Logiciels, Internet, moteurs de recherche

Dernier ajout : 10 juillet.

Derniers articles

Achat en ligne de produits d’occasion : évitez les petits sites (hélas)

Lundi 9 juillet 2018

Lire la suite »

Acheter des produits reconditionnés ? Non merci !

Je voudrais partager ici une mésaventure coûteuse. L’an dernier, j’ai perdu 130 euros par une quasi-escroquerie tout ce qu’il y a de plus légal.

En août 2016, j’achète un smartphone d’occasion "reconditionné" à un "reconditionneur" sur une plateforme de commerce en ligne spécialisée dans les portables et tablettes. Le reconditionneur a une note moyenne de 6 sur 7 et de bons commentaires.

Je teste le portable reconditionné avec ma carte SIM. Il marche. Je le garde en réserve dans son emballage, pour me servir de portable de secours si je venais à perdre le mien.

En mai 2017, je veux prêter ce portable reconditionné à un proche pour le dépanner. Et là, d’un seul coup, le portable ne reconnaît plus aucune carte SIM. Ni celle de la personne ni même la mienne !

Le reconditionneur du smartphone comme la plateforme sur laquelle je l’ai acheté se réfugient derrière leurs conditions générales de vente : 6 mois de garantie, pas plus.

Juridiquement, ils ont ont raison.

En pratique, je me suis fait avoir de 130 euros.

Ce n’est pas la première fois que je le constate : les petites et moyennes plateformes de commerce électronique (PMP), qui cherchent à concurrencer les Amazon, C-Discount, Fnac.com, Darty.com et autres Priceminister, ont du mal à "faire la police" chez leurs vendeurs et à leur imposer de respecter réellement leurs clients.

C’est d’abord l’effet d’une situation caractéristique du commerce électronique : à part les marques du luxe [1], du haut de gamme [2] et les grandes chaînes de l’habillement [3], plus personne ne vend ses propres produits. Chaque "marketplace" [4], ainsi que la plupart des vendeurs qu’elle abrite, n’est qu’un intermédiaire, un morceau d’une chaîne de revendeurs [5]. Quand il s’agit d’occasion, soit c’est un particulier qui vend sur la plateforme et on sait les risques que l’on prend — produit en l’état, zéro garantie sur les défauts cachés —, soit on a à faire à un reconditionneur, qui est censé offrir une certaine garantie, en tout cas un produit vérifié et en meilleur état.

Billets en euros usagés

C’est là que les apparences sont à mon avis trompeuses : c’est difficile à prouver, mais j’ai la nette impression que la très grande majorité des reconditionneurs présents sur les plateformes de e-commerce sont des TPE [6], et même la plupart du temps des entreprises individuelles [7]. Ce qui veut dire que le travail de vérification de l’état du produit et de remise en état ne fait l’objet d’aucun contrôle — ils n’en ont ni les moyens humains ni les moyens financiers [8]. Dit autrement : tantôt (souvent) leur travail sera nickel et vous ferez plutôt une bonne affaire, tantôt vous vous ferez avoir.

Ce n’est pas parce que le reconditionneur a une bonne note qu’il fait systématiquement du bon travail. Une note de 6 sur 7 est une moyenne : elle ne signifie jamais que tout le monde a noté 6/7. On constate en pratique chez un reconditionneur bien noté certaines très mauvaises notes, correspondant à des produits ne fonctionnant pas. Et là, pas de garantie 1 an, contrairement au neuf. Même si ce type de problème intervient, mettons, 1 fois sur 15 chez un reconditionneur de téléphones portables, cela représente une probabilité de perdre 130 euros de 6,7%.

C’est aussi, hélas, une question de puissance économique. Amazon et les autres, non contents de prélever une commission de 20%, imposent des obligations d’échange ou de remboursement à leurs "partenaires" qui équivalent dans les faits à une clause de "satisfait ou remboursé". De plus, sur Amazon, le retour est pré-payé la plupart du temps (attention, pas toujours, mais dans ce cas, protestez et Amazon vous remboursera ... avant, je suppose, de se retourner vers le fournisseur). En pratique, le plus souvent, Amazon impose au vendeur de prendre une assurance retour très coûteuse et à ses frais [9]. Les plus petites plateformes sont moins exigeantes.

Un autre facteur de sécurité pour le consommateur sur les grosses plateformes de e-commerce est la menace de la mauvaise note et du commentaire négatif. Le vendeur a beaucoup à perdre en terme de chiffre d’affaires si sa note baisse et que des commentaires négatifs apparaissent. Il va donc faire des efforts réels pour vous donner satisfaction.

Sur les petites et moyennes plateformes de e-commerce, hélas, même si le vendeur d’occasion/reconditionneur est bien noté, cela ne vous protège pas, comme on vient de le voir.

Moralité (je déteste écrire ça) : restez sur les grosses plateformes. Tenez vous à l’écart des petites.

NB : méfiez vous aussi sur Le Bon Coin : une catégorie bien pire s’y rencontre fréquemment : les escrocs purs et simples. LBC vous met en garde contre eux à plusieurs endroits, certes. Mais de facto, le site ne fait pas assez le ménage et tolère des annonces extrêmement bizarres [10]. Le conseil le plus important : ne jamais envoyer d’argent. Surtout si le vendeur est situé à l’étranger.

Emmanuel Barthe
e-consommateur

Un portable iPhone 5 S d'occasion


Socle Logiciels Libres : quand l’Etat promeut l’open source par un référentiel

Mardi 26 juin 2018

Lire la suite »

SILL en-ête

Vous travaillez comme documentaliste, veilleur, webmestre pour une administration publique ? Le Socle Interministériel de Logiciels Libres (SILL) est pour vous. Un tableau de logiciels open source à consulter et garder sous le coude, car il contient tous les softs recommandés par l’Etat.

La modernisation des systèmes d’information de l’Etat passe notamment par le développement des usages et technologies innovantes et créatrices de valeur pour les utilisateurs, et par la maîtrise des coûts, ce qui pousse depuis longtemps les logiciels open source en avant dans les administrations.

D’où le SILL, qui n’est en fait qu’une liste de référence des logiciels à privilégier dans le développement des systèmes d’information de l’Etat, défini en 2012, est maintenu en concertation interministérielle. Ce référentiel ne fait pas obstacle à l’innovation par essai de nouvelles souches, qui pourront aider à l’évolution du cadre. Le SILL n’est pas obligatoire. Juste recommandé. Mais par contre, il définit des versions de référence à privilégier et indique les solutions à abandonner.

La version en lien ici est à jour à mi-février 2018. Le SILL est mis à jour chaque année.

Emmanuel Barthe
documentaliste geek

Extrait du tableau des logiciels libres du SILL
Ci-dessus un tout petit bout du gigantesque tableau des logiciels libres recommandés par le SILL


Les commentaires sous les articles de presse en ligne : inutiles et nocifs

Vendredi 8 juin 2018

Lire la suite »

Des commentaires sous l'article du Parisien du 8 juin 2018 sur le refus d'intervention des militaires au Bataclan

Les commentaires sous les articles de presse en ligne, à quelques exceptions près (le Financial Times par exemple) sont toujours aussi inutiles et sentent toujours aussi mauvais.

Un exemple récent sur le site du Parisien (groupe Les Échos Le Parisien), sous cet article, dont le sujet est un véritable miel à mouches :
Bataclan : des familles de victimes demandent des comptes à l’Etat, Le Parisien.fr 7 juin 2018

Florilège de com’ [11] :
« Bon courage et bonne chance sa va être très long depuis des années ont protèges les assassins aux noms de présomption d’innocence et Taubira qui en remis une couche ces années vont être chère en vie humaine »
« Cette anomalie choquante laisse à penser que le donneur d’ordre, donc le gouvernement, était secrètement complice des islamistes. Quelle autre explication ?? »

Et ce, malgré les précautions louables mais insuffisantes prises par les journaux : obligation de s’inscrire (création d’un compte ou, plus souvent, connexion à son compte Google ou Facebook) ou carrément d’être client, amélioration des outils et chartes de modération (notamment l’implémentation croissante de Disqus ou Netino).

Certains medias ont mis en place des chartes d’une sévérité drastique. Du genre de celle de Numerama, finalement mise en place en février 2018 et dont l’article 4, par exemple, prévient très franchement :

« La liberté d’expression n’est pas un absolu. Vous avez le droit de tout dire, effectivement, mais également le devoir de subir les conséquences de vos propos. Tout manquement aux règles entraînera la suppression des messages et le bannissement définitif des auteurs impliqués. Numerama est une société privée et ces espaces de discussions sont la propriété d’Humanoid, qui se réserve le droit de les modérer comme elle les entend, sans préavis. »

Dans le cas présent, Le Parisien n’exige que le minimum : se connecter à son compte Google ou FB. C’est clairement insuffisant.

Soyons franc : les journaux, tout comme les réseaux sociaux, "kiffent" les commentaires, le débat, les scandales. En effet, tout ce qui fait le buzz apporte du trafic, donc des revenus publicitaires.

Mais certains se sont rendus compte que le gain était très faible, et les dégâts sur les articles, notamment en terme d’agressivité, désastreux. Ceux-là ont supprimé les commentaires. Un exemple : l’hebdo belge Le Vif/L’Express (groupe Roularta) a décidé de fermer la possibilité de commenter les articles sur son site.

Très franchement, personnellement, c’est pour moi un soulagement que de ne pas tomber sur ces com’ nauséabonds.

La réalité, c’est que les gens heureux n’ont généralement rien à dire, et les mécontents toujours trop à (mé)dire.

De surcroît, le niveau de connaissance moyen du commentateur d’article en ligne est tel qu’il n’apporte aucune information ni aucun argument supplémentaire à l’article. Qui plus est, la plupart des gens commentent sans avoir lu en entier et s’ils ont lu, sans pleinement comprendre. En analysant 70 millions de commentaires depuis dix-sept années, le quotidien britannique The Guardian est arrivé à une conclusion assez déprimante : la zone en bas de ses articles se transforme souvent en champ de bataille et le débat "constructif" entre ses lecteurs est rare.

Les forums, y compris sur les réseaux sociaux (particulièrement Facebook et Twitter [12]), sont d’abord et avant tout un gigantesque défouloir pour les radicaux de tout poil, avec une préférence pour le racisme, l’europhobie et l’anti-mondialisation. Côté politique, l’extrême-droite, très active, est devant l’extrême-gauche. Le reste du spectre politique est quasiment absent [13].

Je le redis : lire les commentaires sous les articles de presse en ligne :

  • me fait désespérer de la nature humaine
  • me donne parfois envie de vomir
  • et me fait perdre mon temps.

On cite souvent le chiffre de 90% de spam parmi la masse d’emails [14]. Il faudrait aussi se poser la question pour le Web. Quel est le taux de déchets informationnel et idéologique sur le Web ?

Et la question de la lutte contre cela. Messieurs-dames de la presse, le fact-checking [15], c’est bien. Mais supprimer les commentaires sous les articles, ce serait mieux.

Emmanuel Barthe
veilleur


1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 33

Dernières brèves