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Dernier ajout : 29 juin.

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Oudropo, l’Ouvroir de droit potentiel, lance son nouveau site

Jeu, théorie du droit, humour, mathématiques et audace

Mardi 5 septembre 2017

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Il y avait déjà l’Oulipo, l’Ouvroir de littérature potentielle, fondé notamment par Raymond Queneau et qui compta entre autres Italo Calvino et Marcel Duchamp parmi ses membres.

L’Oulipo est un club discret pratiquant des sortes d’exercices de style mêlant littérature, mathématiques et un humour involontaire. Involontaire car les membres de l’Oulipo pratiquent en fait des recherches très sérieuses, aussi ésotériques puissent-elles paraître au grand public.

Depuis 2013, il y a l’Oudropo, l’Ouvroir de droit potentiel créé sur les mêmes bases. Il vise à créer du droit (fictif) à l’aide de contraintes (notamment mathématiques) que les membres se fixent à eux-mêmes, ce qui mène au jeu, à l’humour mais aussi à un entraînement rigoureux à la réflexion juridique.

Fondé notamment par Emmanuel Jeuland, professeur de droit et auteur bien connu, et ayant pour membres le professeur Pierre-Yves Verkindt, Alicia Mâzouz, enseignante à la Faculté libre de droit d’Issy-les-Moulineaux et divers docteurs et doctorants, l’Oudropo est un lieu de créativité juridique et de théorie du droit. Cela vient de ses origines : né en 2013 dans un séminaire doctoral de théorie du droit de Paris I, l’Oudropo y a depuis pris ses quartiers.

Comme le disent Emmanuel Jeuland, Lisa Carayon et Viveca Mezey, l’Oudropo est une « legaltech à but non lucratif » :

« L’Ouvroir de droit potentiel crée du droit à partir de contraintes d’interprétation ou de composition. Un article de loi peut ainsi être réécrit avec des synonymes ou des antonymes ; un mot choisi au hasard dans le dictionnaire peut devenir un nouveau concept juridique (par exemple : fantôme, yaourt ou kangourou). On peut parler de Openpolaw en anglais (Opener of potential Law). » [1]

Autrement dit (voir le manifeste de l’Oudropo) :

« L’Oudropo, peut conduire assez souvent dans de vaines directions mais pour rester viable, comporte des contraintes de méthodes, d’organisation et de fonctionnement tout à fait précises (quoique toujours fondées sur une part d’humour !). »

Pour plus de détails, lisez L’Introduction à l’Oudropo,, par Emmanuel Jeuland et Pierre-Yves Verkindt, d’après une présentation de l’Oudropo,, totalement réécrite, faite au colloque sur l’Oulipo et les savoirs organisé par l’université Paris Diderot les 11-13 mai 2017.

Le nouveau site web de l’Oudropo a été lancé en juillet 2017 et même si on ne comprend pas tout, on s’y amuse beaucoup. Rien que la conception graphique de sa page d’accueil vaut le coup d’oeil (voir copie écran supra).

Une tranquille et audacieuse franchise est aussi dans les moeurs de l’Oudropo. Voir par exemple le chapitre 7 du roman Oudropo de l’été, "Les quiproquos du Cabazor de Jean Houget", qui dans un dialogue, explique la principale lacune de l’action de groupe en matière d’environnement, apparue depuis peu de temps en droit français.

On peut également en juger par ces extraits de l’Introduction précitée :

« la démarche oudropienne [...] permet une respiration et donne aux étudiants la possibilité de desserrer quelque peu le carcan positiviste (dont nul ne nie le caractère structurant mais qui poussé à l’extrême conduit à un certain dessèchement de la pensée). Bien plus, la démarche permet d’initier des méthodes permettant de sortir d’un blocage. [...]
Sur un plan plus politique, l’approche oudropienne permet de porter un discours sur la créativité en droit qui nous paraît pour l’heure outrageusement monopolisé par des praticiens de la discipline imprégnés, plus ou moins consciemment de "pensée" managériale. [...]
La méthode oudropienne est un instrument de résistance intellectuelle contre les formes nouvelles de servitude engendrées par le "prêt-à-penser" médiatico-politique. »

L’ancien site de l’Oudropo est ici, hébergé par le site du Département de recherche Justice et procès de l’Institut de recherche juridique de la Sorbonne (IRJS, Université Paris I Panthéon Sorbonne).

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, juriste de formation (Faculté de droit de Sceaux, Paris XI)


Blogs juridiques 2017 : les meilleurs annuaires de blogs juridiques français

Ou de l’utilité décroissante des listes de liens — mais pas toutes

Mercredi 22 mars 2017

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Récemment, on m’a demandé ce que vaut la liste de blogs d’avocats qui a la cote en ce moment, celle concoctée — un peu vite fait — par le site LegalPlace : Le Top des blogs d’avocats qui vont vous faire aimer le droit.

En un mot : pas mal, peut servir d’introduction aux blogs d’avocats.

Mais :

  • quelques choix contestables à mon avis et surtout ...
  • de nombreuses URL de ces blogs sont manquantes. Le lien envoie en fait souvent vers le compte Twitter ou LinkedIn de l’auteur et non vers le blog, il faut alors googler le titre du blog ou son auteur ou suivre les liens vers les billets tweetés
  • et des manques. Comme par exemple l’incontournable Kpratique

Si j’avais des recommandations à faire (déjà cités ici [2]), je citerais plutôt :

  • une sélection pas tout à fait à jour (sept. 2015) mais plus rigoureuse et plus complète (et non limitée aux avocats) est disponible : le classement des blogs en droit [3] de Teads Labs (ex-ebuzzing, ex-Wikio)
  • mis à jour en 2015 également et là aussi plus riche et plus rigoureux : l’annuaire de blogs juridiques de Juriconline d’Arnaud Dumourier
  • la meilleure liste de sites et blogs de juristes — notamment d’enseignants — est peut-être chez Eve Matringe (blog Jus et natura nihil operantur frustra). Elle appelle ça sa "confiture de liens" et elle date de 2016 [4].

Les annuaires de liens (dits aussi répertoires de sites) sont en perte de vitesse depuis longtemps. Même le survivant del.icio.us est mort de facto [5].

A mes yeux, sauf s’ils réussissent à être n° 1 sur des expressions clés dans Google (sans un travail de SEO acharné et continu, ça ne marche jamais longtemps), ils valent désormais uniquement comme support de formation. Dans ce cas, et s’ils sont bien faits (résumer l’avantage du site en une phrase ou deux), ils sont efficaces, car ils peuvent apprendre aux internautes novices et étudiants à distinguer très vite le bon grain de l’ivraie.

Quant aux blogs juridiques, pas mal ont survécu depuis la grande époque, à tel point que le terme "blog" a, dans le langage courant, remplacé l’expression "site personnel".

Pour autant, pour beaucoup de juristes, leur véritable blog au sens de de "lieu d’expression ou de communication personnelle et professionnelle", c’est leur compte Twitter, indéniablement. Il suffit de voir le peu de billets postés désormais par Me Eolas sur son blog Journal d’un avocat (deux ou trois en 2017) et inversement la fréquence de sa prose sur Twitter (155 000 tweets depuis juillet 2007, soit une moyenne de 41 par jour) pour s’en convaincre.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


Logiciels anti-plagiat gratuits et payants : une sélection

Dimanche 19 mars 2017

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Le plagiat existe. Voir, pour preuves, celles amassées par le site de référence sur le plagiat — la contrefaçon peut-on dire aussi — dans le milieu universitaire (thèses notamment) : Archéologie du copier-coller est tenu par un enseignant, Jean-Noël Darde, maître de conférence à l’Université Paris 8. Il y a plus de 10 ans déjà, Le Monde et Le Figaro publiaient des articles sur le phénomène en France [6]. Plus récemment, en 2015, le doyen de l’Université de Reims a envoyé ce courrier à ses étudiants. En 2016 encore, deux affaires défraient la chronique aux Etats-Unis [7].

MémoireOnline notamment, facile d’accès et gratuit, est une source classique de plagiats.

Réalisé avec keepcalm-o-matic.co.uk

Des outils anti-plagiat gratuits mais limités

Voici des outils gratuits recommandés (dans l’ordre décroissant de performance sur du français) suite à un test personnel sur un document que l’on m’a soumis pour vérification :

  • PlagScan
  • plagium
  • Positeo
  • Google.fr : l’outil rapide de base, dès qu’on a un doute. Mais qui ne permet ni exhaustivité ni de vérifier de grosses masses de texte (32 mots maximum [8]).

Je vous encourage à copier-coller vous-même de gros extraits d’un document dans ces outils pour vous faire votre propre idée [9].

Des outils anti-plagiat professionnels payants

D’autres outils recommandés et plus puissants existent mais sont payants (dans l’ordre décroissant de réputation d’efficacité sur des documents français) :

Pour aller plus loin

Comparatifs et listes de logiciels de détection de plagiat :

Pour comprendre comment ces logiciels détectent la fraude — oui, c’en est [10], passible de sanctions [11] —, regardez la page How Do We Detect Plagiarism ? de PlagiarimsCheck.org. Je ne pense pas que tous les petits secrets de détection de ces logiciels y soient donnés, mais au moins les règles de base.

Enfin, pour comprendre les raisons qui peuvent inciter au plagiat et le favoriser [12], voir l’excellent cours (PDF, 37 pages) et tutoriels vidéos de Rémi Bachelet (ingénieur et enseignant chercheur à Centrale Lille), disponibles en licence Creative Commons.

Le cours et les vidéos de R. Bachelet expliquent aussi comment éviter le plagiat aux étudiants qui peuvent parfois le commettre sans s’en rendre compte ou se mettre dans des situations qui les y conduisent, par exemple en se mettant au travail à la dernière minute. On peut aussi lire (plus court) le Petit guide sur le plagiat (PDF, 8 pages) publié par l’Université de Reims.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, qui eut autrefois une partie de son site contrefait ...


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