L’édition juridique

Dernier ajout : 6 décembre.

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Désordre chez les newsletters juridiques

Liens faux au bout de un à trois mois, déconnexion intempestive, contenu retiré des archives

Dimanche 26 mars 2006

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[Mise à jour au 26 avril 2007 : cela fait déjà plusieurs mois que Dalloz conserve les news de Dalloz Actualité au-delà des trois mois. Plus d’un an demi de recul sont maintenant disponible. Tant mieux.]

« Délivrance de documents par les juridictions administratives
Publication au Journal officiel d’un décret modifiant le décret n° 94-980 du 14 novembre 1994 relatif à la délivrance de documents par le Conseil d’Etat, les cours administratives d’appel et les tribunaux administratifs »
http://www.dalloz.fr/actualites/frameset/default.aspx?typeRevue=dalloz&ActId=13135»

Tel est le résumé que j’ai reçu par e-mail dans ma newsletter Dalloz Actualité du 15 novembre 2005. Je ne l’avais pas épluché en détail, et je reprend cette newsletter le 24 janvier 2006.

Or ce 24 janvier, non seulement le lien est mort — et ce, avant même les 3 mois au bout desquels Dalloz supprime les actualités de leur serveur [1], mais de surcroît il est impossible de retrouver l’information dans le Recueil Dalloz en ligne par les mot-clés présents dans le titre ou dans le résumé donnés dans la newsletter. Ni "Délivrance de documents par les juridictions administratives", ni "94-980", ni "décret du 14 novembre 1994" ne permettent de retrouver l’information.

Des newsletters à problèmes techniques (pas sur le contenu)

Mais Dalloz Actualité est loin d’être la seule newsletter concernée par ces problèmes de fonctionnalités. Toutefois, les publications en ligne du groupe Lefebvre-Sarrut sont malheureusement assez bien représentées ici.

Avec la newsletter de l’AJDA [2] — gratuite avec l’abonnement à l’AJDA — c’est la même chose que Dalloz, avec en plus quelques difficultées techniques pour accéder aux brèves.

Les deux sites web de Dalloz et de l’AJDA partagent également le problème irritant suivant
 : il vaut mieux en pratique s’identifier à l’avance avant de cliquer sur le lien et surtout, ne pas fermer la fenêtre Windows. Sinon, le serveur considère que l’on se déconnecte ... Seule solution, récemment proposée par Dalloz : implémenter un cookie. Mieux vaut alors ne pas changer trop souvent de poste pour consulter ses publications en ligne.

Chez Francis Lefebvre, un problème assez similaire : lorsque la "news" passe au BRDA papier, soit au bout de moins de deux semaines, elle change d’adresse web elle aussi. Certes, son titre et ses mots-clés demeurent, et devraient en théorie permettre de la retrouver rapidement par le moteur de recherche interne. Mais en pratique, les mots du titre des articles du BRDA en ligne ne semble pas indexé et la recherche produit alors pas mal de bruit ... On remarque aussi que les actualités publiées le jour même sur le site web ne sont envoyées par e-mail aux abonnés que le lendemain. Enfin, là aussi, il est nécessaire de se reconnecter si on ferme la fenêtre.

Tous ces éditeurs font appel à la SSII Jouve pour la réalisation de leurs applications éditoriales en ligne.

Des newsletters techniquement plus respectueuses de leurs lecteurs et clients

Lamy et Lexbase n’ont pas ces problèmes, leurs newsletters contiennent le texte complet de leurs actualités (pour Lamy) ou articles (pour Lexbase), au sein même de l’e-mail. Il n’est donc pas nécessaire de se connecter au site web de l’éditeur pour lire ou imprimer les brèves. Lamy et Lexbase offre la possibilité de le faire, mais uniquement pour offrir une meilleure lisibilité si l’e-mail est difficilement lisible ( [3]. Deux bons points pour eux. Cette solution est simple et efficace, mais de toute évidence, beaucoup d’éditeurs redoutent les "Forwards" ou copier-coller du contenu de leurs e-mails.

Bon point également pour la newsletter de Joly et les actualités de Legalnews qui conservent leurs actualités depuis le début.

Des situations contrastées

Chez LexisNexis, les actualités de la version gratuite (Dépèches du JurisClasseur et Sélection de jurisprudence) sont supprimées au bout de 3 mois, mais si on est abonné à la plateforme en ligne (onglet "Actualité"), pas de problème, on retrouve ses "petits" avec le moteur de recherche. Mais côté contenu, ce n’est pas tout à fait ça : les "Actualités" LexisNexis ne constituent pas du tout un périodique autonome : il s’agit d’une simple sélection de communiqués de presse, d’actualités du JCP et de résumés de jurisprudence Juris-Data et, contrairement à Dalloz Actualité, il n’y a pas de commentaire, juste une présentation ou résumé.

Pour la newsletter des Echos : le lien ne tient qu’un mois mais on a accès aux articles dans les archives. Sauf pour les brèves diffusées exclusivement sur le site, qui ont un code couleur bleu : elles ne sont plus du tout accessibles après un mois.

Quelques exigences techniques raisonnables

Sans vouloir être trop exigeant, il me semble que maintenir les liens hypertextes (cf les gourous du référencement web et de l’"usabilité" tel Jakob Nielsen, autorité guère contestée sur le sujet), conserver l’information qu’on a *payée*, voire au minimum permettre de la retrouver facilement, font partie d’un niveau de service qu’on est en droit d’attendre de n’importe quel éditeur moderne.

Ce n’est pas la qualité du contenu de ces newsletters qui est en cause, bien au contraire [4], mais bien le respect de l’investissement du client et de certains standards du Web.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Des livres numériques/e-books DRMisés à fond !

Ouvrages juridiques protégés : un exemple de MTP/DRM peu pratiques ...

Lundi 20 février 2006

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En ces temps de débat au Parlement sur les mesures de protection techniques et autres DRM [5] [6], il est intéressant de voir comment ces protections s’appliquent, concrètement, aux ouvrages juridiques.

Un des précurseurs en France, la Chambre de commerce internationale (CCI), est à la fois éditeur et libraire. Elle possède une librairie en ligne, ICC Books, qui diffuse des livres électroniques ("e-books") dans un format Acrobat PDF protégé [7].

Cette protection technique sur les e-books de la CCI est

  1. anti-pratique (pas de prêt possible) et
  2. restreint les droits habituels d’un utilisateur, tout pour le même prix qu’au format papier/imprimé ("print format", comme on dit en anglais).

1. Essayez donc de commander l’e-book à partir de votre poste puis de déplacer le fichier sur le réseau ou sur le poste d’un utilisateur : ce n’est techniquement possible (en théorie) qu’après ouverture d’un compte Microsoft Passport, mais en pratique c’est tout sauf évident et plutôt casse-pieds.

Voici ce qu’indique la documentation du site ICC Books :

« Can I share or transfer my eBook ?
No. Your eBook is delivered to one email address (the one specified on the order form) and is for use by that person only. Depending on the access rights of the individual product, you will be able to print pages and copy the text into your working documents. However if you are interested in purchasing eBooks for more than 50 users, please contact us at : pub@iccwbo.org for details of our discounts. »

Je rappelle pourtant que :

  • d’une part, dans les entreprises, ce ne sont généralement pas les utilisateurs qui commandent et achètent, mais des intermédiaires, notammment, pour la documentation, les documentalistes
  • d’autre part, afin de mettre le maximum de documentation à la disposition de leurs collaborateurs et d’assurer ainsi un meilleur niveau de service à leurs clients, les entreprises tendent à partager les ressources entre leurs collaborateurs
  • et enfin, que ces pratiques de l’univers papier sont légales.

2. Autre inconvénient majeur : les e-books de la CCI ne sont imprimables qu’une seule fois, même s’il ne s’agit que d’une page. Avec souvent 300 pages à imprimer, votre imprimante n’a pas intérêt à avoir une panne et personne n’a intérêt à interrompre votre impression ...

Si on n’est pas à une demi-heure heure près et qu’on travaille sur Paris [8], autant envoyer un coursier à la librairie de la CCI y acheter un bon vieil ouvrage papier, facile à prêter pour le bibliothécaire-documentaliste et à imprimer pour l’utilisateur. Personnellement, j’ai testé et je n’utiliserai plus ce service.

Comprenons nous bien. Nous n’allons pas pleurer sur Gutemberg pour le plaisir de révérer le passé. L’ouvrage numérique en téléchargement payant offre en effet certains avantages :

  • disponibilité même de l’autre bout de la Terre en 1/2h au lieu de 1/2 journée à plusieurs semaines
  • aide à la recherche par la recherche en texte intégral dans le texte
  • adaptation aux usages croissants des NTIC, notamment par les étudiants en droit et les jeunes juristes.

Mais la surprotection des oeuvres numériques par les MTP/DRM est légale du moment que le client est prévenu ... C’est bien le problème : l’éditeur est en position d’ignorer (contractuellement) les usages et les besoins de ses clients, garantis par la loi dans l’univers papier.

Mais les NTIC permettent aussi de baisser les coûts de production et de de distribution. En ces temps de rationalisation des achats, il serait logique que les clients des éditeurs se voient répercuter au moins en partie cette baisse des coûts.

Les oeuvres numériques protégées peuvent parfaitement autoriser non pas une mais deux ou trois impressions et contrôler une copie limitée à un ou deux exemplaires à l’intérieur de l’intranet de l’entreprise. Pour l’ouvrage numérique, la voie de l’avenir est là : que les clients des éditeurs ne voient pas le numérique comme un recul mais qu’ils s’y retrouvent.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Les avocats publient leur doctrine en ligne

Jeudi 22 décembre 2005

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Voici un nouvel exemple du mouvement de publication en ligne gratuite de la "doctrine des avocats".

Olivier Véron et Pierre Mandel, avocats, publiaient début 2005 "20 ans d’interdiction provisoire de contrefaçon de brevet d’invention à travers l’analyse de 200 décisions" à la fois dans une revue papier connue *et* sur le site web du cabinet Véron & Associés :

  • une synthèse de cette étude statistique et juridique est publiée dans Propriété industrielle n° 2 février 2005 p. 14 (éd. LexisNexis)
  • mais l’étude statistique complète est gratuitement disponible sur le site du cabinet, dans la sous-rubrique Ressources documentaires >
    Publications.

Profitez en pour jeter un coup d’oeil à la masse de doctrine accumulée là, ainsi que dans la sous-rubrique Textes et supports de conférences.

Quand au cabinet Vogel, Louis Vogel, parti de chez Dalloz, publie et vend maintenant lui-même ses ouvrages aux formats papier et base de données en ligne sous l’enseigne LawLex.

En fait, les avocats français commencent à suivre la pratique américaine : aux Etats-Unis, les grands cabinets et ceux spécialisés sur une "niche" (comme ici le Cabinet Véron, qui fait essentiellement du contentieux des brevets) publient en ligne sur leurs sites web tous leurs articles et tous les numéros de leurs newsletters. Pour se faire une idée de l’ampleur du mouvement en France, voir la formidable liste tenue à jour par la Bibliothèque Cujas. Notez la production des bureaux parisiens des grandes firmes anglo-saxonnes, tel celui de Latham & Watkins ou celui de Freshfields.

Autrement dit, les avocats deviennent leurs propres éditeurs, progressivement et parallèlement aux éditeurs classiques : il y avait déjà les newsletters papier et les photocopies de leurs articles distribués sur demande, mais avec leurs sites web, les avocats passent à la vitesse supérieure.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique en cabinet d’avocats


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