Logiciels, Internet, moteurs de recherche

Dernier ajout : 12 juin.

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Un Palais de justice sans Internet ?

Accès à Internet dans le futur tribunal de Paris : le débat, les solutions

Mardi 12 mai 2015

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Cet article a été contribué par Jean Gasnault, que je remercie pour sa participation à ce blog.


Tout a commencé samedi dernier en fin de soirée lorsque un tweet a signalé la mise en ligne de cet article du blog « Crocs de Boucher » de M. Thierry Lévêque (journaliste à l’agence Reuters, accrédité au Palais de Justice, ayant suivi les grands procès de ces 20 dernières années) ayant pour titre « France, 2015 : le tribunal le plus cher et le plus "hype" du monde interdit… l’internet ». La lecture de cet article est édifiante. On y apprend qu’il n’y aura pas d’accès internet dans les salles d’audience. Mauvaise réception de 4G anticipée ? Wifi refusé par le personnel judiciaire au nom du principe de précaution ? Plus efficace : mise en place de système de brouillage.

Pourquoi ? Il semble que la cause en soit le cyberterrorisme. L’attaque dont TV5 a été dernièrement victime et le cyberdihadisme qui a frappé divers sites publics juste après le 11 janvier, prouverait la gravité du danger auquel les réseaux de la Tour-Palais seraient exposés. Donc personne en salle d’audience du futur Palais, y compris les magistrats, ne se servirait plus d’Internet.

Débat

La nouvelle a flambé sur Twitter en moins de six heures, quelques grands noms rencontrés sur le Web juridique : Maître Eolas, Bernard Lamon, Kami Haeri, et d’autres ont multiplié les commentaires critiques et ironiques (pour en lire quelques uns). On doit l’un des plus spirituels à Me Eolas :


D’autres avocats sont venus demander si l’Ordre des avocats de Paris avait été averti de ce choix technologique. Pour l’instant, du côté de la place Dauphine, on ne note pas de réaction. Pas encore.

Préjudices

Pourquoi une réaction aussi vive des journalistes judiciaires et des avocats dit « de Palais » (ou avocats plaidant) ? Pour les comprendre, il faudrait vivre leur vie.

Les journalistes judiciaires, qui connurent leurs heures de gloire au temps de Joseph Kessel puis aux premières heures de la télévision, ont mis à profit les réseaux sociaux pour faire vivre le suivi haletant des procès médiatiques avec des live tweets. Premiers touchés par cette annonce, ils ont réagi plus que vivement par un communiqué officiel : « Fini les live-tweet ou live-blogging qui, rappelons-le, ne sont pas interdits par les textes. Et aucun de nos interlocuteurs n’a été en mesure de nous dire qui était à l’origine de cette demande. » Il est vrai qu’Outre Atlantique la tendance à twitter pendant les procès n’est pas forcément bien accueillie comme on en peut juger par cet article du site américain en e-journalisme Poynter : « Many judges do not agree that courtroom tweets should be permitted ». Que la pratique du tweet en audience puisse avoir besoin d’être canalisée, on n’en disconvient pas, pour autant faut-il la bannir ?

Quant aux avocats, habitués à passer de longues heures en audience, ils avaient progressivement accueilli l’arrivée des portables, mobiles, tablettes comme un miracle technologique : enfin de quoi pouvoir rester relié au bureau, répondre en temps réels à d’autres clients ou bien parfaire ses recherches sur Legifrance en attendant son tour. Et maintenant qu’ils ont intégré cet usage, on voudrait les en priver à partir de 2017 ? Si un magistrat a pu être légitimement condamné pour avoir twitté pendant une audience où il siégeait, doit-on pour autant considérer qu’un avocat n’aurait pas le droit de se servir d’Internet pendant la partie de l’audience qui ne concerne pas son client. L’amalgame semble un peu rapide.

De plus faudra-t-il étendre cette mesure technique à tous les tribunaux de France ? Par mesure d’équité et d’égalité de traitement de tous devant la pratique de la justice ? La plus infime des failles dans l’application strictement égalitaire de ce dispositif dégagerait un fumet d’article 6 (atteintes aux droits de la défense) qui mettrait la CEDH sur la piste des tribunaux français. Personne ne souhaite voir la France inaugurer cette grande réalisation avec une publicité de ce type.

Solutions

Depuis ce matin la presse à son tour y est allé de ses commentaires : Libération, Numérama. Chacun s’interroge. Comment cette mesure a-t-elle être prise avec aussi peu de concertation ? N’y avait-il pas moyen de régler ces questions de sécurité d’une autre manière ?

Pour l’accès à la documentation juridique, il est vrai que d’autres solutions pourraient suppléer cette absence de réseau en embarquant les fonds législatifs et jurisprudentiels en les stockant sur les supports mobiles des avocats. Mais les avocats plaidants ne comptent pas parmi les avocats les plus riches de la profession. Quel financement envisager pour les soutenir ? Et quand bien même, les avocats resteraient privés de l’accès à leur messagerie. Dans l’emballement des moyens de communication moderne, comment parvenir à expliquer aux clients qu’il faut revenir aux pratiques du XIXème siècle ? Dans une Tour-Palais, symbole plus que visible de la justice du XXIème siècle ?

Les grands Cabinets d’avocats vivent dans un contexte technologique tout aussi exigeant : leur réseau, même dans le Cloud, doit être toujours plus impénétrable. Et pourtant, ils doivent fournir à leurs clients un accès internet dans leurs bureaux. La solution la plus pratiquée revient à gérer deux réseaux : un réseau très protégé pour les professionnels au sein de la structure et hermétiquement séparé de ce premier, un deuxième réseau, protégé lui aussi, mais temporairement « sacrifiable ». En cas d’attaque, il est arrêté, nettoyé, remis en état, patché de divers compléments de protection et redémarré.

Une solution de ce type n’était-elle pas envisageable ?

Jean Gasnault
Président de Juriconnexion, association d’utilisateurs de l’information juridique sur supports électroniques.


Un cadeau gratuit en bonus

Des appli texte pratiques pour Samsung Galaxy ?

Les fichiers Samsung Notes ne sont pas lisibles par Word !

Mardi 5 mai 2015

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Les Samsung Galaxy sont la famille de smartphones la plus répandue juste derrière les iPhone d’Apple [1].

Le Samsung Galaxy S6 est sorti. Mais il n’y a toujours pas d’application texte digne de ce nom installée par défaut sur les Galaxy.

Le seul moyen standard d’écrire du texte sur un Galaxy est de prendre de (courtes) notes sur l’application Android Samsung Notes (S Notes).

S Notes ne produit pas du véritable texte mais en fait des images sous un format propriétaire Samsung [2]. On ne peut pas ouvrir ses fichiers Notes dans Word, Open Office ou Libre Office. Pas même dans le Bloc-Notes de Windows. Cerise sur le gâteau, les fichiers texte S Notes ne peuvent pas dépasser l’équivalent de 2 pages A4.

Et Google Docs direz vous ? Il n’est disponible qu’avec une connexion Internet. Donc impossible sans abonnement 3G ou 4G et même avec impossible dans les transports et de nombreux bâtiments — comme nombre de tribunaux ... Quant aux applications de type traitement de texte fonctionnant hors ligne (Docs to Go, Kingsoft Office ...), elles ne sont pas assez dépouillées vu la taille de l’écran d’un téléphone portable. Or les juristes rédigent beaucoup. Beaucoup.

Des solutions ? Tout écrire dans un e-mail, comme on fait [3] avec un BlackBerry ? Revenir à l’ordi portable ou passer à la tablette ? Frustrant et peu pratique car souvent on ne les a pas sous la main. Alors que le smartphone, lui, on l’a en permanence avec soi. Un téléphone portable est un véritable mini-ordinateur, limité par la taille de son écran et le type de logiciels qu’il accepte [4]. Il pourrait, il devrait permettre de prendre plus que de courtes notes et de les reprendre ensuite dans Word et autres traitements de texte pour les mettre en forme.

Des appli iPhone et Android adaptées existent. Ainsi que quelques logiciels pouvant lire et modifier les fichiers Samsung Notes. Pour les connaître, attendez la suite de ce billet.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique free lance, geek
06 19 99 58 69


Drive, GMail, etc. : les problèmes d’utilisabilité du cloud Google

Samedi 7 février 2015

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Cet article est le deuxième d’une série de trois sur les solutions de Cloud. Les deux autres :

J’ai dû choisir une solution de cloud et de communication pour un groupe de travail d’une quinzaine de personnes [5].

Nous avons retenu finalement la solution Google : Google Drive + la suite bureautique Docs, Sheets et Slides + Gmail + Google Groups.

A cette occasion, nous avons repéré des problèmes d’utilisabilité (en anglais : "usability" ou UX [6]) qui, s’ils ne nous ont pas dissuadés de d’utiliser cette solution, ont un peu refroidi mon enthousiame initial. Or la plupart ne ne sont jamais signalés.

Ce billet ne vise pas à démolir la réputation d’ergonomie des produits de la firme de Mountain View. Mais à la nuancer. Ce sont des produits qui tiennent la charge, qui ne sont quasiment jamais en panne, aux bugs ultra-rares et mineurs. Ils sont *très* utilisés et dans le monde entier. Mais on peut les améliorer. Et c’est bien ce que Google tâche de faire. En voici une preuve très récente : Google Drive Just Got a Whole Lot Better (Time 17 déc. 2014).

Pour résumer :

  • les produits cloud de Google, s’ils sont liés entre eux, se consultent pour la plupart séparément. Ils ne sont pas toujours assez intégrés sur les plans visuel (repérer comment passer d’un produit à l’autre) et ergonomique, surtout pour les débutants [7]
  • la version gratuite de Drive ne comporte ni outil pour empêcher les suppressions intempestives de fichier ou dossier ni sauvegarde pour les restaurer une fois la gaffe faite.

Voici en détail les principaux soucis que les utilisateurs de mon groupe de travail ont rencontré :

- Il est difficile pour un non habitué de repérer le symbole des neuf petits carrés en haut à droite et de comprendre que si on clique dessus, on pourra passer d’une application (logiciel) à une (un) autre.

- Passer d’un compte Google à un autre [8] sans se déconnecter du premier ni tout ressaisir est possible. Mais ce n’est pas du tout évident/"self explanatory" au départ. Beaucoup vont se déconnecter-reconnecter en série, mélanger les mots de passe ... Et même une fois la manip’ maîtrisée, il est possible d’ouvrir deux GMails mais pas deux Drives en même temps.

- Hors version payante de Drive, les utilisateurs d’un dossier partagé peuvent par défaut tous créer, modifier, déplacer ou supprimer un document. Avec les risques de perte de fichiers que cela comporte ...
En termes informatiques : ils ont tous les mêmes droits, et ce sont ceux d’un administrateur. Pour modifier cela, il faut après le partage revenir sur le fichier ou le dossier et le passer en lecture seule. On n’y pense guère. Sur cet aspect, il faut bien reconnaître que la version gratuite de Drive est "limite"

- Si vous mettez à jour votre Drive depuis plus d’une seule machine (par exemple, un ordinateur fixe et un ordinateur portable), vous risquez de rencontrer des problèmes de synchronisation. Ils se règlent en resynchronisant mais quand on ne connaît pas le truc, c’est assez gênant.

- Si vous gérez le partage des documents d’un groupe, la limite des 15 Go gratuits est vite atteinte. Or le disque dur d’un ordinateur personnel de base acheté en 2014 fait 500 Go dont Windows, une fois installé, laisse libre 400. Donc pour un groupe de 15 personnes en utilisation professionnelle, 15 Go peuvent vite être juste ... Certes, on peut relier les espaces de stockage individuels de 15 Go chacun :

  • soit indirectement (ordinateurs en dessous de Windows 7). Procédure à suivre et à répéter à chaque fois ... :
    1. se connecter à son compte Google
    2. cliquer sur les 9 petits carrés
    3. choisir Drive
    4. dans la colonne de gauche cliquer sur "Partagés avec moi"
    5. cliquer sur le dossier partagé
    6. on y "rentre"
  • soit "directement" (ordinateurs à partir de Windows 7 ; Mac OS non testé). En fait, le caractère direct est virtuel : pour les utilisateurs, c’est transparent une fois mis en place. Procédure à suivre :
    1. se connecter à son compte Google
    2. cliquer sur les 9 petits carrés en haut à droite
    3. choisir Drive
    4. dans la colonne de gauche cliquer sur "Reçus"
    5. cliquer sur le dossier partagé
    6. il s’ajoute à droite
    7. passer la souris dessus
    8. trois petits points à droite intitulés "Autres actions" s’affichent
    9. choisir Ajouter à mon Drive
    10. on voit alors ce dossier comme s’il faisait partie de son Drive personnel et il n’est plus besoin passer par "Reçus" à chaque fois.

Mais la procédure là encore n’est pas évidente, elle nécessite une formation et elle n’est même pas décrite dans l’aide de Google.
Surtout, partager en chaîne entraîne des risques de sécurité accrus (voir supra Dropbox).

- Télécharger un fichier joint depuis un mail GMail et le ranger dans un dossier partagé Google Drive est une opération simple sur le plan des actions à faire (quelques clics). Pour autant, elle n’est pas évidente pour ceux qui n’ont jamais utilisé Drive — et GMail a fortiori.
La difficulté principale consiste à comprendre ce que signifie le petit triangle blanc sur fond noir en bas de l’e-mail. Puis, une fois ceci repéré et compris, il faut aller un cran plus loin dans la compréhension, autrement dit comprendre que ce n’est pas à un téléchargement classique sur son ordinateur que l’on procède.

- La présentation des mails par fil de discussion dans GMail — inhabituelle — en déroute plus d’un. Encore un besoin de formation.

- Enfin, problème non encore rencontré par le groupe mais qui pourrait ne pas tarder : dans les 15 Go offerts par Google, il y a l’espace pris par vos mails, photos (de plus de 2048 x 2048) et vidéos de plus de 15 mn. Etant donné qu’une seule photo prend classiquement plusieurs Mo d’espace ...


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