L’édition juridique

Dernier ajout : 13 juillet.

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Et si l’Open Archive était plus utile aux lecteurs que l’Open Access (en tout cas le Gold OA) ...

A qui l’Open Access rend-il service ?

Aux universitaires ? Aux professionnels ? Aux éditeurs ?

Lundi 15 juin 2015

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Un tweet à la formulation très directe de Juriconnexion [1] signale un article lumineux et très bien informé publié en février 2015 par la Direction de l’Information Scientifique et Technique (DIST) du CNRS :
Les éditeurs scientifiques "for profit" accélèrent leur conversion à l’Open Access Gold : quelles visées stratégiques sous-jacentes ? (PDF, 5 pages) [2].

Quelques extraits clés pour bien comprendre le propos de cet article :

« Après une période d’hésitations stratégiques, tous les grands éditeurs ont maintenant défini une stratégie de basculement de leur modèle économique dans le Gold Open Access. »

« La conversion des éditeurs au Gold OA se double d’une stratégie pour retrouver les niveaux de chiffre d’affaires et de marge du modèle économique de l’abonnement. »

« Dans le cadre du modèle économique de l’abonnement, on constate dans l’édition
scientifique une situation de "concurrence imparfaite" : aucune revue influente ne peut réellement être supplantée par une autre de façon à faire jouer entre elles une dynamique de concurrence par les prix. Si dans une discipline donnée une revue A et une revue B affichent une notoriété et un facteur d’impact suffisants, le chercheur et /ou la bibliothèque de recherche sur laquelle il s’appuie s’abonne tout simplement aux deux. Cette insubstituabilité d’une revue à une autre [3] est l’une des raisons majeures qui ont permis aux grands éditeurs "for profit" de jouer à la hausse pendant plus de vingt ans la variable tarifaire pour augmenter leurs revenus et leurs marges jusqu’à des niveaux inédits de l’ordre de 35% sur CA. De ce point de vue la montée en puissance du Gold OA modifie profondément la donne. Si un grand éditeur n’est que marginalement présent dans une spécialité scientifique, entre autres parce qu’une ou plusieurs revues sur abonnement occupent déjà le terrain, il lui sera loisible de créer de toute pièce, sans consentir d’investissement lourd, une revue en Gold OA sur ce même créneau. Dans le modèle économique du Gold OA, la concurrence entre éditeurs se déplace sur un nouveau terrain : celui de la captation des meilleurs chercheurs publiant et des meilleurs peer-reviewers. »

« Dans les deux dernières années, la plupart des éditeurs scientifiques ont créé une offre de type "mégajournal" qui se voulait une réponse au succès de PLoS One. »

« Le Gold OA est intrinsèquement porteur d’une exigence de transparence sur la structure des coûts de l’édition scientifique. Cette transparence devrait pouvoir profiter aux communautés de chercheurs publiant. »

« Le passage au "tout OA" n’est pas une utopie, même si l’échéance n’est pas de court terme. »

Pour rappel :

  • le Gold OA ou voie dorée est la liberté et gratuité totales d’accès à une revue. Revue qui fait le travail de sélection, de relecture et d’édition. Les meilleures revues en Gold OA sont souvent sur le modèle auteur-payeur et leur coût très élevé pour les chercheurs et/ou leurs institutions. Pour trouver ces revues, il est possible d’utiliser le Directory of Open Access Journals (DOAJ). Le DOAJ est loin d’être complet à cause du temps nécessaire au processus de vérification de la qualité de la revue ; il recense néanmoins plus de 10 000 revues en 2015 [4])
  • le Green OA ou voie verte c’est l’auto-archivage par l’auteur : celui-ci dépose une copie de son article dans une archive ouverte, qui peut être institutionnelle ou thématique. Pas de travail de sélection, de relecture et d’édition, donc. Pour vérifier si un éditeur a donné son accord à un auteur pour l’auto-archivage, l’auteur peut vérifier quelle est la politique de l’éditeur vis-à-vis de l’auto-archivage sur le site web SHERPA/RoMEO mis en place par le JISC. En France, le projet Héloïse remplit la même fonction [5])
  • on trouve aussi le "moving wall" (en général les 12 à 24 derniers mois sont payants). Ce n’est pas de l’OA pur et dur.

Je dirais qu’il eut été surprenant, car dangereux à long terme pour eux, que les éditeurs :

  • ne fassent pas de veille sur le phénomène OA et son développement. Après tout, ils ont des équipes de veille et de marketing pour ça
  • et n’en tirent donc pas les conséquences en profitant du mouvement.

De toute manière, vu le prix à payer pour publier dans une revue pure OA, je ne pense pas que l’OA Gold aide à régler LE problème croissant des utilisateurs d’information scientifique et technique (IST) aujourd’hui [6] : les coûts et leur inflation. Car si c’est le chercheur qui paye, c’est aussi lui qui a besoin de publier pour vivre. Et vu les difficultés des Universités à boucler leurs budgets ...

Donc les seuls utilisateurs gagnants seraient les professionnels consommateurs d’IST. Mais comme les professionnels apprécient moyennement les revues "pur universitaires" et leur préfèrent les revues écrites par des éditeurs pour des professionnels ... [7]

Personnellement, en tant que professionnel de la gestion de budgets d’abonnements, le seul mais important gain concret que je vois au mouvement OA est la possibilité pour plus de jeunes chercheurs d’être publiés.

Pour les professionnels du droit, je vois beaucoup plus d’intérêt, dans le développement très lent mais réel, de la publication en ligne et gratuite et "open archive" (archives ouvertes) [8] :

  • de leurs newsletters et articles d’actualité, tant sur les sites de leurs structures que sur des portails (d’éditeurs : oui, souvent, il faut payer ...) qui les regroupent et leur donnent plus de visibilité [9]
  • des thèses [10]. Notamment sur theses.fr (voir aussi notre article sur le site theses.fr), TEL, et certains sites d’universités (la base Pepites pour Lille II Droit et santé par exemple) [11]
  • et d’articles. Si, si ... Sur HAL et les portails de revues d’éditeurs indépendants : Cairn, Persée et Revues.org/OpenEdition.

Emmanuel Barthe
Documentaliste juridique free lance


Numérisation d’imprimés rares et anciens : méthodes, coût

Une (grosse) sélection de documents gratuits sur Internet sur le sujet

Mercredi 4 mars 2015

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Une machine à numériser des livres (scanner) à la Quadrature du Net

NB : la pertinence des résultats de Google lors de mes recherches sur ce thème était moyenne, même en le "torturant". D’où la publication de cette liste. Ici, le truc qui consiste à lire les bibliographies des quelques documents initialement repérés par Google puis à naviguer vers eux ou les rechercher à leur tour, s’est avéré très efficace. Jugez-en.

- Cost Analysis of the Digitization, Web integration and Distribution across the Internet of Rare and Old Printed materials / Serge Lenga, Jacqueline Rey [12], Ahmed Silem [13], Revue Management Information Finance 1, 1 (2001) 143-155, Financement Projet Européen Collaboration(s) (02/07/2001)

Ce travail cherche à établir aussi exactement que possible les relations de coûts caractéristiques d’une numérisation d’ouvrages du XVIème siècle, à la disposition du plus grand nombre d’utilisateurs, sur Internet. Dans un premier temps, on présente les divers projets et travaux qui ont été retenus pour faire le point sur les méthodes employées en matière d’analyse des coûts induits lors de la numérisation d’ouvrages anciens. Dans un deuxième temps, on propose une méthode originale d’analyse des coûts à base d’activités adaptée de la chaîne de valeur de Michael Porter.

- Recueil de règles de numérisation (PDF, 58 pages) [14] / Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), 2014, avec la collaboration de la BNF

Ce recueil est destiné aux opérateurs des équipements de numérisation pour leur permettre de numériser des collections patrimoniales, archivistiques et muséales de façon homogène et adaptée aux besoins.

Voir aussi la bibliographie (essentiellement disponible sur Internet) à la fin de ce guide :

- La numérisation des collections patrimoniales imprimées et iconographiques du SCD de Montpellier 2 : Dossier d’aide à la décision / Cyril Czernielewski, sous la direction de Christian Ollès, ENSSIB octobre 2014

- Les logiciels de numérisation des livres anciens / Enriketa KALLDRËMXHIU, DESSID, avril 2000, Université Claude Bernard - Lyon 1

- Le rôle de la numérisation dans la mise en valeur des fonds patrimoniaux : l’exemple de la bibliothèque interuniversitaire Cujas / Frédérique Seta, sous la direction de
T. Lafouge et E. Noël, mémoire d’étude ENSSIB 1999

- Numérisation et codage des caractères de livres anciens (PDF) / Jacques André, Irisa/Inria-Rennes, Document numérique. Volume 7 – n° 3-4/2003

- Numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques allemandes : Voyage d’étude : 15-28 novembre 1998 / Françoise Sigaud, ENSSIB

Source des photos (libres de droit et gratuites) : les Commons de Flickr.


Arrêt du Bulletin de gestion fiscale des entreprises (BGFE)

Baisse relative du nombre de publications chez les éditeurs juridiques

Jeudi 25 décembre 2014

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Sandrine, toujours aussi vigilante sur le domaine de l’édition en droit fiscal [15], signale sur la liste Juriconnexion un arrêt de plus dans les publications juridiques françaises, sans reprise en ligne :

« Les éditions Francis Lefebvre annoncent l’arrêt du Bulletin de gestion fiscale des entreprises (BGFE) [16] dès 2015. Cette revue bimestrielle contenait beaucoup de jurisprudence commentée par des avocats fiscalistes. Elle n’existe que sous format papier et n’avait pas été intégrée dans le Navis. »

Un arrêt qui survient après d’autres (ou des fusions de revues) chez d’autres éditeurs [17]. Tout cela n’a l’air de pas grand’ chose mais c’est une tendance lourde qui s’inverse : celle [18] — qui dominait jusqu’en 2009 — de multiplier les publications [19]. Perte de diversité ? Peut-être. Mais sûrement aussi lucidité : revues à faible tirage, sujets proches se recouvrant partiellement. D’autant qu’il faut investir sur les plateformes en ligne, devenues le produit principal [20]. Un mouvement positif, donc.

On peut toutefois regretter, comme le fait implicitement Sandrine dans le cas présent, quand la ressource n’est pas numérisée et intégrée à la plateforme en ligne de l’éditeur. Peu de gens iront consulter la collection papier. Si tant est que la structure la possède. Heureusement, ici, Cujas, le Cedef, la BNF et les BU [21] l’ont encore [22].


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