Sénat, Assemblée nationale, Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel, Francis Lefebvre, Momindum/Droit In-Situ ...

Les vidéos juridiques en plein boom

Un développement réel mais pour l’instant discret

Lundi 21 juin 2010, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

Les vidéos juridiques disponibles

Sur la liste Juriconnexion, Benoît évoquait récemment le développement d’une — pas si nouvelle — source d’information juridique : les vidéos. Il citait notamment :

Frédérique mentionnait aussi les vidéos du ministère de la Justice, sur des sujets divers.

A cette liste, j’ajouterais les vidéos du Sénat et de l’Assemblée nationale :

D’autres sources à citer ? Laissez un commentaire.

Une tendance lourde et techniquement plus ancienne qu’on ne le croît

Toujours sur la même liste de discussion, Stéphane Cottin mentionnait que « cette tendance à ajouter du multimédia dans les ressources juridiques avait fait l’objet d’un intéressant billet (en anglais) de notre collègue canadien Daniel Poulin (le patron de Lexum.com) sur slaw.ca (site collaboratif des documentalistes juridiques canadiens), où il évoque le fait que la jurisprudence de la Cour suprême du Canada n’hésite désormais plus à insérer ou citer des extraits vidéo, audio ou des images à l’appui de ces décisions ».

Je vois cette tendance à l’oeuvre depuis plusieurs années. Un précurseur chez les éditeurs a été Jennifer Dahan-Templier avec son produit d’enregistrement vidéo + texte de conférences Droit In-Situ, un produit arrivé à maturité technique en 2005. A l’époque, il était sur support cédérom. Ce produit (qui appartient au type appelé en anglais "rich media") a été racheté et intégré en 2007 par Momindum et est passé en ligne [2].

Des limites

Si je peux avancer toutefois quelques reproches aux vidéos juridiques — je vais souvent voir les vidéos du Sénat —, les voici :

  • sans connexion rapide, ça peut être difficilement utilisable — mais ce problème tend à diminuer
  • surtout, par rapport à l’écrit, il y a souvent perte de temps : on ne peut pas survoler/lire en diagonale, et à part ce que j’avais vu chez Droit In-Situ/Momindum, je ne rencontre pas de système d’indexation permettant d’aller rapidement à la section intéressante dans une intervention. C’est particulièrement gênant sur les débats du Sénat ou de l’Assemblée, dont les vidéos peuvent allègrement dépasser les 20 minutes, voire atteindre une heure entière.

Comme Benoît le mentionnait (« petites synthèses qui peuvent s’avérer fort utile pour faire rapidement le point sur un sujet dont on n’est pas spécialiste »), il me semble que les vidéos juridiques sont surtout utiles quand elles ne dépassent pas les 5-10 mn et que l’intervenant sait ramasser de manière pédagogique la quintessence du savoir sur un point.

Cela dit, si on veut me démontrer que la vidéo juridique va remplacer l’écrit, j’écoute volontiers. En vidéo ? ;-)

Changements en vue !

Bien que discrètement, cela devient une tendance du secteur — même si l’utilisation est quasi-uniquement marketing. Juristes adorateurs du papier et de l’écrit, entraînez vous à parler et convaincre devant une caméra !

Quant à l’intégration de tels outils, je pense que les intranets et les plateformes en ligne des éditeurs vont devoir acheter de la bande passante ! :-)

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique

Notes de bas de page

[1VOD signifie en anglais "video on demand" : vidéo à la demande.

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