L’édition juridique

Dernier ajout : 13 juillet.

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C’est bon pour votre budget ... ou mauvais !

Soldes de Noël dans l’édition juridique

Et c’est le bon moment pour négocier ... ou refuser !

Vendredi 8 décembre 2006

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Publicité Lamy reçue aujourd’hui 1er décembre dans ma boîte e-mail (également affichée sur la page d’accueil du site web de Lamy) :

« Cette année, le père Noël pense aussi à vos affaires :
-30% sur tous les ouvrages et toutes les revues commandées sur lamy.fr jusqu’au 22 décembre !
Joyeux Noël ! »

Dans l’édition juridique (tous éditeurs concernés) comme ailleurs, c’est en général en fin d’année que les commerciaux mettent les bouchées doubles pour tenir leurs objectifs de vente et concèdent les meilleures offres. C’est donc le meilleur moment pour négocier des remises sur vos renouvellements et vos nouveaux abonnements, surtout si votre budget est basé sur l’année civile ...

Vous n’auriez pas envie d’une petite base de données juridique à prix cassé à Noël ? :-)

Refuser ?

Euh ... « Merci, non ! », diraient pas mal de mes collègues, devant les prix, les conditions commerciales et aussi le comportement limite des commerciaux de certain éditeur de plateforme en ligne. Ce comportement, l’éditorial de la Lettre du Cadre territorial du 8 décembre 2006 en donne une idée [1]. Citons les meilleurs passages :

« Si l’on voit très facilement tout l’intérêt d’un outil BDD [...], on est tout de suite refroidi par les coûts, directs et indirects, que représentent un passage au numérique. En effet, ce que l’on paye n’est qu’un droit d’accès qui prend fin avec l’abonnement. Autrement dit, lâcher un abonnement numérique après quelques années revient à mettre à la poubelle son "équivalent" [...] en revues et autres encyclopédies. Par ailleurs, les éditeurs sont assez flous sur le nombre d’accès simultanés compris dans le tarif. Certains vont même jusqu’à vous annoncer de l’illimité ... jusqu’au moment de discuter concrètement du service et de vous dire qu’au-delà de 15 ou 20 personnes, il ne faut pas exagérer ...
[...] Les méthodes employées par son commercial étaient dignes du pied dans la porte du vendeur d’aspirateurs des années 50 ! Sans trop d’efforts, [...] j’ai réussi à obtenir des ristournes hallucinantes, ce qui laisse songeur quant aux marges que ces outils numériques leur permettent ... [2] [...] la pression constante que les commeciaux opèrent sur leurs cibles ; car non contents de vous appeler régulièrement, ils sont même carrément capable de tenter de s’incruster jusque dans votre bureau alors que vous aviez refusé la veille un entretien ! »

Et puis, me fait on remarquer, l’année suivante, lors du renouvellement, les remises ne sont plus là ...
"Un repas gratuit, ça n’existe pas" (traduction libre de l’expression américaine "There’s no such thing as a free meal".).

Négocier ?

Mais s’il s’agit d’un contrat d’abonnement d’un montant important et envisagé sérieusement depuis longtemps — et non d’un achat ponctuel —, on peut parfaitement profiter de l’aubaine que représente un gros contrat pour l’éditeur et insérer des clauses comme le maintien du prix pendant deux ans, ou une limite de tant de % à son augmentation pour les trois années à venir, ou la suppression de tous les abonnements papier correspondants, etc.

L’appel à l’imagination et la rigueur contractuelles d’un civiliste ou d’un spécialiste de la rédaction de contrats parmi vos collègues de bureau peut s’avèrer intéressant. Sans parler de l’appui de ceux en charge des finances ...

C’est pourquoi il faut aussi négocier sur tout le reste. Et obtenir les statistiques de consultation sur une base de données. Et ce, avant de signer, lors de la période de test ...

Cela dit, les plateformes en ligne, surtout globales, créent un phénomène de dépendance chez certains utilisateurs. C’est un inconvénient de leurs avantages. Il est donc difficile de s’en passer et ce qui a été obtenu doit être défendu à chaque renouvellement ... (voir nos articles Papier contre numérique ou papier avec numérique ? et Former les étudiants en droit et les jeunes juristes aux recherches : faut-il jeter le papier ?).

Ou attendre ?

Au final, regardez-y à deux fois avant de foncer sur les promos des éditeurs. Mieux, voyez si vous ne pouvez pas attendre quelques années, histoire que se développe la vente de ressources en ligne à la consommation/au coup par coup comme c’est le cas aux Etats-Unis. Et Francis Lefebvre, Lextenso et maintenant EFE [3] pratiquent la vente de ressources numériques en ligne à l’ouvrage/la base.

Mais si vous avez un projet d’acquisition sérieux et bien préparé, la période de fin d’année est propice, comme le montre l’exemple cité par la Lettre du cadre territorial.

Emmanuel Barthe
acheteur de documentation juridique s’exprimant à titre personnel


Le Groupe Moniteur repris par le fonds Bridgepoint

Les fonds d’investissement sont de plus en plus présents chez les éditeurs

Et la concentration continue dans les publications pour le BTP et les collectivités

Mercredi 31 mai 2006

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Le Groupe Moniteur, éditeur notamment du Moniteur des travaux publics et de la Gazette des communes, vient d’être racheté par Bridgepoint, un fonds d’investissement [4].

Deux auparavant, déjà, par une opération de LBO, le Groupe Moniteur avait été acheté par un autre fonds, Sagard, allié pour l’occasion à la banque Dexia (ex-Crédit Local de France) et au groupe Arnault (via ICG).

De manière générale, les éditeurs — et notamment ceux juridiques — font maintenant partie des cibles des fonds d’investissement. Souvent, il s’ensuit un important endettement du groupe reprise mais aussi un virage stratégique, plus offensif, et une dynamisation de ses affaires.

C’est ainsi, d’après les Echos du 31 mai 2006, que le groupe Le Moniteur a fait progresser son chiffre d’affaires et son excédent brut d’exploitation, en deux ans, de 33% et 30% respectivement. Dans cette même période, le fonds Sagard, propriétaire du Groupe Moniteur, a racheté un de ses rares concurrents sur le marché de la presse destinée aux collectivités locales, le Groupe Territorial, éditeur notamment de la Lettre du cadre territorial [5].

L’autre face d’une reprise par un fonds, c’est le cas du grand groupe d’édition néerlandais VNU (presse informatique, ...), dont la direction a été ballotée par ses actionnaires, parmi lesquels les fonds Knight Vinke, Fidelity et Templeton [6], et hésitait sur sa stratégie depuis des mois. La direction de VNU proposait, pour sortir de la crise et se dégager notamment de l’emprise du fonds Knight Vinke [7], que le groupe se fasse racheté par un consortium de six ... fonds d’investissement, dénommé Valcon [8]. C’est la solution qui l’a finalement emporté ce printemps 2006.

D’après la Dépêche du GFII du 31 mai 2006, dans cet exemple, on voit aussi qu’il y a deux types de fonds : ceux de "private equity", qui font la majorité des opérations de reprise d’éditeurs, et ceux spéculatifs, qui cherchent uniquement des sociétés sous évaluées en bourse.

Ce même numéro de la Dépêche du GFII précise que « sous l’égide de Reed Elsevier et de United Business Media, concurrents dans ce domaine, on assiste à une lente concentration à l’échelle européenne des producteurs d’information pour le BTP. La position de leader absolu et incontesté du Groupe Moniteur sur le marché français en fait un actif facilement valorisable à terme dans le cadre d’une nouvelle phase de consolidation européenne. » En clair : le but des fonds étant la revente avec plus-value en quelques années, et le Groupe Moniteur détenant des titres incontournables et faisant face à peu de concurrence, on peut penser qu’à moyen terme, le Groupe Moniteur pourrait rejoindre un de ces grands groupes.

Mais un numéro précédent de cette Dépêche estimait aussi que les grands groupes de l’édition juridique mondiale, si leur capital n’est pas verrouillé par un bloc de contrôle/noyau dur, pourraient eux aussi devenir des cibles des fonds d’investissement.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Plateforme en ligne Dalloz : le contenu

Contenu : top. Ergonomie : des améliorations possibles

Jeudi 11 mai 2006

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La plateforme en ligne Dalloz déjà annoncée ici vient d’ouvrir, avec ses quatre accès matières et surtout ses quatre rubriques Actualité, Codes, Revues et Encyclopédies [9].

Je la passe ici rapidement en revue [10].

Un contenu beaucoup plus riche, sans commune mesure avec ce qu’il y avait avant (c’est-à-dire le Recueil Dalloz depuis 1990 et l’AJDA, chacun avec leur newsletter) :

  • Codes : civil, NCPC, pénal, procédure pénale, commerce, sociétés, administratif, électoral, fonction publique, collectivités territoriales, urbanisme
  • revues (depuis 1990 [11]) : AJ Famille, RTDCiv., Recueil Dalloz, AJ Pénale, Revue de sciences criminelles, Revue des sociétés, RTDCom., AJDA, AJFP, RFDA, Recueil Lebon
  • encyclopédies (Répertoires) : droit civil, procédure civile, droit pénal, droit commercial, droit des sociétés, contentieux administratif, collectivités locales, responsabilité de la puissance publique.

Bref, côté contenu et présentation, on pense vite au produit du rival LexisNexis.

Toutefois, les problèmes d’ergonomie (notamment ces fenêtres pop-up), de conception du moteur de recherche et de time-out de la version précédente demeurent. Or, ce qui fait la force de la plateforme LexisNexis-Jurisclasseur, ce n’est pas son seul contenu, c’est aussi son ergonomie, autrement dit sa *facilité* d’utilisation [12]. Dalloz présente le multifenêtrage comme la possibilité d’afficher plusieurs documents en même temps à l’écran, et l’intention est bonne, mais en pratique, les écrans d’aujourd’hui n’offrent pas la place de le faire et cette technique peut au final désorienter l’internaute [13].

Côté prix, enfin, on note pour un accès simultané à tout la base (i.e. les quatre matières) le prix de 2000 euros. Ce montant rappelle fortement celui de LexisNexis-Jurisclasseur pour un juriste exerçant en solo. La où est la différence, c’est qu’ici, d’une part, on parle d’accès *simultané* et d’autre part, on peut se limiter à un morceau de la plateforme (entre 950 et 1250 euros HT pour une seule matière, et entre 1200 et 1500 euros HT pour deux). Les pénalistes et les publicistes apprécieront, les spécialistes du droit des affaires un peu moins, car pour eux les obligations et les sûretés sont autant du droit civil que du droit des affaires.

Dalloz ne propose pas une offre globale unique et fait preuve d’une certaine souplesse commerciale.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique
responsable du groupe de travail Test et formation sur les produits électroniques juridiques (groupe dit "Juriformation") (pour rejoindre le groupe, envoyez une demande à l’adresse e-mail en bas de cette page ou faites une demande de rejoindre sa la liste de discussion)


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