Rébellion ? — Les agences de presse et les journaux tentent de se fédérer contre Google

Jeudi 3 décembre 2009

Peut-être une petite révolution dans le monde de l’information et des moteurs de recherche.

Lisez donc l’article de Sandrine Cassini avec Sandrine Bajos paru hier dans la Tribune : Les agences de presse cherchent à s’affranchir de Google, La Tribune 2 décembre 2009 :

« Associated Press tente de fédérer les agences de presse autour d’une action commune. Participant aux discussions, l’AFP n’a encore pris aucune décision. »


Le même sujet chez le Financial Times.

Petit chiffre intéressant et lourd de signification dans ce contexte de crise de la presse additionné de crise tout court : « Selon une étude américaine [errata : citée par] Attributor [1] qui vient d’être publiée, qui portait sur 101.000 articles publiés dans 157 journaux, les articles de presse sont copiés sans autorisation sur Internet en moyenne 4,4 fois. 75.000 sites Internet ont ainsi pillé des contenus de la presse écrite. ».

Voir aussi Google tente de calmer les médias, La Tribune du même jour.

Pour suivre : Les quotidiens français font front commun face à Google, Les Echos 3 décembre 2009 :

« Les éditeurs réunis au sein du SPQN [2] ont adopté une position commune pour négocier avec Google. Estimant que le géant du Net capte une partie du marché publicitaire grâce à leurs contenus, ils veulent être rémunérés en conséquence. »

Mais la Tribune [3] ne pointe t’elle pas le vrai problème, le grand dilemne, dans cet éditorial de son rédacteur-en-chef : Se sevrer de Google :

« La Toile ne permet toujours pas de financer une rédaction. » Il faut « [monétiser les] contenus sur Internet. Et la levée de boucliers contre Google [...] est compréhensible. Mais elle est tardive et, surtout, révèle une certaine schizophrénie des éditeurs de presse. [...]
Mais qu’est-ce qui empêche aujourd’hui les journaux de News Corp. de se retirer de Google, de "déréférencer" leurs articles ? Rien [4]. [...]
La presse fait même appel aux services de sociétés spécialisées pour que ses articles soient encore plus visibles par les moteurs de recherche ... et davantage pillés. Google est devenu une sorte de drogue, dont les médias se plaignent mais dont ils n’osent pas se priver de peur des conséquences [5]. »

Notes de bas de page

[1Attributor débarque en France pour aider les éditeurs à se débarasser des copieurs / Ouriel Ohayon, TechCrunch France 8 octobre 2008. Attributor est un "collègue" de CopyScape.

[2Le lien est de nous.

[3La Tribune est récemment devenu, selon nous, un bien meilleur quotidien. Au départ, déjà, c’est un journal de boursicoteur, donc plus attaché à une vision transparente des entreprises. De plus, elle réussit régulièrement des scoops face aux Echos et à l’AFP. Enfin, depuis qu’elle a accueilli des transfuges des Echos (suite au rachat des Echos par le groupe LVMH), elle semble avoir regagné du "poil de la bête" : le ton et la teneur des éditoriaux le montre.

[4Exact : il suffit de mettre dans le code HTML la balise META suivante : ou de créer un fichier robots.txt correctement renseigné. Google respecte normalement ces quasi-standards Internet.

[5Le gras est de nous.

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