Logiciels, Internet, moteurs de recherche

Dernier ajout : 4 août.

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Surveillez automatiquement les modifications des pages web

Logiciels et autres outils de veille

Dimanche 25 février 2018

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NB : cet article est une mise à jour rapide d’un très ancien billet. Il n’est donc que partiellement à jour. Mais comme il n’existe pas beaucoup de listes commentées de ce genre et que j’ai parfois besoin de le citer à des collègues, je l’ai remis en ligne.
Si vous y trouvez des erreurs, merci de les signaler dans les commentaires.

Les logiciels de veille automatique sur le Web [1] vous préviennent quand une page web que vous surveillez est modifiée ou lorsqu’une page web correspondant à vos mots-clés est publiée. [2] Vous pouvez ainsi surveiller les mises à jour de vos sites préférés. Mais aussi, quand la page surveillée est le résultat d’une interrogation d’une base de données telle celle de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE), cela permet d’être prévenu de la publication d’un arrêt.

Mes préférés

- Modernes, légers, pratiques mais limités : les extensions pour Firefox et Chrome :

  • Mozilla Update Scanner pour Firefox.
    Avantages : gratuit ; simple : un clic droit sur page à suivre, un ou deux réglages (périodicité de la surveillance + nombre de caractères devant être modifié) et un clic sur OK : le tour est joué ; affiche en couleur les changements dans la page ; aide bien faite (en anglais).
    Limites : pas d’alerte sur mot-clé ; pas de partage/pas de version réseau/pas de version en ligne
  • Distill Web Monitor (ex-AlertBox) pour Firefox. Permet de spécifier des règles précises et de ne surveiller qu’une (ou des) zone(s) de la page web. Il accepte même les expressions régulières (Regex). Une documentation sérieuse existe pour bien l’utiliser et le développeur s’occupe bien de son produit et de l’assistance. Gratuit jusqu’à 3 veilles, payant (peu cher) au-delà ou si on veut la version avec accès à distance mais semble bien le valoir d’après les commentaires. Voici un tutoriel vidéo correct de 2016
  • visualping.io (ex-Page Monitor) pour Chrome ou en version SaaS. Avantage et (gros) inconvénient à la fois : peu de paramétrages sont possibles. Tout changement, quelque que soit son importance, est donc signalé. Pas mal de bruit à attendre donc, a priori. Christophe Deschamps (Outils froids) l’apprécie [3]

- WebSite-Watcher :

  • avantages :
    • apprécié par Armelle Thomas, documentaliste devenue veilleure et consultante (Inforizon) et les spécialistes de la veille Frédéric Martinet (Actulligence) et Aref Jdey (Demain la Veille) [4]
    • doté d’une base installée importante en France
    • pas cher du tout (prix Business edition : 99 euros TTC avec mises à jour la première année puis 50% de remise pour avoir les mises à jour les années suivantes) et d’un rapport qualité prix défiant toute concurrence
  • limites : de mon point de vue, WSW commence à ne plus être totalement en phase avec les besoins actuels :
    • pas d’accès à distance/cloud (s’installe sur un PC)
    • pas de partage en réseau privé
    • surveiller l’entièreté d’un site web est possible mais compliqué.

- Lecteurs RSS adaptés pour la veille :

  • le lecteur de fils RSS dominant et recommandé dans un contexte de veille professionnel est Inoreader (SaaS, payant) d’Innologica (une app Android existe). Inoreader possède une gamme de filtres élaborés et est maintenu par une solide équipe (bulgare)
  • il y en a d’autres : voir l’étude comparative et quasi-exhaustive publiée par Serge Courrier en 2014 (NB : l’offre s’est réduite depuis)
  • NB 1 : si la page web que vous voulez suivre est sur un site qui n’offre pas de RSS, il faut utiliser des outils du type "HTML to RSS". J’ai listés les meilleurs, ainsi que des tutoriels sur le sujet, dans ce billet : Créer un flux RSS pour un site web qui n’en possède pas
  • NB 2 : le RSS est une technologie de veille maligne et légère. Mais vu l’emprise aujourd’hui encore du mail, il est souvent nécessaire de convertir ses flux RSS en mails. Pour faire cela automatiquement et gratuitement (avec un peu de publicité dedans évidemment), j’utilise BlogTrottr. Cette application en ligne est riche en fonctionnalités futées. Le délai avant envoi est d’au minimum deux heures. Pour recevoir les mails plus vite, une version payante mais très économique existe.

- Google Alert :

  • avantages :
    • il bénéficie du moteur de recherche de Google : richesse de l’index et pertinence des résultats
    • on peut le restreindre à l’onglet News (presse gratuite en ligne)
    • il envoie directement des emails
    • en se connectant à son compte Google *avant* de créer son alerte, on peut enregistrer et surtout gérer autant de veilles que désiré. Notamment les modifier et les supprimer. C’est un point clé d’un bon usage de Google Alert
  • inconvénients :
    • le retard important (j’ai constaté environ 6 heures) entre la mise en ligne de l’information et l’arrivée du mail. Selon nous, l’explication en est simple : gérer une messagerie implique des ressources informatiques extrêmement lourdes. La plupart des prestataires de veille automatisée de masse font payer l’envoi des mails en temps réel. Ici, c’est gratuit, et de plus Alert n’est pas un produit prioritaire pour Google, donc ...
    • la liste de résultats affichée dans le mail est partielle. Il faut aller sur son navigateur web pour la voir en entier
    • il existe des doutes dans la communauté des veilleurs sur sa pérennité à long terme. L’abandon de Google Reader et un certain manque de mise en avant et d’amélioration de Google Alert par la firme de Mountain View justifient ce doute. Pour autant, en 2020, il est toujours là
    • il n’est évidemment pas connectable — à des sources payantes ou sur mot de passe.

Le spécialiste de la veille Frédéric Martinet, sur son blog Actulligence, a publié en avril 2020 un excellent billet, complet et détaillé, sur Google Alert. Il reste selon lui un outil de veille très intéressant [5]. En juridique, selon moi, il l’est peu du fait du peu de contenu de qualité professionnelle, les éditeurs juridiques maintenant leurs barrières face à Google, sauf quelques uns (principalement Lextenso, Revue Banque et la Revue Fiduciaire).

D’autres logiciels

Des logiciels en anglais : voir deux outils cités en 2005 par le consultant Aref Jdey sur son blog de l’époque Vtech [6] et existant toujours :

  • InfoMinder. Possède des fonctionnalités plus larges, puisqu’il surveille non seulement des pages web, mais aussi des blogs, des fils RSS et des wiki (payant, 30 jours d’essai gratuit)
  • ChangeDetect. Il a l’air assez riche en fonctionnalités, comme par exemple la possibilité de spécifier non seulement des mots-clés mais également une requête booléenne (gratuit). Des clients de référence comme Wolters Kluwer. Aucune news ni billet sur leur blog depuis 2012.

Voir aussi :

  • OnWebChange. Un service de surveillance de pages web avancé (dixit C. Deschamps)
  • TrackEngine. Gratuit jusqu’à 5 adresses ou 100 Ko, payant au-delà, c’est-à-dire en pratique pour toute utilisation professionnelle. A peu évolué depuis les années 2000 ... [7]

Des produits plus professionnels et plus complets ... et chers

  • Tadaweb : interface graphique (schémas ...) très pratique, inclus analyse de sentiments donc plutôt orienté veille produits et compétitive, apparu en 2013, et très apprécié par la communauté à sa sortie [8]. Les veilleurs clients regrettent une évolution intervenue en 2015 qui a retiré une bonne part de la possibilité de faire eux-mêmes le paramétrage de l’application et en a nettement augmenté le prix. Prix de départ à plusieurs milliers d’euros par an
  • KB Crawl est un métamoteur de veille très amélioré, basé sur la recherche texte intégral sur des pages web, avec délimiteur. Il est développé par BEA Conseil. Prix de départ aux alentours de 5000 euros HT par an
  • Ask’n’Read de Qwam. Comme KB Crawl, Qwam est dans une gamme de coût intermédiaire : une grosse structure peut en avoir pour 10 000 euros par an en SaaS seulement
  • plus puissants, les produits de Digimind vont plus loin dans l’automatisation et savent aussi poser des questions à des bases de données de tout type [9]. En somme, une des Rolls du secteur. A partir de 7000 euros HT annuels
  • autres acteurs de la taille de Digimind et KBCrawl :

Ces outils et quelques autres sont traités dans la rubrique Agents d’alerte du blog Outils de veille d’Armelle Thomas et dans l’article Veille sur le Net : des besoins variés de Christine Brancier (Décision Micro 3 mai 2004). Certes anciens, ces documents ont l’avantage d’être quasi-exhaustifs (la plupart des acteurs de l’époque existent toujours, à l’exception d’Arisem [11]) et critiques.

D’autres produits

Pour compléter et mettre a jour cette liste, la source de référence est le site Outils froids de Christophe Deschamps. Il a notamment signalé un tableau assez complet [12] réalisé par le groupe Webtechno de l’association des anciens de l’Ecole de Guerre Economique (AEGE) : Comparatif de logiciels de veille (janvier 2017).

Pour découvrir et tester (toujours tester, ne jamais croire sur parole ni penser qu’un outil est adapté à tout le monde et tous les besoins) plus d’outils et de conseil, voici quelques unes des meilleures listes commentées et critiques, essentiellement rédigées par Camille Alloing, spécialiste de la veille et de l’e-réputation, sur son (ancien) blog CaddEreputation (liste établie en 2011, mise à jour en 2015) :

Emmanuel Barthe
documentaliste, veilleur


Chercher du droit avec Google : un guide rapide et facile ... avec maître Yoda

10 règles à connaître pour les apprentis Jedi de la recherche juridique

Samedi 17 février 2018

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— Aujourd’hui nous recevons Maître Eolas ... Pardon , c’est Maître Mô ... Ah non finalement ce sera Maître Yoda pour nous apprendre à maîtriser la force de Google ;-) dans les recherches juridiques.
Maître Yoda, c’est à vous.

— Merci, jeune padawan.
La règle zéro, d’abord tu maîtriseras.

0. A tes mots-clés, au moins 30 secondes, tu réfléchiras

Comment c’est écrit dans les documents que tu cherches, tu essaieras de deviner. Le vocabulaire de ce que tu veux trouver, tu imiteras.

Exemple : si des commentaires rédigés par des juristes tu cherches, tu taperas : formation contrat de travail à durée déterminée. Et non pas : comment conclure un CDD.

Exemple : si juste une synthèse pratique des règles du contrat de travail à durée déterminée (CDD) pour Monsieur ou Madame Tout le monde tu cherches, simplement tu taperas : CDD.


1. Pour mot-clé, l’expression juridique à la fois la plus pertinente et la plus "tarte à la crème" (la plus classique) tu emploieras

Exemple : responsabilité du dirigeant.
Pas : responsabilité PDG (plus précis mais pas assez "tarte à la crème" en droit français). Bien sûr, si la responsabilité du président de SAS tu cherches, responsabilité du président de SAS tu taperas.

Exemple : modification de la situation juridique de l’employeur.
Pas : changement d’employeur. Sauf si un particulier tu es et que des documents parlant ton langage tu veux.

Exemple : si tu cherches si un dirigeant peut se faire accompagner au comité d’entreprise par trois collaborateurs et non deux comme écrit dans le Code du travail, tu écriras : comité d’entreprise employeur trois collaborateurs. Et non : deux collaborateurs. Car c’est l’expression dominante sur le Web dans ce contexte (du fait que l’essentiel des documents se contentent de répéter le Code du travail) et les résultats de Google cela influence [14].

2. Plus de trois mots-clés tu taperas

Si une question précise tu as, en entier tape la. Les résultats eux aussi plus précis seront.

3. Par les suggestions de Google, influencer tu ne te laisseras pas

Dans une recherche basique, aux particuliers, les expressions suggérées par Google utiles peuvent être. Aux juristes, pas vraiment.

4. Si des résultats à côté de la plaque Google te renvoie, le mode Mot à mot tu utiliseras

La majeure partie des "interprétations" des questions par Google Mot à mot désactive. Pour y accéder, sous la zone de saisie, à droite, sur Outils, puis Tous les résultats puis Mot à mot, cliquer il faut.

5. Le filetype:pdf presque toujours tu tenteras

A la fin de ta question filetype:pdf tu ajouteras. Histoire de voir si des articles de niveau universitaire et des rapports officiels ça ne ramène pas. Autrement dit : du contenu fiable et de qualité, pas le côté obscur de l’Internet.

6. Google Books tu consulteras

Très très précieux, ça, jeune apprenti. Même si les ouvrages ne sont pas disponibles en entier, sur une question précise les paragraphes visibles sont souvent suffisant [15].

7. Jusqu’à au moins le 30e résultat toujours tu iras

Voire le 100e résultat. Si, si !

Statistiquement, si tes mots-clés tu as bien choisis et si les filtres et opérateurs de Google tu as bien utilisés, les bons résultats ont 90% de chances de se situer dans les 10 premiers résultats. Mais 9% de se situer entre le 11e et le 30e. Et 1% entre le 30e et le 100e [16].

8. A interroger Google Scholar tu penseras

Surtout si le droit international public, le droit comparé, les libertés publiques, les droits de l’Homme ou le droit de l’Internet tu pratiques [17]

9. (pour les experts) Les opérateurs et les guillemets avec modération tu emploieras

Car la synonymie automatique de Google cela désactive.

Exemple : "modification de la situation juridique de l’employeur" OR "transfert du contrat de travail" OR 122-12 OR 1224-1 le coup vaut, car très efficacement sur les résultats cette formulation juridique influe.

Mais "émission de télévision" "responsabilité civile", bien moins intéressant est par rapport à émission de télévision responsabilité civile.

10. (pour les étudiants en droit et les particuliers) De Google seul rarement tu te contenteras

Un livre de base, une base de données, une plateforme de revues universitaires (Cairn, voire OpenEdition Journals, ex-Revues.org) ou un avocat tu consulteras. Moins cher qu’un 4/20 en contrôle continu ou qu’un procès perdu cela te coûtera.

— Mais Maître, vous avez triché. Vous avez donné 11 enseignements et non 10 !

— C’était pour voir si attentif tu étais ! [18]


Pourquoi et comment bloguer : quelques constats et convictions personnelles

Bloguer, c’est être libre (de s’exprimer)

Vendredi 26 janvier 2018

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Je blogue depuis 2004. C’est une passion et une respiration.

Quand j’en parle, on me demande parfois :

  • Je voudrais bloguer mais je n’ose pas. Est-ce que ce que je veux écrire en vaut le coup ?
  • Faut-il publier beaucoup/souvent si on blogue ?
  • Sur quoi bloguer ? Sur quel sujet ?
  • Comment s’y prendre ? Comment est-ce qu’on blogue ?
  • Est-ce que ça a encore un intérêt de bloguer ? Est-ce que ce n’est pas plus simple et plus efficace de poster sur Twitter/Facebook/(écrivez ici votre réseau social préféré) ?
  • Qui va me lire ? Pour qui écrire ?
  • Bloguer, c’est dangereux ?
  • Bloguer, ça rapporte ?
  • Comment faire pour être bien référencé dans les moteurs de recherche (Google, Bing) ?

Alors, simplement, voici les réponses que je donne. Ce sont les miennes, d’autres blogueurs en donneront d’autres. Mais si ça peut vous aider à faire des choix et éventuellement vous lancer, j’en serai heureux.

Je voudrais bloguer mais je n’ose pas. Est-ce que ce que je veux écrire en vaut le coup ?

Ne vous posez même pas la question. Quand j’ai commencé, j’ai blogué pour moi seul :-) Bloguer est, au moins au départ, un acte solitaire et qui suppose qu’on a très envie de s’exprimer.

On blogue parce qu’on a quelque chose à dire et qu’on a envie de le publier, de le dire aux autres. Bloguer, c’est une passion, une obsession, une marotte.

C’est le temps qui dira si votre sujet et votre plume en valent le coup. Ce sont vos lecteurs, par leurs tweets, leurs posts Facebook, leurs commentaires sous vos billets, qui vous confirmeront que ce que vous écrivez intéresse, est utile ou émeut.

En théorie, on dit billet ou post pour un blog, pas article. Stricto sensu, le mot "article" est réservé aux articles de presse.

Après, quand je vois le peu de détails et d’arguments de certains articles, et inversement la longueur et le nombre de liens et de notes de bas de page de certains de mes billets, je n’ai aucune gêne à les qualifier d’articles. A propos de mon billet sur l’intelligence artificielle en droit [19], un spécialiste du sujet m’a même conseillé de le passer sur l’archive de pre-prints du CNRS, HAL. Sur HAL, concrètement, ce sont des articles de revues scientifiques qu’on publie. Alors ...

Faut-il publier beaucoup/souvent si on blogue ?

Réponse simple : non. Réponse nuancée : idéalement, une fois par semaine. Disons au moins une fois par mois.

En fait, tout dépend de votre envie d’être populaire et bien classé dans les moteurs de recherche. Google a tendance à vous laisser tomber si vous ne publiez pas au moins une fois par semaine. Ce qui est exigeant, surtout si vous bloguez sans rien y gagner sur le plan financier.

L’idéal, c’est d’avoir toujours de côté un ou deux billets prêts à être publié et des les publier progressivement. Ne pas faire de feu d’artifice en publiant trop de billets d’avion un coup mais les espacer d’au moins une semaine. (Cela dit, il m’arrive de ne pas pouvoir me retenir et d’en publier trois en une semaine. Tant pis !)

L’important pour être lu, c’est d’être crédible et de tenir la distance (au moins les deux premières années). Ce qui compte, ce n’est pas de publier souvent mais de publier bien (plus de précisions infra sur ce que veut dire « bien publier »).

Sur quoi bloguer ? Sur quel sujet ?

Sur ce que vous voulez. Exactement.

Sur ce qui vous branche ou ce qui est à la mode. Sur ce qui peut rapporter (un peu) d’argent. Sur ce qui peut vous faire (un peu) de pub. Sur ce qui peut vous aider à démontrer votre compétence si vous cherchez un poste, des partenaires commerciaux ou des clients.

Trois conditions si vous voulez être lu :

  • un sujet étroit/de niche ou au minimum très bien délimité. Ne sautez pas du coq à l’âne d’un billet à l’autre. Et les algorithmes des moteurs de recherche du Web n’aiment pas trop le mélange des genres
  • accrochez-vous à votre sujet. Ne le lâchez pas. Si vous voulez en changer, lancez un autre blog, sous une autre adresse et un autre nom
  • publiez :
    • soit de vrais scoops ou des exclusivités. Vos billets peuvent alors être courts mais c’est difficile, le scoop est le domaine de la presse
    • soit de longs billets argumentés et documentés.

Autrement dit, maîtrisez votre sujet. Soit vous le connaissez déjà (très) bien et vous êtes très bien informé (vous avez très vite les derniers tuyaux), soit vous faites de solides recherches pour vous documenter et ne pas dire de bêtises. Après tout, c’est Internet : même si la majorité des sites gratuits n’a guère d’intérêt pour les professionnels et les gens sérieux [20], il y a quand même des sites en accès libre fiables et bourrés d’information, même s’ils sont parfois difficiles à trouver [21].

Comment s’y prendre ? Comment est-ce qu’on blogue ?

Tres simplement et très facilement.

On commence par écrire son premier post sur n’importe quel logiciel de traitement de texte. Même si le bon vieux Bloc-Notes a mes faveurs, même Write, Open Office, Libre Office ou Word feront l’affaire. Sur smartphone, utilisez donc Simple Notepad de Mighty Frog si vous êtes sous Android [22]. Évitez Google Docs, il a besoin d’une connexion.

Pourquoi dites-vous de commencer par écrire sur un bon vieux logiciel de texte ? Moi, je veux écrire en ligne !

Parce que vous n’avez pas envie de rater votre premier essai. Rédiger hors ligne vous enlève la pression, vous permet de réécrire autant de fois qu’il le faudra sans aucun risque.

Et parce que pour bloguer, il faut prendre sur son temps libre. Et qu’on n’en a pas beaucoup. Or, quel meilleur endroit que les transports en commun pour écrire sur son smartphone, sa tablette ou son portable ? Justement, dans les transports, le plus souvent, il n’y a pas de connexion ...

Je ne sais pas écrire. Je n’ai aucun style !

Franchement, à moins d’avoir une prétention scientifique — ce qui est, je le reconnais, le cas de ce blog — on s’en moque. Quand je vois les fautes d’orthographe et de grammaire sur les SMS et Facebook, je me dis que le niveau moyen sur Internet est tel que vos lecteurs peuvent très bien n’en avoir rien à fiche [23].

Essayez quand même de ne pas faire une faute toutes les deux phrases. Ça fatigue à la longue et ça peut vous faire perdre bêtement des lecteurs. En plus, la plupart des logiciels de blog ont un correcteur orthographique intégré ... Au pire, copiez-collez vos écrits dans Word ou Open Office et laissez son correcteur faire le travail.

Question style, on s’en fiche encore plus. Parce que si vous écrivez au moins un billet par mois, à force, vous allez apprendre à écrire. Comme un journaliste, un écrivain ou un publicitaire. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

Sachez simplement que quand j’ai commencé, je faisais des phrases à rallonge et que je n’aérais mes paragraphes ni par des lignes vides ni par des intertitres ni par des puces ni par des images. Bref, je faisais des gros pâtés :-) Tout ce qu’il ne faut pas faire. Puis, très lentement, j’ai appris.

Il existe plein de guides/tutoriels gratuits sur Internet pour apprendre à écrire pour le Web. Il y en a de deux sortes :

  • ceux qui vous conseillent dans le seul but d’être bien classé dans Google et au final gagner de l’argent. Bons conseils en général (je les ai lus et en ai suivi certains), mais si vous les suivez à la lettre, vous ne risquez pas de vous distinguer de la masse
  • ceux qui ne veulent pas vous formater et vous recommandent la sincérité et l’authenticité. C’est mon cas. Trop de blogs n’ont d’original que leur charte graphique (le design, les couleurs et les images de leurs pages).

Avec quelle application/logiciel bloguer ?

Le plus simple pour débuter, c’est :

  • Blogger de Google. Mais s’il est très simple à utiliser, il est devenu un peu "has been". A mon avis, il est en perte de vitesse. Notamment, il n’est pas assez soutenu par Google.

Et sinon, à peine plus compliqué :

  • WordPress (WP) en version hébergée chez ... WordPress ("hébergée" veut dire que vous n’avez rien à installer et pas à vous soucier de votre serveur). WP offre même une application Android pour bloguer directement à partir de votre smartphone. C’est un plus.
    WordPress est LE logiciel dominant pour écrire sur Internet. Sa part de marché des logiciels de gestion de contenu (CMS) a dépassé les 50% en 2016 [26].
    En échange de la gratuité de l’hébergement sur WordPress.com, des publicités apparaîtront sur vos pages. Et vous ne pouvez pas contrôler leur nature ou leur contenu. Pour l’éviter, vous pouvez payer ou choisir de gérer votre serveur et d’installer vous-même WP

  • DotClear. Bien qu’il n’offre pas de version hébergée, son installation est automatisée, il est très riche en fonctionnalités, il est français et c’est une excellente alternative à WordPress [27].

Personnellement, j’utilise Spip, dans sa version 3, la plus récente, mais le délai pour le maîtriser ("learning curve") est plus important et la communauté des sites sous Spip se réduit inéxorablement depuis 2006 [28]. Pour les problémes techniques et les mises à jour de Spip, j’ai pris un webmestre. Je n’ai plus le temps de passer un dimanche les mains dans le cambouis.

Si vous prenez autre chose, vérifiez bien que les dernières mises à jour datent de moins de six mois, que la communauté autour de ce soft est nombreuse et qu’elle est toujours active. Sinon, le jour où vous aurez un bug ou bien à transporter votre production sur un autre logiciel, ce sera très compliqué voire très cher. Pour avoir d’autres idées, vous pouvez consulter un article de ce blog datant certes de 2007, mais plusieurs des logiciels cités sont toujours bien vivants [29].

Est-ce que ça a encore un intérêt de bloguer ? Est-ce que ce n’est pas plus simple et plus efficace de poster sur un réseau social ?

Sur un réseau social, ce que vous écrivez appartient, en fait, au réseau social. Si le réseau social arrête ses activités — voyez ce qui pourrait arriver à toutes les listes de discussion Yahoo Groupes ... — il vous serait très difficile, pour ne pas dire impossible, de transférer ça ailleurs. De même, si vous voulez transférer tout ce que vous avez écrit d’un réseau social à un autre ou vers un blog, ce sera mission impossible.
Votre blog, en revanche, est votre propriété, juridiquement et surtout — la plupart du temps — techniquement. Vos écrits sont stockés dans une base de données bien faite, récupérable et transplantable ailleurs.

Si le réseau social se fâche avec Google ou a un mauvais moteur de recherche interne, vos statistiques de consultation vont se casser la figure.
Sur votre blog, le trafic qui y passe, c’est votre affaire, votre responsabilité. S’il monte ou s’il tombe, c’est de votre fait.

Sur un réseau social, vous ne pouvez pas empêcher quelqu’un d’écrire des c...ies sur votre page ou juste à côté. Si vous voulez fermer votre compte, tous les commentaires et réponses des autres resteront en ligne, eux. Ça peut être gênant.
Alors que sur votre blog, vous êtes le maître. Vous pouvez censurer les trolls, les pubs et les inintéressants (je le fais, c’est *mon* blog) [30].

Sur un réseau social, les messages longs (400 mots et plus) sont mal vus et généralement peu lus. Le format long sur un réseau social, en pratique, tourne autour de 100 à 200 mots [31]. Et renvoie au blog pour plus de détails !
Sur un blog, vous écrivez aussi long (ou aussi court, après tout) que ça vous chante. Il est établi que pour être bien référencé par Google, la longueur idéale d’un billet de blog se situe entre 1000 et 2000 mots mais varie selon le secteur [32]. De plus, long, ça fait sérieux. Et il suffit de faire un chapeau ou un résumé en début d’article et tout le monde est content.

Les posts sur les réseaux sociaux disparaissent des écrans radar en quelques jours. Tenter de les retrouver par Google ou le moteur interne du réseau est le plus souvent peine perdue.
Inversement, la popularité d’un billet bien argumenté se bonifie avec le temps. Mon billet le plus consulté, Où trouver des arrêts de cour d’appel ?, a été écrit à l’origine en octobre 2011. Je ne l’ai mis à jour que cinq fois depuis. Six ans après, il est autour de 300 000 visites au total, et demeure un des articles les plus lus récemment sur mon blog.

Et puis, un blog, c’est beaucoup plus personnel qu’un compte sur Facebook. Sur un grand réseau social, le produit c’est vous. Vous, vos données, vos liens affectifs et vos émotions. Le réseau social, c’est aujourd’hui établi, cherche à provoquer votre indignation, votre colère, votre compassion. Parce que ce sont les émotions qui créent le buzz. Et c’est le buzz qui crée le trafic. Et c’est le trafic qui crée les données et la publicité qu’on vend.
Sur votre blog, vous n’êtes pas le produit, vous êtes l’auteur du produit. Le produit, vous le contrôlez de A à Z. Vous pouvez même en faire payer une partie (voir le blog Abondance d’Olivier Andrieu, le pape français du référencement de sites web). La publicité, si vous en mettez, vous pouvez dans plusieurs cas la contrôler. Et c’est vous qui en touchez les (faibles) revenus.

Tout ça ne vous empêche pas d’annoncer vos posts sur Twitter, FB etc. et de créer le débat. Bien au contraire ! Blog et réseau social sont complémentaires et se renforcent l’un l’autre.

Qui va me lire ? Pour qui écrire ?

Ne vous tracassez pas. Votre lectorat vous trouvera — ou pas — et ce, principalement par la communauté de blogueurs, twittos et "FBers" autour de vous et pour le reste par Google. Tenez deux ans. Si au bout de deux ans, vous n’avez toujours que quelques dizaines de visiteurs uniques par jour, posez vous des questions. Et envisagez d’arrêter ou de changer de sujet.

Si vous êtes très volontaire, très pressé ou bien vous voulez bloguer pour de l’argent, il faut prévoir :

  • une formation pour vous au marketing en ligne
  • d’échanger des liens avec des sites proches du vôtre par le sujet : vous faites un lien vers eux, ils en font autant en sens inverse
  • de faire travailler un spécialiste du référencement (SEO)
  • si rien de toute cela ne marche, une campagne de publicité.

De temps en temps, proposez à vos lecteurs de vous suggérer des thèmes de billet.

Bloguer, c’est dangereux ?

Soyons clair :

  • c’est à vous de choisir ce que vous aller dire sur votre blog. Réfléchissez avant de cliquer sur Publish. Imaginez que vous êtes à une conférence, devant plus de 100 personnes, c’est vous qui intervenez : est-ce que vous pouvez vous permettre de dire ça ? Non ? Alors, ne bloguez pas là-dessus
  • bloguer n’est pas plus dangereux que d’écrire un billet d’humeur dans un journal ou un status sur Facebook. Un blog est *public*. Écrire sur un blog, c’est publier. Et publier, c’est rendre public.

Sincérité ne veut pas dire épancher son cœur ni prendre le risque d’être accusé de diffamation. Juste écrire sur un ton personnel et sur ce qui vous intéresse vous personnellement. Pas votre public. Rappelez-vous : bloguer est fondamentalement un acte solitaire et très personnel. Si vous bloguez, c’est d’abord pour vous. Mais c’est aussi un acte public : tout le monde peut vous lire. Il vaut mieux garder un équilibre entre ces deux aspects.

Bloguer, ça rapporte ?

Oui, mais en général très, très peu. Les pubs Adsense et Adwords ne rapportent pas lourd. De plus, elles peuvent être envahissantes et donc gêner vos lecteurs.

Pour du discret, vous pouvez essayer :

  • les commissions des sites de commerce électronique (Amazon ...) sur les ventes faites suite à un clic sur un lien posté sur votre blog. Mais leur rentabilité n’est pas meilleure sauf si votre blog est orienté consommation ou informatique et son trafic très élevé
  • le lien (avec ou sans image) sur la page d’accueil de votre site. C’est une partie de la popularité de votre site dans Google (Page Rank) que vous transmettez ainsi. Pour qu’on vous propose ça, il faut que votre blog soit déjà un minimum connu et reconnu.

Pour vous donner une idée : ce blog, avec un lien publicitaire en bas de la page d’accueil, sans logo ni image, me rapporte environ 100 euros par an. Il m’en coûte 150. Ce n’est pas comme ça que je vais devenir riche ...

Comment faire pour être bien référencé dans les moteurs de recherche (Google, Bing) ?

Voyez mon précédent article 10 conseils pour mieux référencer votre site dans Google ... et ailleurs.

En résumé

En résumé, ne vous laissez pas arrêter par vos doutes et lancez vous ! Ce n’est qu’ainsi que vous apprendrez et que vous saurez si vous êtes capable de tenir sur la durée.

Et, sans mépriser votre public ni les tendances n’oubliez pas : c’est *votre* blog. C’est votre originalité. Vous n’êtes pas obligé de faire comme tout le monde.

Emmanuel Barthe
blogueur depuis 2004

PS : ma collègue documentaliste juridique Carole Guelfucci donne ses raisons de bloguer et ses conseils : Tenir un blog professionnel.


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