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Presse française : les agrégateurs/banques de données

Pressed est le plus riche en contenu de presse française, Newsdesk surveille toute source en ligne

Lundi 4 juin 2018

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Quatre acteurs majeurs se partagent le marché français des banques de données de presse française. Les autres, notamment les sociétés ex-de "clipping", ne font que de la veille presse sur ce qu’on dit sur une société (les solutions listées infra savent aussi le faire), ils ne fournissent pas de véritable interface de recherche et ne gèrent pas le paiement des droits [1].

- Pressedd de l’Européenne de données (EDD) :

  • Contenu :
    • banque de données en texte intégral de presse francaise : pratiquement tous les quotidiens généralistes, économiques et régionaux (seul revendeur de l’offre de panorama de la PQR France Actu Régions), l’AFP, la grande majorité des magazines/hebdomadaires généralistes (L’Express, Le Point, Le Nouvel observateur, ...) et économiques (L’Expansion, Challenges, Valeurs actuelles, ...) et une part très importante de la presse spécialisée
    • presse en ligne / sites de presse
    • télévision et radio
  • Abonnement.
  • Interface de recherche experte
  • Possibilité de créer des panoramas de presse automatisés (paiement forfaitaire selon nombre d’articles visualisés prévu, y compris les droits de reproduction par e-mail et sur l’intranet) [2].
  • Points forts :
    • ce qui distingue Pressed de ses concurrents banques de données de presse rivales Europresse et LexisNexis France, c’est la quasi-exhaustivité de l’offre en PQN et sa très grande richesse en PQR, inégalée par les concurrents [3]
    • EDD commercialise aussi une version plus simple à interroger et "veiller" de sa base : Premedd. La veille se fait alors sur le simple n° RCS de l’entreprise et non plus sur des mots-clés. Avantages : le "bruit" des résultats disparaît quasi-totalement et on ne rate rien de ses cibles de veille. Inconvénient : sur les grandes sociétés, on peut être inondé.
  • Points faibles cités :
    • les tarifs, certes un peu dégressifs, mais qui restent proportionnels à la consommation
    • l’ergonomie et l’organisation de la nouvelle version de 2015.

- Europresse, ex-société québécoise Cedrom-Sni, passé en 2018 entre les mains de Cision, une entreprise de veille médias et veille concurrentielle, dont le logiciel répond au nom de RP (comme Relations Publiques) :

  • Contenu : banque de données en texte intégral de presse anglophone et surtout francophone : de la presse anglophone et de la presse française et francophone (Le Soir de Bruxelles, ...), avec notamment les quotidiens généralistes (Le Monde, Libération, ...) et économiques (Les Echos, ...) français, les principaux news magazines français (L’Express, Le Point, ...) et certains titres de la presse quotidienne régionale (Le Progrès de Lyon, ...).
  • Abonnement [4].
  • Possibilité de créer des panoramas de presse automatisés avec paiement des droits d’auteur intégré.
  • Points forts cités :
    • simplicité de l’interface
    • certains tarifs.
  • Points faibles : le faible contenu de presse français, même si le strict essentiel y est (voir la liste des sources).

- Newsdesk de LexisNexis [5] de LexisNexis (France) Business Information Services (BIS) :

  • Contenu :
    • banque de données de presse d’abord américaine et anglaise mais aussi française : essentiellement les principaux titres de la PQN (Le Monde, Les Echos, ...) et des news magazines généralistes (L’Expansion, Le Point, ...). En réalité, son contenu français en texte intégral sous licence n’est autre que celui de Factiva, le partenaire presse du groupe LexisNexis, que ce dernier a imposé aux cabinets d’avocats aux Etats-Unis [6]
    • sites de presse et blogs sélectionnés. On peut même ajouter ses propres sources
    • réseaux sociaux
    • télévision et radio
  • Abonnement.
  • Possibilité de créer des panoramas de presse automatisés diffusables par e-mail ou intranet. Paiement des droits d’auteur intégré.
  • Points forts cités :
    • interface à l’ergonomie bien travaillée [7]
    • possibilité la première année d’abonnement de tarifs totalement forfaitaires (i.e. non fonction de la consommation [8]).
  • Points faibles :

Vers 2012-2014, les grands agrégateurs incluent les sites web de presse et une sélection de blogs dans leur index, reconnaissant de facto leur qualité de source d’information et leur utilité pour la veille et concurrençant ainsi enfin Google News (Google Actualités).

Fin 2017, début 2018, avec la mise en avant par LexisNexis de Newsdesk (et le retrait prévisible de Lexis Publisher vu l’absence de mise à jour) puis le rachat d’Europresse par Cision, se confirme une évolution des bases de presse vers un modèle plus large de base de veille médias destiné non seulement aux veilleurs et documentalistes pais aussi voire surtout aux communicants et marketeurs.

- En effet, le quatrième agrégateur de presse en France est un agrégateur de facto, pas de juro : Google Actualités (Google News), souvent associé par ses utilisateurs aux alertes e-mail de Google Alert. Même si son propriétaire considère qu’il n’a pas à payer la presse pour l’indexation (et les extractions substantielles qu’il opère quotidiennement) de leurs sites [10], le robot indexeur de Google n’est pas bloqué par la presse française, il faut le noter. Pour autant, il est de moins en moins adapté aux besoin des professionnels de la veille presse :

  • le problème n° 1 avec Google News, c’est qu’il n’offre aucun contrat sur les droits d’auteur pour diffuser une veille presse. Rediffuser sa veille Google Actualités est totalement illégal par conséquent. Mais, me direz-vous, on peut inciter les utilisateurs à créer leurs propres alertes Google, n’est-il pas ? Ce contournement a ses propres limites ...
  • le problème avec Google News, au-delà, c’est sa couverture nettement plus limitée : articles payants ou non publiés sur le Web sont exclus, les sites de presse réduisent le nombre d’articles gratuits, et le moteur de recherche de GNews ainsi que les performances de Google Alert se dégradent avec le temps. Google News a subi une nouvelle version en juin 2018, plus adaptée aux mobiles qu’autre chose, et la régression continue. Ma collègue Carole Tisserand Barthole de FLA Consultants analyse ainsi ce dernier épisode : « certains éléments et fonctionnalités ont disparu de la nouvelle interface rendant tout simplement la veille et la recherche sur Google Actualités beaucoup moins fonctionnelle. On mentionnera :
    • tout d’abord une perte de contexte. Pour chaque actualité, on ne dispose plus des premières lignes de l’article ou des mots-clés en contexte et il est donc plus difficile de se faire une idée précise de ce que peut contenir l’article
    • une absence d’estimation du nombre de résultats et de possibilités de filtrage par date. Il n’y a plus aucune notion du nombre de résultats et les résultats s’affichent et s’ajoutent au fur et à mesure que l’on fait défiler la page [...]
    • une impression trompeuse d’exhaustivité avec le bouton « Voir la couverture complète » disponible sous certaines actualités. Si Google agrège bien quelques articles et autres contenus vidéos ou tweets tout à fait pertinents, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une simple sélection d’articles récents sur un sujet et que cela n’inclut pas l’intégralité des articles sur le sujet indexés par Google lui-même...
    • des flux RSS devenus a priori invisibles »
  • un énorme avantage de Google News demeure toutefois : avec ses algorithmes machine learning et guidé par les liens hypertextes, il rassemble plus aisément que les agrégateurs un ensemble d’articles pertinents et de (plutôt bonne) qualité sur un sujet donné.

Conclusion : les agrégateurs ont nettement progressé, mais ils ont encore du pain sur la planche.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, veilleur, formateur


BMBG : le blog malin des défenseurs des franchisés

Lundi 28 mai 2018

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Cela fait longtemps que je n’avais pas signalé un site ou blog de cabinet d’avocats.

En voici un qui assiste les franchisés : BMBG (Bourgeon Meresse Guillin Bellet & Associés).

Deux des associés du cabinet, Serge Meresse et Olga Zakharova-Renaud, sont les auteurs de l’ouvrage Droit de la franchise co-écrit avec le professeur Cyril Grimaldi et publié par LexisNexis dans la collection Professionnels.

Mais c’est leur site et plus encore leur blog qui m’a frappé :

  • charte graphique sobre, élégante, facile à mémoriser. Et — coïncidence ou intention — dans les couleurs rouge et noir, avec des blocs délimités par des lignes gris clair, le tout sur fond blanc : très proche de la plateforme de l’éditeur de leur ouvrage
  • parfaitement adapté aux interfaces mobiles (RWD : responsive web design)
  • la zone Contact est systématiquement présente au bas de chaque page du site. Et elle est grosse, claire, facile à remplir et on ne peut pas la rater. Marketing 101, nickel
  • un blog malin. Au lieu de publier — à l’identique — des articles publiés dans des revues juridiques (et qui n’intéresseront que les directeurs juridiques, donc des entreprises souvent trop grosses pour être franchisées, et ... les concurrents), les avocats du cabinet évoquent des trucs à connaître pour les franchisés. Cela, dans un language non pas technico-juridique (donc risquant d’éloigner leurs prospects) mais comme un article publié dans la rubrique management des Echos ou de La Tribune. On peut ainsi lire sous la pluem de Serge Meresse un des plus courts et pourtant des plus convaincants plaidoyers pour la médiaiton
    Et quand ils écrivent du juridique, ils ne reproduisent pas d’extraits d’un arrêt ni ne le commentent. Non, ils se contentent d’en résumer les points avantageux pour les franchisés. Mais sans donner les références complètes de la décision, juste la cour et la date. Difficile ainsi de se procurer copie de la décision sans les contacter ...
  • enfin, marketing 101 toujours, les billets de blog ont les boutons qui vont bien en dessous, pour les signaler sur les réseaux sociaux.

Emmanuel Barthe


Dans notre série "L’e-administration avance (lentement)"

RPVA ou quand la technique prend le pas sur le droit

Les bugs absurdes de la messagerie entre avocats et juges

Vendredi 20 avril 2018

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Un fil de discussion sur Twitter, signalé par mon collègue Rémy Lérignier, liste quantité de bugs — et autant d’absurdités — liées au limites criantes du fonctionnement technique du Réseau privé virtuel avocats (RPVA), la messagerie antédiluvienne qui permet aux avocats de communiquer avec le greffe (le secrétariat d’un tribunal).

Le problème, c’est que le plus souvent, il est nécessaire/obligatoire d’utiliser cette messagerie ...

Cela dit, pour reprendre la phrase de l’OP : « Les greffiers ne font qu’utiliser un outil informatique institutionnalisant le "refus de message" ce qui leur fait commettre des excès de pouvoir. »

La discussion sur Twitter, débutée par David van der Vlist :

« RPVA ou quand la technique prend le pas sur le droit :

- Un confrère se constitue dans un dossier devant la Cour d’appel. Rien d’anormal. Il ne voit pas que le numéro de chambre est mentionné entre l’adresse de la Cour et le téléphone en haut au milieu.

Il utilise donc le module "constitution d’intimé", renseigne tout (numéro DA, numéro RG etc) et sélectionne "bureau d’ordre social" comme destinataire.

Résultat : refus de message par le greffe.

Dans la foulée, il envoie par RPVA ses conclusions d’intimé par message en mettant en copie l’avocat de l’appelant : refus de message parce qu’il n’est pas constitué.

Il écrit à la Cour pour s’en plaindre (par message RPVA) : refus de message.

Pour mémoire, les articles 930-1 et 911 du CPC prévoient une remise au greffe de la juridiction et non au greffe de la chambre.

- Dans un autre dossier, j’écris à la Cour par message RPVA : refus de message (pas de pièce jointe).

- Dans un autre dossier, une consoeur veut se constituer dans une procédure sans représentation obligatoire : impossible d’utiliser le module "constitution d’intimé" car la procédure est sans représentation obligatoire. Elle adresse son message par RPVA en renseignant l’évènement "constitution int sans représentation obligatoire" : refus de message car il faut utiliser le module "constitution d’intimé".

- Dans deux de ces dossiers, les confrères me demandent d’aller à la Cour pour voir le greffe, on me dit que les messages refusés sont supprimés et qu’il faut refaire les actes en respectant les "demandes techniques".

- D’où mes questions :

  • Quand a t’on décidé de permettre au greffe de juger de la recevabilité des actes de procédure par le biais de "refus de messages" ?
  • Quand a t’on décidé que les exigences techniques pouvaient imposer des contraintes supplémentaires à celles du Code de procédure civile (CPC) ?
  • Pourquoi ne sommes nous pas scandalisés quand nous recevons un refus de message alors que nous hurlerions au scandale si le greffe jetait à la poubelle un acte papier que nous déposons sans le transmettre à un magistrat en ajoutant des exigences de forme à celles du CPC ?

- Dans les perles, je me suis constituée dans un dossier TGI et j’ai eu un message de refus de ma constitution au motif que je n’étais pas constituée. Imparable. J’ai du me constituer par papier.

- Ceci étant cela revient au même que lorsque côté cour on veut homologuer un accord à l’audience et que le greffier répond que c’est impossible parce que WinCi CA ne le prévoit pas !

- Cassiopée ne connaissait pas le changement de qualification au moment de la mise en examen, ce qui nécessitait moultes manip techniques pour rectifier le tir dans le dossier, et risque de coquilles.

J’ai fait la formation sur la 1ère version de Cassiopée. Je n’ai plus tout en tête mais il y avait des tonnes de trucs problématiques. Et qd on posait la question en essayant d’expliquer le problème aux formateurs, la tête des formateurs !

- Techniquement il n’y a pas de postulation en appel en matière sociale, mais on continue de payer des postulants parce que e-Barreau ne permet pas de se constituer devant une autre cour que la sienne. »


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