L’édition juridique

Dernier ajout : 17 avril.

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Synthèse et explications

Les revues en SHS à l’heure des logiciels d’édition et des plateformes de diffusion en ligne

Cairn, Revues.org, Persée, Isidore, barrière mobile, open access, OAI ...

Dimanche 17 avril 2016

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Le billet qui suit a été rédigé en février 2015 pour guider une amie dans le monde nouveau (pour elle) des revues scientifiques en ligne. Je le reprend ici quasiment sans mise à jour ni réécriture, brut de décoffrage et avec son côté "les grandes lignes seulement".

Les petites et moyennes revues françaises en sciences humaines et sociales (SHS) utilisent désormais en partie le modèle d’affaires ("business model") du Web-gratuit-et-bien-référencé-par-Google pour augmenter leur diffusion, valoriser leurs numéros et mieux vendre leurs articles et leurs abonnements. Tout en maintenant leur indépendance et en baissant leurs coûts de production et de diffusion [1].

Pour cela, le processus d’édition des revues change :

  • un fichier Word ou RTF déjà balisé par des styles permet de récupérer facilement et automatiquement les informations dans les champs (Titre, Auteur, Résumé etc.)
  • le logiciel d’édition électronique (CMS) :

Lodel est un de ces CMS, c’est celui qui est derrière Revues.org :

Les méta-données (Titre, Auteurs, Mots-clés, Date, Titre de la revue ; mais pas forcément le texte intégral) sont laissées en accès libre et reconnues automatiquement par les robots indexeurs (on appelle ça le moissonnage OAI-PMH [3]) : non seulement les robots indexeurs des moteurs de recherches du Web (Google, Bing) mais aussi et surtout ceux de logiciels de bibliothèque comme PMB et de bases de données internes aux structures, ou externes comme celle tenue par l’Université allemande de Bielefeld BASE, accessible gratuitement en ligne. Le portail français Isidore fonctionne selon le même principe :

Ce sont les éditeurs, les revues et les institutions (Universités) qui sont derrière les trois plateformes de revues en ligne Cairn (plus orienté éditeurs privés), Revues.org (plus orienté universités, il fait partie de OpenEdition géré par le Cleo) et Persée (orienté diffusion de collections patrimoniales [4] et sociétés savantes). Exemples et liens utiles :

Le tout est interrogeable, entre autres sources, sur le méga-portail des publications françaises en SHS Isidore :

Concrètement, ces portails en ligne financés en commun mélangent un accès gratuit aux numéros anciens et le vente des productions récentes à la pièce (quelques euros l’article) ou par bouquets de revues. Les éditeurs ou les revues déterminent eux-mêmes quelle période de leurs collections est en accès gratuit. C’est souvent le modèle de la barrière mobile ("moving paywall") qui est appliqué : la dernière ou les 2 ou 3 dernières années de la revue sont payantes.

L’abonnement direct auprès de l’éditeur reste possible pour certaines revues (ex. les revues des Editions du CNRS sont à la fois disponibles à la vente auprès du CNRS et sur le portail Cairn). Pour d’autres, toutes les fonctions de vente et abonnement sont déléguées au portail. Par exemple, les revues des Presses de la FNSP sont uniquement disponibles sur Cairn.

Emmanuel Barthe
documentaliste, gestionnaire de site web


Et si l’Open Archive était plus utile aux lecteurs que l’Open Access (en tout cas le Gold OA) ...

A qui l’Open Access rend-il service ?

Aux universitaires ? Aux professionnels ? Aux éditeurs ?

Lundi 15 juin 2015

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Un tweet à la formulation très directe de Juriconnexion [5] signale un article lumineux et très bien informé publié en février 2015 par la Direction de l’Information Scientifique et Technique (DIST) du CNRS :
Les éditeurs scientifiques "for profit" accélèrent leur conversion à l’Open Access Gold : quelles visées stratégiques sous-jacentes ? (PDF, 5 pages) [6].

Quelques extraits clés pour bien comprendre le propos de cet article :

« Après une période d’hésitations stratégiques, tous les grands éditeurs ont maintenant défini une stratégie de basculement de leur modèle économique dans le Gold Open Access. »

« La conversion des éditeurs au Gold OA se double d’une stratégie pour retrouver les niveaux de chiffre d’affaires et de marge du modèle économique de l’abonnement. »

« Dans le cadre du modèle économique de l’abonnement, on constate dans l’édition
scientifique une situation de "concurrence imparfaite" : aucune revue influente ne peut réellement être supplantée par une autre de façon à faire jouer entre elles une dynamique de concurrence par les prix. Si dans une discipline donnée une revue A et une revue B affichent une notoriété et un facteur d’impact suffisants, le chercheur et /ou la bibliothèque de recherche sur laquelle il s’appuie s’abonne tout simplement aux deux. Cette insubstituabilité d’une revue à une autre [7] est l’une des raisons majeures qui ont permis aux grands éditeurs "for profit" de jouer à la hausse pendant plus de vingt ans la variable tarifaire pour augmenter leurs revenus et leurs marges jusqu’à des niveaux inédits de l’ordre de 35% sur CA. De ce point de vue la montée en puissance du Gold OA modifie profondément la donne. Si un grand éditeur n’est que marginalement présent dans une spécialité scientifique, entre autres parce qu’une ou plusieurs revues sur abonnement occupent déjà le terrain, il lui sera loisible de créer de toute pièce, sans consentir d’investissement lourd, une revue en Gold OA sur ce même créneau. Dans le modèle économique du Gold OA, la concurrence entre éditeurs se déplace sur un nouveau terrain : celui de la captation des meilleurs chercheurs publiant et des meilleurs peer-reviewers. »

« Dans les deux dernières années, la plupart des éditeurs scientifiques ont créé une offre de type "mégajournal" qui se voulait une réponse au succès de PLoS One. »

« Le Gold OA est intrinsèquement porteur d’une exigence de transparence sur la structure des coûts de l’édition scientifique. Cette transparence devrait pouvoir profiter aux communautés de chercheurs publiant. »

« Le passage au "tout OA" n’est pas une utopie, même si l’échéance n’est pas de court terme. »

Pour rappel :

  • le Gold OA est le tout OA : liberté et gratuité totales d’accès
  • le Green OA est l’OA partiel : avec "moving wall" (en général les 12 à 24 derniers mois sont payants).

Je dirais qu’il eut été surprenant, car dangereux à long terme pour eux, que les éditeurs :

  • ne fassent pas de veille sur le phénomène OA et son développement. Après tout, ils ont des équipes de veille et de marketing pour ça
  • et n’en tirent donc pas les conséquences en profitant du mouvement.

De toute manière, vu le prix à payer pour publier dans une revue pure OA, je ne pense pas que l’OA Gold aide à régler LE problème croissant des utilisateurs d’information scientifique et technique (IST) aujourd’hui [8] : les coûts et leur inflation. Car si c’est le chercheur qui paye, c’est aussi lui qui a besoin de publier pour vivre. Et vu les difficultés des Universités à boucler leurs budgets ...

Donc les seuls utilisateurs gagnants seraient les professionnels consommateurs d’IST. Mais comme les professionnels apprécient moyennement les revues "pur universitaires" et leur préfèrent les revues écrites par des éditeurs pour des professionnels ... [9]

Personnellement, en tant que professionnel de la gestion de budgets d’abonnements, le seul mais important gain concret que je vois au mouvement OA est la possibilité pour plus de jeunes chercheurs d’être publiés.

Pour les professionnels du droit, je vois beaucoup plus d’intérêt, dans le développement très lent mais réel, de la publication en ligne et gratuite et "open archive" (archives ouvertes) [10] :

  • de leurs newsletters et articles d’actualité, tant sur les sites de leurs structures que sur des portails (d’éditeurs : oui, souvent, il faut payer ...) qui les regroupent et leur donnent plus de visibilité [11]
  • des thèses [12]. Notamment sur theses.fr (voir aussi notre article sur le site theses.fr), TEL, et certains sites d’universités (la base Pepites pour Lille II Droit et santé par exemple) [13]
  • et d’articles. Si, si ... Sur HAL et les portails de revues d’éditeurs indépendants : Cairn, Persée et Revues.org/OpenEdition.

Emmanuel Barthe
Documentaliste juridique free lance


Legal information design

Représenter le droit français avec des images et des schémas : c’est parti (vraiment) !

Imagidroit, SketchLex, Lexbase ...

Mercredi 27 mai 2015

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On y pensait en 2009 [14], en 2014 c’est fait : le droit est maintenant expliqué en dessins et graphiques. Et cela va jusqu’au film.

Quelques exemples récents

Un exemple tout récent sur le site JuriTravail (très lu par les particuliers) : un schéma des 5 sanctions disciplinaires applicables à la faute du salarié.

Le schéma des sanctions pour faute du salarié sur Juritravail

Autre exemple avec ce communiqué de l’éditeur juridique Lexbase du 2 avril : extrait : « Les éditions Lexbase proposent une nouvelle approche éditoriale du droit et publieront, régulièrement, à compter de ce jour, des infographies juridiques permettant de faire la synthèse d’un régime ou d’une procédure de manière pédagogique et graphique. » Un concurrent de Lexbase, Luxia utilise trois couleurs pour signaler les modifications dans les textes officiels sur son site Alinéa : rouge pour abrogé, vert pour créé et bleu pour modifié.

Côté vidéo, voir le film conçu et produit par le cabinet d’avocats Véron sur la saisie-contrefaçon [15], pour promouvoir la sortie en juin 2015 chez Dalloz de son ouvrage trilingue sur le sujet.

Les grands acteurs

D’autres étaient en avance : voici les grands acteurs de la représentation du droit par l’image.

En France :

  • Olivia Zarcate (Imagidroit) (son compte Twitter), juriste de formation, a créé Imagidroit en 2012 pour faciliter l’accès au droit grâce à la pensée visuelle. Elle dessine et crée des outils visuels à partir de problématiques juridiques pour transmettre, former, communiquer. Elle tient également une veille sur le domaine du "legal Information design" qui regroupe des outils et initiatives pour diffuser et présenter le droit autrement. Olivia est à l’initiative du premier réseau international sur le legal information design, le LID network (LIDN) qui a vu le jour en 2014. Lire sa passionnante interview par Vizthink

La Fabrique de la Loi : une représentation graphique des amendements

  • certains auteurs de manuels de droit. Comme Hervé Croze avec les schémas de procédure civile (certes noir et blanc et graphiquement très sobres) de son Guide pratique de procédure civile (4e éd., 2012, LexisNexis).

Aux Etats-Unis :

  • les bases de données de jurisprudence PreCYdent (disparue) et FastCase, dont j’évoquais les efforts graphiques dans mon billet de 2009, puis les grandes plateformes WestlawNext lancée en février 2010 et Lexis Advance en décembre 2011
  • à la faculté de droit de Stanford, on trouve une équipe interdisciplinaire intitulée Legal tech Design. Elle travaille notamment sur la Visualization for Lawyers : bâtir une typologie et lister les outils pour permettre aux juristes de visualiser le droit.

Ailleurs dans le monde :

Emmanuel Barthe
documentaliste juridique indépendant, veilleur, formateur

Olivia Zarcate - Understand the Law with Metaphors, Spread the Law with Images from ReInvent Law Channel on Vimeo

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