L’édition juridique

Dernier ajout : 15 juin.

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Et si l’Open Archive était plus utile aux lecteurs que l’Open Access (en tout cas le Gold OA) ...

A qui l’Open Access rend-il service ?

Aux universitaires ? Aux professionnels ? Aux éditeurs ?

Lundi 15 juin 2015

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Un tweet à la formulation très directe de Juriconnexion [1] signale un article lumineux et très bien informé publié en février 2015 par la Direction de l’Information Scientifique et Technique (DIST) du CNRS :
Les éditeurs scientifiques "for profit" accélèrent leur conversion à l’Open Access Gold : quelles visées stratégiques sous-jacentes ? (PDF, 5 pages) [2].

Quelques extraits clés pour bien comprendre le propos de cet article :

« Après une période d’hésitations stratégiques, tous les grands éditeurs ont maintenant défini une stratégie de basculement de leur modèle économique dans le Gold Open Access. »

« La conversion des éditeurs au Gold OA se double d’une stratégie pour retrouver les niveaux de chiffre d’affaires et de marge du modèle économique de l’abonnement. »

« Dans le cadre du modèle économique de l’abonnement, on constate dans l’édition
scientifique une situation de "concurrence imparfaite" : aucune revue influente ne peut réellement être supplantée par une autre de façon à faire jouer entre elles une dynamique de concurrence par les prix. Si dans une discipline donnée une revue A et une revue B affichent une notoriété et un facteur d’impact suffisants, le chercheur et /ou la bibliothèque de recherche sur laquelle il s’appuie s’abonne tout simplement aux deux. Cette insubstituabilité d’une revue à une autre [3] est l’une des raisons majeures qui ont permis aux grands éditeurs "for profit" de jouer à la hausse pendant plus de vingt ans la variable tarifaire pour augmenter leurs revenus et leurs marges jusqu’à des niveaux inédits de l’ordre de 35% sur CA. De ce point de vue la montée en puissance du Gold OA modifie profondément la donne. Si un grand éditeur n’est que marginalement présent dans une spécialité scientifique, entre autres parce qu’une ou plusieurs revues sur abonnement occupent déjà le terrain, il lui sera loisible de créer de toute pièce, sans consentir d’investissement lourd, une revue en Gold OA sur ce même créneau. Dans le modèle économique du Gold OA, la concurrence entre éditeurs se déplace sur un nouveau terrain : celui de la captation des meilleurs chercheurs publiant et des meilleurs peer-reviewers. »

« Dans les deux dernières années, la plupart des éditeurs scientifiques ont créé une offre de type "mégajournal" qui se voulait une réponse au succès de PLoS One. »

« Le Gold OA est intrinsèquement porteur d’une exigence de transparence sur la structure des coûts de l’édition scientifique. Cette transparence devrait pouvoir profiter aux communautés de chercheurs publiant. »

« Le passage au "tout OA" n’est pas une utopie, même si l’échéance n’est pas de court terme. »

Pour rappel :

  • le Gold OA est le tout OA : liberté et gratuité totales d’accès
  • le Green OA est l’OA partiel : avec "moving wall" (en général les 12 à 24 derniers mois sont payants).

Je dirais qu’il eut été surprenant, car dangereux à long terme pour eux, que les éditeurs :

  • ne fassent pas de veille sur le phénomène OA et son développement. Après tout, ils ont des équipes de veille et de marketing pour ça
  • et n’en tirent donc pas les conséquences en profitant du mouvement.

De toute manière, vu le prix à payer pour publier dans une revue pure OA, je ne pense pas que l’OA Gold aide à régler LE problème croissant des utilisateurs d’information scientifique et technique (IST) aujourd’hui [4] : les coûts et leur inflation. Car si c’est le chercheur qui paye, c’est aussi lui qui a besoin de publier pour vivre. Et vu les difficultés des Universités à boucler leurs budgets ...

Donc les seuls utilisateurs gagnants seraient les professionnels consommateurs d’IST. Mais comme les professionnels apprécient moyennement les revues "pur universitaires" et leur préfèrent les revues écrites par des éditeurs pour des professionnels ... [5]

Personnellement, en tant que professionnel de la gestion de budgets d’abonnements, le seul mais important gain concret que je vois au mouvement OA est la possibilité pour plus de jeunes chercheurs d’être publiés.

Pour les professionnels du droit, je vois beaucoup plus d’intérêt, dans le développement très lent mais réel, de la publication en ligne et gratuite et "open archive" (archives ouvertes) [6] :

  • de leurs newsletters et articles d’actualité, tant sur les sites de leurs structures que sur des portails (d’éditeurs : oui, souvent, il faut payer ...) qui les regroupent et leur donnent plus de visibilité [7]
  • des thèses [8]. Notamment sur theses.fr (voir aussi notre article sur le site theses.fr), TEL, et certains sites d’universités (la base Pepites pour Lille II Droit et santé par exemple) [9]
  • et d’articles. Si, si ... Sur HAL et les portails de revues d’éditeurs indépendants : Cairn, Persée et Revues.org/OpenEdition.

Emmanuel Barthe
Documentaliste juridique free lance


Legal information design

Représenter le droit français avec des images et des schémas : c’est parti (vraiment) !

Imagidroit, SketchLex, Lexbase ...

Mercredi 27 mai 2015

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On y pensait en 2009 [10], en 2014 c’est fait : le droit est maintenant expliqué en dessins et graphiques. Et cela va jusqu’au film.

Quelques exemples récents

Un exemple tout récent sur le site JuriTravail (très lu par les particuliers) : un schéma des 5 sanctions disciplinaires applicables à la faute du salarié.

Le schéma des sanctions pour faute du salarié sur Juritravail

Autre exemple avec ce communiqué de l’éditeur juridique Lexbase du 2 avril : extrait : « Les éditions Lexbase proposent une nouvelle approche éditoriale du droit et publieront, régulièrement, à compter de ce jour, des infographies juridiques permettant de faire la synthèse d’un régime ou d’une procédure de manière pédagogique et graphique. » Un concurrent de Lexbase, Luxia utilise trois couleurs pour signaler les modifications dans les textes officiels sur son site Alinéa : rouge pour abrogé, vert pour créé et bleu pour modifié.

Côté vidéo, voir le film conçu et produit par le cabinet d’avocats Véron sur la saisie-contrefaçon [11], pour promouvoir la sortie en juin 2015 chez Dalloz de son ouvrage trilingue sur le sujet.

Les grands acteurs

D’autres étaient en avance : voici les grands acteurs de la représentation du droit par l’image.

En France :

  • Olivia Zarcate (Imagidroit) (son compte Twitter), juriste de formation, a créé Imagidroit en 2012 pour faciliter l’accès au droit grâce à la pensée visuelle. Elle dessine et crée des outils visuels à partir de problématiques juridiques pour transmettre, former, communiquer. Elle tient également une veille sur le domaine du "legal Information design" qui regroupe des outils et initiatives pour diffuser et présenter le droit autrement. Olivia est à l’initiative du premier réseau international sur le legal information design, le LID network (LIDN) qui a vu le jour en 2014. Lire sa passionnante interview par Vizthink

La Fabrique de la Loi : une représentation graphique des amendements

  • certains auteurs de manuels de droit. Comme Hervé Croze avec les schémas de procédure civile (certes noir et blanc et graphiquement très sobres) de son Guide pratique de procédure civile (4e éd., 2012, LexisNexis).

Aux Etats-Unis :

  • les bases de données de jurisprudence PreCYdent (disparue) et FastCase, dont j’évoquais les efforts graphiques dans mon billet de 2009, puis les grandes plateformes WestlawNext lancée en février 2010 et Lexis Advance en décembre 2011
  • à la faculté de droit de Stanford, on trouve une équipe interdisciplinaire intitulée Legal tech Design. Elle travaille notamment sur la Visualization for Lawyers : bâtir une typologie et lister les outils pour permettre aux juristes de visualiser le droit.

Ailleurs dans le monde :

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique indépendant, veilleur, formateur

Olivia Zarcate - Understand the Law with Metaphors, Spread the Law with Images from ReInvent Law Channel on Vimeo

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Numérisation d’imprimés rares et anciens : méthodes, coût

Une (grosse) sélection de documents gratuits sur Internet sur le sujet

Mercredi 4 mars 2015

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Une machine à numériser des livres (scanner) à la Quadrature du Net

NB : la pertinence des résultats de Google lors de mes recherches sur ce thème était moyenne, même en le "torturant". D’où la publication de cette liste. Ici, le truc qui consiste à lire les bibliographies des quelques documents initialement repérés par Google puis à naviguer vers eux ou les rechercher à leur tour, s’est avéré très efficace. Jugez-en.

- Cost Analysis of the Digitization, Web integration and Distribution across the Internet of Rare and Old Printed materials / Serge Lenga, Jacqueline Rey [14], Ahmed Silem [15], Revue Management Information Finance 1, 1 (2001) 143-155, Financement Projet Européen Collaboration(s) (02/07/2001)

Ce travail cherche à établir aussi exactement que possible les relations de coûts caractéristiques d’une numérisation d’ouvrages du XVIème siècle, à la disposition du plus grand nombre d’utilisateurs, sur Internet. Dans un premier temps, on présente les divers projets et travaux qui ont été retenus pour faire le point sur les méthodes employées en matière d’analyse des coûts induits lors de la numérisation d’ouvrages anciens. Dans un deuxième temps, on propose une méthode originale d’analyse des coûts à base d’activités adaptée de la chaîne de valeur de Michael Porter.

- Recueil de règles de numérisation (PDF, 58 pages) [16] / Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), 2014, avec la collaboration de la BNF

Ce recueil est destiné aux opérateurs des équipements de numérisation pour leur permettre de numériser des collections patrimoniales, archivistiques et muséales de façon homogène et adaptée aux besoins.

Voir aussi la bibliographie (essentiellement disponible sur Internet) à la fin de ce guide :

- La numérisation des collections patrimoniales imprimées et iconographiques du SCD de Montpellier 2 : Dossier d’aide à la décision / Cyril Czernielewski, sous la direction de Christian Ollès, ENSSIB octobre 2014

- Les logiciels de numérisation des livres anciens / Enriketa KALLDRËMXHIU, DESSID, avril 2000, Université Claude Bernard - Lyon 1

- Le rôle de la numérisation dans la mise en valeur des fonds patrimoniaux : l’exemple de la bibliothèque interuniversitaire Cujas / Frédérique Seta, sous la direction de
T. Lafouge et E. Noël, mémoire d’étude ENSSIB 1999

- Numérisation et codage des caractères de livres anciens (PDF) / Jacques André, Irisa/Inria-Rennes, Document numérique. Volume 7 – n° 3-4/2003

- Numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques allemandes : Voyage d’étude : 15-28 novembre 1998 / Françoise Sigaud, ENSSIB

Source des photos (libres de droit et gratuites) : les Commons de Flickr.


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