Portails juridiques officiels - Diffusion des données juridiques publiques

Dernier ajout : 28 novembre.

Derniers articles

Les implications du discours d’installation du Premier Président de la Cour de cassation ...

Justice — Effectifs des greffes et diffusion des arrêts : un thème en baisse — Numérisation des procédures : un thème en hausse

... et celles de l’entretien donné au Monde par la ministre de la Justice

Jeudi 7 juin 2007

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Le 30 mai 2007, Vincent Lamanda [1] prenait ses fonctions de nouveau Premier Président de la Cour de cassation [2].

Son discours de prise de fonctions jette, malgré toute la diplomatie du propos, un regard rapide mais lucide sur l’état de la Justice, et notamment de son financement en termes de moyens et de personnel.

Audience solennelle d’installation du premier président de la Cour de cassation le 30 mai 2007 - Propos de M. Vincent Lamanda - Extraits :

« Madame le directeur du greffe,

Il ne peut s’instaurer entre nous qu’une véritable communauté de vues. La règle est absolue : pas de bonne juridiction sans un bon greffe. Trop méconnus, les fonctionnaires des services judiciaires sont pourtant les chevilles ouvrières du succès de nos projets. »

Toutefois, à mon sens, il glisse un peu trop vite sur le rôle crucial des greffiers. Certes, il n’oublie pas de rappeler l’importance de leur rôle, mais on aurait bien aimé qu’il développe un peu, tant le sous-effectif des greffiers et la complexification de leur travail sont évidents [3]. La qualité de la Justice au quotidien, pour le justiciable de base comme pour l’avocat d’affaires ou le dirigeant d’entreprise jugé au pénal, en dépend directement. Or des signes laissent entendre que la numérisation des procédures s’accompagnerait de réduction d’effectifs ...

On retrouve là la classique, mais semble t’il légitime, demande de moyens supplémentaires, le nombre de magistrats n’ayant que peu évolué depuis le 19e siècle [4].

« [...] un vieux rêve : un corps judiciaire doté de moyens appropriés, respecté de tous ses partenaires, riche de sa diversité, mais dépourvu de dissensions, passionné par ses fonctions, mais les exerçant, quoi qu’il arrive, sans passion, transparent dans sa manière d’agir, mais gardien vigilant des secrets qu’il détient, recevant de la société autant de confiance qu’il lui en apporte. »

Je note au passage que M. Lamanda n’évoque pas le sujet sensible de la diffusion de la jurisprudence de la Cour et de celle des cours d’appel. Une "transparence" bien déficiente, les décisions de justice étant publiques et communicables dans la plupart des cas, alors même que certain éditeur obtient sans problème de très nombreuses décisions de première et deuuxième instance non présentes sur la base JURIDICE de Legifrance, qui semble toujours aussi en retard et presque toujours aussi "bloquée" [5].

De toute façon, ni la diffusion du droit ni les moyens donnés aux services de la Justice ne semblent faire partie, au moins pour l’instant, des priorités de la nouvelle Garde des Sceaux [6], pourtant elle-même magistrate.

En revanche, juste avant la fin de l’entretien, elle indique qu’elle compte reprendre à sa charge le dossier de la numérisation des procédures :

Rachida Dati, entretien donné au Monde le 2 juin 2006 (propos recueillis par Nathalie Guibert et Alain Salles) :

« Quels sont vos autres chantiers prioritaires ?

[...] Je souhaite également développer avec détermination une numérisation des dossiers judiciaires, pour améliorer l’efficacité de la justice. Ainsi, les avocats pourront avoir accès en ligne à leurs dossiers. »

Bon, ce n’est pas demain la veille ... [7] Mais comme au moins au niveau de la Cour de cassation et des juridictions administratives, le projet est bien avancé, avec télétransmission de la majeure partie du contenu d’un dossier, on peut être optimiste pour les juridictions judiciaires des premiers et deuxièmes degrés.

En revanche, question moyens humains [8] et diffusion du droit, on reste clairement sur sa faim.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique et consommateur de justice :-)


EUR-Lex : quelques lacunes gênantes persistent

Jeudi 31 mai 2007

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Depuis 2005 et mon article sur le nouvel EUR-Lex, du temps a passé. Je refais donc le point sur la nouvelle version d’EUR-Lex (intégrant dorénavant la base CELEX). Les avantages ont été vus (cf article cité supra) et demeurent. Mais beaucoup de manques demeurent également.

A cet égard, et en prévision de la rencontre du 6 juin avec Mme Berteloot, chef de l’Unité A1 EUR-Lex à l’Office des publications officielles communautaires (OPOCE), nous les listons infra (liste non exhaustive).

[Mise à jour au 27 juin 2006 : la rencontre avec Mme Berteloot a été fructueuse. Nous reproduisons ses réponses ou renvoyons vers sa présentation dans notre article EUR-Lex : les réponses de Mme Berteloot aux questions de Juriconnexion.]

Veille

- Quand donc le service d’alerte e-mail sur mots-clés LexAlert sera t’il en mis service ? Cela fait deux ans qu’il est en test ...

- Flux RSS : les anciens fils d’EUR-Lex ne semblent plus valides — ce qui ne serait pas surprenant puisqu’ils sont basés sur l’ancien site d’EUR-Lex. Ils n’était par ailleurs pas trés pratiques à mettre en place. Qu’en est il avec le nouveau site ?

Recherche

- Y a t’il un projet de passer la recherche avancée d’EUR-Lex en page web classique ? Elle est en Java et très souvent ne se charge pas correctement alors que l’expérience similaire de TED en matière d’interfaces Java s’est révélée elle aussi peu concluante, au point de se solder par la construction d’une interface HTML qui fonctionne beaucoup mieux.

- Des problèmes d’indexation, certes moins fréquents, persistent : des textes ne sortent pas alors qu’ils auraient dû sortir sous certains mots-clés. Reprenons l’exemple que je développais dans mon précédent et long article : dès qu’on tape autre chose que son numéro (avec le seul numéro, ça marche), la décision 456/2005/CE établissant un programme pluriannuel concernant l’accessibilité au contenu numérique européen est introuvable par la recherche simple sur le titre aussi bien que par la recherche simple sur le titre et le texte. Un peu moins de problèmes avec la décision de la Commission du 26 novembre 1996 portant approbation du programme d’éradication de la rage pour l’année 1997 présenté par l’Autriche et fixant le niveau de la participation financière de la Communauté, mais quand même pas mal ...
D’autre part, devoir utiliser le champ AVEC comme opérateur ET est en contradiction flagrante avec les trois syntaxes devenues des standards de fait pour cet opérateur : l’espace (ET implicite) et le ET ou le AND. Même remarque pour l’opérateur OU, ici figuré par la virgule.

Navigation

- Les URLs des pages web sont longues et absconces. Celles des PDF sont mieux, mais restent très longues.

Contenu

- Documents non publiés au JOCE/JOUE + textes publiés au JOCE mais anciens : ils ne sont disponibles en texte intégral qu’au seul format TIFF (image) et uniquement sur demande par e-mail. Le vieux système EUDOR : on le croyait pourtant dépassé, et on l’espérait bel et bien enterré. Cela sera t’il amélioré ? ces anciens textes seront ils mis en ligne ?

- Bases PreLex et OEIL (dossiers législatifs/textes préparatoires) :

  • retrouve t’on bien tous les travaux émis par le Parlement européen ou la Commission européenne sur ces deux bases et notamment toutes les discussions afférentes à un projet de directive par exemple ?
  • lorsquon fait des recherches sur les travaux préparatoires d’une directive, c’est un peu kafkaïen pour s’y retrouver et les documents que l’on peut consulter, notamment au niveau du Parlement européen, paraissent toujours un peu "maigrichons" au regard de l’importance du sujet ...

- mesures nationales d’exécution (MNE) sur EUR-Lex :

  • quand seront elles réellement à jour ? [9] / quand obligera t’on (ou aidera t’on) les gouvernements nationaux à transmettre de manière exhaustive et surtout rapide ?
  • dans la mesure on ne connait pas la fiabilité de la base des MNE, serait il possible de connaitre les dates des dernières mises à jour ?

- Difficultés pour trouver des documents anciens : anciennes conclusions des avocats généraux de la CJCE, tout comme d’anciens travaux préparatoires, rapports...

Aide

- Manque de conseils/guides/avis pour l’utilisation des bases OEIL et PRELEX : comparaison, mode d’optimisation des recherches, antériorité.

"Webliographie" rapide

Sinon, on peut utilement lire les "papiers" suivants :

Emmanuel Barthe
documentaliste et testeur de bases de données juridiques


Avantage Assemblée pour ses dossiers législatifs plus complets ?

Sites web parlementaires : Assemblée nationale contre Sénat

Ou avantage Sénat pour ses bases, son moteur de recherche et sa veille ?

Lundi 14 mai 2007

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Façade de l'Assemblée nationale
En 2003, le site de l’Assemblée nationale (AN) avait rattrapé le niveau du site du Sénat, historiquement l’un des plus en pointe sur l’Internet juridique français et nettement devancier de son collègue. Petit événement symbolique, Sylvain Mulard signalait le 25 novembre 2003 sur la liste Juriconnexion la mise en ligne du "jaune" de l’Assemblée depuis le 22 octobre 2003. Pour les non spécialistes du droit parlementaire, le "jaune", expliquait M. Mulard, « est relatif à l’ordre du jour prévisible de l’audience publique de l’AN. » C’est donc un document très volatile et très "pointu", qui illustre la rapidité de mise à jour et l’exhaustivité des dossiers législatifs du site de l’Assemblée.

Deux ans plus tard toutefois, en 2005, le site du Sénat pourrait bien avoir repris l’avantage avec son nouveau moteur de recherche et son système de veille (voir infra).

Chacun a ses points forts à lui. Mais malgré leurs différences, les deux sites parlementaires partagent aussi quelques bons points ... et très peu de points faibles.

L’avantage du site de l’Assemblée : des dossiers législatifs plus complets

L’AN a commencé à rattraper son retard sur le Sénat en 2001. D’une manière générale, j’ai constaté que de nombreux contenus étaient apparus sur le site de l’AN depuis sa refonte en 2001 [10].

Voici, à mon avis, les avantages du site de l’Assemblée nationale sur celui du Sénat.

Tout d’abord, la page d’accueil du site de l’AN (image infra) est exhaustive : elle donne accès directement à toutes les rubriques et sous-rubriques du site. Même si ça la rend un petit peu trop touffue [11], donc légèrement moins claire que celle du Sénat ...

Les autres points forts du site de l’AN tiennent à l’exhaustivité de ses dossiers législatifs :

  • tous les documents, sauf là encore les débats en séance et travaux des commissions, sont disponibles en PDF. Le Sénat réserve le format PDF aux seuls rapports et avis, même les textes adoptés ne sont présentés qu’au format HTML [12]. C’est dommage, car le format PDF est beaucoup plus pratique et plus "propre" à imprimer que le HTML [13]
  • liens vers les travaux préparatoires du Sénat plus complets que les liens du Sénat vers ceux de l’AN. En effet, le Sénat ne publie pas sur son site le lien vers le compte-rendu des débats de l’AN. L’Assemblée, elle, publie le lien vers les débats du Sénat. C’est très pratique, puisque ça permet d’accèder à la totalité des travaux préparatoires d’un projet ou d’une loi à partir d’une seule page web. Certes, me direz-vous, mais quel est donc l’intérêt des débats parlementaires, une fois un texte adopté ? Eh bien, celui-ci : certains détail utiles pour interpréter une loi, mais aussi certaines explications sur l’adoption ou l’abandon de tel ou tel amendement, ne se trouvent *que* dans les débats. Le site de l’AN évite donc un aller-retour casse-pieds entre les deux sites. Pour un professionnel du droit ou de la documentation, toujours pressé, ce détail n’en est pas un.

En revanche, si Sénat et Assemblée sont quasiment à égalité en ce qui concerne le recul sur le texte intégral, les bases de données de l’Assemblée ne remontent pas du tout aussi loin que celles du Sénat. Sur le site de l’Assemblée, à part les questions parlementaires et réponses ministérielles qui remontent à 1988, rien ne date d’avant 1997, alors que les grandes bases de données historiques de références (pas de texte intégral, certes) du Sénat remontent elles à 1978 et que son texte intégral date de 1998 [14].

Les avantages du site du Sénat : ses bases de données, son moteur de recherche novateur et son système de veille avancé

Les bases de données du Sénat

Le site du Sénat a aussi ses avantages comparatifs, qui depuis 2005 excèdent à mon avis ceux de l’Assemblée, ramenant le match entre les deux sites à ses débuts, lorsque le site du Sénat dépassait celui de l’Assemblée par son contenu et ses liens.

Si l’on met de côté les images de ses très belles
expositions :-), il s’agit à mon sens principalement de l’accès à plusieurs bases de données parlementaires ou purement sénatoriales uniques et développées depuis bien plus longtemps que l’arrivée d’Internet :


- Application des lois (APLEG) http://www.senat.fr/recherche/rech_dosleg.html (ancienne interface de recherche, inaccessible depuis début mai 2005 : http://www.senat.fr/senat/aplegdom.html) : « fournit, pour chaque loi votée depuis juin 1981, la liste exhaustive des textes réglementaires pris pour leur application. Pour chaque loi, seuls les articles nécessitant des mesures d’application figurent dans la base ». APLEG permet au Sénat de suivre l’application des lois adoptées : en clair, la prise des décrets d’application nécessaires par le Gouvernement. En effet, la base LEX, qui "chaîne" les textes français, a ses lacunes, notamment sur les textes d’avant les années 80 [15]. Il m’arrive de devoir interroger APLEG faute d’une autre solution ou en complément de celle-ci
- Processus législatif (LEG ou LEGIS) (ancienne interface de recherche, inaccessible depuis début mai 2005 : http://www.senat.fr/senat/legdom.html) : « références de l’ensemble des travaux préparatoires à l’adoption d’un texte de loi par le Parlement depuis 1978 ». Cette base est maintenant intégrée dans la base des dossiers législatifs
- Rapports (RAPP) ([ancienne interface de recherche, inaccessible depuis début mai 2005 : http://www.senat.fr/senat/rappdom.html) : « accès à l’ensemble des rapports parlementaires du Sénat depuis 1978 (références, sommaire et, depuis octobre 1997, texte intégral) : rapports et avis législatifs, rapports d’information, rapports de commission d’enquête et de contrôle, rapports des offices parlementaires ». Les rapports législatifs sont à chercher maintenant dans la base des dossiers législatifs, ceux d’information dans une base spéifique Rapports d’information http://www.senat.fr/recherche/rech_rapports.html (« tous les rapports d’information édités par le Sénat depuis le 1er juillet 1996, en texte intégral »)
- Questions (QUES) http://www.senat.fr/recherche/rech_questions.html (ancienne interface de recherche, inaccessible depuis début mai 2005 : http://www.senat.fr/senat/quesdom.html) : « références de l’ensemble des questions écrites et orales posées par les sénateurs, depuis le 2 avril 1978, avec le texte des questions écrites et des réponses ministérielles depuis avril 1986, et depuis 1999, le texte intégral des questions orales sans débat et des questions d’actualité au gouvernement ». Notez que la base de données des questions et réponses ministérielles du Sénat permet l’interrogation sur l’ensemble des législatures, autrement dit l’entièreté de la base. Celle de l’AN n’est interrogeable que législature par législature
- Textes européens (PAC) http://www.senat.fr/recherche/rech_europe.html ([ancienne interface, inaccessible depuis débaut mai 2005 : http://www.senat.fr/senat/pacdom.html) : « recense tous les textes européens soumis au Sénat en application de l’article 88-4 de la Constitution depuis la mise en oeuvre de cette disposition en 1992 »

Avec la mise en service de Basile, le nouveau moteur du site du Sénat (voir ci-dessous), tous les accès aux anciennes interfaces spécialisées pour ces bases ont été fermés et remplacés par Basile. Ses versions spécialisées remplacent largement les anciennes interfaces, de par le contenu qu’elles interrogent : QUES (questions), PAC (textes européens) et LEG (références des travaux parlementaires) couvraient en effet le même contenu que les versions spécialisées de Basile que sont Questions, Textes européens et Dossiers législatifs (voir infra).

Quant à APLEG, pas d’interface spécialisée mais simplement un lien en bas de chaque dossier législatif ayant donné lieu à un loi/ordonnance. En fait, on interroge désormais APLEG indirectement, en cherchant d’abord le dossier législatif dans la nouvelle base Projets/Propositions de loi Dossiers législatifs (dite DOSLEG)/ En effet, comme le mentionne la page du moteur de recherche de DOSLEG, « l’application des lois est désormais accessible à la fin de chaque dossier législatif ».

Toutefois, le nouvel accès spécialisé Rapports d’information offert par Basile ne recoupe que très partiellement l’ancienne base RAPP : la base historique RAPP comprenait, elle, *tous* les rapports Sénat, pas seulement les rapports d’information. Les autres rapports sont disséminés ailleurs, notamment les rapports législatifs dans Dossiers législatifs. Or il est utile d’avoir un accès à l’ensemble des rapports : de tous les documents parlementaires, les rapports parlementaires sont en effet le type de document le plus riche en information, tant en contenu brut qu’en valeur ajoutée. De plus, il arrive qu’un juriste demande un "rapport" sans autre précision.

On peut aussi, éventuellement, regretter la disparition des champs spécialisés d’APLEG, qui permettaient des recherches plus fines que le seul accès par le dossier législatif, c’est-à-dire uniquement par le critère de la loi ou ordonnance.

Enfin, avec la disparition des anciens accès spécialisés, on a perdu, surtout, la possibilité d’interroger finement les bases du Sénat, champ par champ. Je sais bien que peu d’internautes utilisent de telles fonctions avancées, mais il faut bien être conscient qu’avec le temps, il deviendra de plus en plus difficile de chercher avec précision dans la masse des documents sénatoriaux.

Basile, un moteur de recherche novateur pour le site du Sénat

Le nouveau moteur de recherche du Sénat, baptisé "Basile" est disponible depuis avril 2005. Comme l’explique le communiqué du Sénat qui détaille cette innovation :

  • il est enfin global : il est capable de chercher sur l’ensemble des documents/du site, ce que celui de l’AN sait déjà faire, mais sans aucune pertinence réelle. Comme celui de l’AN, il est capable de chercher sur une ou plusieurs rubriques/types de documents (voir les cases à cocher dans la zone "Options : limitez la recherche" sur la page Recherche globale)
  • il aboutit à une meilleure pertinence des résultats par rapport à la question posée
  • sa liste de résultats offre quantité d’aides pour la lire rapidement et affiner sa question (suggestions de mots-clés, accès aux résultats par rubrique matière ou par sénateur)
  • par défaut, les résultats sont triés par pertinence — à l’image des moteurs de recherche généralistes. C’est souvent suffisant. Cependant, la liste n’affiche, par type de document, que les huit premiers. Ce qui amène souvent un document pertinent à se trouver sur la deuxième page de résultat. Et comme chacun sait, l’internaute consulte rarement cette deuxième page de résultats. Heureusement, un tri chronologique ou antichronologique est disponible. En recherche juridique, j’aurais tendance à recommander l’utilisation systématique du tri antichronologique afin de ne rien manquer
  • les mots-clés sont surlignés en jaune fluo dans les documents. Ce surlignage est en général une aide précieuse pour repérer rapidement les mots-clés recherchés dans un long document, mais son étendue semble trop largement définie ou bien peut-être fonctionne t-il parfois mal. En tout cas, je me suis parfois retrouvé avec un document surligné aux trois quarts de jaune ...
  • une aide est disponible, pour la recherche globale ou par rubrique.

A part un délai d’indexation et un temps d’affichage des documents tous deux un peu longs, Basile bat Google de plusieurs longueurs, y compris sur la pertinence des premières réponses. Attention toutefois, sur Basile plus que sur Google, à bien aller consulter au moins la deuxième page de résultats, des documents très pertinents pouvant s’y trouver ou bien à reclasser les résultats par ordre antichronologique comme recommandé ci-dessus. Pour plus de détail sur notre test Basile c/ Google et ses conclusions, voir notre brève Basile, le nouveau moteur de recherche sur les documents du Sénat.

Le moteur de recherche des questions des sénateurs et réponses ministérielles permet maintenant de créer un lien hypertexte profond, mais simple et assez court, directement vers une question (exemple : http://www.senat.fr/basile/visio.do...) — le site de l’Assemblée sait le faire mais n’en fait pas la publicité [16]. C’est précieux, car avec ce nouveau moteur, les adresses web des résultats de recherche deviennent beaucoup trop longues et trop complexes pour pouvoir être mémorisées ou même aisément copiées. Le lien court est affiché en tête du document/résultat.

Voici la liste complète des nouveaux accès spécialisés offerts par Basile, et qui remplacent donc comme indiqué ci-dessus les anciens accès :
- Dossiers législatifs : « la base Dossiers législatifs a absorbé la base LEGIS (ou LEG) qui contenait les références de chaque texte déposé depuis 1978 sur le bureau du Sénat »
- Rapports d’information
- Documents de travail : « en dehors des rapports législatifs et d’information ou d’enquête, le Sénat utilise divers documents nécessaires à son fonctionnement, produit des rapports d’activité, organise des colloques »
- Textes européens : le texte intégral de « tous les textes européens soumis au Sénat [17], plus, « pour la plupart d’entre eux, le texte intégral de l’avis que la délégation pour l’Union européenne a émis. » [18]
- Séances publiques
- Autres documents : « il s’agit en particulier, des discours du Président, des travaux des commissions, des communiqués de presse, des dossiers "évènements", des dossiers d’histoire, des fiches techniques sur le rôle et le fonctionnement du Sénat et sur l’activité internationale du Sénat ».

Un service de veille législative diversifié

Le Sénat n’offre pas seulement une newsletter. Il offre également un service de veille avancé (un dérivé de Basile, semble t’il) : tout dossier législatif, toute recherche par mots-clés peut faire l’objet d’une alerte lorsqu’un nouvel élément vient le/la compléter. La veille est aussi possible sur les questions et réponses ministérielles : on peut recvoir un e-mail lorsque le(s) ministère(s) sélectionné(s) reçoit une question parlementaire ou émet une réponse, et lorsque la réponse à la question parlementaire qu’on recherche est parue. Enfin, on peut gérer son abonnement à l’outil de veillle en modifiant ses coordonnées et en supprimant des alertes. Pour en savoir plus, voir la page d’Aide sur le service de veille.

Page d’accueil et menus

Sinon, le site du Sénat a une page d’accueil plus lisible car moins riche en liens, grâce notamment à ses menus rouges déroulants. Inversement, il est difficile de trouver certaines pages. Par exemple, justement, les cinq bases de données historiques ci-dessus. Il faut alors passer par le plan du site et aller presque tout en bas dans "Recherche". Ou bien allez sur l’une de ces bases, les liens vers les autres s’affichent alors dans la colonne de gauche.

Quelques points positifs communs aux deux sites et deux manques

Cela dit, chacun des deux sites possède une fonctionnalité essentielle : la newsletter. Chacun permet de s’abonner à une newsletter quotidenne par e-mail, qui liste les nouveaux documents publiés sur le site. Idéal pour la veille sur les projets de réforme législative. Avec ça, il est beaucoup moins besoin de surfer sur les sites parlementaires et dès lors, leurs quelques défauts ergonomiques qui peuvent persister sont très pardonnables.

Autre bon point : la rapidité de mise en ligne. En général, les documents, notamment les débats parlementaires, sont mis en ligne le lendemain de la séance, sinon le soir même. Le seul délai retardant la mise en ligne est celui nécessaire à la relecture par les parlementaires auteurs avant publication. Ce qui peut en effet retarder la publication — tant papier que numérique — d’une proposition de loi pourtant déjà déposée ou d’un compromis âprement disputé en commission mixte (CMP).

Enfin, toutes les pages web des documents appartenant à un dossier législatif, sauf les débats en séance et travaux des commissions, comportent un lien vers leur dossier législatif. Sur cette fonctionnalité, le site de l’Assemblée a été en avance sur celui du Sénat. Une fonctionnalité très utile quand on trouve un document parlementaire par une recherche sur un moteur ou par un lien hypertexte [19]. En effet, lire ces documents hors de leur contexte (c’est-à-dire les autres documents du dossier législatif) peut rendre leur interprétation, voire leur compréhension, souvent difficile et on se retrouve donc parfois à recommencer une recherche pour trouver le dossier législatif - pas toujours évident et perte de temps. Il serait tout particulièrement utile à cet égard, que ce soit sur le site de l’AN ou celui du Sénat, de lier les débats parlementaires à leur dossier législatif.

Peut on trouver un point franchement négatif ? Si on est un tant soit peu exigeant sur la qualité et la facilité d’impression, oui : la disponibilité d’un format PDF n’est pas systématique pour tous les documents longs, surtout sur le site du Sénat.

Surtout, les newsletters ne signalent pas les nouveaux débats sur un projet de loi. Peut-être ne sont ils pas considérés comme des documents de valeur ou bien les webmestres considérent ils que la charge de lecture serait trop importante. En termes de veille, c’est dommage, car un "torchon" (dernière version avec annotations manuscrites, non relue) ou une petite loi (dernière version, au propre et relue, du projet de loi) peut mettre 5 jours pour être publié en ligne.

Emmanuel Barthe


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