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Dernier ajout : 9 avril.

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La base REGAFI des agents financiers (entités exerçant des activités bancaires, financières ou de services de paiement en France)

Un service de l’ACPR

Jeudi 9 avril 2015

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A signaler la base REGAFI (REGistre des Agents FInanciers) qui dépend de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Elle répertorie les entreprises et les personnes physiques autorisées (agrément) par l’ACPR à exercer des activités bancaires, financières ou de services de paiement [1]. Pour chacune des quelques 5700 entités répertoriées, le registre permet de consulter les différentes activités réglementées exercées en France. En outre, pour les établissements de paiement, il permet de consulter les activités réglementées exercées dans d’autres Etats de l’Espace Economique Européen (EEE). REGAFI permet aussi de savoir si l’agrément de l’entité est en cours de retrait.

C’est probablement de REGAFI que sont extraites les listes (PDF) mises à jour des établissements agréés par l’ACPR et disponibles sur son site.

Cette base de données peut être utile non seulement pour les professionnels de la finance, de la banque et du droit mais aussi pour les consommateurs de services bancaires et financiers. Le site de l’Autorité des marchés financiers (AMF) fait d’ailleurs un lien vers REGAFI à partir de sa liste des sites internet non autorisés proposant du trading d’options binaires.

NB : pour se renseigner sur les autorisations obtenues par les entreprises françaises dans les autres pays européens, il faut consulter les registres établis par les autorités de chaque pays concerné. Les adresses des sites mis à jour par ces autorités sont disponibles sur le site de l’Autorité bancaire européenne (EBA).

L’aide est assez détaillée. On y trouve notamment la liste des critères de recherche :

  • dénomination sociale
  • numéro SIREN
  • CIB (code interbancaire à 5 chiffres)
  • code attribué aux établissements de crédit agréés par l’ACPR pour exercer des activités bancaires en France ou à Monaco
  • numéro BIC (Bank Identifier Code). Ce code de 8 ou 15 caractères est normalisé au niveau international. Il est appelé aussi "Adresse SWIFT" et identifie une institution financière dans le pays où elle est implantée
  • nom de l’agent prestataire de services de paiement (PSP)
  • numéro d’enregistrement. Ce numéro est attribué par l’ACPE à l’agent prestataire de services de paiement
  • catégorie. Chaque catégorie regroupe un ensemble d’entreprises qui ont obtenu un agrément spécifique pour exercer des activités réglementées définies par le Code monétaire et financier
  • agrément en cours de retrait (oui/non).

A noter, comme un certain nombre de sites publics, le site abritant REGAFI est équipé du logiciel de gestion de contenu (CMS) SPIP. Le même que ce blog.


Communicabilité des notes émises par la DGCCRF

Mercredi 25 mars 2015

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Un échange de mails sur la liste Juriconnexion permet de faire le point sur la communicabilité des notes émises par la DGCCRF : les notes de service de la DGCCRF ne sont pas communicables, contrairement aux notes d’information. Cependant, en appelant le bureau concerné, celui-ci peut accepter de la communiquer.

Exemple de note de service : une ancienne note de service de la DGCCRF en date du 3 février 1988 (n° 5322), toujours en vigueur, précise que "par analogie avec la prestation de service qui ne se trouve réalisée qu’une fois exécutée, il peut être valablement affirmé que la vente est réalisée par la livraison ou la prise en charge de la marchandise par le distributeur (enlèvement) ou celle de la fin d’exécution de la prestation de service".


Informations légales sur les entreprises

INPI c/ Infogreffe : du nouveau

Le projet de loi Macron et le mouvement open data pourraient remettre en cause la victoire de 2009 des greffes de commerce

Dimanche 1er mars 2015

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Dans le feuilleton Greffes de commerce c/ Institut national de la propriété industrielle (INPI) (ou Infogreffe c/ RNCS/Euridile) [2], Le projet de loi Macron (dernière version adoptée) pour la croissance et l’activité ouvre un nouvel épisode qui pourrait peut-être remettre en cause la victoire totale des tribunaux de commerce, obtenue en 2009.

On pensait que la concurrence (en termes de données du Registre du commerce et des sociétés — RCS) aux greffiers de commerce avait disparu :

  • après un cavalier retiré en 2007 par le Conseil constitutionnel d’un projet de loi ...
  • ... à la faveur de la réforme de la carte judiciaire en 2008, les greffiers de commerce avaient obtenu tous les tribunaux qui leur échappaient (sauf l’Alsace, statut oblige) [3]
  • et le doublon RNCS réalisé par l’INPI avait été supprimé en 2009, officiellement pour une question de rationalisation et de préparation de l’e-administration en matière de formalités des entreprises [4].

Mais nous sommes :

  • dans une ambiance très favorable à l’open data [5], autrement dit la possibilité de réutiliser librement et gratuitement les données publiques. L’exposé des motifs du projet de loi Macron le dit ouvertement : « La réforme permet de confier à l’INPI, en lien avec le projet de bases de données ouvertes promu par le Gouvernement, la mission d’assurer la diffusion gratuite des données retraitées informatiquement contenues dans le RNCS à des fins de réutilisation, notamment par les entreprises spécialisées dans la valorisation d’informations économiques. »
  • dans un contexte de demande de transparence accrue de l’opinion
  • et de remise en cause des monopoles professionnels, "à la" rapport Attali de 2008. Rapport qui remettait justement en cause l’existence même de la profession libérale de greffier de commerce. Or M. Macron était un des rapporteurs de la commission Attali ...

Le projet de loi Macron (dossier parlementaire), adopté en 1ère lecture par l’Assemblée nationale, veut mettre en accès libre et gratuit des données du RNCS, comprenant notamment le fameux K-bis : les greffes de commerce transmettraient une copie à l’INPI.

Extrait de l’exposé des motifs du projet de loi Macron :
« L’article 19 vise à permettre l’ouverture et le partage gratuit des données du RNCS. L’objectif est d’améliorer la diffusion et la réutilisation des informations légales d’entreprises contenues dans le registre national du commerce et des sociétés (RNCS). Centralisé par l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI), ce registre est constitué à partir des données d’entreprises collectées lors de dépôts d’actes. [...] La réforme permet de confier à l’INPI, en lien avec le projet de bases de données ouvertes promu par le Gouvernement, la mission d’assurer la diffusion gratuite des données retraitées informatiquement contenues dans le RNCS à des fins de réutilisation, notamment par les entreprises spécialisées dans la valorisation d’informations économiques. »

A l’Assemblée nationale, des parlementaires tentent d’enrayer l’idée du Gouvernement par des amendements de suppression de l’article 19.

« Mais finalement, changement de programme : avant même que ces amendements de suppression n’aient été examinés par la commission spéciale chargée de se pencher sur le projet de loi Macron, le gouvernement a déposé un amendement visant à graver le dispositif directement dans le marbre » [6]. Cet amendement a été adopté.

« Il est ainsi question de modifier l’article L 123-6 du Code de commerce, et ce afin d’obliger les greffiers à transmettre "à l’Institut national de la propriété intellectuelle (sic), par voie électronique et sans frais, un document valant original des inscriptions effectuées au greffe et des actes et pièces" déposés au titre du RNCS. Ces professionnels du droit seront également tenus de transmettre "les résultats des retraitements des informations contenues dans les inscriptions, actes et pièces mentionnés [précédemment], dans un format informatique ouvert de nature à favoriser leur interopérabilité et leur réutilisation". Dans un second temps, ce sont les missions de l’INPI qui sont modifiées, puisque l’établissement public aura pour rôle avec cet amendement d’assurer "la diffusion et la mise à disposition gratuite du public, à des fins de réutilisation, des informations techniques, commerciales et financières qui sont contenues dans le registre national du commerce et des sociétés". Si le texte prévoit que les modalités de mise en oeuvre de ce dispositif seront fixées ultérieurement par décret, sa rédaction actuelle ne laisse guère d’ambiguïté sur leur future mise en Open Data. »

Mais l’INPI pourra-t-il faire cela, se demande Jean sur la liste Juriconnexion ? Il fait l’objet des attentions de la Cour des Comptes : « Les caisses de l’Etat ne sont pas bien remplies, mais celles de l’Institut national de la propriété industrielle débordent. La Cour des comptes recommande donc au premier de piocher dans celles du second. » [7] Si l’INPI doit diffuser gratuitement les fonds du RNCS, ne faudra-t-il pas attendre un peu avant de piocher ?

Et puis l’emploi de 1800 salariés à travers le France est indirectement en jeu [8] puisque selon une estimation approximative, les greffes de commerce feraient 70% de leur chiffre d’affaires grâce à Infogreffe. En effet, il est bien question ici de confier à l’INPI la diffusion gratuite de la totalité des données collectées par les greffes de commerce. Et donc — si je comprend bien ... — certains documents en texte intégral (K-bis) Mais les statuts de société et autres sont-ils concernés ? [9]

Je me pose également une question : le Gouvernement peut-il mettre la main sur la propriété immatérielle — je parle bien de la base : les investissements dedans et sa structure — des greffes de commerce sans les indemniser ? Probablement pas, ce serait donc une base INPI qui diffuserait. Je gage que la base Infogreffe aurait alors pas mal d’avantages sur sa concurrente malgré la gratuité de la seconde.

Enfin, du temps d’Euridile, les juristes et les banquiers avaient une nette préférence — non exclusive certes — pour Infogreffe.

Rien n’est vraiment joué, donc.


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