L’édition juridique en mutation profonde

Réflexions d’un éditeur et d’un acheteur formateur

Lundi 20 octobre 2014, par Emmanuel Barthe // Liens en vrac

Avec l’aimable autorisation d’Archimag, l’Association pour le Développement de l’informatique Juridique (ADIJ) propose sur son site de consulter librement un des articles récents les plus instructifs sur l’édition juridique française du 21e siècle :
Les métiers de l’édition juridique en mutation profonde.

Cet article est écrit par un acteur de ce secteur, Grégoire Mainçon-Vitrac, rédacteur en chef de la Revue Lamy des Collectivités Territoriales et membre de l’ADIJ.

Dans le numéro de septembre 2014 de la revue Archimag, M. Mainçon-Vitrac décrit les fonctions/métiers existants dans l’édition juridique (presse/édition), et évoque l’évolution des métiers et donc les nouvelles compétences. Il parle aussi de la nécessité pour les éditeurs, pour l’instant, de continuer à produire de l’électronique *et* du papier, notamment parce que les décisionnaires en matière d’achat ne sont pas encore des "digital natives".

On peut aussi aller plus loin que ce constat, qui me semble t-il ne parle que peu de la tendance irrésistible en cours. Même si, comme je l’ai souvent écrit ici, le papier garde ses avantages (moins cher que le online, conservation illimitée, possibilité de consulter librement même après résiliation de l’abonnement, meilleure lisibilité, possibilité d’avoir jusqu’à 5-6 ouvrages consultables en même temps [1]), il n’a plus la faveur de la masse de ceux qui font l’essentiel des recherches en droit : les 18-25 ans, principalement les étudiants, les stagiaires et les jeunes collaborateur.

G.M.V ne parle pas non plus de l’évolution des plateformes en ligne juridiques vers des moteurs de recherche évitant aux juristes l’utilisation des opérateurs logiques (ET, OU, proximité, troncature ...) par le langage naturel, le classement des résultats par "pertinence", l’utilisation de dictionnaires de synonymes voire de thésaurus, de cartouches d’enrichissement en mots-clés Temis ...

Sur la concurrence du gratuit, G.M.V a raison : seule l’offre de textes officiels, de jurisprudence (Legifrance) — mais aussi de rapports publics (Bibliothèque des Rapports Publics, BRP) et de fiches synthétiques destinées au grand public (Service-public.fr) — est de qualité. Pour autant, les sites d’avocats, pour se faire de la publicité et même s’ils n’ont pas le niveau universitaire ni une mise à jour constante, sont devenus beaucoup plus riches en informations, même si cela dépend étroitement des domaines. Le "corporate" et le droit financier sont par exemple très nettement sous-représentés que sur l’Internet gratuit. Quand on voit la qualité de Lexology ou la partie publique de Practicallaw ...

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