La documentation juridique

Dernier ajout : 8 décembre.

Derniers articles

Pour celles et ceux intéressés par le métier de documentaliste juridique

Intéressé par la doc juridique ? Suivez le guide

Pour les étudiants en documentation

Jeudi 1er novembre 2007

Lire la suite »

Je reçois souvent par e-mail des questions d’aspirants documentalistes juridiques ou d’étudiants en documentation. Or, avoir un site web ne signifie pas qu’on est un service de renseignements et qu’on a le temps de répondre à toutes les questions. C’est plutôt un moyen de renvoyer les gens vers des documents qui peuvent répondre à leurs questions.

Cet article est donc destiné à aider étudiants et aspirants documentalistes à aller droit au but :

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique qui manque de temps pour répondre à tout le monde et espère quand même ainsi rendre service à la communauté :-)


D’une découverte ...

Le taux d’utilisation d’une base de données n’est pas celui que vous croyez

... Et de ses conséquences

Mardi 23 octobre 2007

Lire la suite »

Quelques fois, une base de données en ligne (web ou intranet) tombe sérieusement en panne. Disons une demi-journée minimum.

On se dit alors que ses utilisateurs vont s’alarmer tout de suite, non ?

Eh bien, pas tout à fait.

Dans des structures d’une trentaine de productifs, j’ai constaté ainsi qu’il fallait souvent quelques heures et même parfois une semaine pour que la panne devienne une vraie gêne, pour que les alternatives irritent et déçoivent, pour que les protestations pleuvent, pour, en un mot, que le rétablissement devienne une urgence.

Parce qu’en fait, les utilisateurs d’une base de données ou d’une plateforme en ligne ne passent pas leurs journées à chercher. Même les stagiaires ne passent pas la moitié de leur journée le nez sur une base de données.

Disons que ce n’est pas leur métier. Leur métier, en réalité, si ce sont des avocats, c’est d’écouter et recevoir le client, rédiger, plaider et négocier. Si ce sont des étudiants, c’est de relire leur cours et de préparer les travaux dirigés. Si ce sont des actuaires, des économistes, des statisticiens, c’est de rédiger des études. Etc.

C’est ainsi qu’on se rend compte que l’arrêt d’une base de données pour laquelle on a souscrit cinq accès simultanés ne provoque pas de révolution avant trois jours. Qu’au bout de ces trois jours, seules deux collaboratrices sont venues se plaindre. C’est là, également, qu’on se rend compte que si la super plateforme en ligne super chère "NLRDNL" est souvent utilisée, elle ne l’est tous les jours que par 20% des "users". Alors qu’on paye pour 30%, 50% ou 100% des users.

Dés lors, faut il vraiment se demander pourquoi les éditeurs juridiques ne font guère d’efforts pour fournir à leurs clients des statistiques de consultation détaillées ? :-/

C’est là, enfin, qu’on va interroger la base concurrente ou les sites gratuits — qu’on interroge d’habitude moins souvent, parce qu’ils sont moins ergonomiques, moins pratiques, ou que leur contenu est de moindre qualité.

Et c’est là qu’on découvre qu’on a le choix — à condition de le saisir, ce choix. On découvre que si on forme en interne ses utilisateurs, si on les asticote avec des recommandations, on peut dépendre moins voire se passer de certaines bases.

Intéressant, n’est il pas ?

Oui, oui, ... Mmmh. Faut qu’on voie ça, diraient les commerciaux.

Voyons ça tout de suite :

  1. exiger lors du renouvellement de l’abonnement des statistiques détaillées, au format CVS ou tableur [2], par user, par document visualisé ou téléchargé en entier, par base de données et par jour
  2. et tirer les conséquences de ces stat’ :
    • soit s’employer à augmenter l’usage de la base. Mais attention à ne pas pousser trop loin cette logique : elle peut mener droit à la monoculture et à une dépendance très onéreuse
    • soit demander une baisse du prix, voire nous résilions l’abonnement. Mais il y a des "must have", des incontournables, et les éditeurs le savent
    • soit encore recommander à nos utilisateurs la base concurrente de meilleur rapport qualité-prix. Ce qui me paraît la meilleure attitude quand les moyens sont limités, que les prix augmentent ou que le budget est bloqué.

Emmanuel Barthe
acheteur de documentation


Panoramas de presse sur intranet : des risques et des solutions

Lundi 8 octobre 2007

Lire la suite »

Pour nourrir en contenu leurs intranets et tenter de réduire le temps de travail sur la "revue de presse" (comme chacun sait, le terme exact est en fait "panorama de presse"), de plus en plus de documentalistes — et parmi eux, les documentalistes juridiques — se posent la question du passage à une version électronique [3].

Risques et subtilités

Or, que ce soit en matière de contrat avec le CFC [4] ou d’accord direct avec des éditeurs, ou encore sur la question des limites de l’accord, le panorama de presse électronique comporte ses subtilités et ses risques.

Même avec un contrat avec le CFC, les limites sont pour le moins subtiles. C’est notamment l’affaire Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Sur l’affaire Prisma Presse c/ CCIP et CFC :

Sur une autre affaire SPQR c/ Vecteur Plus et CFC, trois brefs articles en ligne :

Le premier point juridique essentiel à comprendre est qu’en droit d’auteur, toute cession du droit d’exploitation de l’oeuvre — ici, une cession, donc, du droit de reproduction — doit :

  1. être faite par écrit : article L 131-1 du Code de la propriété intellectuelle (CPI)
  2. et s’entend de manière restrictive. C’est l’esprit de l’article L 131-3 CPI : « La transmission des droits de l’auteur est subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession et que le domaine d’exploitation des droits cédés soit délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée. »

Le deuxième point de droit à intégrer est que, par conséquent, si le titre du périodique qu’on veut reproduire sur intranet ne fait pas partie de la liste des titres pour lequel le CFC a été mandaté par les éditeurs, il faut négocier éditeur par éditeur voire titre par titre. :-(

Troisième point : le critère central pour qu’un document soit protégé par le droit d’auteur est l’originalité (ici assez largement entendue). Si le contenu peut manquer d’originalité (cas d’annonces émanant de services officiels) et donc de protection par le droit d’auteur, la mise en page peut être originale, elle, et donc être protégée ... C’est le sens de l’arrêt d’appel dans l’affaire Vecteur Plus citée supra : comme l’écrit Mme Capon, « la mise en forme et la présentation [...] dans les pages de leurs journaux appartiennent [aux éditeurs], car un journal est une œuvre protégée dans sa globalité, ce qui inclut tout ce qui lui confère une physionomie spécifique et originale ».

Quatrième point : même dans le cas où il ne peut y avoir aucune protection au titre du droit d’auteur (manque total d’originalité), les documents sont très souvent protégés par d’autres régimes juridiques, notamment celui du droit du producteur de bases de données avec son interdiction d’extraction massive, sans oublier la concurrence déloyale et son "collègue" le parasitisme [5].

En clair : l’arsenal juridique est très complet. Très. Quand vous croyez être hors des protections accordées par le droit aux ayant-droits (auteurs, héritiers, éditeurs, sociétés de perception des droits), en fait, dans la plupart des cas, vous y êtes encore.

A lire pour mieux comprendre

D’abord un petit résumé neutre et très clair de la situation : Les panoramas de presse sur intranet sur la voie de la légalité, Forum des droits sur l’Internet, 17 décembre 2002. Et une excellente synthèse — pro-éditeurs, puisque rédigée par le GESTE [6] — sous forme de fiche pratique en 6 pages : Les panoramas de presse, résumés et archivages d’articles de presse en intranet, Les fiches thématiques du GESTE n° 6, juin 2003. La lecture du commentaire de l’ADBS sur cette fiche du GESTE [7] s’impose, pour compléter et dans une certaine mesure, corriger celle-ci [8].

Ensuite, quelques documents de base à lire *attentivement* :

  • le contrat type du CFC pour des panoramas de presse électroniques, par le CFC : champ de l’autorisation, conditions, limites, définitions, etc.
  • les tarifs du CFC pour des panoramas de presse électroniques (redevance)
  • la liste des publications sur lesquelles porte le mandat du CFC pour gérer les droits de reproduction au format numérique est disponible sur le site du CFC (par titre seulement, hélas). Cette liste est également disponible en PDF au 8 novembre 2004. 800 titres, mais peu de revues juridiques [9].

Plus élaborés, des analyses et conseils :

Mais il y a aussi plein d’autres topos et articles, notamment sur le site Les-Infostrateges.com (ex-Defidoc) :

Des pistes pour une maîtrise des coûts

Essayer dans la mesure du possible de faire mentionner, dans les contrats que l’on passe pour ses accès aux sites payants, un droit de rediffusion d’une partie de ces données dans l’intranet. L’exemple a été donné par les
Echos qui proposent eux directement la version intranet de leur journal depuis plusieurs années, avec un droit de réutilisation de quelques extraits dans d’autres parties de l’intranet du client [12].

Du côté des grandes banques de données de presse, celles-ci achètent l’information presse en gros auprès des éditeurs de journaux et revues — et non du CFC. Cette négociation directe avec l’éditeur, et leur taille tant commerciale que financière permet aux agrégateurs de presse d’obtenir des prix et donc, pour leurs clients, de payer moins cher que s’ils avaient négocié eux-mêmes avec chaque éditeur ou même avec le CFC (mandataire des éditeurs). Les grands serveurs ont presque tous des offres de rediffusion du contenu de leurs banques de données sous forme de panorama de presse ou de veille :

Se regrouper pour négocier, au niveau d’une profession, permet d’obtenir des tarifs plus avantageux :

On peut aussi faire appel à des spécialistes pour être bien conseillé. Cela peut aisément se justifier, vu les sommes en jeu. Par exemple, deux personnes expérimentées à lire ou contacter à ce sujet [14] sont :

  • Didier Frochot, déjà cité, consultant et formateur en documentation et droit de la documentation, qui anime une formation sur le sujet chez Comundi (avec Christine Richard). Didier Frochot a été membre du groupe Légitime Copie, créé lors de l’affaire CFC contre Assocation française des banques (AFB) à propos des panoramas de presse papier de l’AFB
  • André Bertrand, avocat et auteur en propriété littéraire et artistique a dégagé les failles dans la position des éditeurs. André Bertrand a notamment été l’avocat de l’AFB et de l’ADBS contre le CFC lors de l’action en justice du CFC contre l’AFB pour ses panoramas de presse papier.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


1 | ... | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | ... | 43

Dernières brèves