Dans la série "J’aime bien la musique, mais ..."

Lutte contre le bruit : un travail de Sysiphe, avec ses petites victoires

A part la bagarre bruit contre bruit, ne pas oublier les trucs du CIDB

Dimanche 18 juillet 2010, par Emmanuel Barthe // Ressources juridiques pour les particuliers et les TPE

Dimanche 18 juillet, il fait beau, il fait (pas trop) chaud, les zoisilleaux chantent (non, pas dans ma rue, mais enfin) ...

Lutte des sons

Mais le musico d’en face de chez moi qui ouvre sa fenêtre des qu’il fait beau pour faire bénéficier tous ses voisins de ses incomparables goûts musicaux (passables à mon avis : en rock, je connais mieux) et plus encore de la qualité monocorde de sa pratique de la gratte (pardon, noble guitare) et du chant, ce djeune si branché qui me saoulait hier samedi soir (heureusement que je ne voulais pas me coucher tôt) de sa musique jusqu’à 2h30 du mat’ ...

Eh bien ce gratteux-là, vers 13h ce beau dimanche, il recommence. De colère, et bien que j’ai préparé un courrier genre amiable directement inspiré du modèle proposé par le Centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB) [1], j’ouvre grand les fenêtres de mon salon, je tourne ma chaîne hi-fi [2] en bloc vers l’extérieur — vers lui donc — et monte le son d’un disque de soul/pré-funk des années 67-74 ... presqu’au maximum ! Après 1 mn de ce régime, un autre voisin d’en face [3] me regarde depuis sa fenêtre, gêné par *ma* musique, je lui indique du doigt la fenêtre du gars d’en face. Puis je coupe, gêné, et miracle, le djeune a baissé le son.

Le vieux con que je suis peut enfin ouvrir mes fenêtres au vent frais et aux sons de la rue ... Ahhhh ! ça fait du bien :-))) Enfin ... jusqu’à la prochaine fois :-/

Soyons juriste

Pour celles et ceux que l’arsenal juridique anti-bruit intéresse, voici le résumé des textes en vigueur, courtesy CIDB :

« Si la musique adoucit les mœurs, la pratique excessive d’instruments de musique est répréhensible au titre des textes du code de la santé publique spécifiques des bruits de voisinage résultant de la vie quotidienne. Cette réglementation s’applique 24 heures sur 24. Contre les musiciens insomniaques, l’article R 623-2 du code pénal réprime le tapage nocturne. »


Pour le reste, je vous renvoie à leur site, pratique et bien fait.

Ne rêvez pas : faire intervenir un agent municipal assermenté ou la police pour un bruit de voisinage n’est même pas envisageable. A vous de vous débrouiller. C’est bien pour cela, que, réaliste, le CIDB recommande la démarche amiable et la conciliation, et ne parle d’une démarche en justice que comme d’un « dernier recours ». Les juges eux-mêmes ne sont pas faciles à convaincre : le fait que le niveau sonore de l’instrument ne dépasse pas celui qui serait provoqué par des rires suffit pour esquiver le trouble de voisinage [4].

Allez, bonne nuit, hein ! :-)

Emmanuel

Notes de bas de page

[1Encore faudrait il que j’identifie le gars et puisse entrer dans son immeuble mettre la lettre dans sa BAL, mais bon.

[2C’est une B&O Century de 1998, un truc de qualité nordique comme les voitures SAAB. Elle est lourde, elle ne lit pas le MP3 hélas, mais l’ampli et les baffles intégrées tiennent très, très bien les décibels ...

[3Qui, bien évidemment, n’est pas beaucoup gêné par le son du djeune, puisqu’il n’habite pas le même immeuble et pas en face de lui. Chanceux, va !

[4Tribunal d’instance de Paris, 3 décembre 1992, source CIDB.

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