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Dernier ajout : 16 mai.

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MSN Search [moteur remplacé depuis par Live Search] : que vaut le nouveau moteur de recherche de Microsoft ?

Un concurrent sérieux pour Google pour les particuliers, nettement moins pour les professionnels — notamment les juristes

Dimanche 1er mai 2005

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[Mise à jour au 26 juin 2007 : le "nouveau MSN Search" a été remplacé fin 2006 par Live Search, notamment disponible sur Live.com. En voici une présentation vidéo assez nunuche. Dans les grandes lignes, l’appréciation que je porte sur Live Search est assez proche de celle infra. La pertinence a certes augmenté, mais Microsoft reste derrière Yahoo et surtout Google.]

En deux mots : le nouveau moteur de recherche (search.msn.fr) [1] de Microsoft, appelé "MSN Search" [mise à jour au 26 juin 2007 : il est maintenant remplacé par Live Search] fait beaucoup mieux que le vieux moteur de MSN, et s’approche de Google sur des recherches juridiques thématiques très classiques. Mais sa base manque encore de profondeur et sur des questions pointues, il est inférieur, voire parfois très inférieur, à son rival n° 1 [2]. Il était depuis l’été 2004 en version de développement/test (version alpha puis bêta). La version de production vient de sortir le 1er février 2005.

Recherche juridique sur le Web : le nouveau MSN Search fait presqu’aussi — mais pas aussi bien — bien que Google sur des recherches thématiques classiques et larges ...

En terme de pertinence, passé les trois premiers résultats, les résultats de MSN Search sur la requête droit français sont, pour l’instant et à mon sens, un petit peu en retrait de ceux de Google. Ils me semblent en revanche aussi pertinents que ceux de Yahoo Search à la même question test. Notez au passage que même Google n’est pas très pertinent sur cette requête. L’intérêt de MSN Search ici, c’est que ses 30 premiers résultats peuvent parfois compléter ceux de Google.

Deux requêtes sur des sujets un peu plus étroits que la précédente requête test (droit social et droit des obligations) montrent que sur les recherches thématiques classiques, Google garde une légère, voire très légère avance en termes de pertinence. Pourquoi ? Parce que, si mon analyse des réponses de MSN Search est correcte, ce moteur s’appuie pour l’instant surtout sur une analyse du texte des pages, de son poids et de sa disposition (les mots demandés se trouvent quasi-systématiquement dans la balise title des pages en réponse chez MSN) alors que Google sait échapper à ce biais.

Une recherche assez classique d’un texte officiel et de commentaires sur celui-ci à partir des mots-clés de son titre (directive sur le droit d’auteur dans la société de l’information [3]) donne des résultats très différents. Si on compare les dix premiers résultats de chacun des deux moteurs, on constate que :

  • chacune des 10 premières réponses de Google contient un document en texte intégral, alors que la première réponse chez MSN Search est une annonce d’un colloque de l’AFDIT en septembre 2001 sur la directive, mais sans aucun compte-rendu ni texte d’une communication
  • les réponses de Google sont globalement beaucoup plus pertinentes que celles de MSN. Ainsi, les deux premiers résultats de Google mènent directement vers les deux pages essentielles du site Europa (SCAD Plus sur la directive et la page Documents du site thématique Droit d’auteur et droits voisins de la Commission)
  • si quatre des pages trouvées par MSN Search pourraient certes compléter les dix de Google, les résultats de MSN Search, sont dans l’ensemble moins pertinents : ils contiennent presqu’autant de pages sur la transposition en droit français que de pages sur la directive elle-même, et la deuxième réponse est hors sujet (il s’agit du compte-rendu de la Consultation publique sur l’adaptation du cadre législatif de la société de l’information voulue par Lionel Jospin fin 1999, donc avant l’adoption finale de la directive) ainsi que la quatrième (un paragraphe de cette page aborde le projet de LSI, c’est tout).

... mais MSN Search reste nettement inférieur à Google sur des questions plus pointues ou moins habituelles

Mais si on sort de ces recherches thématiques classiques, la supériorité de l’algorythme de tri de Google, fondé sur l’analyse des recommandations implicites que fournissent les liens hypertextes, fait alors une grosse différence. Quand on aborde des recherches portant sur des sujets plus étroits, rares ou quand on pose des questions très pointues, la différence est nette, voire très nette.

Si on prend par exemple une recherche toujours thématique, mais plus étroite cette fois (référé administratif), l’avance de Google est plus nette. MSN Search ne peut gère prétendre compléter, cette fois, les résultats de Google. Comparons les 10 premiers résultats de chaque moteur :

  • référé administratif sur MSN Search : MSN Search fournit en premier résultat une étude de droit comparé du Sénat de 1998 sur le référé administratif qui ne dit rien du droit français (donc peu intéressante pour les praticiens). Suivent essentiellement des pages de décisions de juridictions administratives statuant en référé
  • référé administratif sur Google : Google donne certes l’étude du Conseil d’Etat, mais en 2e position. Surtout, il fournit des pages web qui définissent le référé administratif et en décrivent les conditions et le fonctionnement. Et il place en première position la page de référence : la synthèse du ministère de la Justice, qui de plus contient les liens vers la loi, le projet de loi initial et ses versions successives. En fait, Google fournit l’essentiel des pages web qui comptent sur le sujet, notamment des pépites bien cachées, par exemple une étude de cinq pages sur le référé administratif rédigée par la délégation régionale Aquitaine-Limousin du CNRS.

Sans compter que dès les résultats 11 à 20, ça se dégrade chez MSN alors que la qualité et la pertinence se maintiennent chez Google.

Ainsi également, la requête droit blogs sur Google.fr trouve en première position la liste de discussion du même nom et ensuite des pages très pertinentes, en plein sur le sujet. En revanche, MSN Search, même en précisant qu’on cherche en français, se prend les pieds dans le tapis : non seulement il ne trouve pas la page d’accueil de la liste Droit blogs mais également il ne liste aucune page pertinente avant le 11e résultat. Même en précisant clairement la question à MSN (droit blogs liste yahoogroupes), il est incapable de trouver le site de cette liste.

Autre exemple : sur un prénom+nom+titre d’une personnalité peu connue comme un ancien ambassadeur britannique, je ne retrouve absolument pas sur MSN Search les quelques pages pertinentes que Google m’a renvoyées.

Le nouveau MSN Search : théoriquement plus puissant que Google et pourtant ...

Au vu des deux exemples supra, on se demande si MSN Search n’a pas oublié de "crawler" certaines zones du web. Ce qui semble pourtant en contradiction avec la boulimie du "spider" MSNbot (le logiciel d’indexation de Microsoft) ...

Sur la puissance (nombre de pages web indexées), les spécialistes du référencement notent pourtant que MSNbot indexe plus de pages que Google. En clair : l’index du nouveau moteur de Microsoft pourrait dépasser en taille celui de Google. D’ailleurs, quasiment le même jour que celui du lancement de la version beta de MSN Search et de l’annonce par Microsoft qu’il indexait 4 millions de pages, Google annonçait qu’il passait son index de 4 à 8 millions de pages. [4]

Des fonctionnalités certes originales, mais sans utilité pour les juristes ...

MSN Search offre comme Google et Yahoo Search une interface expert appelée Search Builder (en français : "affiner votre recherche"). Deux fonctionnalités la distingue de ses concurrents :

  • la possibilité de pondérer (avec des curseurs) les trois critères de tri des résultats : popularité, mise à jour récente, correspondance exacte avec la requête. Toutefois, d’après mes tests rapides et des commentaires de spécialistes américains du référencement sur WebmasterWorld, agir sur ces trois crans n’offre, pour l’instant en tout cas, aucune pertinence supplémentaire
  • sur la version américaine (search.msn.com), une fonction de recherche "near me" permet de restreindre la recherche au voisinage géographique de l’internaute, mieux donc que la recherche de pages d’un pays donné (également offerte par ailleurs sur MSN Search). Cette recherche "localisée" est un grand argument commercial, non seulement pour les internautes, mais aussi pour les publicitaires. Mais, comme la recherche d’images, elle n’est d’aucun intérêt pour des juristes français.

Car le but final de Microsoft, avec sa nouvelle technologie de recherche Web, est bien sûr de concurrencer Google sur son "business model" : les revenus publicitaires assurent en effet l’essentiel des revenus du célèbre moteur de recherche et ils sont substantiels.

... sauf une : le RSS

De mon point de vue, une seule des fonctionnalités réellement originales de MSN Search est utile aux juristes. Enfin, disons : aux juristes branchés informatique/Internet. Le RSS est un simple fichier, écrit dans un format XML, qui contient les références et l’adresse web des nouveaux articles publiés sur un site web dynamique (autrement dit : un site web dont le contenu est stocké dans/géré par une base de données). Si un site est dynamique, et tout particulièrement les sites d’éditeurs, les blogs et autres sites gérés par CMS, il peut produire automatiquement ou avec un petit peu de programmation ce qu’on appelle un "fil RSS", dénoté par le même petit rectangle orange "XML" ou "RSS" que l’on voit en bas des pages de ce site web.

Les liens dans les fils RSS renvoient vers l’article sur son site d’origine. Le fil RSS peut être inclus sur les pages d’autres sites (ce qu’on appelle "syndiquer") ou lu dans un logiciel nommé lecteur ou aggrégateur de fils RSS. Cela permet notamment de consulter plus vite plus d’informations.

Mais qu’a à voir MSN Search avec le RSS ? Eh bien, le nouveau MSN Search permet d’enregistrer les résultats de la première page (les 10 premiers résultats seulement, donc, sauf si vous modifiez vos paramètres pour augmenter ce nombre) de votre recherche dans un fil RSS et d’être ainsi prévenu des nouveaux résultats grâce à votre lecteur RSS. Ca peut évoluer très souvent et faire pas mal de "bruit", vous avez donc intérêt à ne le faire que sur des questions très étroites, ne donnant que quelques dizaines de réponses maximum.

Le nouveau MSN Search plus favorable que Google aux sites commerciaux ?

Autre chose, un point non négligeable : MSN Search semble faire un peu plus de place au contenu payant et aux sites de sociétés (voir les éditions Francis Lefebvre bien placées dans les réponses à la requête droit social, ce qui est somme toute logique) alors que Google favorise clairement les sites à contenu gratuit, car il est librement indexable et reproduisible (par le cache de Google) par Google.

Il y a là deux conceptions de la pertinence et celle qui oublie moins les sites payants, si elle n’est pas abusive, peut avoir ses mérites. Toutefois, il faudra a priori rester vigilant.

Le nouveau MSN Search a pour lui la puissance de Microsoft et des fonctionnalités très tournées vers les particuliers

L’avance de Google durera t-elle ? Même si cela n’est pas pertinent en matière de recherche juridique, MSN Search offre une preuve de la capacité de l’équipe de Microsoft à atteindre la pertinence de Google : la recherche d’images de MSN Search, ici testée sur "droit social", est plus pertinente que celle de Google, même si elle est créée moins de réponses ...

En termes de pertinence, le nouveau MSN Search s’est énormément amélioré depuis la version alpha (dite MSN Search TechPreview). Mais depuis décembre, la pertinence de ses résultats ne me semble plus progresser. La firme de Redmond a toutefois assez de trésorerie pour financer la recherche et les fermes de serveurs nécessaires [5] pour aller plus loin et c’est Bill Gates lui-même qui supervise ces efforts.

Vu les succès passés de Microsoft dans des stratégies similaires (par exemple, la disparition de Netscape du marché des navigateurs, supplanté par Internet Explorer), Google risque à terme d’être marginalisé par ce nouveau concurrent. C’est ce que pensent de nombreux spécialistes de la recherche sur Internet, notamment certains spécialistes américains du référencement de sites web sur le site de référence en la matière, WebmasterWorld [6]. D’autant que, comme le relève Christophe Asselin, spécialiste de la veille et de l’intelligence économique, le futur moteur de recherche de Microsoft permettra à terme de chercher à la fois sur le réseau interne de l’entreprise et sur Internet [7] et qu’il sera de toute évidence intégré au futur système d’exploitation de Microsoft, Longhorn
 [8].

Dans le même sens, l’accent mis par MSN Search sur le multimédia (fichiers audio (onglet music de MSN Search USA, vidéo, ...), l’accès gratuit à son enyclopédie Encarta (la version Premium, c’est-à-dire complète) à travers MSN Search et l’accès aux réponses directement dans les résultats du moteur [9] illustrent bien la voie que Microsoft veut emprunter. C’est ce que souligne Marc Duval, bibliothécaire canadien, spécialiste des moteurs de recherche et auteur d’un blog sur le sujet [10]. Or, comme le montre l’exemple de la recherche d’images citée plus haut, MSN Search semble déjà plus pertinent sur ce segment que Google, ce qui pourrait à terme lui apporter une part importante du trafic des particuliers.

MSN c/ Google : la partie n’est pas finie mais la première manche est pour Google ... et Yahoo

Toutefois, pour détrôner Google et plus encore, pour convaincre les spécialistes de la recherche d’informations sur le Web (notamment l’information juridique), il faudra d’abord que l’équipe de Microsoft maîtrise l’analyse des liens hypertextes pour arriver à la même pertinence que Google sur les recherches thématiques et plus encore sur les questions pointues et les sujets rares. Fin avril 2005, soit trois mois après le lancement officiel de MSN Search, le Journal du Net constatait que « malgré les efforts de Yahoo et MSN, Google conserve nettement sa suprématie dans le domaine de la recherche » [11].

Olivier Andrieu, webmestre du site Abondance et spécialiste français des moteurs de recherche voit, lui, les choses ainsi [12] : « Bien sûr, on peut être un peu déçu du fait que, à l’instar de Yahoo !, le moteur de recherche de MSN soit un clone de Google. Si vous utilisez Google et que vous en êtes globalement satisfait, pourquoi iriez-vous à la concurrence si elle propose la même chose ? En fait, dans un premier temps, MSN veut faire en sorte de ne pas perdre d’utilisateurs sur son portail. Le premier objectif est certainement aussi de "roder" la technologie avant d’espérer aller plus loin. Dans un deuxième temps, MSN s’efforcera de rallier les internautes qui utilisent plusieurs moteurs en tablant sur leur curiosité pour que ces derniers mettent MSN dans leur "short list" de moteur. La troisième étape conduira MSN à apporter des innovations pour détrôner Google (on parle déjà de clustering - rangement en dossiers thématiques) et de personnalisation. Cela ne va pas être aisé, d’une part parce que Google dispose d’un capital de sympathie énorme, et je pense aussi qu’il faudrait une rupture technologique importante pour les mettre en danger. »

[Mise à jour au 10 juillet 2005 : Cinq mois après le lancement de MSN Search, Marc Duval, le webmestre canadien du site DSI, est plus élogieux que nous mais son évaluation est sans relation avec le juridique (voir la fiche technique très détaillée rédigée par M. Duval sur MSN Search.). Marc Duval : « Aux États-Unis, MSN devient un complément indispensable à ses rivaux. Pour ses versions nationales, notamment la France, il est devenu un concurrent sérieux grâce à son encyclopédie Encarta et à son service de Réponses rapides. » A contrario, il confirme mon appréciation : les résultats de MSN sont surtout pertinents aux Etats-Unis — pas en France — et aucun des deux services cités n’est utile aux juristes français (Encarta est une encyclopédie grand public ;d’ailleurs, sur de nombreux sujets, l’encyclopédie libre et gratuite Wikipedia, très bien indexée par Google, fait jeu égal avec Encarta), surtout les professionnels du droit. Les résultats comparés aux questions ci-dessus, à nouveau testées ce jour, donnent toujours les mêmes conclusions : Google puis Yahoo sont bien meilleurs que MSN Search pour la recherche en droit sur Internet.

Mise à jour au 22 novembre 2005 : Un site web américain dédié au référencement [13] publie les résultats de tests (près de 9500 à cette date) réalisés en aveugle sur la pertinence de Yahoo Search, Google et MSN Search. La fiabilité de ces tests n’est toutefois pas parfaite, la pertinence ici étant « toute subjective et relative » comme le dit Olivier Ertszcheid [14], puisqu’aucun critère de pertinence n’est défini. Et toujours pareil : Google puis Yahoo sont considérés comme plus pertinents que MSN Search.]

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique

Recherche juridique : les bases du test

Les tests comparatifs ont été réalisés à la mi-novembre, donc sur la version beta de MSN Search, puis revérifiés et élargis un peu début février 2005 — sur la version de production de MSN Search alors. Pour MSN tant que pour Google, les 20 premiers résultats n’ont guère changés entretemps.

Pour tester rapidement les moteurs, j’utilise toujours la même requête (droit français [15]). Je l’exécute en utilisant — presque — toujours l’option "pages : France" du moteur.

A titre d’étalon de référence, voici *à peu près* le classement idéal qui devrait s’afficher en réponse à une telle question : 1 Legifrance, 2 Juripro, 3 LexisNexis France (les JurisClasseurs et leurs revues en ligne, avec Juris-Data), 4 Lamyline Reflex, 5 Lextenso, 6 Lexinter, 7 droit.org. Ou bien, si on privilégie les sites gratuits : 1 Legifrance, 2 Lexinter, 3 droit.org, 4 Juriguide, 5 Droit francophone, 6 Bibliothèque Cujas Ressources Internet, 7 DMOZ Droit français (remarquable travail fait par Stéphane Cottin) 8 votre serviteur 9 La porte du droit.
Gardez en tête ces classements idéaux pour évaluer les résultats des trois meilleurs moteurs.


Yahoo Search un an après : enfin un vrai concurrent pour Google !

Vendredi 11 février 2005

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[mise à jour au 12 novembre 2009 : Yahoo bientôt renverra les résultats du moteur de Microsoft, Bing. Ce devrait donc être bientôt la fin de Yahoo Search. Mais la signature de l’accord a été repoussée ... Tenter une recherche alternative sur Yahoo garde donc encore son intérêt]

[mise à jour au 31 décembre 2008 : Yahoo Search ne peut aujourd’hui plus prétendre concurrencer Google en puissance ni, parfois, en pertinence des résultats. Cet article n’est donc plus tout à fait à jour]

Yahoo a lancé le 18 février 2004 son moteur de recherche à lui, baptisé Yahoo Search, cessant son partenariat avec Google [16].

Des fonctionnalités quasi-identiques à celles de Google

Mais son interface et ses fonctionnalités ressemblent énormément à celles de Google, à tel point qu’on peut parler d’un quasi-décalque. L’onglet Images, resté quelque temps "motorisé" par Google, est aujourd’hui doté d’une base de données d’images fréquemment plus grande que celle de Google. L’onglet Actualités diffuse des actualités fournies par Reuters.

La technologie du moteur de recherche de pages web, totalement nouvelle (pas une reprise de celles d’Inktomi ou AltaVista), arrive sur des questions simples au même niveau de pertinence des résultats, mais pas sur des questions complexes (plus de 3 mots, mots ambigüs).

La version anglo-saxonne du nouveau moteur : http://search.yahoo.com
La version française : http://fr.search.yahoo.com

La présentation des résultats fait penser à celle de Google : sobre, police de caractères Arial taille 2 en code HTML (correspond à la taille 10 sous Word), avec un peu de pub en haut. 20 résultats par page (c’est plus pratique que Google qui par défaut n’en met que 10).

Il existe également :

Tout comme sur Google, les formats bureautiques les plus utilisés peuvent être utilisés comme critères de recherche : Acrobat (PDF), Word (DOC), texte brut (TXT), Excel (XLS), PowerPoint (PPT). Enfin, encore une fois comme sur Google, on peut choisir d’afficher de 10 à 100 résultats par page.

Et toujours comme Google, un outil de traduction de mots ou passages courts. Le décalque de Google va même jusqu’à copier une idée récente de Google : un moteur de recherche de produits (comme le Froogle de Google). En France, cette fonctionnalité est faite par Kelkoo, partenaire de Yahoo France http://fr.shopping.yahoo.com (Yahoo vient de racheter Kelkoo fin mars 2004 ; lire l’article de l’Atelier BNP Paribas Yahoo ! rachète Kelkoo 475 millions d’euros).

Enfin, Yahoo Search offre une barre d’outils pour l’interroger sans aller sur son site et une mesure de pertinence, le Yahoo Web Rank ! (lire Google PageRank, Meet Yahoo Web Rank ! / Danny Sullivan, SearchEngine Watch, 02/04/2004)

Des résultats presqu’aussi pertinents que Google, mais en partie différents, et plus pertinents que ceux de MSN Search

Un test rapide mené en avril 2004 semble montrer une pertinence des 20 premières réponses très proche de celle de Google. Par exemple avec ma requête fétiche (droit français) en restreignant à la langue française :
Yahoo France Recherche : http://fr.search.yahoo.com/search/fr?ei=UTF-8&fr=sfp&p=droit+fran%C3%A7ais&y=y
Google.fr : http://www.google.fr/search?as_q=droit+fran%E7ais&num=20

Enfin, Chris Sherman, grand spécialiste américain des outils de recherche (c’est même un pionnier, un des tout premiers), explique dans l’article cité supra que la taille de l’index des deux concurrents semble proche. En clair : Yahoo Search serait aussi puissant que Google dans la course à la taille.

Résultat : aux Etats-Unis, peu de temps après le lancement de Yahoo Search, la part de marché détenue par Yahoo dans la recherche Internet a nettement augmenté (Sullivan : No One Will Win Search War / Pamela Parker, ClickZ News, 02/03/2004).

Le moteur semble même aujourd’hui (février 2005) légèrement plus pertinent que lors de son lancement et domine nettement la nouvelle version de MSN Search, le moteur de Microsoft. Un exemple de la pertinence des résultats de Yahoo Search : référé administratif : Yahoo Search France trouve en 11e position une circulaire relative aux référés devant le juge administratif absente des 30 premiers résultats de Google.fr, et la comparaison avec MSN Search France est flatteuse pour le moteur de Yahoo. Yahoo Search est également meilleur que Teoma qui se débrouille pourtant pas mal du tout.

Une ombre plane : le référencement payant

Un bémol toutefois : Abondance, le site français de référence sur les moteurs de recherche et le référencement, signalait récemment que "Yahoo ! lance son offre de "paid inclusion" et annonce la fusion de ses moteurs".

Extraits :

« Yahoo ! et Overture viennent de lancer aux Etats-Unis leur offre de référencement payant ("paid inclusion"). Ce type d’offre garantit la présence des pages dans l’index du moteur et leur rafraîchissement à des délais très courts (généralement tous les 2 à 5 jours). Aucune garantie de positionnement n’est cependant proposée. [...]
D’autre part, sur le site d’AltaVista, il est indiqué que "Search results on AltaVista will soon be powered by Yahoo ! Search Technology". Il en est de même sur AllTheWeb : "Search results on AlltheWeb will soon be powered by Yahoo ! Search Technology"... La grande homogénéisation des moteurs de Yahoo ! est en route !! »

Cette offre de référencement payant "Site Match" pourrait à moyen terme relativiser l’intérêt du nouveau moteur Yahoo Search — et donc aussi de All the Web, Lycos et AltaVista — puisque les sites qui paieront verront leurs pages incluses plus vite dans l’index et rafraîchies toutes les 48h, contre de toute évidence un rafraîchissement moins fréquent pour les sites ne payant pas.

Yahoo proteste que son offre de référencement payant ne biaisera pas ses résultats, mais le doute demeure. Un article de Danny Sullivan (SearchEngineWatch) montre de nombreux exemples de réactions négatives dans la presse américaine [17]. De mon point de vue, ce doute est même techiquement permis : en effet, les sites indexés plus régulièrement et plus à fond fourniront forcément plus de réponses que les autres.

Rappelons toutefois que cette offre ne biaise pas aussi gravement les résultats que les pratiques de certains moteurs, notamment ceux qui étaient alimentés par Overture (connu jusqu’en octobre 2001 sous le nom de GoTo) [18], et dont le contenu était à plus de 50% payé (exemples : Goto justement, ou Excite) et qui, encore plus grave, faisaient monter les pages de leurs sites clients en tête des résultats normaux, sans même le signaler clairement, pratique que la Federal Trade Commission américaine (FTC) a condamnée [19].

Enfin, ainsi que le fait remarquer Danny Sullivan dans le même article, Google ne saurait être exempt de soupçons, si l’on considère qu’il aurait intérêt à favoriser, dans ses résultats, les sites qui affichent ses publicités (Google Adwords).

Conclusion : pour l’instant, complétons nos recherches Google avec Yahoo Search

Conclusion : dorénavant, on a intérêt à répéter sur Yahoo France Recherche les recherches menées sur Google.fr et c’est facile ! Deux bons moteurs valent plus qu’un tout seul. Cette pertinence restera t’elle inentamée par les effets du référencement payant ? Il semble pour l’instant (février 2005) qu’elle soit restée intacte, en tout cas dans mes recherches juridiques (j’utilise parfois Yahoo Search en complément de Google).

Emmanuel Barthe


DRM : les risques d’un futur proche

Lundi 6 septembre 2004

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