Zotero, Endnote, Mendeley

Les logiciels de gestion de références bibliographiques recommandés pour les sciences juridiques

Payants, gratuits, styles bibliographiques adaptés au droit français, comparatifs ...

Vendredi 28 septembre 2018, par Emmanuel Barthe // La documentation juridique

Vous avez un mémoire ou une thèse à faire ? Vous écrivez souvent des articles pour des revues juridiques ? Vous avez du mal à gérer vos références bibliographiques dans Word ou Libre Office ? Vous voudriez pouvoir faire facilement une recherche dans les articles que vous avez repérés ?

Les logiciels de gestion de références bibliographiques ("reference managers" en anglais) sont faits pour vous.

En droit français, on peut en recommander trois [1], solidement établis.

Payants

- Endnote (ex-groupe Thomson Reuters, désormais groupe Clarivate Analytics) :

- Mendeley (groupe Elsevier, entité membre du groupe qui possède LexisNexis) :

Gratuit

- Zotero (open source) :

Existe t-il des styles bibliographiques pour le droit français (doctrine) pour ces logiciels ?

- Zotero : non, stricto sensu. Deux styles adaptés au droit français ont (enfin !) vu le jour en 2018. Vous avez donc désormais le choix entre trois solutions :

  • le style ISO 690 French en format Note [de bas de page] (disponible dans le « repository » de Zotero) s’avère le plus souvent suffisant en pratique d’après Rémy Lérignier, documentaliste juridique et formateur rattaché à la faculté de droit de Poitiers (où il forme et assiste les thésards) et connaisseur du sujet. A propos de ce style, en cas de difficulté, lire cette discussion le forum de Zotero.org.
    D’après R. Lérignier, également, s’il y a peu de scories dans le résultat final, les styles de Zotero peuvent se corriger en suivant des tutoriels disponibles sur Internet
  • le style CSL élaboré par l’Université de Bordeaux (avec documentation associée) fait encore mieux. Ce style CSL (donc compatible Zotero, mais aussi Mendeley) [2], qui sera finalisé à 100% en janvier 2019, correspond aux consignes de l’Ecole doctorale de droit de l’Université de Bordeaux et est proche de l’ISO 690, le format préféré de Stéphane Cottin. Un travail intéressant selon Rémy Lérignier, car il s’appuie sur un guide de rédaction des citations (format DOCX) [3]
  • enfin, le style Zotero proposé par Alphonse Bernard, thésard en droit [4]. Ce style est basé sur le guide Ref-Lex du SNE.

Pour la citation de jurisprudences françaises avec Zotero, voir la discussion sur le forum de Zotero.org.

- Endnote : a priori non. Mais voir si le style GuideLluellesUdeM (basé sur le Guide des références pour la rédaction juridique, 7e édition donc un ouvrage québécois …) que des Québécois de l’Université de Montréal ont développé pour le droit canadien peut convenir. Pour se faire une idée, voir ce PDF.

- Mendeley : a priori non. Depuis 2018, oui :

  • d’après R. Lérignier, les styles Mendeley et Zotero sont très proches
  • et l’Ecole doctorale et l’URFIST de Bordeaux, comme mentionné supra, ont publié le 26 septembre 2018 un style CSL (donc compatible Mendeley — et Zotero) adapté au droit français.

Pour aller plus loin

Deux guides pour choisir son "reference manager" :

Pour plus d’information, interrogez les supports/assistances des divers logiciels (voir sur leur site web) ou, par Google, utiliser la requête suivante : [nom du logiciel] style bibliographique droit

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique

Notes de bas de page

[1Si vous avez d’autres recommandations, je suis preneur : les commentaires sont ouverts.

[2Un fichier CSL est un fichier XML qui décrit comment sont organisés les différentes informations d’une notice bibliographique (auteur, titre d’article, titre de revue, année, numéro de volume, pagination, etc.) et la ponctuation adoptée, pour obéir aux normes d’affichage préconisées par les revues. Il est ainsi possible d’importer aisément dans son logiciel de gestion bibliographique un nouveau mode d’affichage de bibliographie. Ce format est reconnu par plusieurs logiciels de gestion de bibliographies, dont Zotero et Mendeley. Source : Wikipedia.

[3Citer des références bibliographiques juridiques : guide de rédaction : notes de bas de page et bibliographie, par l’Ecole doctorale Droit et l’URFIST de Bordeaux, 2e éd., septembre 2018 (format Word .docx). La 1ère édition (format PDF) date de 2017 et n’intégrait pas le style.

[5On avait déjà parlé ici de sa version de 2012.

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2 Messages

  • Bonjour Emmanuel,
    Une petite remarque (mais un long message, désolé). J’invite effectivement chacun à prendre connnaissance du guide et du style de Bordeaux (important travail à saluer, notamment de Frédérique Flamerie, excellente formatrice :-). Je ne le "recommande" pas pour autant par rapport au style fait par Alphonse Bernard car, 1. je n’ai pas de légitimité particulière à le faire, chaque auteur restant libre de sa rédaction et de son référencement, à condition d’assumer ses choix :-) 2. mais aussi parce la non prise en compte du travail fait par les initiateurs de Ref-Lex me pose problème. Le droit français dispose enfin d’un système de référencement bibliographique qui pourrait (devrait ?) devenir une "norme" (même s’il n’est pas question de l’imposer à tous bien évidemment, cf. mon propos précèdent sur la liberté assumée). Ne serait-il pas mieux que tous les acteurs du monde juridique participent à améliorer et à compléter Ref-Lex plutôt que chacun continue de faire dans son coin avec ses petites habitudes ? Et que soit diffusé et mis à jour, dans le cadre de l’initiative Ref-Lex, un style pour les principaux logiciels de gestion bibliographique. Il existe déjà, dans d’autres pays, des styles basés sur des guides, comme par exemple le Lluelles : http://www.bib.umontreal.ca/lgb/zotero/fichiers/styles-bibliographiques.htm. Les initiateurs des deux styles juridiques cités dans l’article ne pourraient-ils pas travailler ensemble pour parfaire le travail autour du style Zotero basé sur Ref-Lex ? Désolé pour cette longue réponse.

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    • Il est rare dans le milieu de l’Open que tout le monde soit d’accord. Les chapelles existent bel et bien. Même s’il est plus efficace de réunir les efforts.

      Cela étant précisé, je crois que le style SNE comporte quelques lacunes très gênantes (prénoms abrégés, absence de gestion satisfaisante des adresses électroniques/URLs ...). Stéphane Cottin et moi-même les avons listées dans cet article et ses commentaires : Tutoriel pour rédiger vos citations de doctrine - Notes de bas de page et bibliographie en droit.

      Article que je prévois de faire évoluer car je me rend compte que la norme SNE a encore d’autres défauts : par exemple, abréger les titres des usuels comme les JurisClasseurs empêche les non-initiés de comprendre de quoi on parle. D’ailleurs, avec l’avènement de la documentation électronique, de nombreux jeunes juristes ne savent pas ce que signifie "JCl" (et encore moins "JCP"). Et comme le rappelle S. Cottin, la ISO 690 est une norme internationale, suivie par toutes les sciences humaines et sociales. Et le droit s’en affranchirait, comme ça, largement ?!?!

      Le véritable défaut de la SNE — et je rejoins S. Cottin là-dessus —, c’est qu’elle ne représente pas un véritable consensus, y compris parmi les éditeurs. A mon sens, avant de vouloir faire adopter/imposer une norme, il faut construire un quasi-certain consensus parmi *tous* les acteurs. Sinon, le projet est en danger dès le départ. La norme SNE, à cet égard, ne représente hélas que les éditeurs, même si des documentalistes juridiques de cabinets d’avocats ont été consultés. Et, répétons le, ils ne l’appliquent pas tous.

      Alors, on pourrait certes décider de faire taire les querelles de chapelles pour privilégier l’efficacité en n’ayant qu’une seule norme en pratique. Ce serait bien, voire idéal pour les tenants de la SNE. Mais je ne pense pas que ce soir réaliste, la nature humaine et les intérêts (divergents) des acteurs étant ce qu’ils sont.

      A mon avis, pour unifier tout ça, il faudrait que le SNE ou un autre organisme (re)prenne son bâton de pélerin, mais en incluant — et officiellement — non seulement les éditeurs mais aussi les Universités (BU, écoles doctorales, Urfists), les associations (ABF, directeurs de bibliothèques, Juriconnexion, ADBS) et *tous* les éditeurs (i.e. les petits et moyens compris). Après, dans le groupe de travail, il faudrait définir ce qu’on veut obtenir (les buts) et qu’on en déduise les règles de citation pour y parvenir. Enfin, accepter les compromis nécessaires de tous les côtés. Puis faire adouber et officialiser cela par les plus hautes autorités possibles. Idéalement, il faudrait penser UE et non France seulement, mais là je rêve ;-)

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