D’une découverte ...

Le taux d’utilisation d’une base de données n’est pas celui que vous croyez

... Et de ses conséquences

Mardi 23 octobre 2007, par Emmanuel Barthe // La documentation juridique

Quelques fois, une base de données en ligne (web ou intranet) tombe sérieusement en panne. Disons une demi-journée minimum.

On se dit alors que ses utilisateurs vont s’alarmer tout de suite, non ?

Eh bien, pas tout à fait.

Dans des structures d’une trentaine de productifs, j’ai constaté ainsi qu’il fallait souvent quelques heures et même parfois une semaine pour que la panne devienne une vraie gêne, pour que les alternatives irritent et déçoivent, pour que les protestations pleuvent, pour, en un mot, que le rétablissement devienne une urgence.

Parce qu’en fait, les utilisateurs d’une base de données ou d’une plateforme en ligne ne passent pas leurs journées à chercher. Même les stagiaires ne passent pas la moitié de leur journée le nez sur une base de données.

Disons que ce n’est pas leur métier. Leur métier, en réalité, si ce sont des avocats, c’est d’écouter et recevoir le client, rédiger, plaider et négocier. Si ce sont des étudiants, c’est de relire leur cours et de préparer les travaux dirigés. Si ce sont des actuaires, des économistes, des statisticiens, c’est de rédiger des études. Etc.

C’est ainsi qu’on se rend compte que l’arrêt d’une base de données pour laquelle on a souscrit cinq accès simultanés ne provoque pas de révolution avant trois jours. Qu’au bout de ces trois jours, seules deux collaboratrices sont venues se plaindre. C’est là, également, qu’on se rend compte que si la super plateforme en ligne super chère "NLRDNL" est souvent utilisée, elle ne l’est tous les jours que par 20% des "users". Alors qu’on paye pour 30%, 50% ou 100% des users.

Dés lors, faut il vraiment se demander pourquoi les éditeurs juridiques ne font guère d’efforts pour fournir à leurs clients des statistiques de consultation détaillées ? :-/

C’est là, enfin, qu’on va interroger la base concurrente ou les sites gratuits — qu’on interroge d’habitude moins souvent, parce qu’ils sont moins ergonomiques, moins pratiques, ou que leur contenu est de moindre qualité.

Et c’est là qu’on découvre qu’on a le choix — à condition de le saisir, ce choix. On découvre que si on forme en interne ses utilisateurs, si on les asticote avec des recommandations, on peut dépendre moins voire se passer de certaines bases.

Intéressant, n’est il pas ?

Oui, oui, ... Mmmh. Faut qu’on voie ça, diraient les commerciaux.

Voyons ça tout de suite :

  1. exiger lors du renouvellement de l’abonnement des statistiques détaillées, au format CVS ou tableur [1], par user, par document visualisé ou téléchargé en entier, par base de données et par jour
  2. et tirer les conséquences de ces stat’ :
    • soit s’employer à augmenter l’usage de la base. Mais attention à ne pas pousser trop loin cette logique : elle peut mener droit à la monoculture et à une dépendance très onéreuse
    • soit demander une baisse du prix, voire nous résilions l’abonnement. Mais il y a des "must have", des incontournables, et les éditeurs le savent
    • soit encore recommander à nos utilisateurs la base concurrente de meilleur rapport qualité-prix. Ce qui me paraît la meilleure attitude quand les moyens sont limités, que les prix augmentent ou que le budget est bloqué.

Emmanuel Barthe
acheteur de documentation

Notes de bas de page

[1Format Excel par exemple.