Le peer review a du plomb dans l’aile ...

... et un prétendant : l’évaluation anonyme

Mercredi 23 mai 2018, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

Le "peer review" (relecture et évaluation des articles proposés pour les revues scientifiques) est en crise selon les Echos [1].

Soumis à une exigence de publication à tout prix pour conserver leurs financements et développer leur carrière ("Publish or perish"), les chercheurs peuvent enjoliver les résultats ... Il a d’ailleurs été constaté qu’il est impossible de reproduire de nombreuses expériences décrites dans des articles de revues en sciences dures et médecine. Et puis, il est dangereux de critiquer des collègues ou des directeurs de laboratoire. Enfin, les chercheurs manquent de temps pour lire les articles de leurs collègues et rédiger leurs évaluations, ils doivent eux-mêmes chasser les subventions et ... écrire.

D’où des alternatives qui se développent :

Ce sont deux sites créés, gérés et modérés par des universitaires et des chercheurs, exigeant des critiques argumentées et permettant aux auteurs de répondre aux évaluations. Mais surtout, ce sont des sites où la critique est *anonyme*. Et donc plus libre. Evidemment, ils sont basés aux Etats-Unis où la liberté d’expression est plus forte qu’en Europe.

Ces sites servent de plus en plus à publier et évaluer des pre-print. Et on voit, rendu public, le processus de dialogue et d’amélioration du "paper" qui en résulte.

Dans les deux cas, rien en droit, hélas ni en français. Pour l’instant ?

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique

Notes de bas de page

[1Quand la science fait son autocritique, par Yann Verdo, Les Echos.fr, 22 mai 2018.

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