L’édition juridique

Dernier ajout : 6 février.

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Arrêts des cours d’appel : la base JURICA enfin en service chez Lexbase

Mercredi 20 janvier 2010

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La fameuse base de données presqu’exhaustive [1] des arrêts de cours d’appel JURICA (ou plutôt JuriCA pour Jurisprudence des Cours d’Appel) a été mise en vente [2] par la Cour de cassation depuis mars 2009 [3].

Le contenu de JuriCA débute courant 2007. En sont exclus la majeure partie des décisions en droit pénal, et normalement tout le droit de la famille (divorce, ...) et des mineurs (le périmètre exact dépend des cours).

Un premier éditeur vient de prendre cette licence : Lexbase. Ils reçoivent des arrêts très frais, parfois datant de deux jours seulement, mais c’est du PDF non balisé, la mise en ligne prend donc plus de temps. D’autant que JuriCA, c’est 180 000 décisions par an ... [4]

Il y a débat sur l’intérêt de cette exhaustivité et il est légitime. Mais :
- cette exhaustivité était déjà au coeur du modèle d’affaire ("business model") de Lexbase
- et, comme je l’ai déjà écrit, l’exhaustivité intéresse certains [5].

Avec cette nouvelle offre, l’attente d’une nouvelle interface et d’un nouveau moteur de recherche sur Lexbase est d’autant plus forte.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Edition juridique française : les stratégies en ligne

Dimanche 17 janvier 2010

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Si on devait résumer les stratégies en ligne — du moins celles apparentes — des grands éditeurs juridiques français, on pourrait, en simplifiant certes, tenter ceci :

  • groupe Lefebvre-Sarrut : maintien de maisons distinctes, avec chacune ses rédactions, son budget et sa plateforme. Seule timide tentative de fusion : la newsletter Omnidroit. Dans le détail :
    • Dalloz : multiplication des plateformes, largement ciblée chacune sur un public : Dalloz.fr (groses structures ou cabinets multi-matières, Dalloz-Revues (professionnels du droit solo ou petits cabinets), Dalloz-Bibliotheque (BU), Dalloz-Etudiant (étudiants). Moindre accent sur le découpage matière de Dalloz.fr
    • Francis Lefebvre : concentration sur Navis, découpée par matière
    • Editions Législatives : concentration sur Elnet, découpée par ouvrage. Les bulletins d’actualité mensuels font de la publicité pour l’info en continu sur le site payant
  • LexisNexis France : concentration maximale — et débutée avant les concurrents — sur la plateforme LN-JC, mais déclinée avec un certain nombre de contenus en moins selon différents publics (avocats, huissiers, grandes entreprises, fonction publique ...). Importants achats de données publiques (notion de portail). Les autres produits en ligne, pour l’essentiel, sont des produits élaborés aux Etats-Unis (TotalPatent, Know Your Customer ...)
  • Wolters-Kluwer : concentration sur Lamyline (2LR), puis à partir de 2007 changement de cap : multiplication des plateformes matière, une par grand domaine [6] : WK-RH (droit social), WK-HSQE (sécurité, environnement, hygiène), WK-Transport-Logistique. On retrouve ce côté matière chez la maison mère néerlandaise Kluwer : Kluwer Arbitration, Kluwer Litigation, Kluwer Competition
  • Lextenso : améliorations techniques majeures sur la plateforme, à la faveur d’une nouvelle version
  • Lexbase : augmentation du contenu (jurisprudence des barreaux, revues)
  • Thomson France (Transactive) : des améliorations techniques sur le Doctrinal (citation-clé, liens vers les abonnements en ligne de Lextenso et Dalloz), du contenu en plus (arrêt Cass. présentés) mais pas d’évolution tranchante.

Le point commun : les efforts se renforcent nettement sur les plateformes en ligne. Comme je l’écrivais, 2009 aura été l’année du basculement vers le en ligne pour l’édition juridique française et ses clients et utilisateurs [7].

On note aussi un accent mis sur l’actualité, notamment à travers la bien meilleure mise à jour des rubriques correspondantes dans les revues et — avec des manques — à travers une tendance à mettre en ligne plus vite les derniers numéros des revues.

C’est un portrait très rapide du paysage, j’en suis conscient. Les commentaires sont là pour les réactions, désaccords et les nuances.

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique


Les revues juridiques en 2009 : en ligne c/ papier

Vendredi 20 novembre 2009

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2009 pourrait bien être l’année du basculement vers le en ligne [8] : arrivée d’une "génération en ligne" (les moins de 25 ans), pression grandissante des économies à faire, tant de mètres carrés que en abonnements, ergonomie en progrès des interfaces en ligne et des moteurs de recherche — enfin, pas partout .... —, légers progrès mais progrès quand même des alertes e-mails et des newsletters [9], lancement de revues au format Flash (dit "format feuilletable" [10]) vendues séparément des plateformes chez LexisNexis (LN Kiosque numérique) puis peu après Dalloz (Dalloz Revues).

Ce pourrait donc être l’année du grand basculement : enfin, vers le tout en ligne. Arriveraient elles donc enfin, les économies annoncées depuis 20 ans par les thuriféraires du numérique et les consultants en management ?

Pourtant, au delà de l’ergonomie systématiquement supérieure des versions imprimées en matière de lecture, manipulation et annotation (lecture plus facile, visualisation en 3 dimensions des informations ... [11]) sur les versions en ligne et de la préférence et des habitudes des juristes utilisateurs, il y a des workflows (chaînes de production numérique des documents et publications des éditeurs) complexes hérités du papier, des versions en ligne peu pratiques (aucun éditeur n’offre le PDF complet du dernier numéro) et des peurs (risques ?) de "copillage" et de cannibalisation du papier par le numérique.

Certains signes pourraient en effet indiquer que les éditeurs juridiques redoutent que la publication en ligne en même temps, voire (c’est théoriquement possible dans certains cas) avant la version imprimée, ne nuise aux abonnements papier [12]. On note par exemple sur les plateformes numériques de grands éditeurs des retards persistants et assez généralisés dans le mise en ligne de certaines catégories de revues. Mais pas d’autres catégories. D’où l’interrogation.

Alors ? Lâcher le papier ? Au risque de perdre des remises en volume et de n’être pas à jour sur les revues ? Mais alors, comment maîtriser son budget ?

Et quid de l’investissement perdu ? Cf le titre de la table ronde des journées 2002 de Jurconnexion "Est ce que je n’achète pas du vent en achetant du numérique, ne vaut-il pas mieux rester au papier ?"

A votre avis ?

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique, gestionnaire d’abonnements et spécialiste des bases de données juridiques


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