La documentation juridique

Dernier ajout : 17 octobre.

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Deux sites de vente d’e-books : ePagine et 1001libraires.com

Les libraires français contre les géants Internet : premiers portails de vente de livres numériques

L’un, très sobre, fonctionne, l’autre est en construction

Mardi 11 mai 2010

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La Tribune de ce lundi 10 mai fait le point sur les premières contre-offensives des (grands, surtout) libraires français face aux géants GG Books, Amazon et Apple, en matière d’e-books/livres numériques. Elles bénéficient selon Sandrine Bajos du soutien des éditeurs.

1001libraires.com — pas encore en service

Le portail 1001libraires.com, soutenu par le Syndicat de la librarie française (SLF), verra le jour « à l’automne » 2010. Il compte actuellement une « quarantaine de librairies, toutes entrées au capital ». Un accord a été signé avec Electre pour la fourniture des données bibliographiques. Le montant annuel de la cotisation est calculé en fonction du chiffre d’affaires du libraire, ce qui pourrait convenir aux petits libraires.

ePagine — déjà en service

Tite-Live, éditeur de logiciels de gestion de librairies, a lancé, lui, ePagine qui regroupe une vingtaine de librairies et est déjà opérationnel. Pour l’instant, il présente surtout le catalogue Gallimard.

J’ai regardé. ePagine offre plusieurs formats : mobi, pdf (image/texte), pdf tablette, pdf et epub. Tous protégés (DRMs). Mais, en réalité, seuls les deux derniers (PDF et epub) sont quasi-systématiquement présents. La présentation des ouvrages est très — trop selon moi — courte : pas de possibilité de laisser un commentaire, aucune véritable critique littéraire ou autre contenu externe ne vient enrichir les pages. Certes, certains ouvrages trop rares sont présentés sur le blog de ePagine (exemple) mais cela reste de toute évidence une présentation par l’éditeur, c’est hors du site et c’est marginal.

En revanche, on peut télécharger une extrait de l’oeuvre pour se faire une idée et la noter de 0 à 5 (exemple). Bon points, mais ces fonctionnalités ne sont à mon avis pas assez mises en avant/rendues visibles. Etre le premier, c’est bien, mais il manque vraiment de l’animation et du contenu critique et externe (des sites de libraires individuels, des blogueurs ?) sur ce site.

Le vrai problème

Sur le fond, il faut reconnaître qu’il n’est pas facile de mettre en place une offre adaptée, pas facile de créer des communautés de lecteurs, et encore moins simple de vendre un produit et d’en vivre (et de faire vivre toute la chaîne), quand tout le monde pense qu’Internet, hors abonnement, est gratuit et que les empêchements de télécharger en rond sont de facto aussi faibles.

Une bonne part du problème est entre les mains des fournisseurs d’accès (FAI) et des moteurs de recherche. Eux seuls peuvent contrôler ce qui passe, savoir comment les flux de données sont acheminés et éventuellement mettre en place les systèmes de paiement et de redistribution financière nécessaires pour que le reste des acteurs de l’information et de la culture vivent. Que ce soit pour la musique, l’info, la video ou le livre ou la presse.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste


Les méthodes des documentalistes à la hauteur de celles de l’intelligence économique

La recherche sur Internet est un vrai métier, il faut des spécialistes pour cela

Lundi 26 avril 2010

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La Tribune du 26 avril publie un entretien avec le nouveau patron de la délégation interministérielle à l’intelligence économique, Olivier Buquen.

Caché au sein du discours habituel de ce type de haut fonctionnaire (des mises en garde du style : « Il faut mieux protéger les informations stratégiques des entreprises »), on trouve aussi ceci :

« Nous sommes une start-up administrative. Mon premier rôle est de comprendre ce que veulent nos clients. Je suis allé voir les ministères, les administrations ainsi que les dirigeants d’entreprises, et j’ai fait un audit des forces en présence et de la concurrence. J’ai choisi la transparence. Je peux et je dois me reposer sur tous les services de l’État, y compris les services de police ou de renseignements.
L’intelligence économique, c’est beaucoup de veille. Nous avons nos propres logiciels de recherche d’information. Nous avons aussi des réseaux. Nous trouvons 95% de nos besoins via des informations ouvertes, c’est-à-dire des informations accessibles. Ce qui ne veut pas forcément dire accessibles à tous. La recherche sur Internet est un vrai métier, nous avons des spécialistes pour cela. »

Remplacez « ministères, administrations et dirigeants d’entreprises » par « clients internes » et « Etat » par « entreprise » : franchement, vous voyez une différence avec le travail de recherche et de veille des documentalistes en entreprise ? Pas moi [1].

Oui, un centre de documentation est une "start-up administrative" : ce sont en général des solo ou des équipes de 2 à 3 personnes. Oui, on fait du cousu main, en relation permanente avec nos clients internes. Oui, on travaille pour tous les secteurs de l’entreprise/cabinet. Oui, on trouve 95% des informations et documents pertinents sur des sources accessibles, publiées ou payantes en ligne mais non confidentielles. Et non, ce n’est pas à la portée de tout le monde.

Ce qui veut tout simplement dire que les documentalistes aujourd’hui ont des méthodes de travail et une efficacité dignes des spécialistes de l’intelligence économique. Fini (depuis longtemps ...), les rats de bibliothèques et les vieilles dames en chignon. On parle de vrais professionnels ici, dotés de compétences rares.

Le prochain qui me parle de notre métier comme de gens qui travaillent au milieu de vieux grimoires pleins de poussière et passent leur journée à lire des romans, je le condamne à imprimer et manger ce billet cent fois et sans sel :-)

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, formateur à la recherche et la veille juridiques en ligne


Citation des revues juridiques : pas de "Bluebook" en France

Juste des guides de citation purement méthodologiques et généralistes

Vendredi 26 mars 2010

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[ mise à jour à fin 2016 : l’article infra est gardé en ligne à titre historique car il existe enfin un quasi-Bluebook en France : voir notre article Guide de citation des références juridiques : le Bluebook français est né ]

Une question que les chercheurs et étudiants en droit posent souvent aux documentalistes juridiques :

Existe t-il en France un mode de citation "standard" des revues juridiques à l’instar du "Bluebook" [2] aux Etats-Unis, par exemple ?

En un mot, la réponse est : non.

Il faut toutefois nuancer.

Primo, il existe une liste (PDF) rédigée par les sept principaux éditeurs juridiques réunis au sein du Syndicat national de l’édition (SNE) et publiée depuis 1990 (dernière édition en mai 2004).

Toutefois, je ne pense pas qu’on puisse la considérer comme une véritable norme de citation de juro ou de facto. Pour deux raisons :

  • c’est d’abord une liste d’abréviations et sigles, pas un pur guide de *citation* (voir infra)
  • la liste du SNE n’est pas une norme, ni de juro ni de facto. Elle est plutôt bien suivie dans les publications des grands éditeurs mais pas de manière systématique, surtout si on prend en considération l’ensemble de la littérature juridique. Les conclusions des avocats la suivent moins. Les utilisateurs, documentalistes et juristes professionnels ne semblent pas avoir participé à sa rédaction. Enfin, elle est certes riche mais non exhaustive et pas totalement à jour (tous les éditeurs n’y participent pas, la Revue Lamy Droit de la concurrence n’y est pas, etc.). Par ailleurs, souvent, l’auteur n’abrège pas, il écrit le titre complet de la revue.

Secundo, il existe en revanche une norme AFNOR et des guides méthodologiques de citation de références bibliographiques généralistes/non spécialisés en droit :

Tertio, même si les principaux éditeurs juridiques français semblent avoir un document de référence unique avec la liste du SNE précitée, cela n’empêche pas que certains éditeurs peuvent éventuellement avoir leurs propres règles éditoriales pour leurs publications. Il faut alors se référer à leurs "recommandations aux auteurs".

Voir aussi les écoles doctorales universitaires.

Enfin, pour la jurisprudence, on peut choisir de citer les arrêts comme les institutions judiciaires les citent elles-mêmes. Pour la Cour de cassation on s’inspirera de son BICC, pour le Conseil d’Etat de la Lettre de la jurisprudence administrative, et ainsi de suite [3].

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


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