Nouvelle menace de fusion entre Reed Elsevier et Wolters Kluwer

Samedi 22 septembre 2007

La Dépêche du GFII du 17 septembre 2007 signale que si le titre Reed Elsevier a grimpé la semaine dernière de 4,3% en bourse, à contre courant de la tendance actuelle, c’est parce qu’un analyste de la banque Banque Merrill Lynch a écrit à ses clients qu’il y aurait aujourd’hui « une logique évidente » à un rapprochement de Reed Elsevier et de Wolters Kluwer.

Evidemment, la rentabilité de WK, bien que positive et très améliorée en 2007 [1], ne semble pas suffisamment régulière pour les marchés, et, comme le relève la Dépèche du GFII du 11 mai, « Wolters Kluwer est en effet le seul groupe international d’information professionnelle que sa capitalisation en bourse relativement modeste rend opéable ». Or le risque que l’interdiction de fusion de 1998 se reproduise a diminué. WK a en effet cédé à Springer toutes ses activités d’édition scientifique primaire et, comme le fait remarquer la Dépèche du GFII du 17 septembre, « les autorités de la concurrence européenne ont aussi assoupli leur jurisprudence s’agissant des conditions mises à la constitution de grands groupes européens par rapprochement de groupes existants ».

En France, les conséquences d’une telle fusion seraient extrêmement négatives :

  • pour les budgets des gros acheteurs de documentation juridique (BUs, cabinets d’avocats, directions juridiques d’entreprises). Les deux groupes sont en effet déjà de très gros acteurs (les deux plus gros avec le groupe Lefebvre-Sarrut qui lui n’a rien d’international) de ce marché de niche qu’est l’édition juridique et ils pratiquent déjà des politiques de prix élevés — notamment sur leurs plateformes en ligne — auxquelles s’ajoutent des augmentations annuelles des coûts d’abonnement de l’ordre de 5 à 7% [2]
  • pour la diversité éditoriale. Le risque d’une évolution vers un "formatage" des articles et dans une moindre mesure des auteurs est réel, et plus encore ceux de la suppression de nombreuses publications (voire de collections entières) et de la disparition d’équipes de rédacteurs par intégration au sein d’autres rédactions (exemples : que reste t’il de la rédaction civiliste du JNA, aujourd’hui devenu une simple marque de WK France ?).

Notes de bas de page

[2Donc nettement au dessus de l’inflation.

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