La documentation juridique

Dernier ajout : 2 septembre.

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Documentaliste juridique : les meilleures formations

Samedi 25 août 2012

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Je voudrais apporter des précisions à l’évaluation des diplômes de documentation utiles en milieu juridique faite par Laurence Gomez dans un message du 23 avril 2004 sur la liste Juriconnexion : Complément sur le métier de documentaliste : la formation. Celui-ci complétait un premier message de L. Gomez sur le métier de documentaliste.

Ancien de la faculté de droit de Sceaux et de l’Ecole de Bibliothécaires Documentalistes (EBD) où je suis également enseignant, ce que j’écris ici est forcément partial.

DESS de l’INTD

Le DESS de l’INTD semble mieux convenir aux entreprises et aux centres de documentation peu papier. La formation à l’INTD dure un an contre deux pour l’EBD. En revanche, l’INTD ne recrute que sur maîtrise. L’INTD assure elle aussi une formation continue de licence en partenariat avec le CEFE-IRTD de Rouen.

Sur le plan électronique et bases de données, le meilleur enseignement en documentation était probablement le DESS de Sciences Po Paris Gestion de l’information dans l’entreprise : voir la liste des enseignements. Cette formation a été supprimée, vers 2008 si ma mémoire est bonne.

IUT de documentation

Il me semble qu’il faudrait citer aussi les IUT de documentation, certes dans l’ensemble moins présents en documentation juridique. Je pense en fait surtout à l’IUT de Paris V-Versailles qui formait (ce DUT s’est hélas arrêté à la fin de l’année 2003-2004) en deux ans après le bac au DUT Information communication option Communication d’entreprise, dont sont sortis plusieurs excellents professionnels, dont la chef de doc du bureau de Paris d’un grand cabinet d’avocats américain. Cet IUT donnait une formation certes moins poussée que l’EBD ou l’INTD, mais de fait, les gens qui en sont sortis sont d’un bon niveau.

EBD (ICP)

Dans les grands cabinets d’avocats et aussi de notaires, l’aspect bibliothèque traditionnelle et papier reste importante et très apprécié des avocats — notamment d’une majorité d’associés — mais ne fournit plus la majorité des résultats de recherche, le basculement vers les bases de données ayant eu lieu en 2009 [1]. Très logiquement, le diplôme le mieux reconnu dans ce milieu est donc celui de l’EBD (hébergée par l’Institut Catholique de Paris (ICP), rue d’Assas, mais indépendante de l’ICP, ne pas confondre), qui est restée "papier" tout en devenant aussi "numérique". A titre d’illustration, on peut consulter, sur le site web de l’EBD, la liste des stages et emplois des étudiants des promotions 2000 à 2003 (format PDF) :

  • postes (presque tous en CDI) : Jeantet (2 postes), Allen & Overy (2), Gide Loyrette Nouel (1), Ngo Migales (1), Shearman & Sterling (2), Norton Rose (1), Bibliothèque Interuniversitaire Cujas (droit et économie) (1), Jones Day Reavis & Pogue (1)
  • stages : De Pardieu Brocas Mafei & Leygonie, Etude de notaires KL, Clifford Chance, KPMG, Lacourte notaires, Ashurt Morris Crisp, UGGC, BBLP Moquet Borde, Rambaud Martel, Herbert Smith.

Le nom de l’Ecole ("Ecole de *Bibliothécaires Documentalistes*") illustre la permanence dans son cursus des formations au livre ancien, à la conservation du papier, à la bibliographie traditionnelle et au catalogage dans toute sa rigueur. La valeur de cette formation s’est renforcée depuis l’arrivée à la direction de l’EBD de Dominique Vignaud (ex-directrice technique de Sources d’Europe). Elle a fortement modernisé les enseignements (sans lâcher le papier ni la bibliothéconomie classique) et les moyens technologiques de l’Ecole et s’est assurée de la participation d’enseignants tous spécialisés et de grande qualité L’EBD recrute maintenant plus d’un tiers de ses étudiants après la maîtrise. Enfin, l’EBD offre avec ses cours du soir (Formation d’Assistants Bibliothécaires Documentalistes, FABDOC) une formation continue en un an. La meilleure preuve de la valeur accrue de la formation EBD, c’est quà l’été 2006, sur la base d’une analyse des compétences acquises par les étudiants de l’EBD et d’un gros dossier, le niveau de reconnaissance du diplôme de l’Ecole a été élevé du niveau III (bac + 2) au niveau II (bac + 3 et 4) avec l’intitulé "Gestionnaire de l’information" par la Commission nationale des certifications professionnelles (CNCP) (JORF du 5 mars 2006).

DIU Droit et informatique

Très spécialisé, un nouveau diplôme se lance à la rentrée 2012 : le DIU Droit et informatique [2] [3].
A la demande notamment des professionnels en matière d’informatique juridique, les Universités Paris Sud et Paris 1 ont décidé de le créer conjointement.

Ce diplôme entend former au knowledge management (KM), à la légistique, à la normologie juridique et, de manière plus générale, permettre aux juristes et aux informaticiens de mieux maîtriser les interactions existant entre leur monde. Il est nécessaire, pour suivre cette formation, de posséder de très bonnes connaissances en droit et en informatique.

Le DIU propose d’offrir aux étudiants et aux professionnels une formation théorique et pratique de haut niveau sur les questions intéressant l’informatique appliquée au droit. L’originalité de ce DIU réside plus spécifiquement dans la formation qu’il propose en Knowledge Management juridique.

Un autre point fort du DIU est d’offrir une formation en légistique et en normologie juridique. La légistique peut être définie comme l’étude portant sur la manière de formuler et de rationnaliser les normes juridiques (directives, lois, etc.).

Le DIU recrute des :

  • étudiants titulaires d’une Maîtrise ou d’un Master 1
  • professionnels exerçant dans les domaines juridique, informatique ou de la documentation ;
  • niveau métiers :
    • avocats, juristes évoluant dans les milieux de l’informatique, de l’Internet
    • KM lawyers (responsables du savoir-faire juridique dans les administrations, les entreprises et les cabinets d’avocats) ;
    • informaticiens, documentalistes désirant se spécialiser dans l’informatique juridique.

Attention, aucun stage n’est prévu.

Enfin, comme le rappelait Laurence Gomez, de nombreux documentalistes juridiques ont uniquement un diplôme de droit ou uniquement une formation de documentaliste généraliste. Ils apprennent alors l’autre aspect de leur métier sur le tas, notamment au contact de leur chef de doc ou des juristes.

Emmanuel Barthe
promotion EBD 1993
documentaliste juridique en cabinet d’avocats


Vous êtes abonné à des bases de données juridiques ?

Les limites des statistiques d’utilisation des bases de données juridiques

Exigez vos statistiques. Exigez mieux. Maîtrisez vos budgets

Jeudi 19 juillet 2012

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Vous êtes abonné à des bases de données juridiques ? [4] Exigez vos statistiques. Exigez mieux et allez plus loin pour maîtriser vos budgets.

Exigez vous les statistiques mensuelles d’utilisation ?

Remarquez : on a beau les demander, on ne les obtient pas toujours, ou pas systématiquement. Se mettre un rappel dans son agenda et un mail modèle dans sa messagerie peuvent aider.

Vous ne les demandez pas ou bien vous avez renoncé à les exiger ? Dommage. Si vous avez moins d’une utilisation par jour ouvrable dans votre structure (ça arrive), vous ne le saurez pas. Et vous n’envisagerez pas de résilier l’abonnement. Qui peut coûter quelques milliers d’euros par an. Qui seraient peut-être mieux investis ailleurs.

Les statistiques permettent, à condition d’être établies par l’éditeur avec rigueur (cf infra), de déterminer :

  • un coût par requête/question
  • et surtout un coût par document téléchargé. On estime alors que si ce coût baisse, la base est mieux rentabilisée.

Ces indicateurs ne sont hélas pas totalement fiables

Si vous exigez les statistiques, et que vous vous contentez du nombre de sessions (i.e. nombre de connexions) ou du nombre de visualisations, téléchargements et impressions (autrement dit le nombre de clics sur un lien vers un document), savez vous vraiment si votre abonnement est rentabilisé ?

- Le nombre de sessions n’a pas grand intérêt :

  • quelqu’un peut rester connecté longtemps [5] en ne posant que une ou deux questions
  • un autre utilisateur peut faire de nombreuses recherches sans ouvrir aucun document, leurs titres ne lui disant rien. Quoique, ça peut aussi indiquer un problème de formation du public (qui ne sait pas bien comment poser ses questions) ou encore d’ergonomie de la base.

- On ne sait pas quelles zones, disciplines ou titres sont très peu ou pas utilisés. Cela peut représenter de l’ordre de 95% du nombre de documents ou 50% des publications [6] contenus dans la plateforme en ligne ou les 3/4 des onglets/sous-bases. Or retirer (ou, dans le cas d’offres globales du type take-it-or-leave-it, renégocier en refusant la prise en compte de ces contenus pour évaluer le prix demandé) les titres inutilisés peut s’avérer financièrement gagnant.

Mais cela dépend largement de ce que les éditeurs fournissent : s’ils respectent la norme COUNTER (définition), on sait où on va et on peut faire des comparaisons entre bases.

Hélas, aucun éditeur juridique français ne s’en approche, même de loin. Selon les éditeurs juridiques français, seront fournis : des sessions, des connexions, des documents vus, des documents téléchargés, des documents imprimés ... Dans quelques rares cas, on va avoir les informations par "sous-base" (chez les Editions Francis Lefebvre/Navis ou les Editions Législatives/Elnet par exemple), ou le détail par type de base (législation, jurisprudence, articles de revue ... chez LexisNexis c’est très détaillé).

- Enfin, on confond nombre de téléchargements avec nombre de documents téléchargés (sans même parler du fait que visualiser et imprimer ne sont pas considérés ici comme un téléchargement [7]). Car les statistiques des éditeurs comptabilisent tous les documents téléchargés, donnent un total, et dans ce chiffre il y en a forcément certains qui ont été téléchargés plusieurs fois et/ou par des personnes différentes ou pas [8]. Idéalement pour le bibliothécaire de BU Dominique Rouger (SCD Saint-Etienne), il faudrait parvenir à mesurer l’interaction entre utilisateur, article et titre pour avoir une idée plus juste en terme d’usages.

- J’irai plus loin : un utilisateur peut très bien télécharger de nombreux documents ... qui ne l’intéresseront pas, parce qu’ils ne sont pas du tout pertinents (effet du contenu ou du moteur [9]) ou de piètre qualité (effet du seul contenu).

Mes préférences personnelles [10] :

- Le coût par utilisateur réel (on élimine les utilisateurs très occasionnels) divisé par le nombre de téléchargements (ou idéalement le vrai nombre de documents uniques téléchargés, cf supra) et le taux de consultation par titre. On peut aller plus loin, vers un indice composite, comme le préconise D. Rouger. Il serait sans doute intéressant de descendre à un niveau de granularité plus fin (coût d’une jurisprudence, d’un article de code, d’un chapitre d’ouvrage ...). Encore faudrait-il avoir une plus grande transparence sur les prix ...

- Surtout, le dialogue avec les utilisateurs. Il permet notamment de savoir où vont leurs préférences en terme de qualité du contenu et de pertinence du moteur.

Pour autant, sans statistiques précises, sans chiffres froids et (plus ou moins) objectifs (cf supra), il sera beaucoup plus difficile de corriger de fausses impressions et aussi de négocier, que ce soit avec sa hiérarchie ou avec les éditeurs.

Donc, concrètement :

  1. exigez vos statistiques. Tous les mois. Il est recommandé d’insister auprès des commerciaux. L’idéal : faire ajouter aux conditions particulières de vente l’obligation de fourniture menusuelle par mail des statistiques
  2. exigez plus de détails
  3. mettez les en tableaux Excel et comparez les, de mois à mois, d’année à année et entre bases de données/éditeurs.

C’est ainsi qu’elles prendront tout leur sens et vous rendront service.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique


Mais qu’est ce qu’il fichent à Juriformation ? ;-)

Nous travaillons. Discrètement. Nous publions des synthèses publiques.

Mercredi 18 juillet 2012

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Que faisons nous à Juriformation ?

Ce groupe de travail de l’association Juriconnexion, créé il y a 5 ans, évalue les bases de données juridiques publiques et privées.

Il suffit de lire nos actualités sur le site de Juriconnexion et notre dernier rapport d’activité. Et pour un exemple très détaillé, regardez l’évaluation de la nouvelle version de Lamyline que nous avions réalisée et publiée en octobre 2010 sur la liste Juriconnexion.

Nous travaillons. Le plus souvent discrètement. Nous rédigeons des évaluations détaillées. Nous échangeons avec les éditeurs. Nous vérifions les contenus, les performances des moteurs de recherche. Nous pointons les lacunes des produits en ligne. Nous suggérons des améliorations. Nous saluons les progrès. Nous publions des synthèses publiques.

Voici la liste des informations publiées sur le site de Juriconnexion concernant l’activité du groupe Juriformation :

  • 10 juil 2012 : Retour sur l’atelier fiscal du 5 juin 2012 (impots.gouv.fr / future base BOFiP)
  • 14 juin 2012 : Evaluation Lexbase : synthèse
  • 26 mars 2012 : Evaluation Elnet : synthèse
  • 8 juillet 2011 : Rencontre Francis Lefebvre (Navis) de juin 2011
  • 15 septembre 2010 : Compte-rendu de la réunion EFL/Juriformation (Navis) du 3 septembre 2010
  • 31 mars 2010 : Evaluation Doctrinal + : synthèse
  • 9 décembre 2009 : Evaluation Lextenso : synthèse
  • 16 mars 2009 : Evaluation Lamyline Reflex (2LR) : synthèse
  • 20 février 2009 : Evaluation de la nouvelle plate-forme Navis : synthèse
  • 10 février 2008 : Réunion au siège de LexisNexis (LNJC) du 12 décembre 2007
  • 4 avril 2007 : Evaluation Dalloz.fr : synthèse
  • 3 avril 2007 :
    • Evaluation LexisNexis-JurisClasseur : synthèse
    • Evaluation Lamyline Reflex : synthèse.

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