La documentation juridique

Dernier ajout : 17 octobre.

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FRBR/RDA : logique mais manque de sens ...

... sauf pour le Web sémantique

Mardi 3 juillet 2018

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Le Centre international de l’ISSN annonce sur son compte Twitter : « On fait évoluer le vocabulaire du catalogage sous l’influence de RDA (Resource description & access) [1] : on ne parle plus de vedette et forme rejetée, mais de points d’accès et de variantes de points d’accès. »

« Novlangue ou réelles diiférences de sens ? », leur demandé-je.

Le Centre répond qu’il y a « deux avantages (au minimum) :
- c’est plus clair (en tout cas que le terme "vedette")
- variante de point d"accès = c’est aussi un point d’accès légitime, alors que "forme rejetée" a une orientation plus négative. »

OK. Il y a là une logique.

Mais le milieu des bibliothécaires documentalistes est plutôt conservateur en matière de techniques documentaires. Et nous avions appris ces termes à la dure [2]. Donc en changer va être ... dur. Parce qu’en réalité, les mots changent mais pas ce qu’ils désignent. Et puis, pour le grand public, un "point d’accès", ce n’est pas vraiment ça [3] ...

Très honnêtement, pour avoir travaillé un an en BU à la banque d’accueil et de prêt et au catalogage, et pour avoir reçu une formation catalogueur Sudoc [4], le RDA me semble toujours aussi logique et ... toujours aussi artificiel.

Les relations FRBR
Le schéma des relations FRBR

A mon humble avis, la notion d’oeuvre selon FRBR/RDA (par delà les supports et les traductions, donc) et les relations que cette nouvelle norme permet de décrire ne sont pas aussi cruciales pour la recherche documentaire que les classifications, les index, les URL pérennes/URI, la structuration des documents par XML et les algorithmes des moteurs de recherche.

J’avais d’ailleurs, très tôt après l’apparition du Web [5], commencé à participer au "catalogage" du Web juridique français par le biais de la mise en ligne de mon annuaire/répertoire de liens juridiques sélectionnés, commentés et classés. J’ai continué avec mon blog, parce que chaque post permet aux moteurs de repérer les nouveaux sites juridiques et de les indexer avec les bons mots-clés. Je suis même descendu récemment à la granularité maximale en listant (titre, auteur, université, année, directeur) et classant par domaine du droit plus de 200 thèses de droit récentes en accès libre et gratuit [6].

Bien sûr, mon métier de documentaliste recherchiste et veilleur influence ce jugement.

Mais il me semble aussi qu’il faut garder en tête pour qui nous travaillons in fine. Pour moi, les priorités viennent de là. Pour notre public et nos utilisateurs, les relations de sens entre les documents sont plus importants que la notion d’oeuvre.

Toutefois, FRBR/RDA apporte quelque chose de très utile à mon sens : les métadonnées des catalogues deviennent récupérables par les moteurs de recherche de tout poil et facilitent grandement le passage au Web sémantique et au Web de données. Qui eux-mêmes à leur tour faciliteront la recherche et l’accès aux œuvres. Et là, bingo et bien joué le RDA.

Pour autant, même avec d’excellentes métadonnées, la focalisation des moteurs de recherche sur le texte intégral et les rubriques matière (classement thématique) reste primordiale. La preuve selon moi : mon expérience avec le portail et métamoteur en SHS Isidore [7].

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, veilleur, formateur

Extrait de la slide Evolution des catalogues et formats de catalogage 4 : RDA
Slide tirée de la présentation Evolution des catalogues et formats de catalogage 4 : RDA, par Emilie Liard, SCD de l’Université de Poitiers, 24 avril 2014


La documentation juridique en ligne : un stage pour s’y initier

Mardi 12 juin 2018

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Vous venez d’être nommé dans un centre de documentation juridique, vous devez assister une direction juridique et vous n’avez jamais fait de droit ? Et le droit n’est pas votre tasse de thé ou vous semble compliqué. Pas d’inquiétude. Le stage Adbs Initiation à l’information juridique a été conçu pour vous. Il se tient les 28 et 29 juin.

Il fournit les bases indispensables pour :

  • comprendre les grands concepts du droit
  • isoler les grandes sources du droit en ligne
  • décrypter une référence bibliographique en droit
  • savoir chercher du droit.

Le stage a lieu à la Bibliothèque Cujas, proche du centre de Paris, juste à côté du grand jardin du Luxembourg.

On y apprend :

  • ce qu’est, concrètement, le droit : pour vous dans la vie quotidienne, pour les juges et les avocats, pour les entreprises
  • les principaux sites et bases de données juridiques qu’on utilise dans les bibliothèques et centres de documentation
  • comment vous y retrouver dans la littérature juridique en ligne
  • avec plein d’exemples.

Il dure deux fois sept heures, avec une heure et demie de pause déjeuner.

Ambiance presque familiale et détendue, mais studieuse en même temps. Vous pouvez poser toutes les questions qui vous démangent.

Ce stage s’adresse à celles et ceux :

  • qui arrivent en BU de droit sans jamais en avoir tenu ce poste
  • qui, anciennes assistantes, se sont reconverties en documentalistes en centre de documentation juridique
  • qui, bien que documentalistes depuis longtemps, ont récemment été nommés à un poste où les ressources juridiques sont importantes.

Emmanuel Barthe
bibliothécaire documentaliste juridique, formateur Adbs

La salle de lecture de la Bibliothèque Inter-Universitaire Cujas


Une fable moderne

L’industriel, le communicant, le consultant, le journaliste et le professionnel

Et la morale de l’histoire

Lundi 11 juin 2018

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— L’industriel (au communicant) : « On a besoin de vendre ce nouveau produit/logiciel. »
[Traduction : on s’est lancé trop tôt/trop vite/sans véritable étude de marché parce que nos produits traditionnels se vendent moins bien. On a beaucoup investi là dessus, résultat ça nous coûte un bras et les ventes ne décollent pas. Or l’équilibre financier de la boîte en dépend.]

— Le communicant/marketeur : « On va lancer une campagne de publicité et de communication. »
[Traduction : on va demander aux médias chez qui on place de la pub de parler du produit ou de son concept novateur en bien dans leurs articles et on va demander aux consultants qui bossent pour nous de le recommander dans leurs formations et sur leurs blogs.]

— Le consultant : « On m’a dit qu’il y a un nouveau concept/produit. Mes clients et collègues me disent que c’est bien. »
[Traduction : si je veux continuer à vendre à mes clients industriels des conseils et des formations, et avoir l’air dans le coup, il faut que je recommande la dernière mode. De toute façon, nouveau produit égale nouveaux conseils et nouvelles formations.]

— Le journaliste : « Il y a un nouveau concept/produit. Il faut qu’on en parle. »
[Traduction : mon directeur de la rédaction m’a fait comprendre que je dois écrire dessus, c’est un annonceur important. De plus, les consultants n’arrêtent pas d’en parler.]

— Le professionnel : « Il y a un nouveau concept/produit. Mes clients et donneurs d’ordres internes me disent que c’est bien, que les concurrents l’ont, qu’il faut le prendre. »
[Traduction : je n’ai pas le choix, je dois suivre le courant.]

Moralité : il suffit à l’industrie de mettre quelque chose à la mode pour que le secteur l’achète. Les besoins réels comptent peu. Même les entreprises vivent dans une société de consommation [8].

A moins que ...

A moins que le professionnel développe ses connaissances des produits et ses compétences d’acheteur, de communicant et d’influenceur. Qu’il développe une maîtrise de la chaîne et une connaissance fine de ses acteurs. Qu’il travaille avec les responsables financiers et les utilisateurs. A ce prix, il empêchera certaines erreurs. Pour le reste, "go with the flow". Le système possède une inertie formidable et les industriels n’écoutent guère.

A moins que des professionnels créent ou animent des associations de type consumériste où on produit, avec la coopération des industriels volontaires, des comparatifs et des guides de bonnes pratiques, et où on aide d’autres professionnels à évaluer les produits des industriels et à argumenter face à leurs offres.

Ca demande pas mal d’implication et de temps, mais on me dit que ça existe.

Emmanuel Barthe


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