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Dernier ajout : 30 juin.

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Incendie des transformateurs de la gare Montparnasse

SNCF, RTE été 2018 : une communication ratée qui coûte cher au voyageur

Un week-end d’enfer et ruineux

Dimanche 30 juin 2019

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Nos vacances d’été en famille de juillet 2018 avaient déjà bien commencé à l’aller grâce à la SNCF. Le retour allait être un feu d’artifice dans le style WTF (ou portenawak pour les générations précédentes).

Suite à l’incendie dans un poste de transformateurs de RTE (ex-EDF) à Issy-les-Moulineaux le vendredi 27 juillet, la SNCF a « annulé » (un mot politiquement correct pour dire supprimer) des dizaines et des dizaines de trains, particulièrement des TGV de vacanciers.

Communication contradictoire

Pour le samedi 28, la communication de la SNCF parlait de 60 à 70% de trains disponibles. Et dimanche 29, ce fut pire : 50% seulement [1]. Ce qui n’a pas empêché le nôtre d’être supprimé le vendredi soir. Au moins, puisque nous avions donné notre mail à TrainLine, la SNCF a pu nous prévenir directement, par un mail reçu vendredi à 21h08. Mais quand les bureaux de la gare locale sont fermés et le 3635 totalement injoignable (message d’accueil en boucle), ça fait "short" pour trouver une solution de rechange. Bon, on se démène, on en trouve une : un OuiBus (tiens, une filiale de la SNCF !).

Absence de communication

Mais pas de chance, le lendemain, le TER [2] qui nous emmène à Rennes où nous devons prendre notre Ouibus, ce TER se prend 1h30 de retard. Ce retard est dù à une panne de la locomotive [3] d’un train de marchandises [4] situé sur la même voie ferrée devant nous. Nous passons une heure en rase campagne avec peu ou pas de connexion, cherchant frénétiquement des alternatives.

Notre Ouibus part donc à 13h30 sans nous. Et faute d’avoir été prévenu à temps de l’ampleur du retard (combiné à l’absence de connexion), nous sommes hors délai pour tenter d’échanger notre Ouibus de 13h30 contre le dernier disponible samedi — même s’il arrive à minuit à Paris [5].

Arrivés en gare de Rennes, nous allons passer trois heures à découvrir tous les étages et les différents départements d’une gare transformée en véritable labyrinthe par ses travaux pharaoniques de reconstruction, à nous énerver, à nous émerveiller du manque de maîtrise de la communication de la compagnie nationale puis à finalement trouver un arrangement correct mais sans plus au service clients (là où on vend les billets ... et où on traite aussi les réclamations ...).


Intérieur de la gare de Rennes en travaux à l’été 2018

Communication : le service client meilleur que la direction

C’est à ce service client que nous allons apprendre un point clé. Bon à savoir : en cas de grandes perturbations sur le réseau ferré (vocabulaire interne à la société nationale pour signifier grandes graves ou grandes pannes) : n’annulez pas vos réservations et ne vous faites pas rembourser vos billets, quand bien même votre train risque d’être ou a été annulé. Je répète : N’ANNULEZ PAS vos résa et billets (que vous les ayez pris auprès de la SNCF, de TrainLine ou de tout autre agence de voyage). Gardez vos titres de transport. N’achetez PAS une autre solution de transport.

En effet, en cas de grandes perturbations, et sans le reconnaître officiellement, la SNCF accepte (et ses contrôleurs et chefs de gare recommandent même expressément) que toute personne ayant un billet non utilisé et non annulé pour un trajet donné puisse monter dans un train allant à sa destination sans se préoccuper de savoir s’il a une réservation ni de quoi que ce soit d’autre.

Or, pour éviter que tout le monde fasse ainsi et que cela crée des paniques, de la fraude et des problèmes de sécurité, la SNCF s’abstient soigneusement de communiquer sur cette possibilité. Pire : elle conseille/demande à ses clients de reporter leur voyage.

Autrement dit : la direction et sa com’ dans les médias, d’une part, et leurs agents sur place, d’autre part, se contredisent. Et les bons tuyaux ne sont pas ceux de la direction.

Sans trains disponibles, allons devoir, ce samedi, passer une nuit à l’hôtel et dîner au restaurant. A quatre, ce n’est pas donné ...

Encore des lacunes dans la communication

Deuxième gros problème de communication SNCF : le fameux train de marchandises qui nous a fait rater notre Ouibus est un train privé opéré par un opérateur privé, pas la SNCF. Les contrôleurs me disent donc : pas la faute de la SNCF, pas d’indemnisation. Et puis de toute façon, ça ne dépasse pas les fameuses trois heures de retard.

Certes, mais :

  • ni les contrôleurs ni la gare de Rennes ne sont pas capables de me donner les coordonnées de cet opérateur privé. Comment pourrais-je alors me retourner contre lui ?
  • et l’information sur le retard exact n’a été donnée par le chef de train du TER que bien trop tard pour la plupart des passagers du TER. En tout cas, trop tard pour nous pour pouvoir modifier notre réservation Ouibus.

Autres absurdités communicationnelles

Autres bizarreries voire absurdités communicationnelles, SNCF ou non :

  • la compagnie nationale a choisi de "charger" lourdement RTE, qui non seulement a failli mais n’a pu activer selon les Echos aucun des trois systèmes de sauvegarde ("backup"). Mais selon François Brottes, le président du directoire de RTE, c’est tout simplement parce que la SNCF avait choisi de mettre tous ses œufs dans le même panier : ses backups étaient sur le même site RTE d’Issy-les-Moulineaux [6]. Or tout plan de continuité d’activité (PCA) sérieux implique de choisir un fournisseur ou au moins un établissement/lieu différent pour son backup et de faire des exercices et des tests. Il s’avère que la SNCF a bien séparé ses trois lignes d’alimentation électrique de la gare Montparnasse et que RTE a commis l’erreur de les regrouper. Pour autant, la SNCF n’a visiblement pas poussé l’analyse de résilience jusqu’aux fournisseurs et contrats associés [7], contrairement à ce que pas mal de spécialistes des PCA recommandent [8]. Charger RTE peut aussi servir à masquer les déboires de la SNCF l’an dernier à la même époque
  • les médias ont insisté sur l’aspect catastrophe mais, très largement hélas, n’ont pas enquêté sur les causes de l’incendie du centre RTE ni surtout sur le plus important pour leurs lecteurs : l’importance exacte des dégâts sur les transformateurs. Ils se sont contentés des photos et commentaires des internautes ayant posté sur Internet et des (rares) communiqués de presse sur ce sujet puis des estimations de retour à la normale émises par RTE et la SNCF
  • RTE ni vendredi ni samedi n’avait publié quoi que ce soit sur son site web. La société s’était contenté d’un communiqué au format image — même pas texte — sur son compte Twitter et d’une courte déclaration aux radios TV du président de son directoire. En matière de gestion de crise médiatique et communicationnelle, à la question "Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?", la réponse pouvait être au choix "Les pilotes sont en vacances" ou "Les pilotes sont des amateurs" [9], voire les deux. RTE s’est toutefois excusé et a mis les bouchées doubles pour trouver une solution temporaire permettant aux abonnés EDF, Direct Énergie etc. de revenir à la normale.

Plus largement, la fébrilité des ministres des transports et de l’énergie masquait mal des questions sur les investissements sur les infrastructures et la préférence — et le soutien financier — de l’élite française pour le nucléaire (et Areva, ex-Commissariat à l’énergie atomique).

Emmanuel Barthe
consommateur voyageur, client SNCF, à qui cette histoire a coûté pas loin de 600 euros supplémentaires, billets Ouibus et frais de nourriture et d’hôtel pour quatre inclus


Under water - Walking in the ruins

Mercredi 6 février 2019

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Un champion de plongée en apnée part marcher sous l’eau, inspectant des temples mayas abandonnés, gravissant des falaises, varapant, sautant, volant [10].

Unbelievable. Magique.


C’est moi, ou SoundCloud est très supérieur à YouTube pour la musique et pour son moteur de recherche ?

Douze versions de qualité du Canon de Pachelbel sur SoundCloud et quelques unes sur YouTube

Vendredi 18 janvier 2019

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Je me suis amusé à faire de la curation sur des dizaines de versions de ce morceau universellement connu et très largement disponible sur Internet qu’est le Canon de Pachelbel [11], et plus particulièrement sur deux grands réseaux sociaux audio/sites de musique : SoundCloud et YouTube.

Le Canon de Pachelbel : SoundCloud v. YouTube

J’ai été très surpris par le peu d’intérêt des interprétations disponibles sur YouTube : à mon oreille [12], à part quelques unes que j’ai pu trouver, elles sont très souvent besogneuses ou banales.

Sur ce morceau, SoundCloud explose YouTube dans les grandes largeurs : plus de diversité des interprétations, plus d’originalité, des prises de son professionnelles et des interprétations qui prennent aux tripes [13]. La spécialisation paie.

Après, ce n’est là qu’une forme de sondage. Impossible d’évaluer globalement la valeur des morceaux de musique présents sur YouTube à cette seule aune non représentative. Pourtant, ce test isolé recoupe l’impression que me laisse SoundCloud quand je vais y écouter des morceaux ...

En revanche, une chose me semble beaucoup plus aisée à prouver : le moteur de recherche de YouTube n’est pas à la hauteur de celui de SoundCloud en termes de précision des résultats. Même le moteur de suggestion de YT (la fameuse colonne de droite dite aussi algorithme de recommandation) n’est pas pertinent ici (au sens strict du terme) puisqu’il suggère très vite d’autres morceaux et d’autres compositeurs que Pachelbel. Il fait d’ailleurs ça avec toutes les requêtes [14].

Une précision : SoundCloud a pas mal de défauts, du plomb dans l’aile comparé à Spotify et sa "remix culture" a beaucoup reculé. Pour autant, il a de beaux restes et cette culture pourrait revenir.

Listen

Ma liste de mes interprétations préférées du Canon de Pachelbel sur SoundCloud et YouTube

- Sur YouTube :

- Et maintenant, comparez avec la richesse et l’originalité des petits ensembles, des musiciens et des particuliers sur SoundCloud. Ecoutez bien : certains vont très loin dans la qualité de l’interprétation, l’émotion dégagée et la qualité de la prise de son. Là, on l’a, la vraie richesse de l’Internet gratuit — diversité, originalité, personnalisation — si rarement *réellement* constatée :

  • Autumn, par Gabriel Ananda, une adaptation électro à l’aide d’un séquenceur. Très calme, très planant et très réussi
  • Rockelbel’s Canon pour quatre violoncelles, par The Piano Guys. Une version rapide et très dansante, avec un passage en pizzicato avec des percussions que j’apprécie particulièrement. Comme le dit un commentaire : « It makes me shake my shoulders ! »
  • au piano par Athir Aldefaie. 1 184 500 écoutes depuis sept ans. Perso, je préfère la version de Nicholas Smith (voir infra). A noter que joué au piano seul, le Canon perd en partie de sa force émotionnelle
  • au piano par Nicholas Smith. Simple et (très) sensible, un tempo plus rapide que la moyenne, bien enregistré pour un particulier. La plus émouvante des interprétations en piano solo que j’ai pu trouver
  • Piano solo, par Ảo Giác. Là encore : simple et sensible (même si j’ai une légère préférence pour la version de N. Smith, au rythme moins métronomique), un tempo un peu plus rapide que généralement, et parfaitement enregistré pour un particulier
  • Canon in D(ub) - Remix, par Skeewiff. Comme le dit le titre, c’est une version dub, un genre musical issu du reggae jamaïcain, un remixage réalisé en temps réel à partir de bandes magnétiques par des ingénieurs du son
  • par le quartet Oquirrh String, un ensemble de musiciens professionnels basés à Salt Lake City (Etats-Unis). Peut-être le top parmi les interprétations classiques en accès libre que j’ai pu trouver sur le web, selon moi. Le violoncelle commence, grave, ni lent ni rapide, rattrapé par les violons qui montent tour à tour dans les aigus. L’aspect "canon" du morceau est mis en évidence. La prise de son est parfaite (normal). Un regret : le troisième quart du morceau me semble moins réussi, trop métronomique.

Emmanuel Barthe

PS : j’ai aussi commis un billet très documenté sur Jamendo. Bien qu’il date de 2012, il peut encore vous apprendre des choses sur l’industrie de la musique en ligne dite "libre de droits".


Le Canon de Pachelbel

Le Canon en ré majeur sur une basse obstinée de Johann Pachelbel, dont le titre original est Canon per tre Violini e Basso et l’appellation courante « Canon de Pachelbel », fait partie d’une pièce de musique de chambre baroque, écrite vers 1700 pour un effectif de trois violons et une basse continue.

L’œuvre est à quatre temps. Les interprètes lui donnent aussi bien un caractère assez léger et assez vif, qu’un caractère solennel et majestueux. L’œuvre, qui n’est rien d’autre qu’une série de variations, en canon (sur une basse obstinée), représente un témoignage tardif de l’art populaire des ménétriers (les Stadtpfeifer, littéralement musiciens de ville jouant sur instruments à vent de plein-air, mais aussi musiciens populaires jouant de divers instruments, à cordes et autres).

Très populaire, ce morceau a été vulgarisé et arrangé pour les instruments les plus divers et dans les styles les plus variés, oubliant souvent sa forme de canon et son écriture polyphonique.

Vers 1970, le Canon de Pachelbel (œuvre de musique baroque déjà quelque peu répandue depuis les années 1960), devient un objet culturel universel, décliné en d’innombrables versions, utilisant soit les partitions et instruments originaux, soit des arrangements et des styles très divers [15].


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