La documentation juridique

Dernier ajout : 19 mars.

Derniers articles

Zotero, Endnote, Mendeley

Les logiciels de gestion de références bibliographiques recommandés pour les sciences juridiques

Payants, gratuits, styles bibliographiques adaptés au droit français, comparatifs ...

Mercredi 7 avril 2021

Lire la suite »

Vous avez un mémoire ou une thèse à faire ? Vous écrivez souvent des articles pour des revues juridiques ? Vous avez du mal à gérer vos références bibliographiques dans Word ou Libre Office ? Vous voudriez pouvoir faire facilement une recherche dans les articles que vous avez repérés ?

Les logiciels de gestion de références bibliographiques ("reference managers" en anglais) sont faits pour vous.

En droit français, on peut en recommander trois [1], solidement établis.

Payants

- Endnote (ex-groupe Thomson Reuters, désormais groupe Clarivate Analytics) :

- Mendeley (groupe Elsevier, entité membre du groupe qui possède LexisNexis) :

  • site officiel : https://www.mendeley.com
  • la version de base est gratuite mais limitée à 2 Go d’espace personnel ; la version complète est payante
  • tutoriel simple pour évaluer ou débuter
  • NB : le 15 mars 2021, Mendeley a supprimé son application mobile (pour smartphone), tant Android que iOS. On ne peut pas dire que cette nouvelle a été bien accueillie par la communauté. La seule solution, si on veut rester chez Medeley en mobile, est de passer par le navigateur web de son smartphone.

Gratuits

- Zotero (open source) :

- JabRef (open source). Outil de gestion bibliographique pour les bases de données BibTeX, fonctionnant avec Linux, Windows et MacOS. Très peu cité et pas pour le droit. Voir cet utilisateur français. Un guide par Polytechnique Montréal. Un autre par M. Bailly-Bechet, Université Claude Bernard Lyon 1, Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (PDF).

Existe t-il des styles bibliographiques pour le droit français (doctrine) pour ces logiciels ?

- Zotero : cinq styles adaptés au droit français ont vu le jour à partir de 2018. Les juristes ont donc le choix entre six solutions au total :

Pour la citation de jurisprudences françaises avec Zotero, voir la discussion sur le forum de Zotero.org et ce fil de discussion lancé par Aurélie Coviaux sur Twitter.

Mais comme le dit mon collègue Rémy Lérignier, « les "petites manies" de certains juristes rendent une réponse unique difficile. À eux de modifier des styles préexistants pour satisfaire leurs desiderata ;-) ».

- Juris-M : c’est un "fork" de Zotero (Zotero étant open source) pour juristes. Il a été adapté pour le Bluebook américain et le multilinguisme. Dans le type de documents "affaire" les juridictions françaises sont implémentées. Pour en savoir plus :

- Endnote : a priori non. Mais voir si le style GuideLluellesUdeM (basé sur le Guide des références pour la rédaction juridique, 7e édition donc un ouvrage québécois …) que des Québécois de l’Université de Montréal ont développé pour le droit canadien peut convenir. Pour se faire une idée, voir ce PDF.

- Mendeley : a priori non. Depuis 2018, oui :

  • d’après R. Lérignier, les styles Mendeley et Zotero sont très proches
  • et l’Ecole doctorale et l’URFIST de Bordeaux, comme mentionné supra, ont publié le 26 septembre 2018 un style CSL (donc compatible Mendeley — et Zotero) adapté au droit français.

Pour aller plus loin

Deux guides pour choisir son "reference manager" :

Pour plus d’information, interrogez les supports/assistances des divers logiciels (voir sur leur site web) ou, par Google, utiliser la requête suivante : [nom du logiciel] style bibliographique droit. Ou encore, lancez une discussion sur Twitter, les communautés des différents logiciels y étant très présentes.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


La veille juridique à l’Université : déclaration d’indépendance ou question de méthode et outils ?

Lundi 5 avril 2021

Lire la suite »

Un collègue signale la publication de cet article dans la Revue des droits de l’homme :
Libres recherches en sciences juridiques et "veille juridique", par Geneviève Koubi, professeur honoraire à l’université Paris 8, La Revue des droits de l’homme, 19 | 2021, mis en ligne le 15 mars 2021

Résumé officiel :
« Les activités de "veille juridique" sont généralement organisées à destination des professionnels. Les entreprises y trouvent des indices pour décider de leurs actions, qu’elles soient commerciales ou industrielles. Les professionnels du droit, avocats et conseils, y puisent des arguments pour traiter leurs affaires. Les enseignants-chercheurs et les chercheurs, dépourvus des moyens logiciels dont disposent les précédents, n’ont pour objectif que la "connaissance". Cette perspective est une des marques essentielles de la liberté de la recherche comme une des dimensions substantielles de la résistance à la police de la pensée. »

Je résume à mon tour et à ma façon l’article de la professeure Koubi [7] :
Les enseignants et chercheurs font aussi de la veille mais ils n’ont pas les outils des veilleurs juridiques professionnels, ils ne la font pas de la même façon et pas dans les mêmes buts. D’abord et avant tout, ils *lisent*, sans but pré-déterminé [8].

C’est une déclaration très politique d’indépendance de la veille juridique des enseignants — certains dirais-je plutôt, pas tous. Cet extrait le montre bien :
« La notion de veille juridique telle qu’elle se réalise pour nombre de professionnels du droit ne semble pas alors adaptée aux activités [des chercheurs et enseignants-chercheurs], lesquelles sont indéniablement dédiées au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, donc inévitablement détachées des sphères marchandes. »

Je regrette que Mme Koubi n’aille pas plus dans le détail [9]. Elle n’aborde que peu la question de la méthode et ne parle quasiment pas des outils [10].

Pourtant :

  • côté universités, il y a :
    • des outils pas chers/gratuits : fils RSS, lecture des sommaires des revues, communiqués de presse des institutions, réseaux d’enseignants ou associatifs, travail collectif des unités de recherche ... Il existe même un outil gratuit de veille juridique, ouvert à toutes et à tous. Il est loin d’être parfait et complet, mais il rend quelques services : https://nouvelles.droit.org [11]
    • des plateformes d’éditeurs juridiques à prix d’ami [12]
    • la base ISTEX [13] et ça comporte des alertes email d’après ce qu’on me dit
  • en sens inverse, on peut utiliser des outils chers et sophistiqués pour faire de la veille de "connaissance"
  • hors des outils mêmes, comme me le disait un collègue en juridiction administrative, « la qualité d’une veille ne se résume pas aux outils avec lesquels on la fait. Elle s’étend à la méthode avec laquelle on la conçoit, quelque soit le secteur dans lequel on est, et quelque soit son objectif »
  • la connaissance comme but, et uniquement la connaissance ? N’avons nous pas tous un agenda, notamment un agenda caché ("hidden agenda") ? [14].

L’article est intéressant justement par ce besoin non exprimé de méthode et la possibilité d’utiliser des outils gratuits, possibilité qu’il ne mentionne pas. Dans le même temps, je rejoins Geneviève Koubi sur un point capital : en droit, plus souvent qu’on le croit, faire de la veille (et chercher aussi, d’ailleurs), c’est *lire*. Lire beaucoup et souvent.

Lecture mise à part, faire de la veille approfondie, efficace, ça s’apprend [15]. Et tous les juristes peuvent l’apprendre, y compris évidemment les enseignants-chercheurs : je transmettais justement des trucs de veilleur mardi 16 mars à des collègues de la BU de droit de Nice, afin qu’ils puissent les transmettre à leur tour aux enseignants, chercheurs et étudiants de master. Il y a quelques années, ce sont des doctorants d’une autre Université, celle de Bordeaux, que je formais à la veille juridique, à l’instigation de l’URFIST local.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur


CORE ou la richesse de l’open access

Jeudi 4 mars 2021

Lire la suite »

CORE est un remarquable portail de plus de 200 millions d’articles et autres documents en open access worldwide. Côté français, il indexe notamment HAL, Erudit.org et Open Edition (ex-Revues.org) [16].

La plateforme, qui est proposée par le JISC et le projet britannique The Open University, propose des fonctions de recherche avancée. La première recherche se fait par défaut en texte intégral. Vous pouvez ensuite appliquer des filtres pour affiner les résultats : par langue, par source, par ancienneté, par auteur, par titre etc.

CORE a été récemment signalé par Fidel Navamuel sur son site Outils TICE.

Exemple en droit français avec clause de non-concurrence. Comparez avec les résultats de Google Scholar sur la même requête. Ils sont plus nombreux, mais le tri est différent et Scholar ne garantit aucunement la disponibilité du texte intégral.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 51

Dernières brèves