Lenteurs et plantages sur plusieurs plateformes d’éditeurs juridiques (Dalloz, Navis, Lamyline)

Des problèmes de disponibilité et d’ergonomie

Mercredi 25 février 2009, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

C’était ce matin, mais ce n’est pas nouveau. 10 secondes pour que la page d’accueil de Dalloz.fr s’affiche complètement. Puis 25 secondes pour que la connexion se fasse. Soit 35 secondes pour simplement être en mesure d’utiliser Dalloz.fr. Encore faut il ensuite choisir son onglet et attendre qu’il s’affiche. Ce qui est là, heureusement, un peu plus rapide.

C’est un peu long, non ? Faut il rappeler que selon des études assez anciennes [1], les internautes sur le Web gratuit n’attendent pas plus de 8 à 10 secondes le chargement d’une page. Au delà, ils vont voir ailleurs. Selon l’étude de référence menée par Akamai et JupiterResearch [2], c’est 4 secondes aujourd’hui ... La société néerlandaise WatchMouse, spécialisée dans l’évaluation des performances des sites web, explique qu’« un temps de fonctionnement de 99,99% ou plus est souhaitable pour les sociétés très en vue et pour celles dont le chiffre d’affaires obtenu par l’intermédiaire de leur site est élevé [3]

Et ça ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait un ou deux mois que Dalloz.fr est lent. Très lent.

Hébergement sous-dimensionné ? Problème de plateforme logicielle ? Revers du succès, avec des utilisateurs plus nombreux ? Code HTML trop lourd, notamment en images ? On se demande. A priori un peu tout cela. Et si on y ajoute une conception pas très respectueuse des standards de navigation et de recherche du Web, ça fait un peu beaucoup.

Dommage avec un contenu pareil.

Cela dit, il faut aussi relativiser. Ce n’est pas le seul cas, loin de là [4]. Nouvelle version de Navis : lenteurs, problèmes d’ergonomie. Lamyline Reflex (2LR) : nombreuses indisponibilités. Et quantité de sites web de poids lourds de la Bourse ont des disponibilités en dessous des 99,99%, comme le montre l’étude SPI de WatchMouse [5].

Quant au seuil des 8 ou 4 secondes de temps de chargement, il est discuté : pour résumer l’opinion de la société User Interface Engineering (UIE), un site peut être un peu lent à condition qu’il soit efficace aux yeux des utilisateurs, qui le perçoivent alors comme moins lent qu’il n’est en réalité [6]. En clair, si un site est facile à utiliser et permet d’exécuter les tâches auxquelles on le destine, on ne le voit pas trop comme lent.

L’er-go-no-mie. Encore l’ergonomie, toujours l’ergonomie [7]. La facilité d’utilisation, c’est ce que les utilisateurs réclament [8].

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, testeur de bases de données depuis 1991 et de sites web depuis 1996

Notes de bas de page

[1The Need for Speed / Jakob Nielsen, Alertbox 1er mars 1997.

[3Pour expliquer cette exigence, WatchMouse ajoute : « De nombreuses sociétés stipulent un temps de fonctionnement de 99,9 % comme condition minimum dans le SLA (Service Level Agreement) qu’elles signent avec le service informatique ou leur fournisseur, même si ce chiffre équivaut à 8 heures d’arrêt sur un an. Un temps de fonctionnement inférieur à 99 % est généralement considéré comme inacceptable car il équivaut à environ 1 jour ouvré d’arrêt par mois. »

[4Voir le message Quelques reflexions sur les bases de données en ligne posté par Frédérique le 23 février 2009 sur la liste Juriconnexion.

[6The Truth About Download Time / Christine Perfetti, Lori Landesman, UIE.com, 31 janvier 2001.

[8Dans mon message sur la liste Juriconnexion du 24 février 2009, j’écrivais : « Si j’écoute les utilisateurs, pourtant, le cri est unanime : du facile à utiliser, du lisible, du rapide, de l’er-go-no-mi-que. Voilà ce qu’ils demandent. L’ergonomie, la facilité à comprendre et utiliser un produit, sa fiabilité, un moteur relativement puissant et rapide, voilà ce qui à mon avis fait, aujourd’hui, 60% du succès d’un produit en ligne auprès des utilisateurs, le contenu vient après à 40%. Bien sûr, il faut nuancer : après les utilisateurs, viennent les financiers ... »

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  • Les lenteurs seraient moins gênantes si on n’était pas obligé de naviguer dans les formulaires de recherche internes des portails : des sites de sciences dures, comme springerlink.com, sont indexés par les moteurs de recherche web (ils restent bien sûr en accès restreint et le moteur ne propose pas de version en cache du texte intégral). Si Google s’intéressait à ce marché, et si les éditeurs étaient d’accord, on pourrait utiliser Google Scholar pour chercher, par exemple, un arrêt par date et par mots-clefs à la fois dans Legifrance, Dalloz et LexisNexis avec une syntaxe unique (ça fait beaucoup de "si", d’ailleurs l’option juridique de Google Scholar semble n’être actuellement prévue que pour la jurisprudence américaine).

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