Don de livres de droit : à qui donner ?

Les vieux Codes, Mémentos, Lamy et traités : don ou pilon ?

Mercredi 20 février 2013, par Emmanuel Barthe // La documentation juridique

Les centres de documentation juridiques se trouvent systématiquement, un jour ou l’autre, confrontés à un problème de place. Que faire alors des vieux ouvrages [1] du type Lamy, Mémentos Francis Lefebvre, Codes Dalloz ou Litec ? Mais aussi des traités trop vieux ? Les jeter ? Les donner ? A qui ?

On peut mixer diverses solutions :

- garder en rayon tous les exemplaires de l’année n-1 afin d’éviter de multiplier des abonnements coûteux [2]. Un an de retard, sauf en droit social et en fiscal, c’est très rarement gênant, surtout si on se tient au courant des réformes (par exemple, grâce un documentaliste qui fait de la veille législative et vous tient au courant des réformes :-) Pour les matières les moins fréquemment utilisés, on garde souvent en rayon jusqu’à n-3 (ou plus dans les petits cabinets)

- garder un exemplaire par année de chaque Code (soit un Dalloz, soit un Litec, peu importe), Lamy et Mémento (ou tous les 2-3 ans si on a moins de place) sur 10 ans pour les contentieux basés sur l’état du droit de l’époque des faits

- le reste, on peut le donner pour diverses organisations ou actions d’aide aux universités ou étudiants des pays en voie de développement francophones [3]. On peut se renseigner auprès des documentalistes de BU ou de cabinets d’avocats, ou auprès de l’association Juriconnexion, pour avoir des noms et des coordonnées. En voici déjà quelques unes :

- on peut aussi donner aux avocats et/ou aux stagiaires, on retire alors aux ouvrages leurs marques de propriété du Cabinet. Ce système n’est faisable que pour les ouvrages assez récents : au delà des années n-1 et n-2, les avocats ne les prennent pas, quant aux stagiaires, ils acceptent jusqu’à n-3. Ces dons permettent d’atténuer la déception compréhensible d’avocats à qui, pour des raisons d’économie, le Cabinet a choisi de ne pas ou ne plus fournir d’ouvrages affectés personnellement à eux mais à la Bibliothèque sans autre précision (ce qui ne les empêche pas de les emprunter, bien au contraire)

- le pilon/la poubelle demeure hélas souvent la solution pour celles et ceux ne pouvant envoyer leurs ouvrages ou débordés par la masse énorme.

Pour plus de détails et des exemples précis, consultez les messages suivants [4] sur la liste Juriconnexion, dans le fil de discussion Don ou pilon ? :
http://fr.groups.yahoo.com/group/ju...
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Emmanuel Barthe
documentaliste juridique en cabinet d’avocats

Notes de bas de page

[1Qui plus est, certains de ces ouvrages — qu’on appellerait en jargon de bibliothécaire des usuels — sont en double, triple, quadruple, ..., exemplaire. Certains cabinets d’avocats peuvent acheter jusqu’à plusieurs dizaines de Codes civils du même millésime et être abonnés à 4 ou 5 exemplaires du Lamy droit commercial.

[2Un "truc" impossible avec les produits électroniques en réseau ou sur Internet, dont la licence interdit de telles pratiques. C’est là un des avantages du papier sur l’électronique...

[3Pour les dons à l’étranger, bien se renseigner et exiger de la transparence, car des abus existent.

[4Messages n° 3370, 3372, 3374, 3375, 3376 et 3378.

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