La documentation juridique

Dernier ajout : 4 avril.

Derniers articles

Zotero, Endnote, Mendeley

Les logiciels de gestion de références bibliographiques recommandés pour les sciences juridiques

Payants, gratuits, styles bibliographiques adaptés au droit français, comparatifs ...

Mercredi 23 septembre 2020

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Vous avez un mémoire ou une thèse à faire ? Vous écrivez souvent des articles pour des revues juridiques ? Vous avez du mal à gérer vos références bibliographiques dans Word ou Libre Office ? Vous voudriez pouvoir faire facilement une recherche dans les articles que vous avez repérés ?

Les logiciels de gestion de références bibliographiques ("reference managers" en anglais) sont faits pour vous.

En droit français, on peut en recommander trois [1], solidement établis.

Payants

- Endnote (ex-groupe Thomson Reuters, désormais groupe Clarivate Analytics) :

- Mendeley (groupe Elsevier, entité membre du groupe qui possède LexisNexis) :

Gratuits

- Zotero (open source) :

- JabRef (open source). Outil de gestion bibliographique pour les bases de données BibTeX, fonctionnant avec Linux, Windows et MacOS. Très peu cité et pas pour le droit. Voir cet utilisateur français. Un guide par Polytechnique Montréal. Un autre par M. Bailly-Bechet, Université Claude Bernard Lyon 1, Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (PDF).

Existe t-il des styles bibliographiques pour le droit français (doctrine) pour ces logiciels ?

- Zotero : deux styles adaptés au droit français ont (enfin !) vu le jour en 2018. Vous avez donc désormais le choix entre trois solutions :

  • le style ISO 690 French en format Note [de bas de page] (disponible dans le « repository » de Zotero) s’avère le plus souvent suffisant en pratique d’après Rémy Lérignier, documentaliste juridique et formateur rattaché à la faculté de droit de Poitiers (où il forme et assiste les thésards) et connaisseur du sujet. A propos de ce style, en cas de difficulté, lire cette discussion le forum de Zotero.org.
    D’après R. Lérignier, également, s’il y a peu de scories dans le résultat final, les styles de Zotero peuvent se corriger en suivant des tutoriels disponibles sur Internet
  • le style CSL élaboré par Frédérique Flamerie (data librarian) [2] pour l’Ecole doctorale de l’Université de Bordeaux (avec documentation associée) est censé faire encore mieux. Ce style CSL (donc compatible Zotero, mais aussi Mendeley) [3], finalisé à 100% en janvier 2019, correspond aux consignes de l’Ecole doctorale de droit de l’Université de Bordeaux et est proche de l’ISO 690, le format préféré de Stéphane Cottin. Un travail intéressant car il s’appuie sur un guide de rédaction des citations (format DOCX) [4]
  • enfin, le style Zotero proposé par Alphonse Bernard, juriste et docteur en propriété intellectuelle de la faculté de droit de Poitiers [5]. Ce style est basé sur le guide Ref-Lex du SNE.

Pour la citation de jurisprudences françaises avec Zotero, voir la discussion sur le forum de Zotero.org et ce fil de discussion lancé par Aurélie Coviaux sur Twitter.

- Juris-M : c’est un "fork" de Zotero (Zotero étant open source) pour juristes. Il a été adapté pour le Bluebook américain et le multilinguisme. Dans le type de documents "affaire" les juridictions françaises sont implémentées. Pour en savoir plus :

- Endnote : a priori non. Mais voir si le style GuideLluellesUdeM (basé sur le Guide des références pour la rédaction juridique, 7e édition donc un ouvrage québécois …) que des Québécois de l’Université de Montréal ont développé pour le droit canadien peut convenir. Pour se faire une idée, voir ce PDF.

- Mendeley : a priori non. Depuis 2018, oui :

  • d’après R. Lérignier, les styles Mendeley et Zotero sont très proches
  • et l’Ecole doctorale et l’URFIST de Bordeaux, comme mentionné supra, ont publié le 26 septembre 2018 un style CSL (donc compatible Mendeley — et Zotero) adapté au droit français.

Pour aller plus loin

Deux guides pour choisir son "reference manager" :

Pour plus d’information, interrogez les supports/assistances des divers logiciels (voir sur leur site web) ou, par Google, utiliser la requête suivante : [nom du logiciel] style bibliographique droit. Ou encore, lancez une discussion sur Twitter, les communautés des différents logiciels y étant très présentes.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


Faire sa thèse : ouvrages et sites utiles

Méthodes, tutoriels, guides, manuels

Jeudi 30 juillet 2020

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[ Ce billet fait partie d’une série sur les thèses de droit [7]. ]

Il est destiné à aider les doctorants à trouver les ressources les plus fiables et les plus utiles pour écrire leur thèse, toutes matières confondues.

Pour les ressources spécialisées sur les thèses en droit, voir notre autre billet Faire sa thèse de droit : méthodologie et conseils.

1. Toutes matières (ou presque)

1.1. Ouvrages [8]

1.2. Tutoriels, guides

1.3. Sur la bibliographie

1.4. Blogs (sérieux)

  • EnthèSe
    Informations sur la thèse et ressources utiles au (jeune) chercheur.
  • Les Aspects concrets de la thèse
    Contient une excellente bibliographie pour un/e chercheur/se en sciences sociales
  • Réussir sa thèse, par Emilie Doré
    Sur le plan psychologique, ce site peut aider les thésards. Il a été rédigé par une sociologue, Emilie Doré, qui a soutenu, avec succès, sa thèse en 2009. Elle est formatrice indépendante en méthodologie de la recherche. Ce n’est pas une méthode, mais un ensemble de conseils et évidemment une forme de pub pour les services de son auteur. On peut sur le site s’inscrire à une communauté, avec des tutoriels gratuits à la clé.

2. Ressources spécialisées

2.1. Thèses de droit

Voir notre billet Faire sa thèse de droit : méthodologie et conseils.

2.2. Thèses en sciences humaines et sociales (SHS)

Ouvrages

2.3. Thèses de gestion

Ouvrages

2.4. Thèses de sociologie

Ouvrages

2.5. Thèses de médecine

Ouvrages

  • Guide pratique du thésard, par Hervé Maisonneuve, 7e éd., Sanofi, Ed. Scientifiques L&C, 2012, 84 p. (PDF) (ebook gratuit)
    L’auteur est professeur de médecine et relecteur d’articles scientifiques.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste


Les avantages des outils de veille payants

Un vieux débat

Samedi 4 avril 2020

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Un vieux débat où je rame à contre-courant :-) De par mon expérience, on n’a rien sans rien, et les outils de veille payants améliorent grandement la veille.
Le vrai débat derrière, évidemment, est celui sur le choix très français de faible investissement dans la gestion de l’information et du savoir. Mais comme ce problème n’est pas de notre ressort, voyons le débat sur le plan technique.

Parmi les outils utilisés pour la veille, le gratuit domine toujours

En 2011, le veilleur et formateur Christophe Deschamps publiait un billet où il défendait les outils de veille gratuits ou peu cher, en pensant à son expérience de débutant et en termes de realpolitik, la plupart des entreprises affectant un budget de quelques centaines d’euros au maximum aux outils de veille [10].

Comme l’illustre le guide pratique sur la veille publié par Archimag en avril 2020, les choses n’ont pas changé en France. Christophe Deschamps en souligne deux extraits [11] :
« En matière d’outils, sans surprise, la grande majorité des veilleurs utilisent des outils gratuits, à 71 %. Toutefois, un sur deux utilise également des outils payants. Il existe donc un réel mix entre outils gratuits et payants. Il s’agit cependant le plus souvent des versions premium ou pro d’outils d’abord gratuits comme Inoreader et Feedly. »
Concernant la veille sur les médias sociaux : « Les professionnels de l’information sont plus réticents que les autres face aux réseaux sociaux. Beaucoup ont peur d’être noyés sous un flot ininterrompu d’informations, d’autres craignent leur manque de fiabilité et finalement n’intègrent pas les réseaux sociaux dans leur veille. Seule la moitié des sondés le font pleinement. La situation ne devrait pas beaucoup évoluer au cours des années qui viennent, puisque seuls 40 % des sondés envisagent de l’intégrer davantage. »

Sans nier la réalité du manque de moyens de nombreux collègues, je n’ai pas tout à fait le même ressenti que Christophe sur le sujet. En tout cas en 2020 et après des années dans la bibliothèque, la documentation puis aussi la veille. C’est plutôt l’inverse, à vrai dire : je trouve les outils gratuits surévalués [12].

Aussi, je voudrais avancer cinq arguments en faveur des outils payants, pour redorer leur blason.

Cinq arguments en faveur des outils payants

J’utilise massivement — bien obligé, vu mon secteur (cabinets d’avocats d’affaires) — des outils payants (mais pas seulement). Franchement, vu le volume et le niveau de qualité de ce qui nous est demandé en veille juridique et presse, heureusement qu’on a ces outils. J’ai aussi fait ma veille presse sans outils payants, toujours en cabinet d’avocats d’affaires, donc je peux comparer.

1. Vu que la presse en ligne, comme Frédéric Martinet le rappellait, se ferme lentement mais sûrement au gratuit depuis 2014, et qu’elle offre des commentaires plus intéressants que les dépêches des agences de presse (pas toutes gratuites, mais très souvent reproduites ailleurs), sans compter leurs enquêtes et leurs scoops, passer par des agrégateurs de presse (payants donc) est très utile. Dans le juridique, c’est pareil, la qualité du commentaire se paye.

2. Les outils gratuits n’incluent pas de contenu (sous licence, je veux dire). Or les outils payants, non seulement vous offrent un accès à du contenu mais payent les droits d’auteur à votre place, vous permettant d’être en règle avec la loi (un sujet que Frédéric Martinet aime bien :-).

3. Le manque de pérennité des outils gratuits est un autre (très) gros problème.

4. Les opérateurs de recherche de nombreux outils gratuits sont lacunaires. De manière plus générale, tant qu’on se contente de sa version gratuite, un outil de veille manque le plus souvent de fonctionnalités avancées. Voire de fonctionnalités tout court. L’évolution de la pratique tarifaire d’Inoreader illustre bien ce fait : l’agrégateur de flux RSS a progressivement réduit ses fonctionnalités gratuites à pas grand chose. Aujourd’hui, un veilleur professionnel ne peut plus utiliser Ia version gratuite.

5. Dernière chose, au moins aussi importante que les autres, voire plus : les outils gratuits manquent souvent de systèmes de formatage et d’envoi par mail automatiques. Le mail reste dominant en milieu pro. Formater à la main est hors de question pour un veilleur professionnel. Chaque fois qu’on doit le faire, on part dans du chronophage.

Les limites des réseaux sociaux en matière de veille

Je fais partie de ceux qui estiment que les réseaux sociaux sont certes une excellente source d’information et plus encore de veille (Twitter est certainement en presse et juridique l’endroit où trouver du "très, très frais" si on maîtrise ses sources). Mais à condition :

  • d’avoir pas mal de temps (beaucoup de veilleurs le sont à temps partiel — i.e. ce sont d’abord des documentalistes —, le reste du temps, ils ont des produits documentaires à sortir en temps limité et des tâches de gestion documentaire)
  • et que nos clients/utilisateurs voient les réseaux sociaux d’un bon oeil.

Au final, dans mon industrie (le juridique), une source presse sera toujours :

  • plus rapide à sortir (merci les agrégateurs payants)
  • plus facile à vérifier (texte intégral)
  • mieux appréciée par les lecteurs.

Seule exception à cette règle : les comptes Twitter de ... journalistes ;-) et de juristes professionnels. Selon la bonne veille règle de la veille qui veut que c’est la source (sa compétence, sa fiabilité) qui compte.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur


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