Pages de doctrine ou la base de données de la doctrine "pure"

Quatre "concurrents" : Helinia, Paris 2, la Bibliothèque de l’Ordre et Essec

Vendredi 3 août 2012, par Emmanuel Barthe // Ressources en droit des affaires

Pages de doctrine est un site gratuit (sur inscription) pour les chercheurs en droit. C’est une base de données de références bibliographiques [1]. Sa cible : la pensée juridique française. Son contenu : les références des mélanges et colloques en droit français, et des articles de doctrine "pure" de douze des plus grandes revues juridiques.

Pour la recherche, pas de mots-clés, juste titre, auteur et année. Mais le moteur est très rapide et on peut trier les résultats.

C’est le Doctrinal des mélanges [2] et des articles anciens des grandes revues juridiques, mais les commentaires d’arrêts sont exclus.

Y sont indexés, au 10 février 2012 :

  • 12 revues (ce lien en donne la liste avec leurs reculs chronologiques/dates de début respectifs). La Semaine juridique édition Générale (JCP G) et le Recueil Dalloz mis à part, ce sont des revues mensuelles ou trimestrielles à fort coefficient doctrinal et remontant loin dans le temps (par exemple : RTDciv depuis 1902, Revue de l’arbitrage depuis 1955)
  • 150 colloques et tous les travaux de l’association Henri Capitant
  • 300 mélanges.

L’éditeur est Pages de doctrine SAS (sa fiche sur Societe.com). Sont à l’origine de Pages de doctrine : Jean-François Hamelin, maître de conférences à l’Université de Saint-Quentin et Franck Goncalves, informaticien. Je n’ai pu savoir comment ont été saisies les notices. Peut-être par scan puis OCR ?

Ca ressemble à quatre autres initiatives [3], mais certaines nettement moins développées :

  • une véritable base de données payante, Helinia, réalisée par des juristes. Elle est plus complète (exhaustive selon le blog Données juridiques) que les précédentes : « plusieurs dizaines de milliers de contributions » répertoriées, selon le site
  • les mélanges dépouillés dans le catalogue de la Bibliothèque de l’Ordre des avocats au Barreau de Paris (accès réservé)
  • le catalogue des articles de mélanges de la bibliothèque de l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, plus complet d’après Rémy Lérignier (Université Poitiers, voir commentaire infra) que Pages de doctrine
  • la "base" de mélanges en droit francophone du Centre européen de droit et d’économie (CEDE, Essec). Il s’agit plutôt d’une liste, avec dédicataire, titre, éditeur, année, plus sommaire en PDF.

Pour aller plus loin, voir la page Mélanges : des outils pour les trouver du Jurisguide. C’est le guide de recherche le plus complet sur le sujet.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique

Notes de bas de page

[1Ce qui veut dire que cette base de données n’offre pas d’accès au texte intégral. Il faut donc posséder la collection des revues, avoir acheté les mélanges ou aller les consulter dans une bibliothèque. Trouver la bonne bibliothèque de droit peut se faire par le catalogue SUDOC : il suffit de taper le titre de la revue ou des mélanges.

[2Comme le laisse entendre le site du Petit Juriste.

[3Source pour les 1ère, 2e et 4e initiatives : la page Mélanges du Jurisguide.

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7 Messages

  • Pages de doctrine ou la base de données de la doctrine "pure" 15 février 2012 23:39, par Remy Lerignier

    Je profite de cet article pour rendre un hommage aux pionniers, notamment le site Glose de Frédéric Leplat et le site Droit et Culture Juridique de Stéphane Darmaisin.
    Concernant le comparatif Catalogue des articles de mélanges de Paris II, Pages de Doctrine (l’université qui m’emploie n’est pas abonnée à Hélinia) sur les seuls mélanges donc, un rapide sondage, à confirmer, semble montrer que le nombre de mélanges dépouillés par Paris II est plus important que celui dépouillé par Pages de Doctrine. De plus, Paris II offre une indexation des articles, même si elle est trop limitée par rapport à beaucoup de besoins des chercheurs. Dans un même temps, le caractère plus sélectif de Pages de Doctrine peut être un point positif pour qui ne veut pas crouler sous la masse d’articles, à condition que soit connu le critère de choix des mélanges dépouillés.
    Reste que le travail fourni par Pages de Doctrine, notamment le dépouillement de grandes revues avec une large antériorité, est remarquable et que toutes les personnes impliquées sont à féliciter. Il en va de même pour toutes les autres bases de données précitées.
    Une question : qui peut et selon quelles modalités s’impliquer pour aider à ces dépouillement ?
    Quelques regrets concernant spécifiquement Base de Doctrine : outre l’absence de connaissance des critères de sélection des mélanges, que la liste des mélanges dépouillés ne puisse pas faire l’objet d’une recherche par titre ou dédicataire, sauf à utiliser le rudimentaire (mais indispensable) Crtl+F/Commande+F. La limite des réponses gérées par le moteur n’est pas connue.
    Le site apportera certainement à terme des réponses sur le fonctionnement du moteur de recherche (exemple : recherche séquentielle ou double troncature à droite et à gauche sur le nom d’auteur ? Test fait avec "Jean" renvoie des réponses "Petitjean", "Dejeant-Pons", "Jantet", etc.").
    Un regret plus général, que toutes les énergies engagées dans ces différents sites ne puissent pas être réunies dans une initiative commune avec indexation plus approfondie. Une telle indexation, puisqu’elle implique la lecture des articles, constitue, j’en suis conscient, un travail considérable, et ce d’autant plus que, à la faculté de droit de Poitiers, sous l’impulsion du professeur Hallouin, une initiative fut mise en place pour effectuer ce travail, en s’appuyant, notamment, sur les étudiants de Master II et de Doctorat, mais que, selon la formule consacrée, le combat cessa faute de combattants.
    Du côté des éditeurs payants, Hélinia remet semble-t-il au goût du jour un projet qu’un autre éditeur, bien connu dans le domaine des bases bibliographiques d’articles, envisagea, si mes souvenirs sont bons, sous le nom de "Mélangial".
    Pour finir, un espoir : que toutes les énergies... puissent être réunies...
    En vous priant de bien vouloir excuser ce trop long message.

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    • Un peu d’eau au moulin... 21 mai 2012 16:15, par Julien Cortot

      En tant que gérant de la société Hélinia, je tiens à apporter quelques précisions à ce bref exposé.

      Tout d’abord, je rends hommage à J.-Ph. Tricoit, Maître de conférences à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de l’Université de Lille 2 (Lille Nord de France) pour l’initiative prise au développement de notre base de données relative aux mélanges juridiques et son accompagnement constant en tant que responsable scientifique du programme.

      Concernant le contenu de notre base, celui-ci inclut l’intégralité des mélanges français, sans limite d’antériorité (nos plus anciens ouvrages dépouillés remontent au XIXème siècle) : nous avons ainsi travaillé sur plus de 2 000 livres, pour un total de 30 000 contributions analysées aujourd’hui (j’imagine que le "nettement moins développé" présent dans votre article visait le type d’écrits et non le nombre de références contenues dans la base).

      Notre travail de recherche est par ailleurs basé sur la lecture des œuvres juridiques et non sur une extrapolation à partir des titres ni une reconnaissance OCR. Toujours effectuées par des juristes au minimum titulaire d’un Bac+5, les analyses permettent ainsi de dégager des mots-clé très pertinents. Bien entendu, les recherches par dédicataire et titre complètent la recherche sur mots-clé.

      Nous comptons parmi nos abonnés non seulement des universités françaises mais également des établissements à l’étranger, dont le prestigieux Institut suisse de droit comparé de Lausanne.

      Toute personne intéressée par notre produit peut nous contacter sur notre site internet ou directement par mail (contact@helinia.fr). Je profite également de ce billet pour rappeler aux intéressés que l’accès à la base est offert chaque année aux candidats à l’agrégation en droit sur simple demande.

      Julien Cortot

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      • Un peu d’eau au moulin... 11 juin 2012 09:08, par Emmanuel Barthe

        Bonjour et merci pour ces précisions.

        Je n’ai pu tester Helinia. Mais j’écrivais en effet qu’Helinia est « réalisée par des juristes » et comporte « "plusieurs dizaines de milliers de contributions" selon le site ».

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  • Pages de doctrine ou la base de données de la doctrine "pure" 22 août 2012 14:11, par Jean-François Hamelin

    Tout d’abord, je me présente Jean-François Hamelin, Maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise et responsable scientifique de Pages de doctrine.

    Ensuite, je vous remercie pour cet article qui nous est en partie consacré.

    Enfin, quelques précisions sur notre objectif et la façon dont nous avons de concevoir notre initiative.

    Notre objectif est de répertorier ce qui ne l’est guère, qu’il s’agisse des articles de colloques, de mélanges ou de revues anciennes. Mais il est également de répertorier les ouvrages (thèses, traités, monographies, etc.) spécialement lorsqu’ils sont disponibles sur internet (Gallica, Google, Cujas, etc. ).

    Par ailleurs, nous concevons notre initiative comme une aide à la recherche accessible, gratuite et simple.

    Accessible, car il n’est pas nécessaire de passer par les ressources électroniques d’une bibliothèque universitaire ou d’un cabinet d’avocats.

    Gratuite, car nous ne croyons pas qu’une base de données qui ne fournit finalement que des références et non les articles eux-mêmes puisse raisonnablement et durablement faire payer ce seul service.

    Simple, car dès lors que le concepteur d’une base de données décide d’ajouter des mots-clés, il s’expose à deux risques. Le premier est de rendre les résultats de recherche inexploitables. En effet, soit les mots clés sont très sélectifs et ne servent à rien ; soit il faut les multiplier et les résultats de la recherche seront alors trop nombreux. Le second est que l’élaboration de mots-clés est un travail considérable qui, quel que soit le niveau de la personne à l’œuvre, reflète nécessairement des conceptions et des choix subjectifs ce qui biaise la recherche dans une plus ou moins grande mesure. En somme, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

    Bien évidemment, la question du modèle économique et de la viabilité financière se pose. Nous y réfléchissons encore !

    A suivre !

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  • Un test de Helinia 4 février 2013 21:50, par Emmanuel Barthe

    Vous trouverez sur le site Données juridiques de Guillaume Adréani un compte-rendu de son test de la base de données de références bibliographiques des mélanges Helinia.

    Il signale la fiche du Jurisguide sur Helinia et un tutoriel, dont les copies écrans donnent une idée du produit.

    Je note, parmi les fonctionnalités intéressantes :

    • le classement des résultats par pertinence
    • un onglet "Bibliothèques" qui permet de savoir quelles sont les bibliothèques qui disposent du mélange.

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  • Recherche de mélanges avant 2000 11 janvier 2014 17:59, par Emmanuel Barthe

    Le Jurisguide a un page dédiée à la recherche de mélanges et signale qu’« un ouvrage (disponible uniquement en version imprimée) fait référence pour la recherche de contributions à des Mélanges antérieurs à 2000 :
    Bibliographie des Mélanges – Droit / Dupré de Boulois, Xavier. Editions La Mémoire du droit, 2001. 799 p. »

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  • Mélanges : les travaux de la bibliothèque Cujas 1er mars 15:59, par Emmanuel Barthe

    La BIU Cujas a rédigé :

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