La presse écrite et Internet

Tous les billets, toutes les sources

Mercredi 12 septembre 2018, par Emmanuel Barthe // Ressources en droit des affaires

La presse, et particulièrement celle quotidienne et d’opinion, est une source essentielle d’information tant pour l’exercice du jeu démocratique — je passe, ça a été assez répété ailleurs — que pour la veille — ça, on ne le dit pas assez.

Or, les concentrations, la concurrence des sources gratuites sur Internet (dépêches AFP sur Google, Reuters sur Yahoo, gratuité en ligne de la majeure partie des articles du jour du Monde, de Libération, du Figaro, etc.) et des gratuits papier (20minutes, etc.) ou encore les habitudes de consommation d’information des lecteurs menacent la diversité et la richesse de cette information.

Pour tenter d’attirer l’attention sur ce problème qui va impacter presque tous les veilleurs d’ici un ou deux ans, je regroupe ici tous les billets que j’ai écrits sur le sujet de la presse. Beaucoup renvoient à des articles des Echos (et d’abord ceux de Nathalie Silbert, chef de rubrique Médias des Echos) et des billets du blog Novövision [1], autrefois tenu par un journaliste sous pseudo, Narvic.

Voir aussi les nombreux articles et débats lors des Etats généraux de la presse écrite fin 2008.

Je ne résiste pas au (sombre) plaisir de citer aussi deux des derniers billets de Narvic (qui a arrêté son blog Novovision il y a longtemps) :

  • Information en ligne : le règne du canon à dépêches
    Extrait : « Une étude scientifique [format PowerPoint pour la présentation et PDF pour le papier complet] le confirme : la diversité de l’offre d’information dans les sites d’information en ligne est loin d’être aussi importante qu’on aurait pu l’espérer. Cette offre est massivement "redondante" et "stéréotypée" : les sites d’informations [NB : quelque soit leur propriétaire] diffusent la même information en même temps, avec une extrême concentration de la production sur une toute petite quantité de sujets ultra-dominants dans l’actualité. [...]
    L’audience des sites portails "sans journalistes", les purs "canons à dépêches", domine largement celle des sites de médias disposant de journalistes et offrant une information plus originale et plus diversifiée. »
    Un commentaire signale que « ce canon à dépêches était déjà sérieusement en marche bien avant l’arrivée du Web »
  • A la recherche du cyberjournaliste introuvable...

Du côté des chercheurs, on peut citer entre autres :

Du côté des sites et blogs, on pouvait voir la liste des sources (500 ...) de Narvic (pour ceux qui connaissent, c’est un fichier OPML, autrement dit une liste de fils RSS). Parmi les plus actifs, on pouvait citer, en plus de Novövision, Samsa ou Jeff Mignon.

Notes de bas de page

[1Le blog Novovision, initialement publié à l’adresse nonovision.fr, est archivé sur le site de Thierry Crouzet. Qu’il en soit remercié.

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3 Messages

  • La presse écrite et Internet 2 novembre 2009 10:11, par Jooooo

    Bonjour, et merci pour cet article, dont je partage la majeure partie des vues.
    Je vous conseille tout de même cet exposé sur les liens entre presse, gratuité et internet, que je trouve particulièrement pertinent :
    http://www.evadoc.com/doc/1086/these-la-presse-sur-internet-peutelle-etre-rentable

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    • L’URL supra ne marche plus. Voici la bonne nouvelle adresse pour la thèse professionnelle de Mathieu de Vivie signalée dans la commentaire supra :
      https://www.scribd.com/doc/14261710/La-presse-sur-Internet-peut-elle-etre-rentable

      Les conclusions de ce travail de synthèse, bien que datant de 2009, restent largement valables aujourd’hui. Elles disent, en un mot, que la presse française, même passée sur Internet, n’est que peu ou pas rentable en elle-même et doit s’adosser à une autre source de revenus.

      Extraits :

      « Au vu de l’abondance de l’information sur le web et des faibles revenus générés par la publicité, il est aujourd’hui impossible en France de faire vivre une grande rédaction travaillant uniquement sur Internet, à moins d’être adossé à un grand groupe et s’il est très difficile de faire un pronostic, deux alternatives semblent se dessiner :

      • d’un côté, des petites structures, souples et proposant du contenu à forte valeur ajoutée, se concentrant sur des thèmes spécifiques et réussissant à fédérer une grande communauté, sont susceptibles d’atteindre l’équilibre. Cet équilibre est néanmoins précaire, notamment en France ou la publicité rapporte beaucoup moins qu’aux États-Unis et il est souvent nécessaire de développer des sources alternatives de revenus
      • d’un autre côté, les grands groupes médias se diversifiant sur Internet peuvent être rentables. Par exemple, le groupe Washington Post détient Kaplan Inc.unit, un service d’éducation très rentable, ce qui permet au journal Washington Post de survivre. En France, le groupe LeFigaro.fr possède de nombreux sites Internet comme Evene, Sport24, Cadremploi, BazarChic ou TickeTac. Si ceux-ci ont une audience faible comparée au site LeFigaro.fr, ils représentent une source importante de revenus.
        [...]
        L’information se consomme maintenant de manière fragmentée, Internet ayant fait exploser la logique de package d’un journal.
        Si les opinions, les faits divers, les informations pratiques ou de divertissements sont peu coûteuses à produire et à rentabiliser sur Internet, l’information de décision (enquêtes, reportages de guerre,etc.) se trouve aujourd’hui en manque de financements.

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  • Selon la Lettre A du 22 août 2018 : Le Parisien perd toujours de l’argent et mise sur le Graal du numérique : avec un déficit de 24 millions d’euros en 2017, l’acquisition de nouveaux abonnés digitaux est devenue un chantier urgent pour Le Parisien.

    Et les Echos ne vont pas mieux non plus, toujours selon la Lettre A (28 août 2018) : Les Echos se développent, leur déficit aussi ! : la SAS Les Echos, éditrice du quotidien économique du groupe LVMH, a enregistré un déficit de 6,6 millions d’euros l’an dernier.

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