L’édition juridique

Dernier ajout : 13 juillet.

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Information R/evolution : une réponse à Michael Wesch — An answer to Michael Wesch’s video

Lundi 5 novembre 2007

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Cet article est la reprise légèrement modifiée et augmentée d’un commentaire placé sous le billet de Marlène du 17 octobre présentant la vidéo de Michael Wesch Information R/evolution (disponible sur YouTube). Pour bien comprendre mon propos, regardez d’abord la vidéo, puis lisez ce billet [1].

Sur la forme, et au vu du passé de la gestion et de la recherche de l’information, Michael Wesch a réalisé là une brillante démonstration de l’évolution des modes de recherche, langages documentaires et classifications réellement utilisés aujourd’hui par les internautes, c’est-à-dire une très large part de nos utilisateurs et clients, à nous autres spécialistes de l’information [2].

Fort bien. Mais sur le fond, peut on approuver à 100% sa vision provocatrice mais aussi un peu, disons, angélique ?

Deux remarques liminaires tout d’abord :

Sur le fond, en tant que documentaliste juridique doté de connaissances de juriste, je constate dans mon domaine, qu’en effet, l’utilisateur lambda peut maintenant chercher et trouver facilement des informations qu’il n’aurait pu avoir que par des intermédiaires — bibliothèque, experts ou ouvrages — il y a douze ans.

Très bien. Mais en revanche, en ces mêmes douze ans, une énorme quantité d’informations supplémentaire est devenue disponible. Et accéder facilement, rapidement et surtout avec fiabilité à cette info suppléméntaire, surtout celle à forte valeur ajoutée, n’est pas à la portée financière ni méthodologique de l’utilisateur lambda.

Les spécialistes de l’information remarquent aussi que, quand il s’agit de trouver rapidement de l’information fiable, les bibliothécaires et les documentalistes font ça bien mieux. Pour reprendre les mots de Marlène :

« Selon une étude présentée lors du congrès 2006 de l’association des bibliothèques médicales à Phoenix [Etats-Unis], les patients atteints de cancer parviennent plus souvent à trouver de l’information précise et de qualité lorsqu’ils sont assistés dans leur démarche par un bibliothécaire. Et dans 65% des cas, l’information que leur procure le bibliothécaire n’aurait pas pu être trouvée par ailleurs : ni par le biais d’une organisation spécifique, ni en effectuant la recherche par eux-mêmes sur Internet [information rapportée par Reuters]. »

Autre chose : les catalogues, classifications, ontologies et indexations manuelles ne sont plus indispensables. Mais ils n’ont pas disparu : ils ont essentiellement changé de forme. Et discrètement, cachés derrière les interfaces des moteurs, des blogs, des fils RSS, des tags etc., souvent plus ou moins automatisées, ils constituent un atout essentiel des meilleures ressources en ligne, notamment les plateformes des éditeurs. Sans plan de classement ni indexation, la plateforme juridique Navis de Francis Lefebvre ou celle presse de Factiva/Lexis-Nexis (indexation automatique) n’arriveraient pas à une grande pertinence dans les résultats de recherche. Tous les professionnels de l’information le savent : la recherche en texte intégral pure ou celle consistant à ne suivre que les liens hypertexte ne mènent pas du tout aussi loin que ce à quoi arrivent les outils professionnels ou certains outils gratuits (comme Wikio) ou open source (comme le lecteur RSS WTicker) très intelligemment conçus.

Encore un point : Wesch parle d’une information devenue sans contraintes matérielles ("beyond material constraints"). Ce n’est que très partiellement exact. En effet, si les documents ne sont plus rangés sur des étagères de bibliothèques, et donc difficiles à obtenir si votre bibliothèque d’entreprise ou la bibliothèque municipale locale ne les possèdent pas, si les catalogues papier à cartes ont désormais vécu, si l’accès en ligne donne à l’information une immédiateté, un don de quasi-ubiquïté, il reste que ces informations ont toujours besoin d’un support matériel (eh oui, ça s’appelle des serveurs) et logiciel (des fichiers et des bases de données) et que, surtout si on veut un débit rapide (cette fameuse immédiateté, donc), il faut les payer assez cher. Les fermes de serveurs d’hébergement ou les [services d’accélération d’Akamai et autres->http://gigaom.com/2007/08/06/cdn-price-wars/] (pour garantir la disponibilité haut débit de vidéos ou d’un service de réservation en ligne [4], par exemple) ne sont pas du tout gratuits [5].

Enfin, les experts, s’ils ne sont plus indispensables pour accéder à une information dans beaucoup de cas, le restent dans les affaires sensibles (diplomatie, renseignement, armement, fusions et acquisitions), et plus encore pour trier dans l’"information overload" et interpréter cette masse d’informations, lui donner un sens et en tirer des implications pratiques et des recommandations. Comme l’écrit economy1 dans un des commentaires sous la vidéo de M. Wesch :

« [cette vidéo] met trop vite de côté l’utilité toujours bien réelle des "experts". [...] Tout le monde a parfaitement le droit de se frayer éternellement un chemin à travers une jungle variée d’informations s’ils le souhaitent, mais, si on met de côté un séduisant idéalisme, je préfère des rues dotées de panneaux de signalisation clairs pour la plupart des activités de ma vie réelle, et les ressources informationnelles organisées par d’autres esprits humains me parlent plus. »

Pour me résumer : la barrière s’est juste déplacée. La fracture numérico-informationnelle existe toujours. Elle n’est pratiquement plus dans la possession ou non d’un ordinateur et d’une connexion Internet haut débit, mais dans l’accès à des bases de données et plateformes en ligne à contenu de haut niveau, fortement indexées et très à jour, donc très chères, dans la maîtrise de techniques informatico-informationnelles en perpétuelle évolution et — ça, ça n’a pas changé — dans la constitution et l’entretien d’un réseau.

Il y a donc des enjeux autres que d’apprendre de nouvelles technologies ou suivre l’utilisateur. Il y a des enjeux sociaux, économico-financiers [6] et politiques.

Alors, suivre l’utilisateur sur son terrain, oui sans discussion. Mais les outils de ce terrain, seuls, ne peuvent guère produire rapidement une information quasi-exhaustive et très pertinente. Intermédiaires et outils "lourds" ne sont pas "largués", ils ont juste à évoluer et se former — là, je rejoins sans peine Michael Welsch — et sans perdre de vue les enjeux énormes et déterminants qui font partie intégrante du contexte ce cette R/évolution.

Comme je le dis/écris souvent : il faut de tout pour faire un monde. Ou, pour ceux qui connaissent la chanson de Robert Palmer dans la pub Heineken : « Takes every kind of people To make the world go round. » Ou encore, en termes plus informationno-communicationnels : « Get smart : get the big picture. » [7]

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


English summary :

Michael Wesch’s video Information R/evolution demonstrates very well the changes we have been through recently in the research and information management industry and the necessity and interest to adapt ourselves to the new Web 2.0 collaborative tools.

But he does not offer the big picture.

In my opinion, his video misses important points :

  • information is more easily available, sure. But the mass of information available has grown so much that the best information is still not easily available to the average patron
  • categories (in the best online platforms) and experts are still the best way to get to reliable information in the quickest way
  • talking about searching for accurate information, librarians, especially, do it better
  • quick, reliable info has a — often high — cost. The economics of information shouldn’t be ignored.

Emmanuel Barthe
law librarian


Panoramas de presse sur intranet : les revues juridiques confiées au CFC

Mardi 9 octobre 2007

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Vous voulez réaliser un panorama de presse numérique et le diffuser par votre messagerie d’entreprise ou sur votre intranet ?

Tant que vous visez la presse généraliste et économique, à part le coût bien sûr, pas trop de problèmes : la plupart des titres français dans ce domaine ont confié au CFC la gestion de leurs droits de reproduction numériques. Le CFC tient à jour sur son site web la liste des journaux et revues dont les droits de reproduction en panorama numérique sont gérés par le CFC, soit 800 périodiques, et on y trouve en effet Les Echos, La Tribune, l’AGEFI, le Figaro, le Monde, Libération, Le Parisien, l’Expansion, Enjeux Les Echos, l’Express, le Nouvel Observateur (mais pas le Point), et encore d’autres.

Mais si vous voulez reproduire des articles extraits de revues juridiques, c’est une autre paire de manches. En effet, aucune des principales revues (les JCP, Rec. Dalloz, BRDA et RJDA) ne figure dans cette liste, à l’exception de la Gazette du Palais et des Petites affiches.

On peut toutefois noter la présence de :

- toutes les revues trimestrielles de Dalloz :

  • Revue critique de droit international privé (RCDIP)
  • Revue de droit immobilier (RDI)
  • Recueil des décisions du Conseil d’Etat (Rec. Lebon)
  • Revue de droit sanitaire et social (RDSS)
  • Revue française de droit administratif (RFDA)
  • Revue française de finances publiques (RFP)
  • Revue trimestrielle de droit civil (RTDCiv.)
  • Revue trimestrielle de droit commercial et économique (RTDCom.)
  • Revue trimestrielle de droit européen (RTDE)

- les revues du groupe Petites Affiches-EJA, à l’exception des Cahiers sociaux du Barreau de Paris :

  • Les Petites Affiches (PA)
  • La Gazette du Palais (Gaz. Pal., GP)
  • Répertoire du notariat Defrénois
  • Bulletin Joly Bourse
  • Bulletin Joly Sociétés
  • Revue du droit public et de science politique (RDP)
  • Revue générale du droit des assurances (RGDA)

- les diverses éditions de la Revue fiduciaire :

  • Revue Fiduciaire
  • RF Comptable
  • RF Conseil
  • RF Paye
  • RF Social

- les revues du Moniteur :

  • Le Moniteur des travaux publics et du bâtiment
  • Contrats Publics - l’Actualité de la commande et des contrats publics (CP-ACCP).

Hors de cette liste, négociation éditeur par éditeur voire titre par titre : très pratique. Très. :-( Allez les éditeurs juridiques, encore un effort !

Pour plus de détails, voir mon article sur les panoramas de presse sur intranet [8]. Il recense la plupart des documents pertinents gratuitement accessibles sur le Web et les pistes pour une maîtrise des coûts.


La galaxie Gutenberg face au « big bang » du numérique

L’éditeur reste-t-il un point de passage obligé ? Réponse oui, selon les éditeurs

Un rapport d’information du Sénat sur l’état du secteur de l’édition en France face au développement du numérique

Jeudi 4 octobre 2007

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Le Sénat vient de publier un rapport d’information sur l’état du secteur de l’édition en France face au développement du numérique : La galaxie Gutenberg face au « big bang » du numérique, rapport d’information n° 468 (2006-2007) de M. Jacques Valade, fait au nom de la commission des affaires culturelles, déposé le 26 septembre 2007 :

« Pendant six mois — entre janvier et juillet 2007 — la commission des affaires culturelles a rencontré quelques-uns des principaux acteurs de la filière du livre — écrivains, éditeurs, bibliothécaires, libraires — pour recueillir leur diagnostic sur les forces et les faiblesses d’un secteur crucial pour la culture, face aux mutations en cours.

Dans un rapport qui résume la teneur de ces entretiens, elle s’attache à formuler un certain nombre de propositions pour valoriser les atouts de la "chaîne du livre" et compenser ses fragilités. »

La Commission a notamment auditionné Jean-Franck Cavanagh, secrétaire général de Lexis-Nexis, et Daniel Rodriguez, président d’Elsevier-Masson. Le compte-rendu de leur audition est également commenté sur ce blog.

Voici deux extraits de ce rapport, des extraits très parlant sur la stratégie et la vision numérique des éditeurs. Les gras et les remarques sont de nous.

L’éditeur reste-t-il un point de passage obligé ?

« On aurait tort de sous-estimer le poids, en France, du secteur de l’édition.

Celui-ci constitue le premier secteur culturel en France, avec un chiffre d’affaires qui représente deux fois celui du cinéma. Il emploie environ 15 000 salariés.

Le monde français de l’édition est cependant constitué de structures très inégales par leur visée et leur importance, que l’on peut schématiquement regrouper en trois sous-ensembles :

  • le premier est constitué des deux grands groupes, Hachette et Editis, qui ont connu une montée en puissance concomitante dans les années soixante-dix au temps de la grande croissance du marché du livre, puis un rattachement à des entités conglomérales de plus en plus vastes dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ; leur prépondérance tient à la fois au fait qu’ils assurent 40 % de la production éditoriale, et à leur rôle dans la distribution et la diffusion, puisqu’ils acheminent plus de la moitié des livres vendus en France ; ils poursuivent aujourd’hui ce mouvement de concentration à un rythme plus maîtrisé ;
  • le second est constitué de groupes moyens parmi lesquels figurent des maisons d’édition historiques comme Gallimard et les Editions de Minuit ;
  • le troisième, de petites maisons d’édition indépendantes, qui participent à la diversité de la production éditoriale, mais sont confrontées à de graves difficultés notamment en matière de distribution et de diffusion de leur catalogue. »

Où se situent donc les grands éditeurs juridiques que sont Wolters Kluwer France ou LexisNexis SA ? Dans le second groupe ? Ou dans le premier, puisqu’ils sont d’abord les filiales de groupes mondiaux, qu’ils continuent le mouvement de concentration, et qu’ils assurent dans le domaine juridique pas loin de 40% de la production éditoriale ?

Le secrétaire général de LexisNexis SA, pourtant auditionné, n’a peut-être pas cru utile de préciser cela à la Commission.

« La production éditoriale est marquée par deux tendances générales sur le moyen terme :

  • une augmentation exponentielle du nombre de titres publiés : de l’ordre de 20 000 en 1990, la production de nouveautés approche les 26 000 titres en 2000 et frôle les 35 000 titres en 2005 ; parallèlement, le nombre des réimpressions augmente dans des proportions analogues : 18 000 titres en 1990, 26 000 en 2000 et 33 500 en 2005 ;
  • une diminution concomitante des tirages moyens ; de 8 400 en 1990, ceux-ci sont tombés par étape à 6 000 en 2005.

[...]

Au demeurant de fortes disparités existent entre les secteurs éditoriaux, comme le montrent les données statistiques recensées par le Syndicat national de l’édition.

Certains secteurs ont, en 2005, poursuivi leur progression : la bande dessinée (+5,3 % en valeur et +10,4 % en volume), les publications pour la jeunesse (+15,6 % en valeur et +6,9 % en volume), les ventes de livres au format de poche (+10,6 % en valeur).

D’autres, comme les sciences pures et les sciences humaines, accentuent leur repli. D’autres enfin enregistrent un léger recul en 2005 après une forte progression en 2004, comme la médecine et le droit. »

Léger repli pour les éditeurs juridiques ? D’après l’enquête annuelle de Livres Hebdo sur l’édition juridique (parue dans le numéro de septembre), l’édition juridique française avait très bien marché en 2007. 2006 n’aura été qu’un incident de parcours.

« Ces différents secteurs ne sont pas également concernés par l’arrivée des technologies numériques.

Un consensus assez général se dégage pour considérer que le segment de la littérature — qu’il s’agisse des romans ou des essais — resterait longtemps encore attaché au "livre papier". En revanche, dans le secteur des sciences, dans celui des encyclopédies et des dictionnaires, les technologies numériques présentent des atouts indéniables.

De grands acteurs de l’édition, conscients de ces avantages, ont d’ailleurs fait le choix de l’aborder sous un angle positif et d’y consacrer des investissements importants, qui se sont d’ailleurs révélés très productifs. Ainsi, les responsables de Reed-Elsevier, un des principaux groupes mondiaux de l’édition spécialisée en droit, sciences, enseignement et activités professionnelles, ont-ils indiqué à votre commission que la part du numérique dans leur chiffre d’affaires était passée de 27 % en 2000 à 37 % en 2006.

Le numérique présente en effet un certain nombre d’avantages pour la satisfaction des professionnels et des chercheurs : l’accès immédiat aux données recherchées, leur actualisation régulière, enfin un coût d’accès qui ne cesse de se réduire. »

Si le coût d’accès ne cesse de se réduire, il faut croire que cette baisse n’est pas répercutée puisque les plateformes juridiques en ligne voient leurs prix augmenter en général beaucoup plus vite que l’inflation ... A la grande insatisfaction des professionnels.

« Toutefois, ils ont estimé que, contrairement à leurs craintes initiales, le support papier conservait un intérêt et n’avait donc pas nécessairement vocation à être cannibalisé par l’internet. »

Bien sûr que le papier conserve un intérêt, surtout comme alternative moins coûteuse au numérique.

Mais vu la politique de vente liée papier-numérique pratiquée par plusieurs grands éditeurs juridiques, le risque de cannibalisation dans ce secteur est très faible.

« Les technologies numériques présentent également un intérêt pédagogique certain pour l’enseignement scolaire, et l’école ne peut rester plus longtemps à l’écart d’un monde dans lequel les élèves sont déjà pleinement immergés. »

Traduction en clair : les éditeurs, qui ont déjà bien attaqué le marché universitaire (étudiants, BUs), visent celui du primaire et du secondaire, suggérant à l’Education nationale d’investir plus en ouvrages numériques et aux enseignants de faire acheter du numérique à leurs élèves.

« Il paraît indispensable aujourd’hui, et la profession semble en être parfaitement consciente, que les éditeurs s’attachent à tirer parti du numérique et de l’internet, même si celui-ci les confronte inévitablement au défi de la gratuité qui les contraindra à imaginer de nouveaux modèles économiques : de toute évidence, une encyclopédie en ligne gratuite comme « Wikipédia » modifie radicalement le contexte concurrentiel dans lequel s’inscrivent les encyclopédies traditionnelles. »

La concurrence de Wikipedia et des autres sites à contenu gratuit ou libre comme Legifrance est même telle que les éditeurs adorent dénigrer la qualité du contenu de ces sites et prétendent régulièrement limiter la mise en ligne de contenu gratuit par les administrations et les organismes publics. En invoquant la liberté du commerce et de l’industrie et le respect du droit de la concurrence, voire celui de la propriété littéraire [9].

« L’Internet, qui autorise un contact direct entre l’auteur et son public, ne constitue au demeurant pas, aujourd’hui, l’unique remise en question du rôle d’intermédiaire obligé et exclusif qui était traditionnellement celui de l’éditeur. L’entrée en scène d’un nouvel acteur, l’agent littéraire, a commencé de remettre en question certaines règles du jeu. Leur rôle, encore marginal dans les lettres françaises, contrairement à la situation américaine, a été soudainement mis en lumière à l’occasion du succès des « Bienveillantes » de Jonathan Littell. Outre qu’ils peuvent contribuer à des transferts d’auteur entre maisons d’édition, leur approche tend à morceler la négociation des droits d’exploitation, en distinguant les droits liés à la publication, les droits de traduction et les droits d’exploitation cinématographique ou audiovisuelle. »

A quand des agents littéraires pour les professeurs de droit et leurs équipes de recherche, de facto étroitement liés à des éditeurs/collections/revues ? Mais je rêve ... Ou pas ?

Les éditeurs : un maillon central

« [...] Dans son Livre Blanc pour l’édition, paru en avril 2007, le Syndicat national de l’édition émet, quant à lui, 15 propositions concernant différents volets et aspects de la chaîne du livre. Il porte une attention particulière :

  • aux textes d’application de la loi n° 2006-961 du 1er août 2006 relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information, « pour éviter une dissémination anarchique des contenus » ;
  • aux petits éditeurs ;
  • et à la défense de la diversité culturelle. »

Je me demande si les grands groupes de l’édition juridique mondiale sont si intéressés que cela à la défense des petits éditeurs et de la diversité culturelle.

« Sur ce dernier point, rappelons que la loi n° 2006-792 du 5 juillet 2006 a autorisé la France à adhérer à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

[...] Rappelons que cette convention a pour objectif de :

  • reconnaître juridiquement la double nature des biens et services culturels qui ne se réduisent pas à leur dimension économique, mais sont également porteurs de valeurs symboliques spécifiques ;
  • reconnaître la légitimité pour les gouvernements de mener des politiques publiques de soutien à leurs industries culturelles, dès lors que ces actions ne sont pas dictées par le désir de protéger leur marché, mais par le souci de préserver la diversité culturelle au plan national et international ;
  • [...].

A un an de la présidence française de l’Union européenne, votre commission émet le voeu que le volet culturel de l’agenda européen soit ambitieux et se fonde sur les avancées permises par cette convention. La politique dans le domaine du livre devrait y occuper une place de choix. Nos partenaires européens pourraient ainsi notamment être sensibilisés aux effets vertueux de la loi du 10 août 1981 sur le prix unique du livre et incités à s’en inspirer. »

Ah ! s’il existait une loi sur le prix unique de la plateforme en ligne ! Mais je rêve ...

« Par ailleurs, ainsi qu’ils sera exposé ci-après, les efforts relatifs à la bibliothèque numérique européenne doivent être poursuivis. »

BNUE qui avance à grands pas comme chacun sait.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


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