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Dernier ajout : 7 février.

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"Cessons de lire la presse !" [sur un ton provocateur]

De l’indépendance des médias classiques

"Filons sur les fils RSS des blogs !" [sur un ton branché]

Mardi 6 novembre 2007

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[Avertissement : cet article au ton légèrement provocateur n’engage que moi ... comme tous les billets de ce blog.]

Pourquoi donc les politiques et bien sûr les médias eux-mêmes se morfondent-ils du recul des ventes de la presse française ? Cette baisse du chiffre d’affaires n’est elle pas justifiée ?

Indépendance ?

Le sondage annuel réalisé par TNS-Sofres pour Télérama puis Le Point et/ou la Croix sur la confiance — très limitée — des Français dans les médias est révélateur. L’affaire actuelle du rachat des Echos par le groupe LVMH ne fera qu’ajouter à leur méfiance. Et ce n’est pas pour rien que le Canard enchaîné a choisi de consacrer son dernier hors série à la censure [1].

Mais peut-être n’y a t’il rien de plus éclairant qu’une phrase de Ranson, le dessinateur-caricaturiste attitré [2] du Parisien, dans le petit magazine réservé aux abonnés de septembre-novembre 2007 :

« Question : Avec l’humour, est ce que vous pouvez aborder tous les sujets ?
Ranson : Je peux déjà en dire beaucoup plus que les rédacteurs. [et il ajoute quelques phrases plus loin : ] en matière de dessin de presse, la transgression reste — à quelques exceptions près — confidentielle ! »

Tout le monde aura noté la comparaison avec les rédacteurs. Pas besoin d’en rajouter.

On peut aussi citer Robert Solé, le médiateur du Monde, à la fois cynique et amer dans cette courte chronique sur le rachat des Echos par LVMH : « l’indépendance de la presse est, malheureusement, rare comme une pierre précieuse : un luxe » [3].

Concrètement, à part moins d’une dizaine de titres [4], la presse française ne brille ni par ses scoops, ni par son indépendance par rapport au financement publicitaire et au pouvoir politique [5]. On peut là aussi renvoyer au hors série du Canard précité.

Pourtant, questions scoop, les sites web des gratuits accélèrent la vitesse de l’information, grillant le plus souvent la politesse aux sites de Libération, du Monde ou du Nouvel Obs’ et même à celui des Echos, mais ne donnent pas vraiment de grands scoops et leurs "dossiers", pour méritoires qu’ils soient, restent rares et ne ressemblent pas souvent à des analyses de fond [6]. Quant à leur liberté réelle d’opinion, inutile d’élaborer là dessus ...

Du côté des causes

Pas le choix, me direz vous, vu les coûts de fonctionnement d’un journal papier et la baisse du lectorat. En remontant plus loin, on trouve la concentration galopante et l’affaiblissement des groupes de presse familiaux dû à l’épuration de l’après-guerre.

Du côté des journalistes, quand ils s’expriment librement, la recherche des causes du malaise donne ceci : Indépendance de la presse ... laquelle ? (blog Balises 22 octobre 2007), où l’auteur, Fabrice Frossard, ne met pas seulement en cause la concentration des médias, mais aussi les pratiques professionnelles des journalistes (« Disposer d’une semaine, un mois ou plus pour enquêter c’est devenu un luxe que de rares supports peuvent s’offrir ».) et le public. Il va même — et je le suis largement — jusqu’à expliquer que « certes certains journaux se passent de pub. Le Monde diplomatique, le Canard enchaîné, Alternatives économiques pour les principaux. En contrepartie d’un vrai parti-pris éditorial et de fonctionnement et d’une orientation très marquée. Parlant du coup aux lecteurs qui sont dans la même communauté de pensée et les renforçant dans leur croyance. ».

Mais de toute façon, la relève Internet/blog n’est elle pas là ?

Etonnez vous après cela que les Français aillent de plus en plus sur Internet chercher de l’information certes le plus souvent "non validée" comme disent les journalistes institutionnels, mais aussi moins contrôlée. Qu’on soit professionnel de l’information ou simple citoyen, on ne peut que souhaiter que se développent des initiatives de journalistes comme Rue89.com. Rue89 se définit lui-même comme un « journal en ligne, dirigé par trois [ex-]journalistes de Libé et faisant appel à la participation des internautes pour le contenu ». Pour une start-up, il ne marche pas trop mal, si on en croît un article du Monde. Le Monde, justement, lance aujourd’hui un site de journalisme participatif sur LePost.fr, sans, *officiellement*, aucune « logique éditoriale dans la présentation du site : ni hiérarchie, ni thématique » [7]. Les commentaires vont déjà bon train].

Alors, certes, des voix discordantes s’élèvent pour condamner, non sans certaines raisons, le manque de qualité et de validation de nombreuses sources d’information très populaires et très consultées sur Internet et regretter l’époque révolue de la domination sans partage des experts — ou ("my two cents") des notables ? Ainsi Pierre de Gasquet, journaliste au service Enquête des Echos, fait il bon accueil au pamphlet d’Andrew Keen "Le culte de l’amateur : Comment l’Internet d’aujourd’hui tue notre culture" [8]. Pour une réaction favorable au Web 2.0 et relativisant les critiques de Keen, lire les analyses de Francis Pisani, du Monde.

Les regrets et les critiques des Keen et autres ne changeront rien à l’évolution en cours sur Internet. Et ils ne changeront pas plus l’évolution de la presse vers un désengagement des familles fondatrices attachées à l’indépendance éditoriale de leurs publications et son corollaire, une concentration de plus en plus forte entre les mains de groupes industriels, financiers ou de diverstissement dont les activités principales n’ont rien à voir avec de l’information critique et indépendante. J’en veux pour preuve la dernière rumeur en matière de presse : le groupe britannique Pearson, le propriétaire du Financial Times (FT), qui vend donc Les Echos, aurait engagé des discussions avec le groupe Spiegel, selon le quotidien allemand Handelsblatt, pour lui céder les 50% qu’il détient dans FT Deuschland [9]. Si vous ajoutez à cela que Bernard Arnault a déjà fait savoir qu’il pourrait être intéressé par le FT ...

On ne peut d’ores et déjà plus couper à une veille serrée sur les meilleurs blogs des domaines qui intéressent. Mais il faut souvent croiser les sources, les réévaluer, en changer. Comme des journalistes, quoi :-)

Emmanuel Barthe
documentaliste veilleur qui lit un peu de toute la presse tous les matins, soit à travers une base de données de presse (Pressedd), soit à la main avec le bon vieux papier


Rechercher et commander un jugement sur le site du greffe du Tribunal de commerce de Paris : limite faisable

Ou l’anti-commerce électronique de données juridiques

Jeudi 11 octobre 2007

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Le site web du Greffe du Tcom Paris permet en théorie de commander copie de ses jugements.

En fait, la recherche n’est pas évidente du tout. Disons le franchement, c’est limite utilisable :

  • il faut taper à la fois le nom du demandeur et celui du défendeur, sinon, il ne répond pas ("pour des raisons de confidentialité" dixit le site alors que la loi CNIL ne s’applique pas aux personnes morales ...)
  • ou bien connaître exactement le n° RG. Mais aujourd’hui, il comportait une petite erreur. Bon, j’ai fini, par mes noms de parties, par retomber sur mes pattes. Du moins je croyais
  • puis la procédure en ligne est longue, le site exige même un n° de téléphone (pour quoi faire ? du marketing ?)
  • pas de visualisation d’un extrait avant de payer, histoire de vérifier que c’est le bon jugement ...
  • il faut enfin sortir sa carte bleue, là aussi c’est long
  • le jugement peut être de pure procédure, on n’en sera pas averti avant de le visualiser. C’est ce qui m’est arrivé : un jugement de renvoi. Alors que je sais que la décision au fond dans la même affaire a été rendu début 2007. CQFD !
  • je recommence la recherche. Je trouve une deuxième affaire avec les mêmes parties. Je commande le jugement. Le site me sort le même qu’avant ! Re-CQFD ! La seule bonne chose dans cette affaire, c’est que le lendemain, un e-mail du Greffe m’apprend que mon compte est recrédité pour ma deuxième dépense, car en fait l’affaire avait été radiée : « [...] le jugement N° RG [...] ne fait pas l’objet de rédaction d’une minute. Prenez ci-dessous connaissance de la décision rendue : Décision du 2002-06-28 00:00:00 : DECISION DE RADIATION. Nous recréditons donc ce jour votre compte du montant de votre commande ».

Conclusion : aujourd’hui, j’ai payé en vaindeux une fois 3,11 euros et perdu plus d’une demi-heure. Et ce n’est pas ma première tentative. D’ailleurs, les quelques tentatives précédentes s’étaient justement arrêtées avant même le paiemnt en ligne : il était impossible de trouver les jugements avec les informations que j’avais, pourtant suffisantes en général dans une base de jurisprudence.

Ce n’est pas exactement comme ça que je voyais un site web juridique de commerce électronique :-(

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, consommateur-acheteur de documents juridiques


Bases de données de textes officiels : les progrès de LexisNexis-Jurisclasseur, les avantages de Lamyline Reflex et de Legifrance

Samedi 6 janvier 2007

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On pose la question : est-il nécessaire de conserver un abonnement au JurisClasseur Codes et lois en raison de la présence des codes sur Légifrance ?

Personnellement, j’utilise :

  • Legifrance LEGI et LEX
  • si j’ai des trous sur Legifrance ou des doutes, je passe au JCl Codes et lois *papier* (vu que la plateforme en ligne LN-JC découpe tout par article) [mise à jour : ce n’est plus le cas depuis 2008 : sous LN-JC, le lien "Texte complet" sous "Afficher" permet d’avoir en un clic le texte complet].

L’équipe de spécialistes des textes juridiques français d’Hervé Moysan chez LexisNexis France est de qualité et leur interprétation du droit peut diverger — avec raison souvent — de celle de Legifrance. Voir l’intervention de M. Moysan à la journée 2004 de Juriconnexion/LII.

Mais cette question m’a amené à découvrir les progrès récents faits par LexisNexis sur le contenu et l’interface de recherche de l’onglet Législation de sa plateforme en ligne LexisNexis-Jurisclasseur (LN-JCl). Ca s’est en effet beaucoup amélioré.

Il existe maintenant quatre masques de recherches dans l’onglet Législation de la plateforme :

  • Législation consolidée
  • Législation - Réglementation citée
  • Codification
  • Journal Officiel.

Et la législation consolidée recule à 1539 ("édit" (en fait une ordonnance) de Villers-Cotterêts). Une des promesses de LexisNexis sur cet onglet est remplie. [10]

Mais la base JORF de LN-JCl ne recule qu’en 1990 ! Ce n’est rien d’autre que le même contenu que Legifrance : normal, LexisNexis a pris une licence Legifrance. Lamyline Reflex, lui, recule en 1955 sur le JO.

Cependant, à ma connaissance, la plateforme LN-JC ne reproduit pas les textes en un seul morceau [mise à jour : depuis 2008, ce problème ne se pose plus, cf supra]. Les avocats n’apprécient guère les textes découpés en articles. C’est d’ailleurs le principal reproche qu’ils font à la base LEX de Legifrance ...

Personnellement, en matière de textes, je continue à préférer Legifrance, notamment pour ses fonctionnalités de liens entre les textes (base LEX justement), et les sources officielles de Lamyline Reflex, notamment pour leur recul chronologique et leurs bulletins officiels (reculant bien plus loin dans le temps que les versions des BOs disponibles sur les sites web des ministères). [mise à jour à avril 2009 : cet avantage va largement disparaître avec le site web regroupant les circulaires et instructions sous l’égide du Premier ministre, site prévu pour le 1er mai 2009]

Ailleurs, Lamy promet sa nouvelle interface de Laymyline Reflex depuis près de deux ans et Francis Lefebvre peine à entendre les nombreuses demandes d’amélioration de Navis.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


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