LexisNexis : toujours autant de bénéfices en réalité ... et moins d’employés

Jeudi 21 février 2008

Le groupe d’édition juridique LexisNexis a beau très bien marcher en termes de croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices, et d’autant plus ces derniers temps au regard de certains de ses concurrents, la Dépêche du GFII du 18 février 2008 signale que sa maison mère Reed Elsevier devrait présenter un plan de réduction de ses coûts impliquant la suppression d’un millier d’emploi sur les 36 000 que compte le groupe dans le monde (information du Financial Times du 18 février 2008 et du Sunday Telegraph du 17 février [1]).

Crispin Davis, le dirigeant du groupe, doit présenter ce jeudi un plan de réduction des coûts de 100 millions de livres par an (134,7 millions d’euros), visant à enrayer la baisse de son cours de bourse qui a perdu 12% en moins de deux mois, elle-même probablement liée à la baisse du rythme de croissance de son bénéfice, en hausse de seulement (!) 5% en 2007 [2], en bonne partie du fait de la faiblesse du dollar (à taux de change constant, son bénéfice net a augmenté de 12% ...), selon les comptes 2007 du groupe récemment présentés à la presse.

Le fait est que, malgré cette annonce de restructuration, Reed-Elsevier et sa filiale éditions juridiques LexisNexis vont très bien.

[Mise à jour au 27 février 2007 : la Dépèche du GFII de ce jour, titrée "Reed Elsevier affiche d’excellents résultats 2007" confirme mon analyse :

« La division LexisNexis a enregistré en 2007 un chiffre d’affaires total de 2 328 millions d’euros en progression de 8% en croissance sous-jacente (mais de seulement 2% en termes comptables, toujours à cause des effets de change négatifs). 70% des revenus de LexisNexis sont tirés du marché nord-américain, le reste étant réalisé par LexisNexis International (avant tout sur les marchés européens).
LexisNexis International progresse de façon soutenue (+10 % de croissance sous jacente), plus soutenue que l’activité sur le seul marché US, sans toutefois que cette progression remette en cause ce qui est l’un des points faibles (relatif) de LexisNexis : sa grande dépendance du marché nord-américain. »

]

A noter que ce type de souci lié à la faiblesse du dollar n’est pas étranger à d’autres groupes (EADS, par exemple, qui devrait s’implanter ou délocaliser aux Etats-Unis).

On peut penser qu’une partie des emplois qui seront supprimés seront en fait externalisés et délocalisés, comme c’est déjà le cas, selon toute apparence, pour la facturation clients de base de la filiale française, au vu des erreurs très fréquemment rencontrées par les gestionnaires d’abonnements dans les structures, dont votre serviteur.

Notes de bas de page

[1Reed Elsevier cost cuts to claim 1,000 jobs / Mark Kleinman and Jonathan Sibun 17 février 2008.

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