Edition juridique française : les stratégies en ligne

Dimanche 17 janvier 2010, par Emmanuel Barthe // L’édition juridique

Si on devait résumer les stratégies en ligne — du moins celles apparentes — des grands éditeurs juridiques français, on pourrait, en simplifiant certes, tenter ceci :

  • groupe Lefebvre-Sarrut : maintien de maisons distinctes, avec chacune ses rédactions, son budget et sa plateforme. Seule timide tentative de fusion : la newsletter Omnidroit. Dans le détail :
    • Dalloz : multiplication des plateformes, largement ciblée chacune sur un public : Dalloz.fr (groses structures ou cabinets multi-matières, Dalloz-Revues (professionnels du droit solo ou petits cabinets), Dalloz-Bibliotheque (BU), Dalloz-Etudiant (étudiants). Moindre accent sur le découpage matière de Dalloz.fr
    • Francis Lefebvre : concentration sur Navis, découpée par matière
    • Editions Législatives : concentration sur Elnet, découpée par ouvrage. Les bulletins d’actualité mensuels font de la publicité pour l’info en continu sur le site payant
  • LexisNexis France : concentration maximale — et débutée avant les concurrents — sur la plateforme LN-JC, mais déclinée avec un certain nombre de contenus en moins selon différents publics (avocats, huissiers, grandes entreprises, fonction publique ...). Importants achats de données publiques (notion de portail). Les autres produits en ligne, pour l’essentiel, sont des produits élaborés aux Etats-Unis (TotalPatent, Know Your Customer ...)
  • Wolters-Kluwer : concentration sur Lamyline (2LR), puis à partir de 2007 changement de cap : multiplication des plateformes matière, une par grand domaine [1] : WK-RH (droit social), WK-HSQE (sécurité, environnement, hygiène), WK-Transport-Logistique. On retrouve ce côté matière chez la maison mère néerlandaise Kluwer : Kluwer Arbitration, Kluwer Litigation, Kluwer Competition
  • Lextenso : améliorations techniques majeures sur la plateforme, à la faveur d’une nouvelle version
  • Lexbase : augmentation du contenu (jurisprudence des barreaux, revues)
  • Thomson France (Transactive) : des améliorations techniques sur le Doctrinal (citation-clé, liens vers les abonnements en ligne de Lextenso et Dalloz), du contenu en plus (arrêt Cass. présentés) mais pas d’évolution tranchante.

Le point commun : les efforts se renforcent nettement sur les plateformes en ligne. Comme je l’écrivais, 2009 aura été l’année du basculement vers le en ligne pour l’édition juridique française et ses clients et utilisateurs [2].

On note aussi un accent mis sur l’actualité, notamment à travers la bien meilleure mise à jour des rubriques correspondantes dans les revues et — avec des manques — à travers une tendance à mettre en ligne plus vite les derniers numéros des revues.

C’est un portrait très rapide du paysage, j’en suis conscient. Les commentaires sont là pour les réactions, désaccords et les nuances.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique

Notes de bas de page

[1Lamyline dépend du pôle PLCP, les autres du pôle Entreprises.

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1 Message

  • Tout comme WK,les Editions Législatives ont aussi multiplié les produits matières par le biais de la gamme des ActuEL (RH,CE,Avocats...) et de partenariats métiers spécifiques (greffiers...).
    L’information juridique traitée de manière plus journalistique et avec des produits spécifiques par métier ou domaine professionnel est peut-être l’avenir de l’édition juridique qui trouvera là un "second souffle" lui permettant de mieux coller à la réalité du marché et de mieux répondre aux attentes des professionnels.

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