Reed Elsevier et Wolters Kluwer ensemble ? Peu probable mais ...

Mardi 9 janvier 2007

Le Financial Times du 9 janvier 2007 signale une rumeur selon laquelle Reed Elsevier [1] envisagerait un rapprochement avec son concurrent néerlandais Wolters Kluwer [2].

Déjà, le 10 novembre 2005, le même FT titrait : Wolters dismisses persistent talk of takeover.

Déjà, en 1998, Reed Elsevier et Wolters Kluwer avaient tenté de fusionner [3], mais la Commission européenne avait fait passer l’enquête au stade 2, ce qui revenait à indiquer leur quasi-opposition au projet. La DG Concurrence avait noté qu’une telle fusion aboutirait à une position dominante sur le marché de l’édition juridique [4].

Enfin, déjà, en 1987, selon Daniel Sauvaget sur Acrimed, « la fusion entre Wolters-Samsom et Kluwer a été opérée pour contrer une opération publique d’achat de Kluwer par Elsevier, le grand rival, lui aussi néerlandais et international, qui fusionnera finalement avec l’anglais Reed en 1992 pour devenir le leader dans ce secteur d’édition spécialisée » [5].

En dépit, donc, de sa faible probabilité de réalisation, cette rumeur illustre à la fois la vulnérabilité des groupes d’édition juridique à des opérations de rachat [6] et la persistance des tentatives de fusion de ces deux grands groupes.

Notes de bas de page

[1Sa filiale française est l’ex-Editions du Jurisclasseur, avec les marques Litec et Documentation organique.

[2Principales filiales et marques en France : Lamy, Liaisons, JNA, Dalian, Ciceron, Heliaste, Clior.

[3Voir la brève Pas de fusion Reed Elsevier- Wolters Kluwer dans Stratégies n° 1047 du 13 août 1998 p. 16.

[4Sur le montant plus qu’appréciable du marché de l’édition juridique au plan mondial, voir notre brève La part de marché des "trois grands" de l’information juridique : une prévision de 18 300 000 000 USD pour 2009.

[5Le groupe Wolters Kluwer / Daniel Sauvaget, Acrimad 8 juillet 2004.

[6Voir notre article Les fonds d’investissement sont de plus en plus présents chez les éditeurs. L’article du FT du 9 janvier le dit clairement : « la spéculation souligne une suspicion que Wolters Kluwer, un géant endormi du secteur européen des medias que les banquiers voient depuis longtemps comme un objectif attractif pour une opération de rachat hors-cote [en clair : un LBO], ne restera pas pour longtemps dans son état actuel ».

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