Logiciels anti-plagiat gratuits et payants : une sélection

Dimanche 19 mars 2017, par Emmanuel Barthe // Ressources pour les étudiants en droit

Le plagiat existe. Voir pour preuves, celles amassées par le site de référence sur le plagiat — la contrefaçon peut-on dire aussi — dans le milieu universitaire (thèses notamment) : Archéologie du copier-coller est tenu par un enseignant, par Jean-Noël Darde, maître de conférence à l’Université Paris 8. Il y a plus de 10 ans déjà, Le Monde et Le Figaro publiaient des articles sur le phénomène en France [1]. Plus récemment, en 2015, le doyen de l’Université de Reims a envoyé ce courrier à ses étudiants. En 2016 encore, deux affaires défraient la chronique aux Etats-Unis [2].

MémoireOnline notamment, facile d’accès et gratuit, est une source classique de plagiats.

Réalisé avec keepcalm-o-matic.co.uk

Des outils anti-plagiat gratuits mais limités

Voici des outils gratuits recommandés (dans l’ordre décroissant de performance sur du français) suite à un test personnel sur un document que l’on m’a soumis pour vérification :

  • PlagScan
  • plagium
  • Positeo
  • Google.fr : l’outil rapide de base, dès qu’on a un doute. Mais qui ne permet ni exhaustivité ni de vérifier de grosses masses de texte (32 mots maximum [3]).

Je vous encourage à copier-coller vous-même de gros extraits d’un document dans ces outils pour vous faire votre propre idée [4].

Des outils anti-plagiat professionnels payants

D’autres outils recommandés et plus puissants existent mais sont payants (dans l’ordre décroissant de réputation d’efficacité) :

Pour aller plus loin

Comparatifs et listes de logiciels de détection de plagiat :

Pour comprendre comment ces logiciels détectent la fraude — oui, c’en est [5], passible de sanctions [6] —, regardez la page How Do We Detect Plagiarism ? de PlagiarimsCheck.org. Je ne pense pas que tous les petits secrets de détection de ces logiciels y soient donnés, mais au moins les règles de bases.

Enfin, pour comprendre les raisons qui peuvent inciter au plagiat et le favoriser [7], voir l’excellent cours (PDF, 37 pages) et tutoriels vidéos de Rémi Bachelet (ingénieur et enseignant chercheur à Centrale Lille), disponibles en licence Creative Commons.

Le cours et les vidéos de R. Bachelet explique aussi comment éviter le plagiat aux étudiants qui peuvent parfois le commettre sans s’en rendre compte ou se mettre dans des situations qui les y conduisent, par exemple en se mettant au travail à la
dernière minute. On peut aussi lire (plus court) le Petit guide sur le plagiat (PDF, 8 pages) publié par l’Université de Reims.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, qui eut autrefois une partie de son site contrefait ...

Notes de bas de page

[1De plus en plus créative, la fraude aux examens est durement punie par Luc Bronner, Le Monde 1er mars 2005. Grandes écoles : des sanctions sévères contre le plagiat par Aude Sérès, Le Figaro 25 avril 2008.

[2Quand des scientifiques se volent entre eux par Pierre Barthélémy, blog Passeurs de sciences 18 décembre 2016. Une fraude scientifique ébranle une grande université américaine par Pierre Barthélémy, blog Passeurs de sciences 7 septembre 2016.

[3What is the maximum character limit on a search query in Google ?, Google Search and Assistant Help Forum 14-15 janvier 2017

[4NB : CopyTracker, seul logiciel open source anti-plagiat cité sur le Net, a été développé par Rémi Bachelet à Centrale Lille (voir en fin de cet article), date de 2008 et n’a pas été mis à jour depuis. Il ne fonctionne qu’en local (il faut donc l’installer sur un ordinateur), a priori sous une version de Windows d’époque (sous Windows 7 64 bits, je n’ai pas réussi à le faire fonctionner), ne bénéficie plus d’aucun suivi ni de manuel et ne gère que l’ancien format Word .DOC, le HTML et le PDF. A éviter malheureusement, donc.

[5Plus précisément, c’est une fraude universitaire, académique et une faute non seulement civile (contrefaçon) mais aussi administrative.

[7Le plagiat commence tôt, au moins dès le lycée. Voir : Le plagiat, nouvelle plaie des examens, Le Parisien 2 mai 2015.

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