Les arrêts des CAA, c’est donné ! ;-)
Jeudi 24 janvier 2008
Un particulier [1] signale, en commentaire sous un billet du professeur Rolin, que « depuis peu les juridictions administratives sont autorisées à vendre les "expéditions" de leurs décisions : allez voir, sur le site de la Cour administrative d’appel (CAA) de Nancy, les tarifs des abonnements [..., ]surtout en matière fiscale et d’urbanisme, les plus juteuses ! »
Je confirme :
- 5 euros l’arrêt, 7 euros les conclusions du commissaire du Gouvernement
- par rubrique et par an :
- Contentieux général 900 euros (soit plus que le tarif annuel de l’AJDA, qui est à 295 euros HT par an ...)
- Contentieux fiscal 500 euros
- Urbanisme 250 euros.
Le formulaire d’abonnement est là (format RTF).
Jean Gasnault, sur la liste Juriconnexion, complète mon propos :
« La formule se pratique aussi dans les CAA de :
- Marseille : totalité des arrêts d’une année : 1200 euros
- Lyon : totalité des arrêts d’une année : 1200 euros
- Nantes : pas de tarifs annoncés.
Notons bien que chacune des pages indiquées renvoit prioritairement à Legifrance : "Nos arrêts sont également disponibles sur le site www.legifrance.gouv.fr"
avant d’indiquer cette possibilité d’acheter des arrêts : "Si vous souhaitez recevoir la jurisprudence la plus récente, le service documentation de la cour administrative d’appel de ... diffuse les arrêts de la juridiction, à l’unité ou sur abonnement."Texte qui avait donné lieu à deux commentaires de Stéphane Cottin.
Il y a huit CAA en France. La production de la CAA de Paris est plus importante que celle des autres cours. Donc le coût annuel moyen de l’accès à l’ensemble des CAA s’élèverait à environ 10 000 euros par an. »
Ce montant de 10 000 euros est à rapporter au tarif licence Legifrance du flux global annuel de la base JADE — incluant, elle, les arrêts du Conseil d’Etat — : 12 000 euros. Vous comprenez mieux le titre de ce billet ...
Il est certain que plus Legifrance aura du retard sur la publication des arrêts des CAA — et il en toujours eu pas mal —, plus ce genre d’abonnement sera intéressant. Sont ce les CAA qui transmettent elles-mêmes leurs arrêts à Legifrance ?
Mais peut-être les CAA manquent elles d’argent ? Il me semblait pourtant que c’était plutôt les juridictions judiciaires qui tiraient le diable par la queue ...
Notes de bas de page
[1] Pour reprendre ses propres mots : un administré alsacien-mosellan essayant, tant qu’il est encore temps, d’user d’un recours pour excès de pouvoir encore libre du ministère d’avocat en première instance.