L’édition juridique

Dernier ajout : 13 juillet.

Derniers articles

Dialogue entre un responsable de documentation juridique et un professeur de droit

Où est la doctrine de demain ? Sur le Web !

Que font les auteurs de demain ? Ils bloguent.

Dimanche 29 juillet 2007

Lire la suite »

Vous êtes juriste, avocat, magistrat, notaire, enseignant, chercheur, fonctionnaire ... bref vous êtes un professionnel du droit.

Face à l’avalanche d’e-mails et de coups de fil, face à la pression à l’accroissement de la productivité, vous avez de moins en moins de temps pour vous former et lire les revues. Si vous êtes un praticien, vous les trouvez souvent trop théoriques, celles de Francis Lefebvre exceptées peut-être (BRDA, RJDA, RJS, ...), et plus souvent encore en retard sur l’actualité. Vous vous contentez de newsletters, d’e-mails forwardés par vos collègues et de quelques photocopies d’articles. Au final, vous vous demandez si ça vaut toujours le coup coût d’être abonné à de nombreuses revues.

Je vais ennuyer mes fournisseurs les éditeurs, mais je dois dire que les bons articles rapides, à jour et pragmatiques ne courent pas les rues. Ce n’est d’ailleurs pas mon seul jugement personnel mais aussi et surtout celui des avocats et stagiaires pour qui je travaille. Les clients/utilisateurs finaux.

Alors — et je vais encore ennuyer les éditeurs — peut-être les professionnels du droit vont ils finir par se prendre un abonnement aggrégateur de fils RSS et lire leurs revues blogs préférés ? Et les documentalistes juridiques de veiller, indexer et signaler ces blogs/billets et de former au RSS [1].

A celles et ceux qui douteraient du sens de l’évolution en cours, il n’est que de lire le compte-rendu d’activité de la blogosphère juridique française pour le seul mois de mars 2007 [2] rédigé par le haut fonctionnaire juriste et blogueur de De lege ferenda. Bien que sélectif, il cite pas moins de 84 billets ! Le recensement fait par Arnaud Dumourier sur Juriblogs liste 196 blogs au 2 mai 2007. Quant à la blogosphère juridique aux Etats-Unis, elle a déjà commencé à influencer la doctrine américaine [3] et certains juges américains [4].

On me rétorquera que leurs auteurs ne sont pas de "grands auteurs". Certes, les directeurs d’ouvrages ou de collections de Lamy, LexisNexis, ou Dalloz n’écrivent pas sur Internet. Pourtant, il existe à ma connaissance déjà quatre exceptions : les professeurs Rolin, Houtcieff, Manara, Causse et le billet de De lege Ferenda cite abondamment les deux premiers. La qualité et la crédibilité sont déjà là [5]. C’est d’ailleurs Hervé Causse qui écrit sur son blog : « Les auteurs, les vrais, n’auront plus besoin demain des éditeurs ».

On me dira aussi que le droit des affaires est très mal représenté. Mal représenté, certainement. Mais représenté assurément : VoxPI du cabinet de CPI Meyer & Partenaires fait une veille en propriété industrielle, Cédric Manara, à travers les noms de domaine, blogue sur le droit du commerce électronique et Dimitri Houtcieff est carrément sur le terrain du droit des obligations, du droit de la responsabilité du banquier, des sûretés et des "class actions". Si ce n’est pas du droit des affaires, qu’est ce donc ?

La doctrine d’aujourd’hui est en train de se constituer sur le Web. Certes, elle commente/critique des articles de revues. Mais le plus souvent, elle les précède : elle signale et commente un certain nombre d’arrêts bien avant les revues, voire les newsletters des éditeurs.

Certes, comme l’écrit le professeur Houtcieff, « les blogs sont rarement le lieu de la réflexion juridique la mieux approfondie » [6] et « le contenu des blogs juridiques [...] n’a guère vocation à la pérennité » [7]. Dimitri Houtcieff et Frédéric Rolin estiment, eux, qu’il y a complémentarité. Sur ce débat, le Recueil Dalloz a servi de tribune, avec un premier "point de vue" signé des professeurs Rolin et Houtcieff (D. 2006 p. 596) suivi d’un éditorial de Félix Rome, intitulé « Propos iconoclaste sur la "bloghorrée" » (D. 2007 p. 361).]]. Pourtant, les praticiens du droit (autrement dit mes "clients" internes), malgré leur amour nostalgique des grandes revues, reconnaissent aujourd’hui que d’une part, ce qu’ils cherchent, c’est du "à jour", du "récent" et que d’autre part, ils préfèrent souvent une bonne synthèse à un commentaire interprétatif et trop long. Autrement dit, des newsletters et des blogs. Si complémentarité il y a entre éditeurs et blogueurs, à mon sens, elle est là.

De plus, les juristes de moins de 35 ans sont habitués à passer le temps de leurs recherches sur Internet, que la ressource soit payante ou gratuite, en accès réservé ou en accès libre. Sur Legifrance, sur Google ou Yahoo, sur Lextenso, sur Dalloz.fr, sur Lamyline, sur LexisNexis-Jurisclasseur, sur Navis, sur le Doctrinal ou sur l’International Financial Law Reviexw (IFLR) en ligne, ... Ce qui les habitue aussi à piocher dans tout site web fiable. Parmi lesquels des blogs ...

Le risque est donc que ce qui est actuellement un compagnonnage [8] vire un jour à la concurrence. Il suffirait en fait que :

  • les Universités mettent systématiquement les thèses en ligne (y compris avec des protections techniques ou des restrictions d’accès si nécessaire, certains chercheurs universitaires ayant peur d’être trop lus et confondant accès libre et absence de droit d’auteur :-)
  • les structures rémunèrent expressément leurs professionnels pour ne publier pratiquement plus que sur le ou les sites web du Cabinet ou sur des sites communautaires à grande visibilité
  • que les auteurs mettent leurs pré-prints (version non passée par un comité de lecture) en accès libre, comme beaucoup de physiciens et mathématiciens le font
  • et que les professionnels choisissent le Web comme canal privilégié pour leur communication/marketing ...

... et le tour est joué. Ce n’est donc pas de la science-fiction, mais une éventualité sérieuse.

Dans ce cadre, les éditeurs pourraient avoir intérêt à passer des accords avec les grands moteurs de recherches qui indexeraient contre rémunération un contenu libre d’accès (comme AP ou l’AFP récemment) ou à offrir des espaces communautaires aux juristes et aux auteurs, comme le blog de Dalloz le fait.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Réponse d’un professeur de droit

L’une des idées avancées est que la publication par le biais des blogs pourrait "structurer" un nouveau marché, à tout le moins une nouvelle approche des besoins. Mais le phénomène des blogs, et des blogs juridiques en particulier, est-il fait pour durer ? Nous avions eu ce débat sur la liste droit-blogs après la fermeture des premiers blogs dédiés au droit.

Ceci dit, de la même façon que des auteurs occupent le terrain des revues pendant plusieurs mois ou années, puis passent à autre chose et que d’autres prennent la plume sur le même sujet, on peut imaginer que les blogs juridiques de demain ne seront pas ceux d’aujourd’hui, mais que les mêmes thèmes continueront d’être traités.

L’article a pour titre "doctrine". Mais le besoin des lecteurs qui y est décrit semble plutôt être celui de l’information juridique. Fait-on de la doctrine sur un blog ? A part quelques "drafts" d’articles publiés par Frédéric Rolin sur son blog avant leur soumission à une revue, le blog tient du commentaire à chaud (si commentaire il y a), la valeur ajoutée étant la rapidité plutôt que la richesse [9].

Un billet trop long ne sera pas plus lu qu’un article de doctrine : dans la société de l’information on souffre d’un problème d’attention.

Dernière chose : en mettant en avant F. Rolin, D. Houtcieff et moi-même (il y a aussi Diane Roman, Hugues Kenfack), n’est-ce pas une façon de choisir des auteurs dont la notoriété/fiabilité vient d’abord des revues juridiques ? [10]

Cédric Manara
Professeur à l’EDHEC et blogueur


Editeurs français, prenez en de la graine !

Strad@, une plateforme en ligne "intelligente" pour le droit belge, par Larcier

Une tarification par sources ou par module, un contenu en revues au delà de celles de Larcier ...

Jeudi 5 juillet 2007

Lire la suite »

En France, nous avons nos Dalloz.fr, Navis, Lamyline Reflex — qui sort sa nouvelle version le 6 juillet —, LexisNexis-Jurisclasseur, Lextenso et autres Nets Permanents. Des plateformes en lignes développées par [11] des éditeurs juridiques, affichant essentiellement leur contenu à eux et des fonctionnalités ... eh bien, disons limitées quand on compare ces produits avec leurs équivalents étrangers en Europe, sans même parler des Etats-Unis.

Prenons par exemple la Belgique, où le grand éditeur indépendant Larcier est allé nettement plus loin que n’importe lequel des éditeurs français avec sa plateforme Strad@ droit (www.strada.be).

Strada.be publie non seulement les revues de Larcier mais également celles d’autres éditeurs juridiques belges [12]. Voici son contenu en revues :

Une nouvelle version est en ligne depuis fin avril 2007 et apparemment, au vu de sa présentation sur le site (PDF), elle a l’air pas mal du tout sur un plan contenu, ergonomie et fonctionnalités. Le manuel d’aide en ligne (PDF, 13 pages) en donne une bonne idée, copies d’écran à l’appui.

Ainsi, les résultats sont triés selon un indice de pertinence — chose qu’aucun éditeur juridique français ne sait faire. On trouve aussi des suggestions de concepts pour affiner sa recherche, grâce semble t’il à un véritable thésaurus (arbre hiérarchique des concepts) [13]. Et Larcier, comme seul en France Dalloz sait le faire, offre des fils RSS pour les sources publiques et ses revues.

Quant aux prix, intelligemment, Larcier propose autant d’abonnements et de prix que de sources (PDF) incluses dans Strad@.

Cerise sur le gâteau, Larcier autorise, dans ses conditions générales d’utilisation (PDF), le téléchargement sélectif de documents sur le disque dur du juriste. Mais hélas pas sur son réseau interne.

Espérons juste que LexisNexis ne s’apprête pas à racheter Larcier ...

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Google Custom Search Engine : créez votre propre moteur de recherche !

Enfin une recherche personnalisée et ciblée

Mardi 3 juillet 2007

Lire la suite »

Google a développé une version personnalisable de son moteur : Google Custom Search, qui fait partie des applications "Google Co-op" [14].

Le principe est simple : vous listez les sites ou adresses web à mettre dans l’index de "votre" moteur et Google limitera sa recherche à ceux-ci. Cette restriction sélective et "matière" du champ de recherche rend les résultats plus pertinents. Le danger, toutefois, réside dans l’absence d’exhaustivité ou de mise à jour de votre sélection. Il vaut mieux être un (ou plusieurs) spécialiste(s) de son secteur sur Internet pour monter un CSE (Custom Search Engine) valable.

Un exemple de CSE au point dans le secteur juridique : le moteur de recherche sur les blogs juridiques francophones créé par Arnaud Dumourier. Il indexe tous les blogs listés par Arnaud dans son annuaire JuriBlogs. Pas à 100% au point à mon avis, mais assez efficace, le CSE de Jurispedia Droit français offre sur ses "concurrents" l’avantage de donner la liste complète des sites qu’il indexe [15]. Toujours chez Jurispedia et plus efficace que celui Droit français, leur CSE Droit communautaire, lui aussi doté de la liste des sites indexés.

Pour une liste de l’ensemble des CSE et autres moteurs verticaux montés en droit français, lisez l’article de David Taté : Trouver de l’information juridique avec les moteurs de recherche (14 juin 2007). Il signale notamment Lex, un moteur Google CSE monté par Arnaud Dumourier sur sa sélection de sites en droit français, blogs compris.

Le CSE est bien documenté par Google et possède une liste de questions-réponses (FAQ) (en anglais uniquement hélas).

Le Google Custom Search Blog permet de se tenir au courant des améliorations apportées par Google à son application de moteur de recherche personnalisé.

Justement, en voici une de taille et extrêmement pratique : plus besoin d’importer un par un et à la main les adresses à retenir pour l’index du CSE. Il suffit de créer ou utiliser une liste de liens (voire un annuaire de sites, mais il faut alors recopier les adresses sur une seule page web), d’insérer un peu de code et on obtient un moteur personnalisé et surtout, qui se met à jour au fur et à mesure qu’on met à jour sa liste de liens. Son petit nom ? — en fait assez long : Google Custom Search Engine On the fly.

"On the fly" est un dérivé d’une nouvelle technique de stockage des adresses à indexer, Linked CSE, où la liste des adresses web n’est plus stockée chez Google mais sur le serveur de l’auteur du CSE. On the fly crée en fait un index de type Linked CSE à la volée (en anglais : on the fly), à partir des liens trouvés à l’adresse qu’on lui a indiquée.

Et évidemment, ça suppose de réunir, sur une seule page, toutes les adresses à indexer, et ça ne marche pas à partir d’un intranet — hélas !

Voilà, vous savez tout. Au travail, maintenant ! :-)

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique et co-auteur du CSE Données juridiques publiques (France)


1 | ... | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | ... | 48

Dernières brèves