont en ligne. Cette différence semble venir d’un copier-coller des dates de la notice présente dans le catalogue BN Opale des collections papier de la Bibliothèque nationale. Cela peut signifier que la BNF entend continuer son programme de numérisation sur ces revues
  • de plus, même en se basant sur la liste des volumes (et non sur la notice Gallica), on a parfois de mauvaises surprises :
    • des années considérées comme faisant partie de la collection peuvent être en fait de simples tables (exemple : l’année 1792 du Bull. civ. est en fait une table alphabétique 1792-1824)
    • si on cherche l’arrêt Blanco (Tribunal des conflits 8 février 1873, Leb. supp. 1, p. 61) Le Lebon 1873 est censé y être, mais il manque justement les 150 pages du premier supplément où devrait se trouver cet arrêt [15].

Pour compléter ce billet

Si vous ne trouvez pas votre bonheur dans cette liste, tentez :

Pour la comparaison (à l’avantage de Gallica en termes de contenu) avec Google Books, voir notre article Gallica contre Google Books : le match !.

Enfin, hommage à un précurseur : Jean Stouf, ancien étudiant en histoire devenu bibliothécaire, a publié Périodiques juridiques anciens sur Gallica, dernière mise à jour 14 décembre 2012, sur le blog Biblioweb d’Hypotheses.org.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


Pappers v. Societe.ninja ou open data v. sociétés ?

Les informations sur les sociétés republiées (en mieux) par Pappers et Societe.ninja — avec un coup d’oeil sur Data Inpi, Societe.com et Infogreffe

Les rediffuseurs du registre du commerce et des sociétés (RNCS) et de la base SIRENE font débat

Jeudi 1er juillet 2021

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La diffusion en ligne avec autorisation de rediffusion gratuite (dite open data) des données du registre national du commerce et des sociétés (RNCS, fourni par l’INPI) et du fichier SIRENE (fourni par l’INSEE) sur le site Data Inpi (évalué sur ce blog lors de son lancement en décembre 2019), lancé en décembre 2019 et dont le principe a été voté dans la loi Macron du 6 août 2015 [16], est arrivée à son terme. L’INPI propose désormais une API, un moyen simple de récupérer les donnés, en plus du FTP.

Les comptes annuels ont été le dernier type de données chargé. Les nouveaux rediffuseurs — autres que le précurseur societe.com [17] — se lancent donc.

Pappers v. Ninja : comparatif

Pappers est un site ergonomique et rapide sous smartphone Android sous Firefox (le site Data Inpi l’est tout autant). Graphiquement moins travaillé (mais franchement, est-ce important ?), son concurrent Societe.ninja est très lisible et aussi rapide (et son moteur de recherche plus précis).

Leurs chartes graphiques respectives peuvent donner une impression de grande différence, mais les points communs entre Societe.ninja (aussi appelé à ses débuts RCS Ninja) et Pappers sont nombreux. Toutefois, des différences apparaissent dans la mise à jour des données et le moteur de recherche.

Derrière ces deux initiatives datant toutes deux de juillet 2020, on retrouve (classiquement) des fondateurs entrepreneurs de type informatique et start-up. L’un travaille dans le secteur des assurances, l’autre comme avocat :

  • Societe.ninja a été créé vers le 9 juillet par Lionel Vest, avocat associé du cabinet Adaris. Lionel Vest est aussi le créateur d’Optimus Avocats, un logiciel de gestion de cabinet d’avocats open source doté de fonctionnalités avancées comme dictée vocale via smartphone et synchronisation Iphone / Android. La première version a été lancée chez Adaris en 2006. Optimus sera ouvert en septembre à un premier groupe de beta testeurs
  • Pappers a été lancé le 13 juillet [18] par Pierre Fruchard, fondateur de la start-up Coover, courtier en assurance destiné aux indépendants.

Pappers renvoie vers le site Monidenum pour permettre facilement aux entrepreneurs de télécharger leur Kbis (mais personne d’autre ne peut le faire, c’est donc un peu trompeur). Ca, Ninja ne le fait pas.

Les deux rediffuseurs offrent une présentation des données par société mieux faite et surtout plus pratique que le site (déjà pas mal) que celle de Data INPI. Exemple avec la Cie de Saint-Gobain :

Comparez :


Charte graphique de Data Inpi


Charte graphique de Pappers


Charte graphique de Societe.ninja

Gros avantage offert par les deux nouveaux, aucun enregistrement sur Societe.ninja ni Pappers n’est nécessaire pour télécharger les actes — un gros plus par rapport à Data Inpi.

Chaque acte est identifié chez Pappers au lieu d’être simplement uniformément appelé "Dépôt Du jj/mm/aaaa" comme c’est hélas le cas chez le site de l’INPI. Cela permet aussi à Pappers d’identifier et de mettre en haut de la fiche de l’entreprise ses statuts et ses comptes — un très gros plus.

Societe.ninja fait de même, mais son titrage des actes est légèrement moins performant que celui de Pappers. En revanche, Ninja offre non seulement la date de dépôt mais aussi celle de l’acte lui-même.

Pappers et Ninja mettent les liens vers les annonces BODACC (ce que ne fait pas Data Inpi) mais pas, contrairement au site INPI, vers les marques, brevets, dessins et modèles (c’est là un gros avantage du site de l’INPI).

Pappers identifie également automatiquement la référence de la CCN de l’entreprise. Pas Ninja. Mais c’est là une information d’une catégorie différente (droit social), moins intéressante.

Attention : qui dit RNCS (dont le champ est moins large que celui de la base Infogreffe) dit pas d’extrait K-bis, pas d’état d’endettement (privilèges et nantissements), pas de certificat attestant de l’existence ou de l’absence de procédures collectives en cours ni de copies des décisions qui en découlent, pas d’historique des modifications, etc. Là, c’est avantage Infogreffe.

Les données : délai de mise à jour et cohérence

Le gros problème de ces rediffuseurs gratuits va être le délai de réception (et donc de mise en ligne) des données, autrement dit leur retard par rapport à Data Inpi et a fortiori par rapport à Infogreffe.

Par exemple, au 30 juillet 2020 18h30, une société lancée le 1er juillet est dans Infogreffe et INPI Data et même dans Ninja. Mais toujours pas dans Pappers [19].

On pouvait s’y attendre vu le circuit des données :

  • d’abord dépôt des informations au greffe de commerce
  • qui transmet à Infogreffe
  • qui transmet à l’INPI (depuis la loi Macron : voir notre billet INPI c/ Infogreffe : du nouveau)
  • enfin l’INPI transmet aux rediffuseurs gratuits.

Le second problème des rediffuseurs gratuits, comme le relève Sylvie Dalbin sur la liste de discussion Juriconnexion, consultante chez Assistance & Techniques Documentaires (ATD), est celui d’une consolidation des données qui peut parfois nuire à leur cohérence et à l’exactitude des données affichées [20]. Le 29 juin 2021, elle relève ainsi « sur Pappers mais aussi sur Societe.com » des incohérences « terribles ». Toutefois, « 24 heures plus tard, des mises à jour au 30 juin ont remis les choses dans l’ordre .... Mardi 29 nous avions les données antérieures à 2018 et présentées comme mises à jour en 2021 ..., y compris sur des sites qui un mois avant fournissaient de bonnes données ; puis le 30, la "bonne" mise à jour a dû être restaurée. » Cela la « pousse à être vigilante avec ces systèmes totalement en dynamique (sans procédure de contrôle ?) avec de très fréquentes mises à jour ».

Plus en détails : selon elle, « des (méta)données (domiciliation mais aussi nombre de salariés, statut du dirigeant) à une date précise sont reprises de périodes antérieures et apparaissent sur les données les plus récentes (en 2021), alors que des changements ont été réalisés entre temps (changement de statut du dirigeant depuis 2003..., d’adresse en 2016 — donc d’établissement), rendant caduques ces (méta)données. Le contrôle peut se faire sur les documents récupérables (facilement sur Pappers ce qui est un plus), mais cela sous-entend de réaliser ce contrôle. » Sylvie estime « que la métadonnée pour les périodes plus récentes étant "vide", le système a intégré les anciennes valeurs.
Certains sites (annuaire-entreprises.data.gouv.fr. voire SIRENE ou Ninja pour la domiciliation) ne fournissent pas ce niveau de précision, ce qui les préserve de ce type d’erreurs ; une autre manière de faire consiste comme SIRENE, à fournir des "années de validité" de certaines métadonnées (tranche d’effectif, catégorie d’entreprise), voire à ne pas indiquer de valeur pour des données antérieures à x années. Cela augmente bien sûr les protocoles d’intégration et consolidation mais assure une meilleure fiabilité des données. Cela pourrait se résoudre peut être par une insertion d’un ensemble cohérent de données à date (par entité Entreprise, Etablissement et Dirigeants ; adresse). »


Base SIRENE : les "années de validité" cerclées en rouge

Moteur de recherche : avantage Infogreffe et Societe.ninja

Un autre problème est l’efficacité du moteur de certains nouveaux entrants. Par exemple [21], si on cherche par Compagnie de Saint-Gobain, le nombre de résultats est de :

  • Infogreffe (la référence, donc) : 1 résultat
  • Societe.com, le premier rediffuseur historique : 3 résultats, dont le "bon"
  • Data Inpi : 2 résultats, dont le "bon"
  • Societe.ninja : 2 résultats : le "bon" et 1 établissement au Mans fermé depuis 1984
  • Pappers : 9 résultats, dont le "bon" et 5 autres correspondants à la recherche mais qui semblent plutôt correspondre, vu leurs adresses, à des établissements. Pour le reste, ces enregistrements ressemblent à des doublons (mêmes liste d’actes, notamment, que le "bon"). Ces doublons ne viennent pourtant pas de l’INPI (cf supra). Sur les quatre autres enregistrements, trois ont pour adresse la ville de Saint-Gobain, ce qui signifie que le moteur de Pappers interroge tous les champs et non seulement celui de la raison sociale. Ca peut parfois avoir des avantages, mais en général, ça multiplie les résultats non pertinents.

La tendance de Pappers à renvoyer beaucoup (trop) de résultats se confirme quand on tape Paul Dupond en recherche simple :

  • Societe.ninja : 62 résultats car il cherche les deux termes à zéro (expression) ou 2-3 mots l’un de l’autre (proximité)
  • Pappers : plus de 10 000 résultats car il cherche l’un OU l’autre. Dupond peut donc être absent de la fiche RCS des entreprises trouvées ainsi. Même si les premiers résultats contiennent bien les "Paul Dupond" (expression), ça manque un peu de rigueur de notre point de vue.

Enfin, Ninja offre une recherche par dirigeant, pas Pappers.

On dira donc : moteur : avantage Infogreffe et Ninja.


Infogreffe : 1 résultat


Societe.com : 3 résultats


Data Inpi : 2 résultats


RCS Ninja : 2 résultats


Pappers : 9 résultats


RCS Ninja : Paul Dupond : 62 résultats


Pappers : Paul Dupond : plus de 10 000 résultats

Mentions légales

Une clause des mentions légales de Pappers pourrait amener quelques remarques. Je cite :
« l’Internaute s’interdit de reproduire et/ou communiquer au public tout ou partie des contenus publiés sur le Site ». Ca ressemble à du "boiler plate", comme on dit en anglais (des formules copiées-collées sans personnalisation). Parce que, si l’essentiel du contenu du site est constitué de données publiques, je ne vois pas très bien comment justifier une interdiction aussi générale.

Chez Ninja, là aussi, une clause des mentions légales chatouille clairement : « L’éditeur interdit les liens hypertextes vers l’une des pages du site, à l’exception de la page d’accueil ». Selon l’avocat Guillaume Sauvage, du cabinet Pierrat, spécialisé dans la propriété intellectuelle, « dans l’absolu, interdire de faire un lien vers un site Internet n’a pas de véritable valeur légale et ne constitue pas une contrefaçon, qui suppose la reproduction d’un contenu ou sa représentation » [22].

Peut-être cette clause vient-elle d’une clause très similaire présente dans les mentions légales du site Data Inpi : « Les utilisateurs visiteurs du portail data Inpi ne peuvent mettre en place un hyperlien en direction de ce site sans l’autorisation expresse et préalable de l’INPI ». Même remarque que supra à propos de cette clause INPI.

Societe.ninja et Pappers feraient peut-être mieux d’utiliser le droit anti-extraction substantielle du producteur de base de données. Ce que fait le site de l’INPI : « Les bases de données figurant sur le portail sont protégées par les dispositions de la loi du 11 juillet 1998 portant transposition dans le Code de la propriété intellectuelle (CPI) de la directive européenne du 11 mars 1996 relative à la protection juridique des bases de données. Sont notamment interdites l’extraction et la réutilisation, quantitativement ou qualitativement substantielles, du contenu des bases de données contenues sur ce site Internet. Tout contrevenant s’expose aux sanctions visées aux articles L 343-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. »

Conclusion sur le comparatif

Le match Societe.ninja v. Pappers doit, on le voit, être élargi à Infogreffe et Data Inpi, en prenant en compte d’abord la mise à jour du contenu et la pertinence du moteur de recherche et en laissant de côté l’esthétique et la com’. La qualité d’un outil d’information/bases de données, c’est d’abord et avant tout le résultat de l’équation contenu + fraîcheur + moteur.

Je n’ai pas traité en détail Societe.com, qui est un acteur beaucoup plus ancien (le site a été créé en 1999 par Iliad, la maison-mère du fournisseur d’accès Internet Free [23]) et plus connu. Pour faire court, on peut dire [24], que :

  • le design graphique et la mise en page de Societe.com sont datés (mais restent très lisibles) et tous les documents y sont payants (comme chez Infogreffe), alors qu’ils sont gratuits chez Ninja, Pappers et Data Inpi ...
  • mais le moteur de recherche est très précis, bien plus que chez les trois précédents. Ainsi, "compagnie saint-gobain" trouve du premier coup et en tête de liste la bonne société — et non pas des noms approchants ou de simples établissements.

Évidemment, mon appréciation comme mes requêtes de test sont celles d’un professionnel de l’information. Un entrepreneur solo ou un particulier aura une vision orientée prix (gratuité) d’abord. Mais même dans ce cas, la mise à jour et la cohérence des données doivent rester un critère essentiel, surtout en matière de procédures collectives.

Une polémique rediffuseurs v. PMEs difficile à comprendre

Selon la Lettre A [25], « les sites commercialisant les statuts et extraits de comptes des sociétés sont sur le qui-vive depuis le lancement de Pappers.fr. Portée par la loi Macron de 2015, cette ouverture totale du registre du commerce, en accès libre, interpelle plusieurs syndicats patronaux, qui réfléchissent à une action de groupe. »

La Lettre A explique que « les syndicats professionnels dans l’ensemble, redoutent cette opération transparence, en particulier pour les PME ». Selon la newsletter, « la Fédération française du bâtiment (FFB) envisage de s’associer à d’autres instance pour lancer une action de groupe contre l’INPI. Le site de Pierre Fruchard pourrait être mis dans la procédure dans un second temps. »

Les deux acteurs visés semblent pourtant être restés dans la légalité, il ne s’agit là que de la mise en oeuvre d’une directive européenne et d’une loi française. Par ailleurs, on se demande comment l’INPI, qui a mis plus de deux ans à monter le projet Data Inpi, aurait pu violer la loi au vu et au su des autorités.

On notera enfin que les PME ont beaucoup de moyens — licites et illicites — pour ne pas publier les données qui les gêneraient [26].

Depuis 2014, les TPE (moins de 10 salariés, grosso modo) peuvent demander la confidentialité de leurs comptes annuels (compte de résultat et bilan). Et depuis août 2016, les petites entreprises de moins de 50 salariés ou avec un bilan de moins de 4 millions d’euros ou un chiffre d’affaire de moins de 8 millions d’euros peuvent aussi le faire (article 213 de la loi Macron précitée). Et elles ne s’en privent pas [27]. Les sociétés appartenant à un groupe (fausses PME) ne peuvent pas bénéficier de cette faculté.

Par dessus le marché — si je puis m’exprimer ainsi — beaucoup de PME et certaines grosses sociétés font le choix de ne pas publier leurs comptes, espérant cacher leurs "secrets" financiers. D’après la société de comptabilité en ligne ECL Direct, 50% des dirigeants de SARL, EURL, SAS et SASU ne déposent pas leurs comptes [28].

Ce choix de rester dans l’illégalité n’a qu’un faible prix, celui d’une amende de 3000 euros au plus [29], si tant est qu’un intéressé demande au président du tribunal de commerce de les y obliger sous astreinte et que celui-ci prenne bien cette décision, ou qu’il diligente une enquête sur la société [30]. En pratique, ces enquêtes et les condamnations à publier ses comptes sont très rares.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur


Podcasts juridiques : tentative de recensement et ébauche critique

Podcasts de juristes et podcasts d’éditeurs

Jeudi 17 juin 2021

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Voici une liste qui va sûrement s’allonger dans les mois à venir. Une liste de séries de podcasts juridiques [31].

Pour mémoire, un podcast est un enregistrement audio (pur audio, pas d’image) écoutable en streaming et téléchargeable pour être écouté hors connexion. Il est généralement disponible sous forme de série, dont les nouveaux épisodes peuvent être reçus automatiquement par les abonnés. Un podcast a un flux RSS, un fichier contenant toutes les informations du podcast et de ses épisodes.

On distingue généralement :

  • les replays d’émission de radio
  • et les podcasts natifs.

Pour le droit des podcasts, voir cette vidéo publiée par Le Nouveau Podcast : Les enjeux juridiques du podcast, présentés par Clara Benyamin, juriste en droit de la propriété intellectuelle et du numérique.

Podcasts de juristes

Les radios sont les principaux producteurs de podcasts. En juridique, il faut surtout citer Europe1 qui diffuse une série de podcasts intitulée Mon client et moi, dans laquelle des avocats pénalistes racontent des affaires qui ont marqué leur carrière. Ce podcast (une émission en fait) a commencé en décembre 2019.

Pour les autres podcasts de juristes, le plus simple est de consulter :

e-just( ice ), avocate, me signale qu’il il y a de plus en plus de podcasts (format natif ou non) d’interview de professionnels. Parmi lesquels elle cite [32] :

Pour compléter et mettre à jour ces listes, utilisez cette requête Google : podcast avocat OR droit OR juridique OR procès OR juge.

Personnellement, mentions spéciales à :

  • Du Vent Sous la Robe, le podcast d’une ancienne avocate devenue entrepreneuse et qui parle plus volontiers de ses collègues juristes entrepreneurs que d’elle-même. Un podcast axé d’abord innovation en droit. Un podcast long (30 à 40 mn)
  • dans le même genre, et que j’ai apprécié peut-être encore plus, Le journal de Charlotte, de Charlotte Pons
  • Avant de signer, créé par le cabinet d‘avocats Emroads en 2021, essaie de donner les bons réflexes juridiques aux entrepreneurs (droit des affaires, droit commercial, propriété intellectuelle, données personnelles)
  • un deux droit, un podcast de droit du travail. Qui existe aussi en blog et en vidéo
  • toujours en droit du travail, Droit Devant, le podcast de Marylaure Méolans (Victoire Avocats).

Les podcasts des éditeurs juridiques

- Les podcast de Lexradio (webradio de Lexbase) [33].

- Les podcasts du groupe Lefebvre Sarrut :

  • Enquête interne, podcast de Lefebvre Dalloz (en fait de Dalloz et des Éditions Législatives) sur la compliance/conformité
  • Vigilance, podcast de Francis Lefebvre tout seul, cette fois-ci, sur l’actualité de la compliance (again)
  • les Podcasts du Droit et du Chiffre par Lefebvre Dalloz, la marque commune des Ediitions Francis Lefebvre, de Dalloz et des Editions Législatives
  • Les Podcasts du droit - Dalloz macro. Sujets très divers (le legal design, par exemple), mais un point commun : durée entre 25 et 30 mn.

- Les podcasts de Lamy (Wolters Kluwer France) :

  • L’Office, réalisé par le CRIDON (Centre de recherche et de documentation des notaires) de Lyon, tient informé une fois par semaine sur les domaines des notaires (immobilier, patrimoine, fiscal, famille) des derniers textes parus, des dernières jurisprudences, des derniers chiffres publiés
  • A l’Audience, podcast sur le droit du travail par Françoise Champeaux, rédactrice-en-chef de la revue La Semaine Sociale Lamy (Wolters Kluwer / Lamy)
  • Blâme, un podcast de Lamy pour décrypter et réagir face aux cas de harcèlement sexuel. Avec Nicolas Mazet, consultant et expert en management RH.

- LexisNexis publie sur Lexis 360 Intelligence une sélection de la veille quotidienne de Lexis Veille en un podcast de quelques minutes.

Les plateformes utilisées pour ces podcasts :

  • Ausha.co (payant, pas cher) est utilisé pour la diffusion et la promotion multiplateformes (d’un coup, toucher toutes les grandes plateformes) des podcasts
  • les plateformes de diffusion proprement dites (hébergeurs) :
    • Deezer
    • Spotify
    • SoundCloud
    • Apple Podcasts
    • Google Podcasts
    • Youtube : gratuit mais peu pratique pour un podcast, car dès qu’on ne regarde plus l’écran, la vidéo (donc le son) se coupe
    • ...

Pour mettre à jour ce recensement, utilisez la requête Google suivante : podcast lefebvre OR dalloz OR lextenso OR wolters OR kluwer OR lamy OR lexisnexis OR lexbase.

Quelques réflexions sur ces podcasts juridiques

On note des formats temporels plutôt courts pour des juristes :-) : généralement 5 à 10 mn, avec un minimum de 3 mn et un maximum d’une demi-heure.

Un des inconvénients des podcasts, que j’ai déjà signalé sur ce blog, est l’absence (pour l’instant ?) de transcription textuelle et d’indexation [34], ce qui fait qu’on perd pas mal de temps à écouter en entier le podcast (surtout quand l’interface ne permet pas de se déplacer dans le podcast, ce qui arrive parfois sur les interfaces mobiles) au lieu de pouvoir sauter directement là où ça nous intéresse [35].

Ce défaut est particulièrement net avec les juristes car, par formation, déontologie et habitude, ils ne simplifient pas leur propos, et de surcroît, n’abordent les vrais sujets (ceux qui fâchent/font problème) qu’au bout de 2 à 3 mn d’introduction [36].

Aussi, si j’avais un conseil prioritaire et simple à donner aux juristes et avocats lorsqu’ils réalisent leur podcast, ce serait d’aller droit au but dans les 30 premières secondes. Comme le fait par exemple un deux droit.

un deux droit donne aussi une autre bonne idée : il "multiformate" au maximum sa production, en publiant, pour un même épisode, un billet de blog, une vidéo et un podcast. Il poste sur des médias Internet différents, touchant ainsi des générations différentes. D’une pierre trois coups.

Attention aussi à adapter son discours au mode d’expression oral : il vaut vraiment mieux éviter de de lire un texte écrit classique [37].

Produire un podcast est beaucoup plus le fait des élèves du Barreau et des jeunes juristes que des avocats plus établis. Question de génération ? Certes, mais je penche tout autant pour un manque de temps de celles et ceux qui ont déjà une activité bien établie et ... prenante [38]

On sent bien que les podcasts d’éditeurs sont plus des tests qu’autre chose pour l’instant. Les éditeurs regardent si ça prend. A noter un effort, souvent, pour avoir une belle voix et une diction agréable.

Il y a encore pas mal de trous — ou d’ opportunités — dans la raquette des podcasts juridiques français :

  • la procédure civile. C’est aride, c’est vrai
  • droit public
  • droit des transports
  • le droit des affaires à un haut niveau, notamment les fusacq. Mais c’est peu étonnant : il existe peu d’ouvrages et de revues dans le domaine [39].

En sens inverse, le droit du travail est sur-représenté.

Et l’auteur de ce billet, a-t-il fait un podcast lui-même, me direz-vous ? Mon podcast à moi, non. Mais j’ai été interviewé par Ekipio sur l’IA en droit. En podcast :-)

Un podcast juridique bien n’est pas listé dans les sources citées ? Les commentaires sont ouverts.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur, formateur


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