Une ex-publication du groupe Lefebvre-Sarrut (Dalloz, Francis Lefebvre, Editions Législatives)

Qu’est devenue la Lettre Omnidroit ? Ou la chasse au contenu numérique disparu

Il est actuellement difficile voire impossible de retrouver des articles publiés dans la Lettre Omnidroit

Mardi 4 octobre 2011, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

Durant plusieurs années, les éditeurs du groupe Lefebvre-Sarrut (Francis Lefebvre, Dalloz, Editions Législatives) publièrent sur Internet une newsletter d’abord payante, puis gratuite pour les abonnés à leurs autres publications : la Lettre Omnidroit [1].

Cette newsletter publiait, sur le site web Omnidroit.fr, des brèves et articles qui, dans leur grande majorité, devaient ensuite paraître sur Dalloz Actualité, le Recueil Dalloz, au BRDA (la revue d’actualité juridique de Francis Lefebvre en droit des affaires) ou dans les actualités des Dictionnaires Permanents (DP)/Net Permanents (versions en ligne des DP).

Ces actualités Omnidroit furent citées dans d’autres publications ou dans des documents internes aux conseils ou envoyés à des clients. Et puis, un jour, on a besoin de les ressortir en texte intégral. Ou bien on se souvient qu’Omnidroit avait parlé de ceci, alors il faut le retrouver ...

Tant que le site Omnidroit était vivant, pas de problème : on allait dessus, on cherchait par date ou on interrogeait le moteur et toc ! on retrouvait la brève/l’article.

Mais à l’été 2011, brutalement et sans prévenir, le groupe Lefebvre-Sarrut arrête la Lettre Omnidroit et pire, supprime le site web. Empêchant donc ainsi désormais tout accès aux archives de la newsletter. Ce qui ne manque pas d’irriter, aujourd’hui encore, les chercheurs et documentalistes.

Irriter ? Pourquoi, puisque les articles sont disponibles ailleurs ? Eh bien, ce n’est pas si évident :

  • certaines (rares) contributions à Omnidroit ne se retrouvaient pas dans les autres publications des trois éditeurs et restent donc des exclusivités Omnidroit
  • d’autres plus nombreuses changeaient de titre lors de leur re-publication. Quand on trouve quelque chose, on n’est donc presque jamais certain qu’il s’agit bien du même article ...
  • bien évidement, cette nouvelle publication entraînait un changement de références. De "tel titre, Omnidroit telle date" on passe à "autre titre, autre publication, autre date, telle page". Et ce changement de référence rend souvent difficile la recherche d’une actualité Omnidroit ailleurs que dans Omnidroit — qui n’existe plus. CQFD !

Une double question est donc posée :

  • que compte faire le groupe Lefebvre-Sarrut pour rendre possible à nouveau l’accès à une archive de la Lettre Omnidroit ? C’est techniquement parfaitement possible. A cette date, rien n’a été fait
  • la Bibliothèque nationale de France (BNF) est elle compétente ? Il me semble que oui. A t-elle conservé une copie exhaustive (uniquement consultable sur place, de par la loi [2]) ? Ce n’est pas évident car (je cite la page Dépôt légal des sites Web du site de la BNF) :

    « la BnF ne peut garantir l’exhaustivité de ses collectes de l’Internet, compte tenu de la masse et de l’organisation des données en ligne. Elle procède par échantillonnage, selon des critères visant à assurer la meilleure représentativité possible. »

Il faudrait sortir de cette "insécurité documentaire", comme la qualifiait Sandrine sur la liste Juriconnexion.

Qu’on arrête une publication, OK. Qu’on y supprime tout accès, non. Gratuite ou payante, en papier ou en ligne, peu importe à la limite [3]. On vit dans une société de l’information ou on n’y vit pas.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique

Notes de bas de page

[1Il y eut deux versions d’Omnidroit : mars 2002-janvier 2003 (payante) et 27 mai 2008-15 juin 2011 (gratuite). Pour l’historique complet de la Lettre Omnidroit, voir notre billet Omnidroit 2e version (2008-2011) : The End.

[3Même si — soyons honnête — la seule consultation sur place est une plaie.

Répondre à cet article

3 Messages