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Dernier ajout : 23 février.

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Coronavirus : relativiser, épidémie, précautions, droit du travail

Mardi 25 février 2020

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Parce que j’ai l’impression que la France va être plus concernée que ça par l’épidémie de coronavirus 2019, j’ai pris le temps de faire ce point (au 24 février). Pour le rédiger, j’ai consulté de nombreuses sources fiables (site de l’OMS, presse, études scientifiques).

Re-la-ti-vi-ser

La grippe espagnole, de 1918 à 1919, fut responsable d’environ 50 millions de morts. La grippe classique en France cause 10 000 à 15 000 décès chaque année (entre 8000 et 9900 durant l’hiver 2018-2019 selon Santé publique France). A l’heure actuelle, en France, le coronavirus 2019 a causé un décès (soit un taux de mortalité de 1 pour 67 millions) et sa létalité (taux de mortalité des personnes diagnostiquées comme touchées par le virus, en anglais "case fatality rate") globale depuis le début de l’épidémie ne dépasse pas 3%.

En clair : en France, on risque plus de mourir d’un cancer, de la grippe classique ou d’un accident automobile que du coronavirus. Ce qui, entre parenthèses, n’est absolument pas une raison pour ne pas prendre de précautions (voir infra).

C’est à se demander si le risque le plus important n’est pas :

  • dans l’embouteillage des hôpitaux, qui seraient alors incapables de traiter les autres affections
  • et dans un potentiel arrêt de l’économie [1]. En effet, le COVID-19 fait d’autant plus peur qu’il est invisible.


Source : Le Monde.fr 22 février 2020.

Appellations

Il y a deux choses : le virus et la maladie qu’il déclenche. Les termes utilisés ressortent de l’un ou de l’autre :

  • nouveau coronavirus (il existe plusieurs types de coronavirus, celle-ci est la plus récente, apparue en 2019)
  • 2019-nCoV (appellation temporaire du virus)
  • SARS-CoV-2 (nom définitif du virus)
  • pneumonie ou pneumopathie de Wuhan
  • COVID-19 (nom définitif de la maladie).

Aspects médicaux du coronavirus 2019

Le coronavirus 2019 est assimilable à une grosse, très méchante grippe de par ses symptômes (ses effets sur le corps humain).

Symptômes (signes permettant de repérer la maladie) : fièvre (augmentation température), fatigue, toux sèche, manque de souffle, des difficultés à respirer, pneumonie, insuffisance rénale.

S’attrape par contact avec les fluides (éternuement, morve, goutelettes de salive) des personnes infectées. Donc suite à une forte proximité (moins d’un mètre) avec eux.

Période d’incubation (pendant laquelle on est déjà contaminant mais on n’a ) :

  • 14 jours maximum selon les autorités chinoises
  • une étude non encore "peer-reviewed" parle toutefois de 24 jours

Taux de létalité officiel global de 3% mais en réalité incertain [2] (létalité des coronavirus précédents : SRAS 10%, MERS 34%) [3] Des sources parlent de 18% en Chine et 5% hors de Chine. Selon la docteure Sybille Bernard-Stoecklin, experte à Santé publique France, « les modèles épidémiologiques estiment ce taux à environ 1% » [4]. La létalité de la grippe classique est de 0,1%.

Le Covid-2019 est toutefois plus dangereux que la grippe par au moins un aspect : il est plus contagieux [5] et entraîne des cas sévères sur des gens de plus de 50 ans, ce qui est très rare pour la grippe, explique le Dr Bernard-Stoecklin au Parisien.

Le COVID-19 est très dangereux pour les personnes déjà faibles (personnes âgées) ou affaiblies par des maladies pré-existantes. 80% des décès causés par le nouveau coronavirus concernent des personnes de 60 ans et plus et les personnes de plus de 80 ans touchées par la maladie ont 18% de chances (au 24 février) 15% de chances d’en décéder contre 0,2% pour les 20-29 ans.

Les enfants sont moins infectés que les adultes et semblent également plus résistants. Aucune personne infectée de moins de 9 ans n’est décédée jusqu’ici. Ce qui ne veut pas dire que les enfants sont à l’abri du virus. Aucune catégorie ne l’est [6].


Source : Early epidemiological analysis of the coronavirus disease 2019 outbreak based on crowdsourced data : a population-level observational study, The Lancet, 20 février 2020.

Traitements :

  • aucun médicament spécifique n’est recommandé pour prévenir ou traiter l’infection par le nouveau coronavirus
  • le coronavirus est un virus, les antibiotiques sont donc sans effet sur lui
  • on n’attrape pas deux fois le même type (souche) de grippe. Après avoir attrapé le coronavirus (Covid-2019), on devrait donc être en quelque sorte vacciné.

Géographie : l’épidémie est sortie de Chine et touche désormais toute l’Asie, particulièrement le Japon. Les pays hors Asie officiellement touchés au 22 février sont : Australie, Iran, Liban, Israël, Égypte, Italie (la région de Milan, où six personnes sont mortes du coronavirus ce week-end), France, Allemagne, Suisse, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Espagne, Belgique, USA, Canada.

Pourquoi les spécialistes sont inquiets. Ou la quasi-certitude de la pandémie

Ce qui inquiète dernièrement les spécialistes des épidémies, ce n’est pas la remontée du nombre de cas, mais :

  • l’apparition de foyers infectieux loin de et/ou sans lien clairement établi avec la Chine (Japon, Iran, Liban, Italie ...)
  • leur certitude — discrète — que le nombre de cas réel est beaucoup plus important que celui des cas diagnostiqués. Ainsi une étude estime que début février à Wuhan, le nombre de cas diagnostiqués était 19 fois inférieur à la réalité. Les tests utilisés sont d’ailleurs reconnus comme imparfaits
  • le risque énorme que constitue l’Afrique, dont la Chine est le premier partenaire commercial et avec qui les pays africains n’ont pas interrompu les liaisons aériennes
  • enfin, leur quasi-certitude que la pandémie est pour bientôt. Pour le secrétaire général de l’OMS , « ce virus est [...] l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel ». L’OMS ajoutait vendredi 21 que « la fenêtre de tir pour enrayer l’épidémie est en train de se réduire ». La Russie vient de fermer ses frontières avec la Chine.

Les précautions à prendre - Les gestes d’hygiène

Pour l’essentiel, des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

- Nettoyez-vous les mains fréquemment avec un produit hydroalcoolique ou à l’eau et au savon.

- Couvrez-vous la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement – jetez le mouchoir immédiatement après dans une poubelle fermée.

- Dans les lieux très fréquentés, particulièrement au travail et dans les transports en commun, évitez de toucher les rampes, colonnes et poignées de porte. Nettoyez-vous les mains aussitôt après en être sorti.

- Evitez de porter vos mains à votre bouche, votre nez ou vos yeux sauf si vous venez de vous les laver. Le virus passe essentiellement par là. Cela dit, le virus ne passe pas par la peau. Mais en revanche, il survit un certain temps sur votre peau. A fortiori sur les surfaces touchées par des dizaines, centaines, milliers de personnes par jour.

- Port de masque de protection faciale : les informations sont contradictoires ou ambigües, probablement parce qu’elles cherchent, face à la pénurie [7], à éviter une ruée des particuliers sur les masques les plus protecteurs (les FFP2) et à privilégier les soignants dans les hôpitaux, qui sont les plus exposés. Plus en détail :

  • la meilleure qualité de masques est en pratique réservée, vu la pénurie mondiale, aux hôpitaux [8]. C’est le FFP2 [9]. Il protège non seulement les autres d’un porteur du masque malade mais aussi le porteur du masque des personnes malades
    • l’OMS vous dit de ne porter un masque que si vous toussez ou éternuez (pour éviter de contaminer les autres) ou bien si vous vous occupez d’une personne malade. Ce qui revient à dire que les masques ne servent pas à grand’ chose mais qu’en même temps ils servent à quelque chose. En fait, explique François Godement, conseiller pour l’Asie à l’Institut Montaigne et interviewé par l’AFP, il ne faut pas confondre « les masques chirurgicaux (limitant la contamination vers autrui) avec les masques plus élaborés (N95 et de norme minimale FFP2) qui limitent la contamination vers leurs porteurs »
    • les masques ne doivent pas être réutilisés ni lavés. Ils doivent être changés et jetés toutes les 3 à 8 heures (et on se lave les mains après).

- Tenez-vous à plus d’un mètre d’une personne qui tousse ou éternue et ne porte pas de masque. Les gouttelettes respirables se projettent à 1 m au maximum d’une personne qui tousse ou éternue.


Les gestes d’hygiène contre la grippe classique sont parfaitement adaptés au coronavirus 2019 : vidéo de Pierre Parneix, président de la Société française d’hygiène hospitalière

- Evitez les transports en commun autant que possible. Allez au travail en vélo, moto, trottinette ou voiture.

- Demandez à votre employeur si vous pouvez télétravailler au maximum.

- En cas de fièvre, de toux, consultez un médecin.

- Ne partagez pas les objets comme les verres, les couverts et évidemment les brosses à dents ou les serviettes de bain et les gants de toilette.

- Aérez votre intérieur tous les jours entre 10 et 15 minutes pour renouveler l’air et éviter la prolifération des virus.

- Nettoyez les nids à microbes comme les poignées de porte, les télécommandes, les écrans de téléphone... Lavez le plus souvent possible les serviettes et gants de toilette.

- Il est sans danger de recevoir une lettre ou un colis de Chine. Les coronavirus ne survivent en effet pas longtemps sur des objets.

- Nos amis animaux domestiques ne risquent pas d’attraper la maladie.

- NB : d’après le même François Godement, « la France – et la plupart des pays européens – possèdent très peu de scanners thermiques ».

Coronavirus et travail

Il faut d’abord regarder si le plan de continuité d’activité (PCA) de l’entreprise a prévu quelque chose dans le cas d’une épidémie.

Ensuite, selon le droit positif, l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique de ses salariés (article L. 4121-1 du Code du travail). Lorsque le risque est exclusivement ou principalement environnemental, comme une pandémie grippale, les employeurs sont tenus, au minimum, à une obligation de moyens (circulaire DGT 2009/16 du 3 juillet 2009 émise à l’occasion de l’épidémie de grippe H1N1). Mais cette précision doit aujourd’hui être interprétée au regard de l’évolution jurisprudentielle de l’obligation de sécurité vers une obligation de prévention des risques professionnels depuis l’arrêt Air France du 25 novembre 2015 (Cass. soc., 25 novembre 2015, nº 14-24.444).

En théorie, les salariés peuvent :

    • en cas de danger grave et imminent au travail pour leur santé, invoquer leur droit de retrait (= ne pas venir travailler ; article L. 4131-1 du Code du travail : les salariés peuvent se retirer de toute situation de travail dont ils ont un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé), sans que l’employeur puisse les contraindre à reprendre le travail ni les sanctionner (C. trav., art. L. 4131-3). Le droit de retrait s’apprécie du point de vue du salarié. L’appréciation est donc subjective. Le salarié n’a pas à démontrer qu’il y a bien un danger, mais il doit se sentir menacé par un risque sérieux de blessure, d’accident ou de maladie. Mais le droit de retrait ne peut pas être utilisé comme substitut de la grève ou pour faire passer des revendications classiques sur les conditions de travail
    • ou demander, dans la mesure où cela est techniquement possible, à télétravailler.

Mais en l’absence d’une claire épidémie en France (contrairement aux salariés basés en Chine), il n’est pas certain qu’ils puissent l’exiger. Toutefois, le ministre français de la santé Olivier Véran déclarait au Parisien ce dimanche 23 février : « Une épidémie ? Nous nous y préparons. »

Il est donc plus prudent pour les salariés d’aborder le sujet par le biais du CSE et de chercher à organiser avec l’employeur un télétravail extensif et/ou un roulement des équipes.

Cela dit, et comme le souligne BFM Bourse, un argument évident et scientifique à la fois devrait pousser l’enployeur à laisser ses salariés prendre des arrêts de travail ou rester chez eux au moindre risque : selon une étude d’Erik Nesson, professeur à l’Université Ball State (Indiana), parue dans la revue Economics & Human Biology, à propos de la grippe, les employeurs devraient rapidement prendre conscience que si quelqu’un vient travailler alors qu’il est malade, cela pourrait lui coûter énormément d’argent, du fait du risque de contaminer un nombre de salariés plus important encore. D’après l’universitaire, chaque augmentation du taux d’emploi d’un point de pourcentage correspondrait à une hausse de 16% des visites médicales liées à la grippe, et l’effet semble d’autant plus fort que la composante des services est importante dans l’économie.

Il faut exiger de l’employeur la mise à disposition de masques, gel hydroalcoolique, mouchoirs et lingettes et le rappel des consignes.

Si le salarié est confiné/mis à l’isolement par un médecin, avec arrêt de travail, un décret du 31 janvier 2020 lui donne le droit de toucher exceptionnellement des indemnités journalières pendant 20 jours alors même qu’il n’est pas malade [10].

Pour se tenir au courant

Trois comptes Twitter et trois pages web dédiées au suivi de l’épidémie de coronavirus :

Timelines et cartes tenues à jour :

Compteurs, statistiques :

Informations médicales et articles scientifiques :

  • OMS : Q&A on coronaviruses (COVID-19) (en anglais) (version française moins à jour)
  • European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) : COVID-19
  • The Lancet : COVID-19 Resource Centre (accès libre et gratuit aux articles de la célèbre revue médicale)
  • l’article de Wikipedia en anglais et ses références (bibliographie)
  • un groupe d’archivistes a publié un répertoire contenant plus de 5000 études liées aux coronavirus sur The-Eye.eu L’objectif est de booster la recherche médicale en donnant accès à ces informations à un maximum de scientifiques. Cette manœuvre est illégale, mais ils estiment que le droit d’auteur ne doit pas primer sur le libre accès à la connaissance scientifique. Pour plus d’informations sur cette initiative, lire l’article de l’Usine Digitale et celui d’origine de Motheboard. Fin janvier 2020, certains éditeurs, dont Elsevier, Wiley et Springer Nature, ont annoncé la suppression de leurs "paywalls" pour certaines études liées aux coronavirus. Le directeur de la communication d’Elsevier a déclaré que l’éditeur mettra bientôt en libre accès plus de 2400 articles de recherche sur plusieurs souches du coronavirus sur ScienceDirect.

Emmanuel Barthe
veilleur


Incendie des transformateurs de la gare Montparnasse

SNCF, RTE été 2018 : une communication ratée qui coûte cher au voyageur

Un week-end d’enfer et ruineux

Dimanche 30 juin 2019

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Nos vacances d’été en famille de juillet 2018 avaient déjà bien commencé à l’aller grâce à la SNCF. Le retour allait être un feu d’artifice dans le style WTF (ou portenawak pour les générations précédentes).

Suite à l’incendie dans un poste de transformateurs de RTE (ex-EDF) à Issy-les-Moulineaux le vendredi 27 juillet, la SNCF a « annulé » (un mot politiquement correct pour dire supprimer) des dizaines et des dizaines de trains, particulièrement des TGV de vacanciers.

Communication contradictoire

Pour le samedi 28, la communication de la SNCF parlait de 60 à 70% de trains disponibles. Et dimanche 29, ce fut pire : 50% seulement [11]. Ce qui n’a pas empêché le nôtre d’être supprimé le vendredi soir. Au moins, puisque nous avions donné notre mail à TrainLine, la SNCF a pu nous prévenir directement, par un mail reçu vendredi à 21h08. Mais quand les bureaux de la gare locale sont fermés et le 3635 totalement injoignable (message d’accueil en boucle), ça fait "short" pour trouver une solution de rechange. Bon, on se démène, on en trouve une : un OuiBus (tiens, une filiale de la SNCF !).

Absence de communication

Mais pas de chance, le lendemain, le TER [12] qui nous emmène à Rennes où nous devons prendre notre Ouibus, ce TER se prend 1h30 de retard. Ce retard est dù à une panne de la locomotive [13] d’un train de marchandises [14] situé sur la même voie ferrée devant nous. Nous passons une heure en rase campagne avec peu ou pas de connexion, cherchant frénétiquement des alternatives.

Notre Ouibus part donc à 13h30 sans nous. Et faute d’avoir été prévenu à temps de l’ampleur du retard (combiné à l’absence de connexion), nous sommes hors délai pour tenter d’échanger notre Ouibus de 13h30 contre le dernier disponible samedi — même s’il arrive à minuit à Paris [15].

Arrivés en gare de Rennes, nous allons passer trois heures à découvrir tous les étages et les différents départements d’une gare transformée en véritable labyrinthe par ses travaux pharaoniques de reconstruction, à nous énerver, à nous émerveiller du manque de maîtrise de la communication de la compagnie nationale puis à finalement trouver un arrangement correct mais sans plus au service clients (là où on vend les billets ... et où on traite aussi les réclamations ...).


Intérieur de la gare de Rennes en travaux à l’été 2018

Communication : le service client meilleur que la direction

C’est à ce service client que nous allons apprendre un point clé. Bon à savoir : en cas de grandes perturbations sur le réseau ferré (vocabulaire interne à la société nationale pour signifier grandes graves ou grandes pannes) : n’annulez pas vos réservations et ne vous faites pas rembourser vos billets, quand bien même votre train risque d’être ou a été annulé. Je répète : N’ANNULEZ PAS vos résa et billets (que vous les ayez pris auprès de la SNCF, de TrainLine ou de tout autre agence de voyage). Gardez vos titres de transport. N’achetez PAS une autre solution de transport.

En effet, en cas de grandes perturbations, et sans le reconnaître officiellement, la SNCF accepte (et ses contrôleurs et chefs de gare recommandent même expressément) que toute personne ayant un billet non utilisé et non annulé pour un trajet donné puisse monter dans un train allant à sa destination sans se préoccuper de savoir s’il a une réservation ni de quoi que ce soit d’autre.

Or, pour éviter que tout le monde fasse ainsi et que cela crée des paniques, de la fraude et des problèmes de sécurité, la SNCF s’abstient soigneusement de communiquer sur cette possibilité. Pire : elle conseille/demande à ses clients de reporter leur voyage.

Autrement dit : la direction et sa com’ dans les médias, d’une part, et leurs agents sur place, d’autre part, se contredisent. Et les bons tuyaux ne sont pas ceux de la direction.

Sans trains disponibles, allons devoir, ce samedi, passer une nuit à l’hôtel et dîner au restaurant. A quatre, ce n’est pas donné ...

Encore des lacunes dans la communication

Deuxième gros problème de communication SNCF : le fameux train de marchandises qui nous a fait rater notre Ouibus est un train privé opéré par un opérateur privé, pas la SNCF. Les contrôleurs me disent donc : pas la faute de la SNCF, pas d’indemnisation. Et puis de toute façon, ça ne dépasse pas les fameuses trois heures de retard.

Certes, mais :

  • ni les contrôleurs ni la gare de Rennes ne sont pas capables de me donner les coordonnées de cet opérateur privé. Comment pourrais-je alors me retourner contre lui ?
  • et l’information sur le retard exact n’a été donnée par le chef de train du TER que bien trop tard pour la plupart des passagers du TER. En tout cas, trop tard pour nous pour pouvoir modifier notre réservation Ouibus.

Autres absurdités communicationnelles

Autres bizarreries voire absurdités communicationnelles, SNCF ou non :

  • la compagnie nationale a choisi de "charger" lourdement RTE, qui non seulement a failli mais n’a pu activer selon les Echos aucun des trois systèmes de sauvegarde ("backup"). Mais selon François Brottes, le président du directoire de RTE, c’est tout simplement parce que la SNCF avait choisi de mettre tous ses œufs dans le même panier : ses backups étaient sur le même site RTE d’Issy-les-Moulineaux [16]. Or tout plan de continuité d’activité (PCA) sérieux implique de choisir un fournisseur ou au moins un établissement/lieu différent pour son backup et de faire des exercices et des tests. Il s’avère que la SNCF a bien séparé ses trois lignes d’alimentation électrique de la gare Montparnasse et que RTE a commis l’erreur de les regrouper. Pour autant, la SNCF n’a visiblement pas poussé l’analyse de résilience jusqu’aux fournisseurs et contrats associés [17], contrairement à ce que pas mal de spécialistes des PCA recommandent [18]. Charger RTE peut aussi servir à masquer les déboires de la SNCF l’an dernier à la même époque
  • les médias ont insisté sur l’aspect catastrophe mais, très largement hélas, n’ont pas enquêté sur les causes de l’incendie du centre RTE ni surtout sur le plus important pour leurs lecteurs : l’importance exacte des dégâts sur les transformateurs. Ils se sont contentés des photos et commentaires des internautes ayant posté sur Internet et des (rares) communiqués de presse sur ce sujet puis des estimations de retour à la normale émises par RTE et la SNCF
  • RTE ni vendredi ni samedi n’avait publié quoi que ce soit sur son site web. La société s’était contenté d’un communiqué au format image — même pas texte — sur son compte Twitter et d’une courte déclaration aux radios TV du président de son directoire. En matière de gestion de crise médiatique et communicationnelle, à la question "Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?", la réponse pouvait être au choix "Les pilotes sont en vacances" ou "Les pilotes sont des amateurs" [19], voire les deux. RTE s’est toutefois excusé et a mis les bouchées doubles pour trouver une solution temporaire permettant aux abonnés EDF, Direct Énergie etc. de revenir à la normale.

Plus largement, la fébrilité des ministres des transports et de l’énergie masquait mal des questions sur les investissements sur les infrastructures et la préférence — et le soutien financier — de l’élite française pour le nucléaire (et Areva, ex-Commissariat à l’énergie atomique).

Emmanuel Barthe
consommateur voyageur, client SNCF, à qui cette histoire a coûté pas loin de 600 euros supplémentaires, billets Ouibus et frais de nourriture et d’hôtel pour quatre inclus


Under water - Walking in the ruins

Mercredi 6 février 2019

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Un champion de plongée en apnée part marcher sous l’eau, inspectant des temples mayas abandonnés, gravissant des falaises, varapant, sautant, volant [20].

Unbelievable. Magique.


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