L’édition juridique

Dernier ajout : 14 septembre.

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BJDA : la revue en ligne de droit des assurances repasse en open access

Lundi 11 février 2019

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Nous publions infra le communiqué très légèrement modifié du (nouveau) BJDA.

Sabine Abravanel-Jolly et Axelle Astegiano-La Rizza vous informent que le Bulletin juridique des assurances (BJDA) est à nouveau en open access depuis le 1er janvier 2019.

Seul l’accès aux PDF et archives sont demeurés payants.

Pour accéder gratuitement à chaque nouveau numéro de la Revue ou du Dossier, il suffit de créer un compte en vous rendant sur https://bjda.fr

Cette décision résulte de notre souhait de participer à la Science ouverte, et ainsi permettre à tout professionnel du droit des assurances d’accéder librement à une revue de qualité.

Pour y parvenir, nous avons maintenant recours à des partenariats / sponsors de la part d’entreprises concernées par le secteur de l’assurance. Leurs logos et présentations sont diffusés sur notre site internet et sur la page Linkedin du BJDA. En contrepartie, les entreprises ont accès gratuitement aux PDF ainsi qu’aux archives de la Revue.

Le BJDA est même en licence Creative Commons BY-NC-SA. Ce qui ne dispense donc pas de le citer.

Rappelons que le BJDA, bien que pur online, est une véritable revue juridique. Il a succédé à l’ancien site Actuassurance lorsque l’éditeur juridique EBCL, fondé par l’ancien dirigeant de Transactive Bernard Desolneux, a convaincu les fondatrices de passer au payant [1]. Entre Actuassurance et BJDA, ce périodique, comme on dit chez les bibliothécaires, présente tous les deux mois une sélection de jurisprudence commentée en droit des assurances et en est à sa 11e année. Le BJDA — consécration suprême — est même doté d’un numéro ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France. Et nous présentions déjà ici cette revue quand elle n’avait que cinq ans [2].

Il est difficile de ne pas voir dans ce choix des dirigeantes du BJDA une preuve de l’intérêt de la diffusion en open access (OA au sens large [3] pour les revues juridiques, au moins celles spécialisées. Le BJDA se finance différemment de la majorité des revues en OA, mais qu’importe le flacon ... Cette nouvelle ferait presque mentir mon billet Le Web est vide.

Pour une liste et un historique des revues juridiques françaises "libres", voir notre billet Revues juridiques en accès gratuit : une sélection .

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, veilleur


La data et les réseaux, nouvel or noir des éditeurs juridiques

Dixit le patron du Groupe Revue Fiduciaire

Dimanche 4 novembre 2018

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Une interview aux Echos d’Yves de la Villeguérin et Christophe Bossut, respectivement fondateur et DGD du Groupe RF [4] a attiré mon oeil. L’extrait clé [5] :
« Nous estimons que d’ici quelques années, la valeur ajoutée se fera dans l’analyse de l’audience. Il faut que l’on connaisse nos clients, leurs usages, etc. D’où l’intérêt d’éviter [...] que nos lecteurs clients passent par Google, avec la perte de data que cela entraîne. » [6]

L’analyse de l’audience

La tendance est la suivante : les éditeurs, y compris juridiques, se déplacent vers les réseaux sociaux, notamment académiques, et vers la data et son analyse ("business analytics"), comme l’écrivent les meilleurs spécialistes français du business model de l’édition scientifique Michel Vajou, Pierre-Carl Langlais ou Hubert Gruttenmeier. Rachats par le géant de l’édition scientifique Elsevier du logiciel de gestion de références bibliographiques Mendeley en 2013, du SSRN en 2016 puis de Bepress, éditeur de Digital Commons, une archive ouverte utilisée par 500 institutions scientifiques et universitaires. On peut aussi citer la prise de contrôle du logiciel de gestion de références bibliographiques Papers par Springer, éditeur de Nature, même si son concurrent ReadCube le rachète en 2016 [7].

Pourquoi un tel intérêt des éditeurs pour les réseaux sociaux scientifiques ? Comme l’écrit UrfistInfo, le blog du réseau des URFIS :
« Les réseaux sociaux académiques sont des "reputation metrics startups". On sait que ces services envisagent de monétiser les informations métriques recueillies, notamment à des compagnies de R&D, par exemple pour identifier les tendances ou les chercheurs qui émergent. D’où la mise en place d’une page Trending en temps réel sur ResearchGate » [8].

Deuxième raison, comme l’écrit Pierre-Carl Langlais, les incertitudes sur le business model d’Elsevier à long terme — incertitude que les analystes boursiers ne peuvent que développer, Elsevier étant un groupe coté. P.-C. Langlais note ainsi que « la position de force [d’Elsevier] tend à s’émousser et les négociations traînent en longueur » et que les « incertitudes d’Elsevier s’inscrivent dans un contexte plus large : la conversion de l’édition scientifique au libre accès ».

La veille EPRIST, une veille stratégique sur l’évolution du milieu éditorial

Pour suivre les évolutions cachées de ce secteur, vous pouvez suivre la veille du réseau EPRIST, assurée jusqu’en avril 2017 par Michel Vajou (consultant au sein de la société unipersonnelle M.V. Etudes et Conseil) puis par Pierre-Carl Langlais. Intitulée Notes d’analyse, cette veille est l’inverse de la douche froide habituelle de tweets et mails. C’est une analyse de plusieurs pages, publiée environ trois fois par an, et centrée à chaque fois sur un seul événement.

Pour vous donner un exemple de la vision à long terme — la vraie veille, la stratégique en tout cas, c’est ça : une vision à long terme — des Notes d’analyse EPRIST : la dernière note (septembre 2018) [9] dévoile le rôle capital que jouent 1. OpenCitations, devenu un véritable concurrent de Web of Science (Thomson Reuters) [10] et Scopus (Elsevier), et 2. Wikidata dans l’écosystème de la citation ouverte, en « émergence très rapide » [11].

Conclusion

Conclusion pour les documentalistes juridiques ? Prenez l’habitude de demander les statistiques de consultation de vos abonnements en ligne et de les analyser [12]. Face à cette évolution, c’est vraiment un strict minimum.

Après tout, ces stat’ appartiennent légitimement, me semble-t-il, autant à l’éditeur qu’à ses clients. Pourtant, avec l’évolution vers la data, elles vont prendre encore plus de valeur ... pour les seuls éditeurs.

Emmanuel Barthe
recherchiste, veilleur


Pour la recherche avancée et les opérateurs booléens dans les bases de données et moteurs de recherche

Users to publishers : "Don’t kill boolean operators !"

Vendredi 31 août 2018

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Les éditeurs de bases de données, plateformes en ligne et moteurs de recherche sont régulièrement tentés de supprimer les opérateurs booléens (ET, OU, SAUF, * ...) et la recherche avancée (champ Titre, champ Mots-clés etc.).

Certains ont déjà succombé à cette tentation. Un oubli plus que gênant puisque la qualité et la rapidité des recherches en sont dégradées.

En effet, l’expérience montre que c’est le classement par pertinence ET les opérateurs booléens qui font les meilleures recherches et les meilleures veilles.

Leurs utilisateurs et clients professionnels de haut niveau — et même certains de niveau basique — en font les frais et s’en plaignent [13].

Et ce n’est pas le traitement du langage naturel (NLP) version machine learning (ML), aussi efficace soit-il (et il l’est), qui changera ça. Quant à la personnalisation des résultats, sa version actuelle me laisse rêveur et celle promise par le ML ne prévoit ni la connexion IP [14] ni le cas fréquent où on cherche quelque chose d’inhabituel. La possibilité de tweaker à fond une requête en texte intégral pur TOUT en bénéficiant des dernières technologies de synonymie automatique et de ranking (classement des résultats) est LA clé de la recherche.

Trop de boîte noire, de personnalisation des résultats et de simplicité tue la recherche, la vraie.

Les professionnels et les universitaires ne sont PAS des consommateurs qui cherchent un voyage en solde pour Acapulco ou la brosse à dent la moins chère. Leurs besoins sont nettement plus complexes.

Même des particuliers peuvent avoir besoin de tweaker une recherche de temps à autre. C’est ce que je viens de faire pour trouver un fauteuil/chaise design orange à dos droit d’un style bien précis. La fonction recherche par image de Google "is my friend". Et c’est aussi de la recherche avancée [15].

Emmanuel Barthe
geek et testeur de moteurs since 1991


English summary :

I am an information and monitoring professional with more than 25 years of experience behind me.

I am a big supporter of Boolean operators and other advanced search engine features. Because all my past experience proves that the alliance of machine learning and NPL doesn’t do better than my human knowledge of how to choose words and combine them.

And because Google and the like are available to everyone — while our employers are ready to pay for something that can do better than Google and the like.

That alone should be enough to convince publishers and all the professional databases sector to maintain operators and to allow their customers to use as freely as possible those operators.


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