L’édition juridique

Dernier ajout : 11 juillet.

Derniers articles

Pression des grands éditeurs, explosion des librairies en ligne, occasions manquées ...

Libraires indépendants : la fin ?

Ou pourquoi et comment les libraires indépendants peuvent faire beaucoup mieux — et certains le font — que servir de stockage pour Amazon

Vendredi 2 février 2007

Lire la suite »

[mise à jour au 20 février 2013 : ce que j’écrivais ci-dessous en 2007 est toujours valable en 2013. La pression d’Internet sur la librairie (les sites collectifs de libraires ne décollent pas), devenu notamment LE marché de l’occasion du livre, a nettement grandi. Le site du MOTif offre une excellente synthèse avec des chiffres, comme ceux donnés par l’étude Xerfi de mai 2011 sur la situation économique et financière des librairies [1]. A noter qu’en 2011, le enligne ne représentait en France que 1,2% du marché du livre. Mais il était censé prendre son envol en 2012 selon l’institut Gfk avec le réel essor des tablettes numériques et liseuses]

Les libraires indépendants représentent aujourd’hui moins de 20% du chiffre d’affaires de la librairie française (source : un petit libraire et éditeur indépendant). Et tant les grands groupes de l’édition que les grands libraires en ligne ont récemment encore augmenté la pression commerciale et financière qui pèse sur eux. Enfin, la vente de livres en ligne a explosé en 2006 [2].

Faut il rappeler que l’avantage de ces intermédiaires pour les professionnels du droit [3], les universitaires, étudiants, chercheurs en droit, bibliothécaires et documentalistes juridiques est :

  • de mettre en valeur une sélection d’ouvrages de qualité
  • de les livrer plus vite que tout éditeur ou tout Amazon, même s’il est exact que ce dernier et ses homologues sont souvent — un peu — moins cher [4].

Pour plus de détails sur les actions des grands du secteur de l’édition et de la librairie menaçant de facto les derniers indépendants, mais aussi sur les occasions que ces derniers ont manquées sur Internet — et qu’ils peuvent encore saisir —, lisez, imprimez, emmenez avec vous dans les transports, les billets et articles suivants. Engagés mais réalistes, essentiels, importants et lumineux, ils illustrent une évolution et un débat extrêmement important pour toute la communauté juridique et documentaire et ce, quelle qu’en soit l’issue ou plutôt l’évolution :

- Apprendre à vivre avec le numérique / Joël Faucilhon, Le bloc-notes de Lekti-ecriture.com, 1er décembre 2006. Le texte qui suit a été publié dans Le Monde des Livres, en date du 30 novembre 2006. Il parle de l’inquiétude suscitée par la participation de nombreuses libraires indépendantes à la plate-forme Marketplace d’Amazon. Il a été signalé et repris presqu’entièrement par François Guillaud du blog La feuille

Extraits :

« Comme la science nous l’a toujours appris, les révolutions arrivent à pas feutrés. Et la mise en place de vastes bibliothèques numériques et d’entreprises "à large spectre" de numérisation des savoirs est un phénomène dont l’impact reste pour l’instant relativement marginal. Faudrait-il rappeler ici qu’aucun projet relatif à la numérisation des savoirs ne dépasse la phase de test ? Seul le projet Gutenberg, fondé en 1971 par des universitaires américains pour donner accès aux livres tombés dans le domaine public, propose déjà 16 000 titres au téléchargement.
Les vraies mutations concernant le livre sont actuellement ailleurs : dans la montée en puissance de la vente sur Internet, par exemple. [...] Pour la plupart des éditeurs associés à Lekti-ecriture.com, Amazon est devenu le premier lieu de vente [5], et il n’existe plus aucune librairie française qui puisse rivaliser avec ce site Internet. Par ailleurs, les ventes réalisées sur Internet, particulièrement Amazon, touchent de manière importante les fonds des éditeurs, ceux-là même qui nécessitent un engagement important de la part des librairies françaises, puisqu’il s’agit de livres à rotation lente, mais dont la présence est essentielle.
Devant ces difficultés, une partie de la librairie indépendante française a d’ores et déjà décidé de capituler ; ces derniers mois, de nombreuses librairies indépendantes ont rejoint le programme Marketplace d’Amazon, qui permet à la firme américaine de vendre les livres présents physiquement ailleurs, dans les librairies indépendantes associées à ce programme. Selon Amazon, Marketplace représenterait d’ores et déjà près de 30 % de son chiffre d’affaires. Amazon mène depuis deux mois une campagne agressive à l’attention des librairies indépendantes, selon un principe toujours identique : une librairie indépendante reçoit un e-mail de la part d’Amazon France, pour lui présenter les atouts du programme Amazon Marketplace. Le lendemain, l’équipe commerciale d’Amazon France prend contact, par téléphone, avec la librairie qui a reçu l’e-mail. Le "partenariat" proposé est le suivant : le libraire met à la disposition d’Amazon son stock, et ce dernier apparaît comme "vendeur", sous un pseudonyme plus ou moins évocateur, sur les fiches des livres présentés par Amazon, s’il dispose de ce livre en stock. L’internaute peut alors commander ce livre par le biais de son compte Amazon. En tant qu’intermédiaire, Amazon prélève 15 % sur le montant global de la commande.
La marge demandée par Amazon ne paraît pas excessive pour l’instant, afin d’attirer le plus grand nombre de librairies possibles. Une fois les librairies présentes en nombre suffisant, Amazon pourra durcir ses conditions commerciales. A ce moment-là, les librairies, qui réaliseront un pourcentage de leur chiffre d’affaires important avec Amazon, seront condamnées à accepter les nouvelles conditions de vente du site Internet. C’est d’ores et déjà ce qui se passe sur la plate-forme Amazon Marketplace, aux Etats-Unis.
_[...]
Par ailleurs, il faudrait souligner que le site Amazon France a fait l’objet d’un dépôt de plainte de la part du Syndicat de la librairie française (SLF) pour non-respect de la loi sur le prix unique du livre (loi Lang).
[...]
La librairie indépendante française n’a pas su (ou pu ?) anticiper, ou seulement s’inscrire dans la logique des nouveaux modes d’achat des lecteurs, avec l’apparition de l’Internet. Le lecteur, aujourd’hui, souhaite commander ses livres de son lieu de travail, lors d’une pause déjeuner, ou encore le soir, au moment où les librairies sont fermées. La librairie indépendante française doit prendre acte de ces mouvements de fond. Il n’est pas trop tard, malgré les années perdues et les tentatives avortées, et différents projets qui visent à mutualiser l’action de plusieurs librairies sur Internet, afin d’obtenir une force de frappe importante et de riposter de manière pertinente à l’offensive, sont en cours d’étude, et devraient voir le jour d’ici quelques mois.
Une librairie générale indépendante en ligne, basée sur un réseau de librairies physiques, et sur le principe essentiel de la complémentarité entre le lieu physique et l’espace virtuel, sera mise en place sur le site Lekti-ecriture.com »

- Peut-on continuer à opposer la librairie en ligne et la librairie réelle ?, Hubert Guillaud sur le blog La feuille (Actualité de l’édition et de l’édition électronique), 30 janvier 2007 [6].

Extraits :

« Oui, la loi Lang a permis de préserver un réseau de libraires indépendant [7]. Oui, c’est une chance assez unique en Europe. Mais [...] c’est au prix d’un mépris commercial de la part des distributeurs de plus en plus croissant. Les libraires indépendants sont étouffés sous les offices, jusqu’à ce que, ce qui fait leur particularité - leur possibilité de choix - disparaisse. [...] C’est aux libraires de se battre contre le système qui les tue et qui tue le marché du livre. C’est à eux de porter leur récriminations auprès des autorités de tutelle, et je suis persuadé que dans ce combat là, bien des auteurs et des lecteurs les rejoindraient et les soutiendraient, s’ils portaient sur la place publique ces débats qui les agitent. Qui réformera ce système commercial aberrant qui tire tout le monde dans une spirale toujours plus infernale ? Qui osera un jour s’attaquer au "saint office" ?
Oui, il existe une chaine du livre dont les maillons sont en train de se briser. Sous prétexte de vouloir la préserver, on ne se rend pas compte qu’elle craque de toute part : éditeurs qui ferment, libraires qui se transforment en supermarchés, auteurs qui n’en vivent plus. Sans compter qu’elle continue de passer à côté de l’internet : chaque maillon essayant de continuer à croire que le web n’a jamais existé.
[...]
Alors oui, on peut continuer, comme il y a 6 ans, à faire d’Amazon un ogre qui va tuer la librairie : le grand méchant de la mondialisation. Si cela continue ainsi, il est probable d’ailleurs que ce soit le cas. Les libraires indépendants qui construisent des sites marchands n’arriveront jamais à concurrencer l’ogre sur son propre terrain, surtout tant qu’ils restent, comme c’est le cas, divisés et morcelés en une multitude d’initiatives indépendantes. [...] Ce n’est pas non plus en se croyant les seuls vertueux dans un monde qui se transforme qu’on fera avancer les choses. Le combat de la librairie indépendante ne peut se mener sur le même front. Il est certain que ce n’est pas en signant des marketplace d’Amazon que ceux-ci vont faire entendre leur différence. Mais bien en se demandant et en agissant de concert pour négocier de l’intérieur leur apport de stocks contre une visibilité plus grande, voire la possibilité, à eux aussi, de tenir boutique en ligne, à des conditions particulières et négociées, comme Amazon l’offre déjà à tout un chacun.
Au lieu de cela, les libraires continuent de croire qu’ils vont pouvoir construire un outil plus fort, plus innovant, plus universel... Alors que leur combat en ligne devrait être d’ouvrir la porte à des innovations sur lesquelles Amazon ne pourra jamais venir les concurrencer : innover dans l’impression à la demande, dans le service, le direct, la proximité, la communauté locale, le conseil, l’édition à tirage très limitée ... Où sont les libraires qui ont investi les sites communautaires de critiques ? Où sont les conseils de libraires en ligne ? Où sont leurs clients ? Ce n’est pas en chassant les clients de l’internet qu’on les fera revenir dans les magasins, bien au contraire ! »

- Internet : péril ou chance pour les auteurs ? / François Bon, Le tiers livre (blog de F. Bon). Un point de vue d’auteur écrivain.

- Crise de l’édition et crise de la librairie, l’avis d’un auteur. Un autre point de vue d’écrivain.

- Le Tiers Livre Librairie / Nicolas Morin, 14 janvier 2004. Un point de vue de (gros) acheteur et grand "geek" des BU françaises, celui du conservateur du SCD de l’Université de Nancy, auteur de l’ex-biblioacid.org.

- Le point de vue du Syndicat de la librairie française (SLF), paru dans Le Monde du 15 décembre 2006 : Les librairies dans la tourmente

- Enfin, sur le débat Amazon Marketplace et l’initiative de François Bon, Bibliobsession 2.0 a réalisé une véritable carte du débat : Les libraires et le Market place d’Amazon : carte heuristique en html !

Et lisez bien les commentaires en bas des billets. Eux aussi sont lucides et ils enrichissent le débat.

Par exemple, Pierre Schweitzer d’@folio :

« Amazon fait payer aux libraires sa "place centrale de marché" et s’il n’y en a qu’une... ils vont continuer à la payer (très) cher. Seule une autre plateforme, mutualisée à l’échelle de l’Hexagone peut rivaliser dans les services de base (catalogue, logistique, stocks et commande) sans pressuriser les libraires aussi surement que ne le sont déjà par les distributeurs. »

Ou Berlol :

« L’attachement excessif au livre ne fera qu’accélerer le divorce entre ceux d’avant et ceux d’après l’avènement du numérique. Et si ceux d’après ne s’intéressent pas à la littérature, j’ai tendance à penser que c’est de la faute de ceux d’avant qui n’ont pas su penser le changement et l’adaptation de l’essentiel (la littérature) au nom de l’accessoire (le support : le livre). Penser et effectuer le changement n’effacera pas les livres de la surface de la Terre, bien évidemment, mais les rendra autres - tout comme aujourd’hui on n’utilise plus de bougies qu’en de spéciales occasions, et non plus systématiquement pour s’éclairer.
Après, que sur une échelle de 50 ans les libraires disparaissent à 90 %, c’est fort possible. Sincèrement, [...] qui voudrait qu’il y ait encore autant de marchands de suif qu’avant l’électricité ? [8] »

Ce commentaire de Berlol me ramène à ma brève sur la demande d’ebooks juridiques français [9]. Si on se situe dans une perspective d’avenir, c’est probablement lui qui a raison. Mais pas dans des formats DRMisés anti-pratiques, s’il vous plaît, on a déjà donné [10]. Des ebooks, des livres au format électronique : c’est là aussi que les libraires juridiques français ont une carte à jouer.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


C’est bon pour votre budget ... ou mauvais !

Soldes de Noël dans l’édition juridique

Et c’est le bon moment pour négocier ... ou refuser !

Vendredi 8 décembre 2006

Lire la suite »

Publicité Lamy reçue aujourd’hui 1er décembre dans ma boîte e-mail (également affichée sur la page d’accueil du site web de Lamy) :

« Cette année, le père Noël pense aussi à vos affaires :
-30% sur tous les ouvrages et toutes les revues commandées sur lamy.fr jusqu’au 22 décembre !
Joyeux Noël ! »

Dans l’édition juridique (tous éditeurs concernés) comme ailleurs, c’est en général en fin d’année que les commerciaux mettent les bouchées doubles pour tenir leurs objectifs de vente et concèdent les meilleures offres. C’est donc le meilleur moment pour négocier des remises sur vos renouvellements et vos nouveaux abonnements, surtout si votre budget est basé sur l’année civile ...

Vous n’auriez pas envie d’une petite base de données juridique à prix cassé à Noël ? :-)

Refuser ?

Euh ... « Merci, non ! », diraient pas mal de mes collègues, devant les prix, les conditions commerciales et aussi le comportement limite des commerciaux de certain éditeur de plateforme en ligne. Ce comportement, l’éditorial de la Lettre du Cadre territorial du 8 décembre 2006 en donne une idée [11]. Citons les meilleurs passages :

« Si l’on voit très facilement tout l’intérêt d’un outil BDD [...], on est tout de suite refroidi par les coûts, directs et indirects, que représentent un passage au numérique. En effet, ce que l’on paye n’est qu’un droit d’accès qui prend fin avec l’abonnement. Autrement dit, lâcher un abonnement numérique après quelques années revient à mettre à la poubelle son "équivalent" [...] en revues et autres encyclopédies. Par ailleurs, les éditeurs sont assez flous sur le nombre d’accès simultanés compris dans le tarif. Certains vont même jusqu’à vous annoncer de l’illimité ... jusqu’au moment de discuter concrètement du service et de vous dire qu’au-delà de 15 ou 20 personnes, il ne faut pas exagérer ...
[...] Les méthodes employées par son commercial étaient dignes du pied dans la porte du vendeur d’aspirateurs des années 50 ! Sans trop d’efforts, [...] j’ai réussi à obtenir des ristournes hallucinantes, ce qui laisse songeur quant aux marges que ces outils numériques leur permettent ... [12] [...] la pression constante que les commeciaux opèrent sur leurs cibles ; car non contents de vous appeler régulièrement, ils sont même carrément capable de tenter de s’incruster jusque dans votre bureau alors que vous aviez refusé la veille un entretien ! »

Et puis, me fait on remarquer, l’année suivante, lors du renouvellement, les remises ne sont plus là ...
"Un repas gratuit, ça n’existe pas" (traduction libre de l’expression américaine "There’s no such thing as a free meal".).

Négocier ?

Mais s’il s’agit d’un contrat d’abonnement d’un montant important et envisagé sérieusement depuis longtemps — et non d’un achat ponctuel —, on peut parfaitement profiter de l’aubaine que représente un gros contrat pour l’éditeur et insérer des clauses comme le maintien du prix pendant deux ans, ou une limite de tant de % à son augmentation pour les trois années à venir, ou la suppression de tous les abonnements papier correspondants, etc.

L’appel à l’imagination et la rigueur contractuelles d’un civiliste ou d’un spécialiste de la rédaction de contrats parmi vos collègues de bureau peut s’avèrer intéressant. Sans parler de l’appui de ceux en charge des finances ...

C’est pourquoi il faut aussi négocier sur tout le reste. Et obtenir les statistiques de consultation sur une base de données. Et ce, avant de signer, lors de la période de test ...

Cela dit, les plateformes en ligne, surtout globales, créent un phénomène de dépendance chez certains utilisateurs. C’est un inconvénient de leurs avantages. Il est donc difficile de s’en passer et ce qui a été obtenu doit être défendu à chaque renouvellement ... (voir nos articles Papier contre numérique ou papier avec numérique ? et Former les étudiants en droit et les jeunes juristes aux recherches : faut-il jeter le papier ?).

Ou attendre ?

Au final, regardez-y à deux fois avant de foncer sur les promos des éditeurs. Mieux, voyez si vous ne pouvez pas attendre quelques années, histoire que se développe la vente de ressources en ligne à la consommation/au coup par coup comme c’est le cas aux Etats-Unis. Et Francis Lefebvre, Lextenso et maintenant EFE [13] pratiquent la vente de ressources numériques en ligne à l’ouvrage/la base.

Mais si vous avez un projet d’acquisition sérieux et bien préparé, la période de fin d’année est propice, comme le montre l’exemple cité par la Lettre du cadre territorial.

Emmanuel Barthe
acheteur de documentation juridique s’exprimant à titre personnel


Le Groupe Moniteur repris par le fonds Bridgepoint

Les fonds d’investissement sont de plus en plus présents chez les éditeurs

Et la concentration continue dans les publications pour le BTP et les collectivités

Mercredi 31 mai 2006

Lire la suite »

Le Groupe Moniteur, éditeur notamment du Moniteur des travaux publics et de la Gazette des communes, vient d’être racheté par Bridgepoint, un fonds d’investissement [14].

Deux auparavant, déjà, par une opération de LBO, le Groupe Moniteur avait été acheté par un autre fonds, Sagard, allié pour l’occasion à la banque Dexia (ex-Crédit Local de France) et au groupe Arnault (via ICG).

De manière générale, les éditeurs — et notamment ceux juridiques — font maintenant partie des cibles des fonds d’investissement. Souvent, il s’ensuit un important endettement du groupe reprise mais aussi un virage stratégique, plus offensif, et une dynamisation de ses affaires.

C’est ainsi, d’après les Echos du 31 mai 2006, que le groupe Le Moniteur a fait progresser son chiffre d’affaires et son excédent brut d’exploitation, en deux ans, de 33% et 30% respectivement. Dans cette même période, le fonds Sagard, propriétaire du Groupe Moniteur, a racheté un de ses rares concurrents sur le marché de la presse destinée aux collectivités locales, le Groupe Territorial, éditeur notamment de la Lettre du cadre territorial [15].

L’autre face d’une reprise par un fonds, c’est le cas du grand groupe d’édition néerlandais VNU (presse informatique, ...), dont la direction a été ballotée par ses actionnaires, parmi lesquels les fonds Knight Vinke, Fidelity et Templeton [16], et hésitait sur sa stratégie depuis des mois. La direction de VNU proposait, pour sortir de la crise et se dégager notamment de l’emprise du fonds Knight Vinke [17], que le groupe se fasse racheté par un consortium de six ... fonds d’investissement, dénommé Valcon [18]. C’est la solution qui l’a finalement emporté ce printemps 2006.

D’après la Dépêche du GFII du 31 mai 2006, dans cet exemple, on voit aussi qu’il y a deux types de fonds : ceux de "private equity", qui font la majorité des opérations de reprise d’éditeurs, et ceux spéculatifs, qui cherchent uniquement des sociétés sous évaluées en bourse.

Ce même numéro de la Dépêche du GFII précise que « sous l’égide de Reed Elsevier et de United Business Media, concurrents dans ce domaine, on assiste à une lente concentration à l’échelle européenne des producteurs d’information pour le BTP. La position de leader absolu et incontesté du Groupe Moniteur sur le marché français en fait un actif facilement valorisable à terme dans le cadre d’une nouvelle phase de consolidation européenne. » En clair : le but des fonds étant la revente avec plus-value en quelques années, et le Groupe Moniteur détenant des titres incontournables et faisant face à peu de concurrence, on peut penser qu’à moyen terme, le Groupe Moniteur pourrait rejoindre un de ces grands groupes.

Mais un numéro précédent de cette Dépêche estimait aussi que les grands groupes de l’édition juridique mondiale, si leur capital n’est pas verrouillé par un bloc de contrôle/noyau dur, pourraient eux aussi devenir des cibles des fonds d’investissement.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


1 | ... | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | ... | 45

Dernières brèves