Logiciels, Internet, moteurs de recherche

Dernier ajout : 18 octobre.

Derniers articles

Veille : les limites des outils Web 2.0 ...

... du moins dans le domaine juridique

Mercredi 31 décembre 2008

Lire la suite »

Diane Le Hénaff, chef de projet SI documentaire à l’INRA, a mise en ligne une une présentation simple et droit au but sur la veille à la sauce Web 2.0 : Mettre en place une veille optimisée et collaborative (17 janvier 2007).

Elle préconise pour cela essentiellement l’utilisation de deux outils :

Qu’elle détaille dans une autre présentation : Web2.0 : principe et utilité pour les professionnels de l’info-doc, où elle aborde aussi wikis et web services.

Personnellement, dans le domaine juridique, je vois — pour l’instant — plusieurs limites à ce type de veille :

  • souvent, les logiciels standards en entreprise juridique n’intègrent pas de lecteurs de fils RSS. Exemples : pour doter Internet Explorer 6.0 et Outlook 2003 de fonctions de lecture des fils RSS, il faut leur adjoindre des modules payants
  • les éditeurs ne proposent pas tous des fils RSS, loin de là. En juridique, chez les éditeurs privés, on trouve essentiellement les revues de Lextenso, la newsletter Dalloz Actualité et le Journal du droit sur Lamyline Reflex. Du côté des éditeurs publics, c’est mieux [2], mais des acteurs majeurs manquent à l’appel comme Legifrance et certains sites web ministériels. Pour des listes de fils RSS juridiques, voir la présentation d’Arnaud Dumourier (là aussi)
  • le RSS demande un peu de compétences informatiques. Il n’est pas aussi facile à utiliser que le mail. Cela dit, si on est "geek" sur les bords, on peut créer des fils RSS pour toute page web n’en affichant pas puis le transformer si on veut en mail
  • les blogs juridiques [3] ont, par définition, tous leur fil RSS. Et chacun de ces sites est spécialisé sur un domaine du droit. Certes. Mais pour les professionnels du droit, les blogs sont au mieux un lieu de débat, mais pas une ressource de fond validée
  • surtout, les fils RSS ne sont pas paramétrables par mots-clés (comme si on interrogeait une base de données). Certes, des fils par domaine ou par rubrique (comme sur le site des Echos) existent, mais là encore, que de "bruit" : il faut survoler tous les titres diffusés
  • qu’on parle "social bookmarking" (del.icio.us etc.) ou lecteurs en ligne de fils RSS (Netvibes, Google Reader/iGoogle), on a affaire à des applications non intégrées dans l’intranet de la structure (et encore faut il que la structure possède un véritable intranet, dynamique et collaboratif) : c’est mot de passe ou sinon tous les internautes peuvent voir. Et les fonctions collaboratives, malgré le discours marketing, n’y sont pas très développées (par exemple, les niveaux de droits des utilisateurs ne sont presque pas différenciés).

De manière générale, on retrouve ici le fossé existant entre les outils web, ouverts à tous et le plus souvent gratuits voire open source et ceux réseau ou intranet, privés et généralement propriétaires et payants. Le premiers évoluent beaucoup plus vite que les seconds, les influençant. Mais ils font l’impasse sur :

  • l’interconnexion avec les logiciels bureautiques ou professionnels, autrement dit la galaxie Microsoft, les logiciels compatibles MS et les applications intranet et de GED
  • et la gestion des droits d’accès.

Emmanuel Barthe
documentaliste veilleur juridique


Le bureau Windows idéal pour documentaliste

Mercredi 15 octobre 2008

Lire la suite »

Serge Courrier, journaliste et formateur ADBS, auteur de "Utiliser les fils RSS et Atom", suggère les logiciels suivants pour un poste de formation aux techniques documentaires. Je dirais même que c’est un peu le poste informatique idéal pour un documentaliste. J’ai un peu enrichi sa liste, Patrick Peccate aussi. Voici le résultat.

Il y a là des logiciels pas mal du tout. Et même quelques suggestions que les professionnels de la documentation et de la veille pourraient tester.

Système d’exploitation :

  • Windows XP. NB : reste l’OS [4] le plus fréquemment rencontré en entreprise. A part quelques rarissimes exceptions chez les TPE, où on travaille sur Mac (Apple), Windows XP avec un réseau Windows Server domine outrageusement. Et ce ne sont pas les documentalistes qui choisissent
  • Vista
  • Mac OSX
  • Linux (reste à proposer une distribution simple à mettre en œuvre pour les non techniciens).

Bureautique [5] :

  • Microsoft Office 2003 (payant)
  • Open Office (gratuit, produit des documents très proches des formats MS Office)
  • Google Desktop (gratuit)
  • ThinkFree (en ligne)
  • Adobe > Acrobat Reader et Writer (lecture et édition de fichiers PDF).

Navigateurs :

  • Microsoft > Internet Explorer 7
  • Mozilla > Firefox 3.

Messagerie :

  • Microsoft > Outlook (cf suite Office)
  • Mozilla > Thunderbird (gratuit ; lecteur de fils RSS intégré ; très pratique : les fils sont vus comme des e-mails)
  • Google > Gmail (gratuit ; capacité de stockage très importante).

Image/vidéo :

  • Adobe > Schockwave Player (lecture d’animations)
  • Apple > QuickTime
  • convertisseur vidéo : Erightsoft Super
  • Adobe > Flash player (lecture d’animations Flash et de vidéos sur les sites comme YouTuve ou Dailymotion)
  • Microsoft > Silverlight (concurrent récent de Flash)
  • Microsoft > Windows Media player
  • Real > RealPlayer (concurrent de Windows Media player)
  • VLC Mediaplayer (lecteur multimédia)
  • DivX (lecture de certaines vidéos AVI)
  • Adobe > Photoshop (retouche d’image et effets)
  • Adobe > Bridge
  • visualisateur et éditeur d’images :
    • IrfanView (gratuit)
    • XnView (gratuit)
  • éditeur de métadonnées d’images numériques : ExifTool et son interface graphique ExifToolGUI
  • HyperSnap ou SnagIt (capture d’écran fixe ; payants, en français)
  • screen casting (enregistrement decequi sepasse sur l’écran de l’ordinateur :
    • Camtasia (payant)
    • Camstudio (gratuit).

Son :

  • lecteur MP3 et gestionnaire de podcasts :
    • Apple > iTunes (gratuit)
    • AOL > Winamp (gratuit ; concurrent et alternative solide à iTunes)
  • eEnregistreur et éditeur audio : Audacity.

Téléchargement et décompression :

  • client FTP : FileZilla
  • gestionnaire et accélérateur de téléchargement et upload : Net Transport
  • logiciel de compression/décompression généraliste : Power Archiver (payant, sauf la version 2000).

Lecteurs de fils RSS :

  • FeedDemon (gratuit en anglais, puissant et facile à synchroniser avec un lecteur en ligne et un téléphone mobile ou smartphone)
  • RSS Bandit (gratuit en français, excellent pour lefiltrage ârmot clé)
  • FeedReader (gratuit et en français, très simple d’utilisation et existant en versionPHP/SQL)
  • Mozilla > Thunderbird (comprend un module de lecture de fils RSS intégré ; voir supra).

Logiciel de gestion des idées et de présentation :

  • FreeMind (gratuit, en français)
  • Mind Manager.

Editeur de pages web :

  • Adobe > Dreamweaver (payant ; sophistiqué, très puissant, peut gérér un site complet)
  • Nvu (gratuit ; simple éditeur de pages web).

Logiciels de veille :

  • C4U (gratuit, basique)
  • Aignes > WebSite Watcher (payant, peu cher, en français)
  • KBCrawl > KBCrawl (payant, métamoteur, plus cher, en français).

Divers :

  • Adobe > AIR
  • Google > Gears (au minimum Google Toolbar)
  • Microsoft > .Net Framework
  • Sun > Java
  • gestionnaire PHP/SQL : Easy PHP.

Pour être complet, ajoutons les logiciels en ligne — à installer eux chez votre hébergeur ou sur votre serveur (intranet) — possibles (CMS, blogs) : voir nos articles Logiciels pour tenir son journal en ligne (blogs), Mettre à jour facilement un intranet ou un site documentaire : les logiciels de gestion de contenu (CMS) et Mettre en place un logiciel de gestion de contenu. En payant, citons la solution intranet de Microsoft, SharePoint.


La combinaison des nombreuses fonctionnalités de Google et de son caractère de compagnie publicitaire entraîne des risques d’influence, de perte d’informations et de non-respect de la vie privée

Google Warning

Ses concurrents (Yahoo, Microsoft, France Telecom/Orange, ...) sont eux aussi concernés, mais pour l’instant à un degré moindre

Lundi 10 septembre 2007

Lire la suite »

Même si nous autres documentalistes et juristes l’utilisons d’abord pour ses fonctions de recherche [6] et de veille [7], Google n’est plus aujourd’hui un simple moteur de recherche. Plus du tout, même.

Or, cette diversification, la collecte de données nominatives croissante qui va de pair avec et leur recoupement par les sociétés qui possèdent les moteurs de recherche, posent dès maintenant et plus encore pour l’avenir des questions gênantes en terme de protection des informations les plus personnelles et privées ("privacy" [8], de divulgation de secrets d’affaires/espionnage économique et de "censure" de fait sur des sources d’information ne faisant pas partie des partenaires des moteurs ou peu ou pas indexées par eux [9].

Pour vous faire une idée, voyez cette nouvelle fonctionnalité de Google, également disponible sur le moteur français Exalead, de recherche de photos d’une personne par son nom [10]. C’est très pertinent, beaucoup plus que la fonctionnalité standard de ces mêmes moteurs. Il suffit que traîne sur le Web une photo — autorisée ou non — de vous et elle devient si facile à trouver pour quiconque ... [11]

Et le constat est le même pour ses grands concurrents mondiaux Yahoo et Microsoft [12], voire locaux (France Telecom avec sa filiale mobile Orange, son moteur de recherche Voila et sa librairie en ligne Alapage, par exemple).

Du point de vue de ses ressources financières, Google est, à plus de 95%, un afficheur de pub [13] doublé d’une régie publicitaire (Google AdSense, Google AdWords, Google Analytics (ex-Urchin)).

Du point de vue des innombrables produits/fonctions [14] que Google offre [15], leur combinaison peut permettre — et permet déjà à certains étudiants aux Etats-Unis — de voir sa journée, ses rencontres et ses communications en tout genre organisées à travers voire par Google :

  • GMail : la messagerie webmail de Google, gratuite et incluant un antispam très efficace, est très utilisée et tend à remplacer les Yahoo Mail, Caramail et autres Hotmail auxquels nous étions habitués
  • Google Reader + FeedBurner : deux lecteurs/aggrégateurs de fils RSS, le premier en ligne sur les serveurs de Google, le second logiciel à installer sur les ordinateurs : permettent de savoir quels fils les internautres suivent et quelles infos sur ces fils ils choisissent de lire. Comme si votre éditeur lisait par dessus votre épaule. Ce qu’ils font déjà sur les bases de données en ligne grâce à leurs statistiques de consultation [16], comme LexisNexis ou Lamyline Reflex
  • Google Maps (vue du ciel à moins de 100 m de haut) + Google Earth (version logicielle plus puissante du site Google Map) + Street View (vue des rues à hauteur d’yeux) : permet la localisation et la vue en image de définition correcte (sans plus, mais pour l’instant ...) et de tout bâtiment ou activité (voire la surveillance : périodicité de mise à jour insuffisante, pour l’instant ...)
  • Ubuntu : un système d’exploitation d’ordinateur [17] de la gamme Linux concocté par Google + Google Tools : des outils bureautiques, que Google vend d’ores et déjà aux entreprises + Google Box : un moteur de recherche pour intranet : permet de conquérir l’informatique et le réseau internes des entreprises
  • ajoutons que Sergey Brin, un des deux fondateurs de Google, a investi et fait investir Google, dans la génétique, notamment le décryptage complet du génome humain.

Quelques sites et documents parmi de nombreux autres :

Toutefois, comme le soulignent [18] un certain nombre de commentaires de spécialistes du Web, des moteurs de recherche ou du droit :

  • d’une part, il s’agit là de prestations ou fonctions auxquels on peut parfaitement ne pas souscrire. Leur gratuité les rend alléchants, mais non obligatoires. La gratuité totale n’existant pas, elle comporte ici comme ailleurs des contreparties ... Autrement dit, il faut prendre en compte le modèle économique qui prévaut chez les moteurs de recherches
  • d’autre part, il faut lire les clauses des longs contrats d’adhésion de ces produits (en anglais : small print, c’est-à-dire petits caractères) et les analyser. Elles *lient* l’utilisateur à Google.

On répond à ces objections — à mon avis tout à fait sensées — que :

  • on sait depuis longtemps que Monsieur tout le monde ne prête guère attention aux clauses écrites en petits caractères (cf avec les licences des logiciels Microsoft) et les respecte encore moins (cf le taux de piratage/contrefaçon en France en 2005 des logiciels ou celui dans le monde en 2003 tels que relevés sur le site web de la BSA)
  • ces applications étant uniquement disponibles/utilisables en ligne, faire respecter ces contrats est infiniment plus facile qu’en matière de logiciels installés sur des ordinateurs personnels
  • l’utilisation de ces applications Google se répandant, voire pour certaines (Google Web, Google News, Google Alert, GMail, ...) se généralisant, elles vont concerner de plus en plus de personnes, et qu’il va donc devenir de plus en plus difficile d’y échapper.

Ces objections ne me semblent aujourd’hui plus suffisantes pour arrêter là le débat. Juste un exemple : Yahoo a livré à la police chinoise les traces qu’un internaute chinois, opposant politique à certains aspects du régime choinois, avait laissé sur ses serveurs. Il s’agit là d’un type de traces non publiques, normalement connues du seul moteur. [19] Question : si Yahoo choisit de se soumettre à ce genre de réquisition, quelle peut être son attitude vis-à-vis de fonctionnalités et d’informations librement et publiquement accessibles ?

Emmanuel Barthe
"nerd", documentaliste et juriste attaché au "privacy" même si (ou plutôt d’autant que) il publie beaucoup sur Internet


1 | ... | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ... | 30

Dernières brèves