Portrait des utilisateurs des bibliothèques universitaires : une analyse sociologique des étudiants, chercheurs etc. en BU

Vendredi 18 février 2011

Vincent Chabault, sur le site communautaire et "coopérative intellectuelle" La Vie des Idées.fr, a écrit une présentation détaillée [1] de l’ouvrage de Mariangela Roselli et Marc Perrenoud Du lecteur à l’usager. Ethnographie d’une Bibliothèque Universitaire [2].

Deux sociologues montrent, à travers une enquête ethnographique d’un an et demi sur la bibliothèque universitaire du Mirail à Toulouse, que le rat de bibliothèque recouvre diverses espèces. Dans les B.U., les chercheurs et autres polards côtoient d’autres types d’usagers : internautes, "touristes", "passagers clandestins" ...

Thomas Marty, dans le Bulletin des bibliothèques de France [3], est plus critique.

La typologie des lecteurs de BU évoquée dans le livre est résumée par une des deux auteurs, dans une communication : Pratiques d’étudiants en bibliothèque universitaire :
dissonance culturelle avec les savoirs institués ou nouvelles rationalités ?
(15 pages, PDF).

De l’article de V. Chabault, je ne résiste pas au plaisir d’extraire ceci, qui décrit bien le côté papillon efficace qui caractérise de plus en plus l’attitude des jeunes face au savoir :

« Ce dernier chapitre consacré aux "autonomes" met en évidence une figure d’étudiants assez présente à l’Université qui, tout en atteignant des paliers élevés du système scolaire, entretient un rapport aux livres particulier. Fréquentant assidument la B.U., présents en cours, ces étudiants esquivent les lectures intensives et approfondies mais manipulent avec un certain professionnalisme les livres, l’introduction des thèses et les ressources numériques. Le but étant de rechercher des synthèses complètes, des revues de littérature sur un objet, de puiser dans des recherches menées par d’autres sans en citer l’auteur afin de confectionner de solides bibliographies et des mémoires de fin d’année. Cette posture rationnelle indique que l’étudiant a intégré les règles du jeu scolaire sans toutefois se conformer aux normes de l’univers lettré. »

Disons que c’est alors au bibliothécaire/documentaliste — les bases de données ne suffisent pas du tout — d’orienter le jeune étudiant/stagiaire vers les plus pertinents, les meilleurs ouvrages — qu’il a lui-même sélectionnés et achetés — et de s’assurer qu’il sait s’y retrouver et les exploiter.

Notes de bas de page

[1Les rats de bibliothèque / Vincent Chabault, laviedesidees.fr 17février 2011.

[2Presses Universitaires du Mirail (Toulouse), collection Socio-Logiques, juin 2010, 283 pages, 25 euros.

[3BBF 2011 tome 56, n°1.

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