Bientôt toutes les thèses françaises référencées ?

Theses.fr : comment chercher, le contenu, les innovations, les "trous"

Le répertoire tenu par l’ABES facilite grandement l’accès aux thèses en droit, mais pas à toutes

Samedi 16 juillet 2011, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

On se plaignait ici [1] du peu de thèses en droit publiées en texte intégral sur Internet. A défaut d’en publier plus, theses.fr, la dernière initiative de l’ABES (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur) [2] va grandement en faciliter le repérage, la recherche par discipline et sujet, et l’accès.

D’ores et déjà, on peut affirmer que le site est une réussite de par sa facilité d’utilisation associée à la variété des critères de recherche. Sur le contenu, il y a clairement des "trous" mais il y a une explication technique.

Comment chercher sur theses.fr

Theses.fr est en fait le successeur, en beaucoup plus riche, de l’ex-Portail numérique du Sudoc. On y on trouve au total, au 16 juillet 2001, 167 thèses en droit répertoriées, dont 75 en texte intégral. Pour y accéder à partir de la page d’accueil, cliquer sur "Explorer les thèses", puis cocher la case "Droit" dans "Domaines" en bas dans la colonne de droite [3]. Pour n’obtenir que les thèses disponibles en texte intégral, cochez la case "Uniquement les thèses soutenues accessibles en ligne".

Un manuel de l’utilisateur est disponible. Il est très détaillé et richement illustré en copies écran. Pour le fonctionnement du moteur de recherche général (la fenêtre en haut de la page d’accueil), c’est là, pour les fonctions de recherche avancées (facettes), c’est ici. La recherche à l’identique/par expression (guillemets) est possible.

En un mot : allez-y, chercher une thèse n’a jamais été aussi facile !

Le contenu de theses.fr

Bien noter que theses.fr n’héberge aucune thèse [4], mais se contente de renvoyer vers les sites universitaires qui les hébergent. Selon mes tests (cf chiffres supra), environ 45% des thèses en droit qui y sont signalées sont disponibles en texte intégral au format PDF.

Pour l’instant, aucune ne remonte au-delà de 2006 et de nombreuses thèses en ligne ne sont pas répertoriées sur theses.fr [5]. C’est le cas par exemple, au 16 juillet 2011, de la thèse Le pouvoir patronal de direction (Lyon, 2000). La FAQ de theses.fr précise à cet égard :

« theses.fr recense pour le moment uniquement les thèses soutenues depuis 2006 dans les établissements ayant choisi d’abandonner le dépôt de la version papier au profit du support électronique » (autrement dit la base de thèses STAR [6]).

Sur le fond, très peu de thèses en droit des affaires ou en droit de l’Internet, surtout parmi celles disponibles en texte intégral. Surtout du pénal, du droit public, du droit international et du droit comparé. Et un peu de civil quand même (contrats, responsabilité civile, concurrence déloyale).

Les innovations de theses.fr

Le communiqué de l’ABES offre d’autres informations, qui vont faire plaisir aux bibliothécaires, documentalistes, chercheurs et thésards :

  • « des services sont proposés :
  • theses.fr propose également des API XML permettant d’accéder aux données brutes. Plus de détails sont disponibles sur Punktokomo, le blog technique de l’ABES :
  • l’interface de theses.fr propose une page par personne en lien avec la thèse, manière de mettre en avant les auteurs mais aussi les directeurs de thèses [7]
  • on peut faire part de ses critiques et suggestions via le guichet d’assistance ABESstp
  • mieux ! le projet Portail des thèses ne s’arrête pas là. Dans quelques semaines theses.fr bénéficiera :
    • de nouveaux développements
      • un moteur de recherche dédié aux personnes
      • un moteur de recherche dédié aux organismes
      • un espace personnel permettant d’accéder à des services d’alertes et de veille individualisés
    • de nouvelles données : la base de données de theses.fr, aujourd’hui restreinte aux seules données en provenance de STAR [autrement dit aux thèses disponibles en texte intégral numérisé], s’enrichira en septembre [2011] des données relatives aux thèses de doctorat actuellement en préparation. A terme, theses.fr vise l’exhaustivité du signalement des thèses de doctorat soutenues en France depuis 1985, par versement des données du Sudoc [8]. »

[mise à jour au 11 janvier 2013 : le moteur de recherche avancé de Theses.fr est enfin en service. il permet de chercher par les champs Personnes (directeur de thèse par exemple) et Organismes. Champs que l’on ne voyait jusqu’ici que comme "facettes" dans la colonne à gauche des résultats.

Et un tutoriel en ligne sur Theses.fr, rédigé par l’ABES, est disponible depuis le 6 janvier]

Et si on allait plus loin ?

Signaler les thèses depuis 1985, c’est bien. Les mettre en ligne en partie en allant chercher l’autorisation de leurs auteurs, ne serait ce pas mieux ? Ma requête de 2005 reste d’actualité.

Il serait également logique de référencer les thèses "non STAR" publiées sur des sites universitaires. Mais peut-être leur non appartenance à STAR pose t-elle des problèmes techniques.

NB : sur theses.fr, lire aussi la page qui lui est consacrée sur le site de l’Université Paris XI [9].

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique

Notes de bas de page

[2L’ABES a indéniablement le vent en poupe, comme l’explique un bibliothécaire de BU sur son blog Vingtseptpointsept.

[3En revanche, pour cibler une des disciplines (droit, droit privé, droit public, droit privé et sciences criminelles (i.e. droit pénal), droit international public), c’est dans ... "Disciplines". Ne pas confondre "discripline" et "domaine". Le domaine est plus large que la discipline. Pour plus de détails sur la différence entre les deux, voir cette page du manuel.

[4Le site de l’ABES le confirme : « L’ABES ne possède aucun document » (c’est même écrit en gras).

[5Il suffit de comparer avec les thèses hébergées sur les sites listés dans notre article Ou trouver des thèses de droit disponibles sur Internet.

[6Depuis fin 2007, existe le système STAR (Signalement des thèses électroniques, archivage et recherche) utile à tous les établissements universitaires ayant choisi, aux termes de l’arrêté du 7 août 2006 relatif aux thèses, l’abandon du dépôt papier au profit du dépôt de la thèse électronique. STAR est très peu utilisé (début 2011, à peine plus de 1200 dépôts cumulés au total depuis juin 2008) mais monte doucement en régime depuis l’année 2009.

[7Auteur, directeur de thèse, président du jury, rapporteur ... A condition que cette personne soit identifiée de manière univoque par le numéro de sa notice d’autorité dans le Sudoc.

[8C’est ce qu’on appelle la Bibliographie nationale des thèses. Au 29 décembre 2012, ce versement, pourtant annoncé pour 2012, n’avait toujours pas été fait.

[9A noter : en application de l’arrêté ministériel du 7 août 2006, l’Université Paris-Sud XI a décidé que le dépôt obligatoire devrait être électronique pour toutes les thèses soutenues à partir du 1er janvier 2011. Voilà qui fera avancer un peu la cause des thèses, mais très peu celle de leur diffusion.

Répondre à cet article

2 Messages